Ces arguments « politiques » qui nous fatiguent


Il fallait faire un point de méthode. Certains arguments politiques fatiguent au point qu’on ne les écoute plus, ou que l’on ne doit plus les écouter sous peine de subir migraine et tourments inutiles.

Votre adversaire serait une « méchante personne »: menteur, violent, trompeur, antipathique que sais-je encore ? 

La récente publication de l’effroyable livre de Valérie Trierweiler a réactivé les commentaires sur la personnalité de François Hollande, davantage que sur son action politique.

Et certains ont cru rajouter sur le thème du « j’vous l’avais bien dit qu’il était pourri/menteur/tricheur ».

C’est terrifiant.

Les mêmes arguments ont été utilisés contre Mélenchon, ou d’autres. Confondre l’homme privé avec l’homme public est un rétrécissement de la pensée politique qui reste détestable et anti-démocratique. Cela participe de la présidentialisation du régime.

Combien de fois avez vous lu que Sarkozy, Mélenchon ou Hollande étaient de mauvaises personnes, comme s’il fallait conforter les désaccords politiques par des assertions sur les personnes ?

Il y a plein de gens de gauche que je déteste personnellement. Twitter, par exemple, m’en a amené des cohortes. Il y a quelques personnes de droite qui sont des amis proches et de belles personnes.

J’avoue, j’ai largement abusé de l’argument « psychologique »  à l’encontre de Nicolas Sarkozy. Non pas que je le déteste personnellement, mais c’est lui qui nous a emmené trop souvent sur ce terrain personnel.

A l’encontre d’autres figures politiques que je déteste (Le Pen) ou contre lesquelles je m’affronte (Juppé, Chirac, etc), jamais n’ai-je ressenti le besoin d’entrer sur ce terrain personnel.

La période actuelle est suffisamment éprouvante et incertaine pour qu’on s’épargne les déclarations péremptoires sur la psychologie ou le caractère des uns ou des autres. Les désaccords politiques suffisent amplement à alimenter nos échanges.

A bon entendeur…

24 réflexions sur “ Ces arguments « politiques » qui nous fatiguent ”

  1. ++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
    Un appel au respect…..tout à fait salutaire….

  2. aie aie……..c’est bien silencieux aujourd’hui, j’ai manqué quelque chose, c’est une engueulade ?

    y a quelqu’un ?…………bon je repars

  3. j’ai lu hier, Obs, au sujet du livre « l’école de la vie » de JM Blanquer, ancien directeur de l’enseignement scolaire: « à l’échelle nationale, la critique systématique est une défaite de la pensée »

    la mauvaise foi du mauvais perdant.. rien de mythique, c’est du solide

    peut-être je frôle le sujet ou taille l’angle.. je concède ce déplorable reflexe en stage dans notre démocratie, gvt (etc.) depuis pls décennies: les ânes n’ayant pas de parti (ça se saurait) dès qu’un se fait gauler, inévitablement.. plutôt que de prendre ses responsabilités (aïe, ça commence mal) assumer, faire face, faire front (grand garçon, intelligent, compétent je suppose)
    ne peut, ne peuvent s’empêcher de dénoncer l’autre coin de la basse-cour.. « lui aussi ! » ou le « cé pas moi qu’a commencer » se renvoyant la ba-balle et nous comptant les points c’est ça..
    c’est un jeux ?
    ou nous être des buses ? quelle question..
    enfiler des perles (: perdre son temps en niaiseries, futilités) vocation ? patience ? fun ?
    pourquoi le politique perd t-il du crédit (?)

  4. Vue la pauvreté des « arguments politiques » , qui ne sont, le plus souvent, qu’une com’ insultante à l’intelligence du plus grand nombre, comment s’étonner qu’on en vienne à la critique de la supposée psychologie de tel ou tel personnalité politique ? Ces personnalités politiques ont une part énorme de responsabilité dans ces dérives .

