Après Hollande, on fait quoi ?

L’avez vous entendu, cette question ?

Contre celles et ceux qui s’interrogent ou molestent l’actuelle équipe, nous entendons cette question pointée assez rapidement: « Mais quand Hollande aura perdu, que se passera-t-il ? »

Je vais vous livrer quelques conseils, personnels, subjectifs, provisoires.

1. On ne règle les problèmes qu’à fur et à mesure qu’ils se présentent. En l’état, personne ne sait à quoi ressemblera 2017. Donc c’est encore bien le moment d’exprimer ce à quoi on croit.

2. Hollande s’est métamorphosé en Schröder. Evitons nous l’épilogue Gazprom.

3. Le réflexe du vote utile est mort, décédé, enterré. Vous pouvez penser le contraire mais les élections les plus locales et proches qui existent – les municipales – ont eu lieu. L’électorat de gauche a déserté les urnes. A bon entendeur…

4. Si Hollande n’exerce aucune espèce de différence socio-économique avec l’équipe d’avant, à quoi bon ? Répétons: à quoi bon ?

5. Nous avons un scoop: il y avait des gens humainement bien dans l’équipe de Sarkozy. Ce n’est pas vraiment le sujet. Cette période de France fut indigne.

6. La droite est en vrac. L’UMP peut gagner par défaut comme Hollande en 2012. La crise de régime est plus grave qu’on ne le croit, mais comment l’explique-t-on ?

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Un billet pro-Hollande

Je suis désolé.

Je reste assez stupéfait, mais positivement.

CE GOUVERNEMENT A QUELQUES MINISTRES JEUNES A DES POSTES CLES.

A force de fustiger une ligne politique, on occulte autre chose, pourtant essentielle. Oubliez quelques instants les désaccords.

La politique en France – comme d’ailleurs la direction des entreprises importantes – est trustée par un aréopage puissant et nombreux qui reste blanc, bourgeois et vieux. La droite est de ce point de vue là tétanisante. La gauche s’en sort mieux. Mais Hollande a fait plus fort, plus loin, plus gros que tous ses prédécesseurs réunis.

Il est si détesté ou contesté qu’on a oublié la chose, sauf peut-être chez Libération qui cherche encore à survivre: Najat Vallaud-Belkacem à l’Education, Fleur Pellerin à la Culture, (l’honni) Emmanuel Macron à l’Economie, (l’effaçable) Sylvia Pinel au Logement. –

Ce billet est un signal, court mais sincère. Il faut saluer ces mouvements là, au-delà des désaccords politiques. On n’oublie pas que l’équipe est dirigée par Valls, un premier ministre incapable de gérer une majorité et un pays.

 

Fais ton check-up « Valls » !

J’en ai félicité trois, l’une partait, deux autres étaient promues. Comme des amies, même si nous ne sommes pas si proches – loin de là – avec lesquelles les relations dépassent les choix politiques.

J’ai surtout fait mon « check-up » Valls, comme une voiture que tu amènes à la révision pour voir si tu dois en changer. En l’occurrence, la franche opposition à l’équipe Hollande/Valls dans laquelle nous sommes engagés dans ces colonnes a-t-elle une quelconque chance de s’amender ?

  • Manuel Valls est-il toujours premier ministre ? Oui.
  • Sa ligne politique domine-t-elle oui ? Oui (celle-ci est d’ailleurs aussi celle de François Hollande).
  • La ligne politique soc-lib du gouvernement a-t-elle une chance de changer ? Non.
  • La politique économique va-t-elle changer ? Non.
  • La réduction des déficits dans la justice sociale va-t-elle primer sur les exonérations de charges sociales massives ? Non.
  • Une relance, même ciblée, sera-t-elle discutée ? Non.
  • Les politiques de sécurité et d’immigration allaient-elles être enfin distinguées et amendées ? Non. (Il n’y avait pourtant aucun sujet fiscal ni économique à afficher comme un beau et grand symbole un début de commencement de générosité réaliste. Pourquoi la gestion migratoire restait-elle sous l’Intérieur, un ministère de la sanction, et non la Justice, le ministère des droits ? Ce geste-là, Valls et Hollande en furent incapables).
  • La lutte contre la pauvreté, le mal-logement et la précarité fait-elle l’objet d’une nouvelle priorisation visible ? Non.

Bref.

Mon check-up, ce mardi matin, fut franchement mauvais. Il fallait fuir, encore, ce mauvais virus dont souffre notre « gauche de gouvernement ».

