Comment louper la commémoration de 1944


Nous étions sortis du mitterrandisme défaillant dans la mémoire de l’Histoire, qui rejoignait en cela le story-telling gaulliste, et voici qu’on y replonge à cause d’une succession de petites touches commémoratives par Hollande puis Valls.

J’avais été surpris, le 15 août dernier, qu’Hollande évoque une France « unie » pour célébrer le débarquement de Provence. la France de 1944 n’était pas unie, sauf à penser que Vichy n’existait déjà plus.

Voici que Manuel Valls reprend et amplifie l’argument pour célébrer la libération de Paris.

Donc, je répète, comme d’autres: non, la France en 1944 n’était pas « unie », sauf à penser que « ces millions de collabos », comme les appelait Renaud dans sa chanson Hexagone, avaient soudainement disparu.

«  Oui, la libération de Paris, c’est d’abord la victoire de la cohésion, la victoire d’un peuple uni au-delà des convictions et des conditions. La Libération, c’est la preuve que, face à l’adversité, un peuple, s’il sait se rassembler, peut reprendre en main son destin.  » Manuel Valls.

Les Forces Françaises Libres ou la Résistance étaient effectivement plus diverses politiquement qu’en 1940, quand les communistes se taisaient honteusement puisque leur mentor Staline avait conclu son pacte avec le Diable. Ou qu’en 1941 quand la perspective d’une défaite de l’hitlérisme n’était pas si évidente. Mais cette France résistante coexistaient encore en 1944 avec une autre plus honteuse, qui nous hantera longtemps.

Rappelez-vous.

 

 

 

36 réflexions sur “ Comment louper la commémoration de 1944 ”

  1. Cette même populace qui acclamait encore Pétain en avril 44 ?

    « La première visite du maréchal Pétain à Paris depuis 1940 s’est très bien passée. Le chef du gouvernement de Vichy, qui a eu 88 ans avant-hier, a été acclamé par la foule à l’Hôtel de Ville.
    Il est venu assister au service funèbre organisé à Notre-Dame pour les 641 victimes des bombardements des Batignolles et de La Chapelle de la nuit des 20 et 21 avril et les 204 morts de Lens. Dans son discours, il s’est plaint d’être privé de sa liberté, des propos immédiatement censurés par les Allemands.
    Après demain, sous leur pression, il dira, dans un autre discours qui gâchera le bel effet de sa visite : « Cette prétendue libération est le plus trompeur des mirages auxquels vous pourriez être tentés de céder. […] Français, quiconque parmi vous participe aux groupes de résistance compromet l’avenir du pays ».

    HOLLANDE ET VALLS ne sont pas à une vache près…

  2. « un peuple, s’il sait se rassembler, peut reprendre en main son destin »

    j’suis pas sur que cette phrase a été bien comprise sur le fond
    faut réviser le sens des temps de conjugaison

    1. À propos de conjugaison, mon cher, notez que votre « j’suis pas sûr que » aurait dû être suivi du subjonctif et non de l’indicatif comme vous le fîtes.

            1. Fuca ! Deux le matin, rien le soir et suivez la ligne jaune. C’était çà ou aller pêcher la lipouille sur le lac Titicaca, alors… ARAMIS

              1. comme quoi, il faut vraiment faire gaffe dans l’emploi intensif du subjonctif. Il ne faut donc pas s’étonner qu’il soit souvent utiliser dans les cabinets …..

  3. FH et son Valls de premier ministre, ne commémoraient pas le débarquement de Provence et la libération de Paris : ils étaient dans l’incantation d’une France idéale en ce mois d’août 2014 .
    Foin des 5 millions de précaires et consacrons l’union du MEDEF et des citoyens cocufiés par ces deux guignols .

  4. Sinon, la vision de la France de 1944 donnée par ce court billet me semble biaisée. Il n’y avait pas une « France résistante » face à « des millions de collaborateurs », mais quelques résistants (qui se multiplièrent étrangement après août 44…) et quelques collaborateurs s’affrontant au milieu d’une population résolument attentiste et occupée simplement à survivre.

    1. Ne serait-ce que les flics parisiens qui se sont refais une « beauté » en déclenchant les combats à Paris, sachant que les Américains étaient à moins de 100 bornes de la capitale

    2. Oui et non.
      Oui parce qu’il est vrai que les effectifs de la résistance active étaient faibles.
      Non parce que cette résistance active a globalement bénéficié de la sympathie d’une part importante de la population, ce qui lui a permis de survivre à la répression.
      D’après certains historiens, ça a été un facteur majeur, quoique négligé par l’historiographie, dans la persistance face à la répression très forte.

