L’ultralibéralisme du Web


Ce n’est pas la première fois que j’évoque le sujet. J’ai même expliqué qu’il y avait un conflit d’intérêt chez moi puisque je gravite dans ces affaires. Mais revenons comment sur le sujet.

Il est surprenant de constater la complaisance de quelques internautes par ailleurs libres et épris d’égalité et de justice (si l’on en croit leur tweets et leurs arguments) avec quelques-uns des Gargantuas du Net.

je me souviens d’une polémique sur Amazon. Je défendais l’envie gouvernementale d’empêcher que les sites numériques de vente par correspondance puissent offrir les frais de port de livraison. La loi était peut-être mal faite, mais les débats portaient sur le fond: Amazon, formidable entreprise !

Je suis client d’Amazon. Je suis le premier à me réjouir des facilités numériques. Mais il faut éviter l’aveuglement individuel.

Amazon est un géant, un supermarché qui vient de boycotter un éditeur français à cause d’un différent commercial. La force d’une plateforme aussi gigantesque commence à peine à réveiller les consciences.

Tant mieux.

Amazon n’est pas seul.

« La guerre entre Hachette et Amazon aura au moins permis une chose : révéler le vrai visage d’Amazon. En effet, la seule solution — pas très fine, mais efficace — que le distributeur a trouvée pour contraindre ses partenaires, c’est de boycotter leurs livres… Cette stratégie démontre qu’Amazon a choisi de ne faire du lecteur qu’un simple client à l’affût. Mais uniformiser le prix du livre, c’est écraser une tradition d’édition, et supposer que tout se vaut, tant que ça se vend, répondent même les professionnels. Retour sur une polémique mondiale, et sur les moyens de se défendre. » (source)

 

31 réflexions sur “ L’ultralibéralisme du Web ”

  1. Mais si Amazon se fout bien de ses lecteurs… pardon, de ses clients, ou se trouve le choix individuel ?

    Je n’ai pas la capacité à régler en numérique, je préfère le numéraire…😉

    1. Chez moi, plus de petite ou grande librairie (à part dans les zones commerciales géantes qui n’ont pas grand chose et qui ne pratiquent pas la commande individuelle).
      Je profite de mes escapades sur Paname pour acheter mes bouquins (peu en ce moment, vu les prix !).

      Sinon, à la BM je commande et j’attend une semaine à 10 jours pour emprunter le bouquin.

      1. Ah! tiens en Vendée il y avait Leclerc Culture et quand il n’y avait pas le bouquin que je voulais je commandais. Mais c’est vrai que Paris et la RP c’est plus pratique, d’autant que les bouquinistes des quais + les livres d’occas à 1€ et +

        1. Oui, mais pour les bouquins fraîchement pondus le délais est un peu long pour les trouver à 1 euros!😉

          1. C’est vrai. Ou tu peux également aller quand tu vas à Paris c’est chez Gibert Jeune où il y a des personnes qui revendent leurs livres et que d’autres peuvent acheter à des prix très abordables. Je te dirai quelle rue si tu veux

            1. Oui, je le savais d’ailleurs j’étais vraiment indignée lors de sa décoration… mais emprisonné 6 mois c’est peu cher payé. Papon également et il a été nommé à la Préfecture de Paris. Mitterrand n’était pas très clair non plus. A croire qu’il fallait être salaud à un moment ou à un autre pour avoir des décorations… Mais on a oublié les résistants. Alors je ne m’arrête plus à ça sinon je ne mangerai plus (produits venant d’Israël que j’ai boycotté depuis fort longtemps) Danone également (que je boycotte toujours)