  5. Oui respect « RESPECT ».

    J’ai une idée : Et si ces messieurs commençaient par respecter les votes des électeurs ?
    Suivez mon regard…

    …et mes souvenirs notamment le 29 mai 2005…

  6. monsieur JUAN,

    comment devons nous considérer la retraite, que dis je, la débandade en rase campagne de toute l’équipe gouvernementale devant le fusil à bouchon du MEDEF ?

    le gouvernement utilise des rétroviseurs pour voir l’ennemi en face, l’autre, l’UMP aussi d’ailleurs
    ils ont décidé de nous lessiver grave …tout va tomber d’un coup en accéléré

    le MEDEF combien de divisions ?

    comment rester stoïque devant un tel fléau de compromission, de démission générale de nos politiques, ces bandes de branl….heu ces paresseux, ces enf….heu ces pleutres, ces sal….heu ces malhonnêtes….

    il faut donc nommément désigner les fautifs, j’ose balancer les coupables sur la place publique : ce sont nos claviers qui n’en peuvent plus d’être martyrisés par ces lâches……ils crient leur colère…..de mauvaise façon, certes mais comment les retenir…

    les paysans ont trouvé le truc depuis longtemps pour pas qu’on les emmerde : des charrettes de fumier devant la préfecture…ou de temps en temps on pète pour 2 millions d’euros de matos en mayenne…des bricoles quoi…….
    pas de grossièreté, pas d’utilisation intempestive de clavier, pas de psychologie ; que du vivant, du réel, du burné sur le terrain..

    et les réformes, hop, dans les tiroirs…c’est t’y pas beau.

    c’est la luuuuuuuuuuuuuuuttteu finaaaaaaaaaaaaaleu

    1. Quand je vois la tronche du Rataz, Mon dieu, c’est tout écrit sur sa gueule,
      les calculs, l’avarice, la ruse, la mesquinerie.
      si y »en a un auquel le ramage se rapporte au plumage

      P’tain, serrer la pogne d’un truc pareil, l’écouter…. Yeurkkk

  7. Comment définit-on une « action politique » ?

    Par le fait de proposer et voter une loi, de signer une circulaire dans un ministère, d’arbitrer après avoir écouté qui conseille, veillant à certains intérêts, parfois plus que d’autres ?

    Ou bien déjà en usant de la parole publique pour éclairer le débat, désignant quels sont les horizons possibles et ceux proposés à l’ensemble de la société afin de les atteindre ensemble en tout domaine ?

    Bien plus que la personnalisation due à la présidentialisation de la vie politique (personnalisation qui n’a rien de nouveau vu ce bonapartisme bien français que le spectacle se plait à distiller), c’est la montée en puissance du storytelling dans le discours politique qui pousse le citoyen à s’interroger sur l’écart entre les faits, ce qui aura été énoncé, puis ce qui est mis en œuvre.

    Cette absence de cohérence induit mécaniquement que face à l’apparente schizophrénie des arguments contradictoires (ex: je ne moque pas les sans-dents, je me préoccupe des pauvres… mais alors qu’une fraction chaque fois plus importante de la population n’accède déjà plus aux soins, sous mon mandat est supprimé le financement du programme M’Tdents, creusant un peu plus les inégalités http://blogs.mediapart.fr/blog/corinne-volard/110914/quand-la-suppression-de-mtdents-fait-la-joie-de-lentreprise-privee au profit du privé) chacun s’interroge sur ce qui est vrai ou relève concrètement du boniment.

    En quête à la fois d’une authenticité et d’une proximité qu’il ne perçoit pas chez l’homme public (surtout s’il se prétend normal), le citoyen ne peut alors que se tourner vers la sphère privée pour évaluer quelle relation de confiance il est encore envisageable de construire.