      1. oui, non.. on peut aussi distinguer l’urbain du rural (années 40, hein) qui a dit, en parlant de De Gaulle « un par siècle et pas tous les siècles » bah, disons un gaulliste, et on a tellement dit (série en cours)

  5. Lorsque je suis passée devant la Préfecture le 18 août ,il y avait répétition parce que le lendemain, le 19, c’était la comémo de la libération de la Pref. de Paris.
    Oui il y avait une France résistante face à des milliers de collabos qui n’ont pas hésité à trahir les français…. et qui, ces collabos se sont « retrouvés » résistants … de la dernière heure pour éviter de se faire lyncher.
    Mon loulou on ne doit pas avoir les mêmes infos sur cette guerre…. ou alors l’Histoire avait deux côtés

  6. 22 les v’là !
    oup’s désolé, j’anticipe le prochain bulletin météo
    on s’en est bien sorti non.. merci et mon pépé
    Bonjour vous

  7. Comme je le disais hier sur Twitter, le discours de Valls va dans un presque révisionnisme de cette période. Je n’oublie pas qui a arrété ceux qui s’opposaient, résistaient activement ou passivement à la situation. Je n’oublie pas les dénonciations, les convois, les retournements de veste de 44, ceux qui ont été curieusement blanchis parce que résistants de la dernière heure auprès de personnes influentes….
    Certainement la première fois que je suis d’accord avec DIdierGoux, tiens….

    1. @iceman

      Je partage exactement votre avis. Avec le contenu de ce discours de M. Valls, nous sommes bel et bien dans une falsification des faits, une réécriture de l’histoire et une complète mystification. Cela me semble particulièrement grave. Mais aussi dangereux, au regard de ce qui se passe dans notre pays.

  8. « la police française exécute ces consignes ultimes car la Gestapo ne dispose pas du personnel nécessaire pour conduire ces « actions ». (…) Policiers et gendarmes, jusque dans les derniers jours de juillet 1944 et même parfois dans les premiers jours d’août, continuent à arrêter des Juifs — étrangers ou français (…) Les Alliés ont débarqué le 6 juin 1944 sur les plages de Normandie mais la consigne doit être respectée. Jusqu’au bout, il n’y aura pas de refus d’exécution des ordres reçus. »

    Maurice Rajsfus, historien

    Il fallait quand même sacrément oser pour, à l’instar de M. Valls dans son discours, faire passer les policiers de la Préfecture de Police de Paris de l’époque, haut lieu s’il en était de la collaboration active et de la chasse la plus zélée aux résistants et aux Juifs, soit disant pour des « résistants », parler de « courage », de « sacrifice » et de « [bravoure] face à la barbarie » à leur sujet, et même, pire encore, dire que « nous leurs [devrions] notre « liberté », simplement parce que sentant que le moment de rendre des comptes sur leur conduite abjecte approchait à grand pas avec l’avancée des alliés, ils ont, à la toute dernière heure, retourné leur veste, arboré un brassard « FFI » et tirer avec leur arme quelques coups en direction de ceux qu’ils avaient servi dans leurs basses oeuvres quatre ans durant !… Sachant qu’ils ont ont été les acteurs essentiels et zélés de la traque, de la rafle et de la déportation des Juifs (Vel’d’hiv, Drancy, etc.), et qu’ils allaient jusque dans les foyers chercher les enfants Juifs en bas-âge pour qu’ils soient eux aussi déportés ! Sachant qu’ils ont pourchassé sans répit, arrêté et torturé de manière atroce, parfois pendant des mois, les résistants – dont beaucoup d’origine étrangère d’ailleurs – qui avaient eu le courage de refuser l’occupation allemande et de combattre la barbarie nazie, avant de les livrer à ce même occupant pour qu’ils soient fusillés (comme se fut le cas pour les membres du groupe FTP-MOI de Missak Manouchian et Joseph Epstein) ou décapités (comme Olga Bancic, …) ou déportés !
    C’est une véritable insulte aux souffrances et à la mémoire de tous les déportés, ainsi qu’au courage et au sacrifice des véritables résistants dont ces collaborateurs portent la responsabilité de la mort.