Manuel Valls, mardi soir, avait le regard fuyant.

Plus que 1000 jours.

Des femmes en danger

« En France, 121 femmes ont été tuées par leur conjoint en 2013. » (Source: Le Figaro)

Le gouvernement a décidé d’étendre un dispositif expérimenté en Seine-Saint-Denis, le « téléphone grand danger. » Ce sont des téléphones d’alerte, données à des femmes (pour l’essentiel) victimes de violence conjugales.

Par un pur hasard, je rattrape une série nordique diffusée l’an passée sur ARTE, « Real Humans ». L’histoire se déroule dans un futur proche où des robots très ressemblants aux hommes aident ces derniers dans toutes sortes de tâches. L’un des protagonistes de la série, une homme d’une cinquantaine d’années, est largué par sa femme qui lui préfère finalement un robot. Dans une scène assez difficile, il revient au domicile, et la frappe. Le lendemain, il revient, des fleurs en main, après une nuit de remords.

Cet épisode, très bien réalisé comme tout le reste de la série d’ailleurs, est pénible. Il témoigne certainement d’une réalité chez certaines de ces brutes. On relate mal, trop mal, ce que sont ces brutes d’un jour ou brutes de toujours; comment il faudrait les soigner, ou les éloigner.

Pour l’heure, il y a encore une femme qui décède sous les coups de son conjoint tous les 3 jours.

Bandes de boeufs.

Le gouvernement étend donc un dispositif essentiel et, l’unanimité semble générale dans nos médias, c’est heureux. Le test avait été lancé en 2009 par Michèle Alliot-Marie, sous Nicolas Sarkozy. Il a fallu attendre 5 ans pour qu’il soit enfin généralisé. Cette extension fait partie du plan de lutte contre les violences faites aux femmes de la ministre Najat Vallaud-Belkacem.

Enfin !

Et bravo.

Depuis la mise en place du dispositif Femmes en Très Grand Danger en novembre 2009 en Seine Saint-Denis
376 situations ont été étudiées par SOS Victimes 93
224 situations ont été transmises au Parquet pour décision, soit 59.5% d’entre elles
147 femmes ont été admises au dispositif par la Procureure, soit 66% d’entre elles.
Actuellement :
35 femmes en très grand danger disposent d’un téléphone portable d’alerte actif ;
11 femmes ont un téléphone réservé en prévision de la sortie de prison de leur agresseur ;
101 femmes ont d’ores et déjà restitué leur téléphone portable d’alerte ;
223 enfants mineurs ont ainsi été concernés par la mise en protection de leur mère.  (source: L’Humanité)

Jean-Vincent, n’y pense même pas.

J’ai forcément pensé à Placé, en ce jour de refonte gouvernementale.

Le cauchemar rejoint la réalité. Placé, alors que Duflot dénonce l’échec, veut finalement rejoindre une équipe rétrécie.

Etre à Hollande ce que Besson était à Sarkozy.

Espérons qu’il n’en sera rien.

Merci.

Merci Arnaud Montebourg

La sortie d’Arnaud Montebourg samedi dernier a eu raison du gouvernement Valls.

Ne m’en voulez pas si vous êtes encore « batave« . Mais il est un moment où il faut reconnaître que l’impasse est grande. Il y a eu Mélenchon, les communistes, les écologistes (pas tous), les frondeurs, Montebourg, Hamon et d’autres. Vous pouvez penser que chacun de ses opposants avait une hargne personnelle, un calcul vil, une aberrante appréciation de la réalité.

Reconnaissez au moins qu’il y a un problème à voir Hollande rétrécir ses soutiens au premier cercle d’avant les primaires socialistes de 2011.

Si vous êtes déjà dans l’opposition dite de gauche, je vous en voudrai de railler les nouveaux ralliés. La politique est aussi une affaire d’efficacité. Ce matin sur France inter, Cécile Duflot a expliqué que Mélenchon avait raison de s’opposer mais tort de ne jamais tenter de gouverner, même si elle faisait elle-même le constat de l’échec. On ne refait pas le match. Ce n’est pas le genre de la maison. Aujourd’hui pourraient s’agréger toutes sortes de gens pour essayer d’infléchir cette politique. On ne décourage personne, on accueille et on débat avec les bonnes volontés.

Pour l’heure, merci Arnaud.

J’ai fini par railler dans ces colonnes et sur le blog principal les actions et déclarations de Montebourg devenu ministre si important du dispositif Valls.

Ceci est derrière nous.

Bienvenue et à très vite.