  2. Entre l’un, propriété d’un marchand d’armes répandant la mort et la désolation à travers le monde, et l’autre, dont les méthodes dites de « gestion des ressources humaines » (quelle expression horrible mais au combien significative de ce qu’est le capitalisme/libéralisme économique) sont dignes du totalitarisme chinois, il n’y a pas à choisir. Nous avons affaire à deux loups, exactement du même acabit, qui se bouffent entre eux uniquement pour s’accaparer toujours plus de fric. Laissons-les se bouffer.
    Pour ce qui est des livres en langue française, je les achète uniquement chez les libraires indépendants (les vrais, pas ceux des grosses enseignes) que je connais. Parce qu’ils sont très bons et indépendants, et que l’indépendance est garante de liberté, d’ouverture et de qualité. Qu’ils proposent les livres de petits éditeurs qui font un excellent travail et dont les ouvrages sont souvent extrêmement intéressants – bien plus que ceux du marchand d’armes… C’est le même prix. C’est important, éthiquement, de choisir où va notre argent et de les faire vivre. Et surtout, c’est l’occasion de découvrir un tas de choses que j’ignorais ou vers lesquelles je n’aurais pas été porté, et d’échanger avec des gens passionnés, qui connaissent et aiment vraiment les livres.
    Pour ce qui est des livres en langue anglaise, quand on est en France, il existe de très bons sites indépendants (UK, USA) pour les acheter qui ne se comportent pas avec leurs salariés et les éditeurs comme celui sus nommé. De plus leurs prix souvent même plus intéressants.
    Laissons les loups se bouffer mutuellement et privilégions absolument les libraires et petits éditeurs de qualité et in-dé-pen-dants !

  3. Le commerce en général est en train de devenir quelque chose de monstrueux….un minimum de salariés ou d’esclaves courant dans tous les sens pour nous « servir »….pour un maximum de profit….nous ne supportons plus d’attendre mais finirons par vivre dans une société totalement déshumanisée

      1. L’enfer…
        Mais ailleurs aussi….où les vendeuses de magasins sont « fliquées » en temps en heure sur les ventes en fonction du nombre de clients entrant….ou pire par le client mystère !!!

        1. Oui. Et dire que ces lieux, qui moi me font fuir, représentent le temple du bonheur pour les gens, au point qu’ils y vont même le dimanche, sans aucun égard pour les employées qui préfèreraient sûrement pouvoir passer cette journée en famille.

  4. je commande une seule fois par an chez amazon…………………………… (20 000 €) hihihihh (non je déconne…

    je suis pour préserver le commerce de proximité comme un vieux con nostalgique.
    c’est le libraire du coin qui me souhaite une longue vie avec des yeux en bon état à chaque fois qu’il me voit (et c’est souvent)…je commande et j’attends le temps qu’il faut

    pareil pour tous les commerces où c’est possible……c’est comme ça, j’aime bien les contacts humains dans les magasins, surtout s’ils sont féminins…

    va faire du gringue à un PC…pas évident😀

    1. Vous avez de la chance si votre livre arrive ! Car de plus en plus de libraires, parce que ça les emmerde de travailler pour gagner trois euros à l’arrivée, vous répondront que votre livre est épuisé, ou en cours de réimpression, ou n’importe quel autre bobard, simplement parce qu’il n’aura même pas pris la peine de le commander.

      1. c’est exact j’ai déjà rencontré ce genre de phénomène par le passé, j’ai donc dû trouver un bon libraire cette fois, car j’ai tout eu ce que j’ai demandé pour l’instant..

  5. Cette « guéguerre » est un trompe-couillons. Hachette s’offre un petit baroud pour le fun, tout en sachant fort bien qu’il va baisser les prix de ses livres… et qu’il ne s’en portera pas plus mal.

    Quant aux « petits libraires », qu’ils crèvent. Car s’il y a des cuistres qui s’arrogent désormais le droit de décider ce que les gens doivent lire et ce qu’il convient de leur « épargner », c’est bien eux, et non Amazon !

    1. @didiergoux

      S’ils n’ont pas ce que vous cherchez – ce qui m’arrive souvent – du fait qu’ils ne peuvent tout avoir en rayonnage, il suffit de le leur commander, par courriel si vous ne voulez pas vous déplacer, et ensuite de passer le prendre.

      Puisque l’on parle de livres, je vais vous avouer, au risque sûrement de me faire incendier par vous après, que je ne peux m’empêcher de penser à Paul Léautaud et à Céline quand je lis vos commentaires…

      1. Je n’avais pas vu le commentaire de 13h58 ! C’est curieux. En tout cas ceux que je fréquente travaillent très bien et efficacement. Ils sont vraiment passionnés par leur métier et font preuve d’une grande curiosité.