    Et ce n’est clairement pas en tentant de corriger un symptôme, comme si le citoyen était à l’origine de la dissonance cognitive qu’induit ce storytelling distillé par le politique, que l’on s’attaquera à ce qui cause cet intérêt grandissant pour la vie privée des politiques.

    La France conserve encore sa spécificité dans l’équilibre que la société du spectacle tente de maintenir entre vie privée et vie publique, le politique ne souhaitant bien sûr pas le rompre pour tomber dans l’excès qui peut exister outre-atlantique… bien que le puritanisme n’explique pas à lui seul un Monicagate par exemple.

    Mais n’oublions pas non plus que le politique est le premier à abuser le citoyen, sciemment ou pas, peu importe, de la retenue et de la discrétion des médias sur ce qui est, quand cela l’arrange, du ressort de la vie privée ou non.

    Me souviens encore de la campagne de 2007, de la péripétie avec Sarkozy après l’élection… ou qu’avoir officialisé la présence de VT à l’Élysée, considérée (à tort ou à raison) comme n’étant que sa maitresse mais finalement représentant aussi la France, a été un choix personnel de Hollande, effaçant la frontière entre les deux sphères.

    [Pourrais aussi évoquer DSK, vu comme le présidentiable à gauche en 2012, avant que les frasques de sa vie privée ne fassent voler en éclats sa vie publique à raison.
    Avec le recul, la lecture du « Sexus Politicus » publié en 2006, où la capacité de séduction du politique est présentée comme un « devoir civique » s’avère pour le moins cocasse.]

    En France, le mensonge (fût-il par omission) est encore considéré comme un péché véniel, peu importe le domaine. Ce qui permet ainsi aussi à un secrétaire d’État ou à un ministre de frauder le fisc, sans se préoccuper de la portée politique.

    [Cahuzac soutenait ainsi encore il y a peu que sans l’intervention de sa femme, il n’y aurait pas eu d’affaire.]

    À mon sens, la seule question qui vaille est : peut-on construire une démocratie de plus forte intensité en matière de transparence, de lutte contre le conflit d’intérêts, ou de vertus civiques ‒ ne tolérant par exemple plus qu’un élu, suite à des malversations qu’il aura bien sûr aussi tenté d’occulter au départ, puisse poursuivre sa carrière ‒ en n’examinant que ce que le politique usant de ce droit devenu privilège du puissant (quand est vendu au citoyen, sous prétexte de sécurité, l’abandon de ce qu’il n’aurait pas lui à cacher), estimera lui de la sphère publique ?

    J’en doute.

    Certainement le prix à payer pour une société de plus en plus individualiste où l’esprit public lui-même disparait, cédant la place à la défense d’intérêts privés. Et où toutes les transgressions sont de facto plus fréquentes…

    1. Constater et douter en sont en rien des « actions » de citoyen digne de ce nom. Tout juste une réflexion de sujet du roi du 18e ne souhaitant pas faire de vague. ARAMIS

      1. Beaucoup de mal à voir où réside la dignité ou l’argument politique dans ce qui a tout l’air d’une attaque ad hominem.

        Merci toutefois de reconnaître une réflexion même si me lire soumis à un monarque, fût-il républicain, est au mieux croquignolet😉

  8. le respect, bien sûr que oui, et même plutôt deux fois qu’une.

    mais le respect doit être mutuel et/ou réciproque, et quand on ne le sent pas chez l’autre partie, l’adversaire, il faut aller le chercher avec les dents…il faut savoir le gagner, coûte que coûte.
    Or l’adversaire de caste ne nous respecte plus parce que c’est devenu facile…..

    nous sommes en pleine lutte de classe, et les « sans dents » vont plus que jamais avoir besoin de ceux qui ont gardé les leurs parmi eux….

    même s’il reste qu’une incisive pour dix personnes, il va falloir l’utiliser.

    Reste plus qu’à faire le compte du nombre de dents dans les rangs des classes moyennes…et de trouver un 32 dents pour porter les 64 millions de gencives

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