    1. Dès lors où ces deux clampins aux ordres de la finance se prétendent socialistes en faisant une politique de droite, politique dont le peuple avait pourtant rejeter le précédent représentant néo-pétainiste, il est « normal » qu’ils osent l’amalgame donnant sur l’enfumage… Ce qui serait anormal c’est qu’on soit une majorité à trouver qu’ils ont raison. Un Hollande à 15% qui fait comme si en faisant signe d’y croire, c’est aussi « normal » qu’un maréchal félon qui se fait acclamer par la foule parisienne en avril 44. Une seule question ressort de cette analyse : Pépère finira-t-il comme PP à l’île d’YEU en tant que collabo de classe? ARAMIS

  9. Un fait peu connu et très rarement évoqué, le détachement de la 2ème DB de Leclerc qui a libéré Paris s’appelait  » La Nueve  » et était constitué de républicains espagnols, pour la plupart anarchistes, qui avaient combattu puis dû fuir le franquisme lors de La Retirada, connu les terribles camps d’internements français (que bien sûr on prend garde en France, où l’on préfère l’amnésie et les mythes, de ne jamais évoquer…) et pour beaucoup le travail forcé, avant de pouvoir poursuivre la lutte contre le fascisme. Le noms, évocateurs, qu’arboraient les véhicules de cette compagnie parlent d’eux-mêmes : Teruel, Brunete, Amiral Buiza, Guadalajara, El Canguro, Santander, Ebro, Madrid, Guernica… L’officier qui les dirigeait, Raymond Dronne, était lui français. Mais c’est le lieutenant Amado Granell, ancien capitaine de la Columna De Hiero, qui fut le premier officier «français» reçu par le Conseil National de la Résistance de Paris.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Nueve

    https://www.facebook.com/vivalanueve

    http://24-aout-1944.org/?Temoignage-du-general-Roquejeoffre

  10. Nous sommes en 2014, dans un monde qui ne fait que regarder en arrière pour essayer d’avancer.

    Plein le cul de pétain, de gaulle et les autres…

    On regarde devant !

    Garde à vous sinon !

    @didiergoux : vas-y lâche-toi, fais-toi plaisir ma poule !

    1. J’ajouterai :

      Le devoir de mémoire c’est l’argument de celles et ceux qui n’ont pas de vue et qui se contentent de ressasser le passée comme un acquis qu’il faille (faut ?) préserver et nous vendre un futur incertains dans un présent improbable.

      Je n’aurais qu’un mot (ou deux) :

      Mon cul !

      1. j’ai dit ‘bulletin machin’ ? re-oup’s: ciel d’un jour !
        touta-fait ervé,
        encore faut-il être celui ki tient la lorgnette (etc./j’te raconte pas)

    2. « Monsieur a son avenir devant et l’aura das le dos chaque fois qu’il fera demi tour  » Pierre DAC. Ceci étant dit ; comme demain c’est hier et que devant c’est derrière par les temps qui courent;;; Plein le cul de regarder devant pour des lendemains qui chanteront (peut-être) un jour. Demain sera mieux, qu’après demain. ARAMIS

    3. Assez d’accord avec l’idée générale; ceci dit difficile de faire totalement abstraction de l’Histoire (et de ses leçons), surtout quand elle résonne encore dans la sphère familiale…

  11. Staline ( leur mentor…) étant lui- même un suppôt de Satan , avec qui d’autre aurait- il pu pactiser …

  12. La Libération, c’est la preuve que, face à l’adversité, un peuple, s’il sait se rassembler, peut reprendre en main son destin.  » Manuel Valls

    le valls est tellement dans la comm qu’il fait de « l’histoire quantique par subliminalisation »..(mot nouveau crée spécialement pour les coulisses de JUAN)

    La technique consiste à évoquer une période de l’histoire passée évocatrice, quitte à la distordre pour la faire correspondre à l’actuelle, au prix de quelques coups de masse, en passant pour le héros d’une épopée victorieuse à son seul profit…

    j’explique : il se propose le symbole de celui qui mènera à la libération et il souhaite que le peuple se transcende et s’assemble derrière lui vers la victoire……

    il n’y a qu’un problème à résoudre mais le valls l’ignore,: c’est d’abord de se libérer lui même de bruxelles et de la finance et du MEDEF…….

    PS : c’était la minute pseudologue pour les nuls et pour faire balaise
    😀

    1. dans le sublime, mon préféré (s’il y a lieu) c’est le coup de masse.. woui, héros, épopée, comme lui : pas né; mais bon, on n’a pas le même métier (on se comprend)

Les commentaires sont fermés.