      2. Léautaud étant un de mes auteurs de chevet, vous ne risquez pas de vous faire engueuler ! Mais j’aurais tendance à trouver ces deux références nettement trop amples pour ma personne…

    2. Etant un vieux croûton, j’achète mes bouquins chez le libraire et ( ou ) je lui passe commande . C’est parfois un peu long, c’est aussi plus cher mais ça contribue à faire vivre un commerce de proximité . Et même, le croirez-vous, mon libraire m’informe de la sortie de bouquins dont il sait qu’ils seront susceptible de m’intéresser, parce que, depuis le temps qu’on se fréquente, il connait mes goûts .
      Amazon se contente de me dire  » ajoutez au panier  » .

      1. Voilà c’est ce qui me rebute car tout peut s’acheter par internet et c’est cee qui fait qu’il n’y a plus de contact, de dialogue…. c’est flippant des fois

  6. Juan, rassurez-moi, vous ne travaillez pas pour le marchand d’armes camouflé en vendeur de livres ?

    1. Cette question à la fois stupide et indiscrète n’avait nullement lieu d’être et je vous prie sincèrement de bien vouloir m’en excuser.

  7. salut les papy’s, ça boom.. non je taquine, cé pas moi qui vais faire baisser la moyenne, suis de la génération loi Lang..
    pourtant j’l’aimais bien le libraire, la seule librairie de la ville (Annemasse) R.I.P, y a 2 ans..
    bon (expression hein) y a plein de super market dont j’oublie le nom (ça change tout l’temps) et carrément pas friand.
    Heureusement (oui) je suis marié et bien (je parle aussi du frigo) aussi ma femme commande sur Amazon et semble satisfaite, genre: « j’arrivais pas à mettre la main dessus »

    perso, c’est vrai que je bouquine moins depuis que je passe pas mal d’heure sur l’écran (news, liens etc) sinon je fais comme d’hab (manouche style) je choppe les livres chez les potes.. je mets tjs un p’tit mot dedans: moi aussi j’aime bien savoir où ils (bouquins) se baladent (vont et viennent) et y a de l’addendum personnalisé, marrant !

    Bonne idée la bibliothèque.. 3-4x/an (à 300 m de la case) en gnl j’accompagne un gamin et je trouve Toujours qql’chose !

  8. Pour mettre une note discordante, j’ai fréquenté les librairies d’une ville moyenne de marches de l’Est, avant de me rallier à Amazon. Les raisons étaient alors les suivantes :
    Indépendantes ou grand réseau (fnac) on trouvait les mêmes livres présentés sur les tables des librairies et souvent dans le même ordre ; Il parait que les éditeurs ne sont pas gentils avec les libraires non plus et dictent leurs conditions. Serait-ce possible ?
    Bibliothèque centrale située dans un quartier où il n’était pas très commode de se garer et bibliothèque décentralisée dont le choix limité ne faisait l’objet d’aucun renouvellement en près de 15 ans ; a l’époque mon pouvoir d’achat était bien moindre et peut-être le redeviendra t-il sous peu… enfin ;
    Avant Amazon il m’arrivait de me fournir à la fnac, pendant longtemps j’ai pu bénéficier de la réduction de 5 % sur le prix des livres, puis la fnac a changé sa politique et il fallait souscrire à la carte fnac pour en bénéficier. Le jour où j’ai appris cela, j’ai laissé mes livres sur le comptoir de la caissière et j’ai quitté le magasin pour ne plus y remettre les pieds.
    J’ai repris des études et évidemment il y a belle lurette que les librairies ont réduit leur offre dans les références universitaires et qu’il arrive bien souvent qu’un simple auditeur du cnam arrivé après la rentrée scolaire ne trouve plus rien de sa liste disponible dans l’échoppe du libraire de la ville voisine de son domicile.
    J’ai donc essayé Amazon, à la fois par nécessité puis commodité, le choix était infini, les conditions (remise 5 % et livraison gratuite) bien meilleure que chez la concurrence, et on louait l’entreprise pour sa capacité à livrer vite et bien sans s’interroger sur les conditions de travail des employés amazoniens qui préparaient mes commandes. Je m’interroge quand même pour savoir ce qu’elles sont dans les entrepôts de la fnac ou chez ses sous-traitants d’ailleurs.
    Jusqu’ici la bataille n’aura eu comme conséquence que de hausser le coût du livre de 5 % pour le consommateur et donc d’engraisser Amazon un peu plus.
    Car les librairies de ville ne sont pas mieux achalandés, la bibliothèque n’est pas plus accessible et le choix en bibliothèque de quartier ne s’est pas diversifié bien au contraire.

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