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Il ne faut pas avoir de tabou sur Schröder


Nous l’entendons souvent cette musique. Il ne faudrait pas avoir de « tabou« , ni de « posture« .

Macron s’est pris les pieds dans le tapis de cette argumentation fallacieuse le weekend dernier. Il expliquait qu’il faudrait réduire les allocations chômage pour réduire le déficit. Attardons-nous sur l’expression « sans tabou ni posture« .  En l’utilisant, Macron voulait « convaincre » qu’on peut être de « gauche » et proférer de telles propos.

Le sujet n’était pas tant de savoir si c’est de gauche ou pas de gauche. Le vrai sujet, pour Macron et les autres, est de convaincre l’électorat de gauche qu’il doit évoluer et abandonner ses tabous.

Nous avons une remarque et une suggestion.

La remarque est simple: réclamer moins d’Etat providence est une vieillerie de 3 décennies, bientôt 4. Il n’y a nul  « tabou » à lever, cela fait des lustres que ces arguments sont rabâchés en France.

« Le terme « tabou » est couramment utilisé pour désigner tout interdit portant sur un acte, un fait ou son évocation, sans être limité au domaine religieux ou spirituel. » Source: Wikipedia

Où est le « sacré » quand cela fait autant d’années qu’on nous martèle la même antienne qui, pourtant, n’a même pas fait ses preuves économiquement ?

La suggestion est encore plus évidente: pourquoi Emmanuel Macron, et quelques autres, ne cherche-t-il pas à convaincre ceux déjà acquis à l’argument libéral qu’il est leur plus digne représentant ?

26 réflexions sur “ Il ne faut pas avoir de tabou sur Schröder ”

  1. Sans Tabou ….
    L’élément de langage de drouate pour casser toute évolution de gauche.
    Element de mensonge qui prétend que la droite « parlerait plus vrai que vrai ».
    Il ne faut pas se laisser avoir par ces petites techniques de propaganda.

  2. S’il est permis de rappeler ceci, sur ce blog qui ne fait pas précisément l’éloge de Sarkozy :

    Fin 2007 et début 2008 , Sarkozy, qui venait d’être élu, aurait pu profiter de l’importance de la crise mondiale pour faire passer en France des réformes  » Hartz/Schröder  » en force ; il a choisi de préserver le modèle social français en le finançant par un déficit massif (mais insuffisant, lui disait alors Martine Aubry !) et en faisant exploser la dette – explosion de la dette que la gauche lui reproche aujourd’hui …Allez comprendre !

  3. « Il ne faut pas avoir de tabou sur Schröder ». E. Macron .
    Schröder , le chou- chou de tous les néolibéraux , celui qui aurait donc fait les réformes  » nécessaires » !
    Mais nécessaire pour qui ?
    L’Allemagne a moins de chômeurs mais la pauvreté et les jobs à 400 euros ont explosé et ceci avec une démographie négative .
    De plus et surtout , ce que tous les adorateurs de Schrôder ne disent jamais , c’est que si tous les pays de la zone euro avaient fait des réformes équivalentes , l’Europe serait en sévère déflation , la demande n’existant plus en raison des salaires trop bas .
    La puissance de l’Allemagne ne s’est construite qu’au détriment des autres pays européens .
    Macron est l’exemple type du représentant du monde financier , celui qui se plante régulièrement depuis les années Thatcher-Reagan , que Schrôder soit un de ses mentors n’a rien de surprenant .
    D’ailleurs Macron vient de ce monde là et il y a fait fortune pendant que la Grande Crise sévissait .
    Tout se tient , non ?

    1. L’Allemagne commence à voir ses infrastructures routières se dégrader ( déficit 0% du PIB ), ses vieux devenir un problème et son matos militaire est dans un tel état ( déficit 0% du PIB ) qu’elle a toutes les peines du monde à respecter, a minima, les engagements pris vis à vis de ses partenaires de l’UE et de la coalition anti DAESH ( il ne s’agit pas là, de discuter de l’interet de la chose, mais de constater les dégats d’une politique austéritaire ) .
      Encore un effort et Merkel et la CDU vont faire de l’Allemagne réunifiée une RDA en fin de vie .

  4. La nuance entre Macron et Schroeder : l’un vient de chez Rothschild ( et y retournera sans doute dans le futur ), alors que Schroeder est parti pantoufler chez Gazprom ( après avoir plombé durablement le SPD )

  5. Le but est de toute façon d’amener les salaires vers une baisse progressive…..on commencera par les cadres (soit disant les mieux indemnisés) puis le reste suivra !!

  6. C’est le leitmotiv de l’Europe depuis plusieurs années:les français sont trop payés…

  7. Sur le site d’Atlantico, JM Sylvestre nous fait une belle tirade sur ces « modernes » que sont Valls/Macron .
    Cette lecture confirme que J.M Sylvestre s’est parfaitement remis de son accident cardiaque : il vomit de nouveau sur les services publiques, alors qu’à l’époque de son infarctus, il reconnaissait que  » dans le privé, il y serait resté « .

  8. Evo Moralès, vous savez, ce Président Bolivien dont le gouvernement français avait bloqué l’avion pour complaire aux Américians qui voyaient Snowden partout et, surtout , dans cet avion, est réélu, pour la 3eme fois et au premier tour, avec 61% des suffrages contre 24% à son adversaire .
    Comme quoi tout espoir dans le socialisme ( le vrai ) n’est pas perdu .

  9. Le français Jean Tirole est prix Nobel d’économie 2014 . Emmanuel Macron lui adresse  » un immense bravo pour ce prix qui fait la fierté de la France et de l’école d’économie française  » .
    Si c’est Macron qui le dit…!

    1. Le Prix Nobel d’économie est attribué pour des travaux théoriques ; mais, parmi les propositions publiques de Tirole, il faut en noter deux ( wikipédia, bien sûr) :

      – moduler les contributions des entreprises à l’assurance chômage en fonction du taux de licenciement afin de les responsabiliser ;

      – supprimer le CDD et le CDI pour les remplacer par un contrat de travail unique avec une augmentation progressive des droits des salariés en fonction de l’ancienneté .

  10. La première proposition me parait difficile à tenir depuis que les boites appliquent – à leur sauce – la rupture conventionnelle .
    Quand à la seconde, cette même rupteure conventionnelle permettrait aux employeurs de se séparer de salariés qui leur paraitraient atteindre un seuil de droits à l’ancienneté qu’ils jugeraient inacceptables .

    1. Ce que vous reprochez à la deuxième proposition me semble contré par la première : si les boîtes virent des salariés aux droits d’ancienneté trop importants, elles payeront des cotisations chômage plus élevées : il suffit de calculer les chiffres pour que cette stratégie ne soit pas rentable.

      Enfin, je ne suis pas prix Nobel d’économie, moi .

      1. La rupture conventionnelle permettrait d’esquiver la taxation en cas de licenciement parce qu’elle ne relève pas d’un plan social (initiative individuelle, plus ou moins provoquée ) et donc, n’est pas comptabilisée comme un licenciement sec . Il suffit de l’appliquer à des salariés dont on jugerait que les droits que lui procure son ancienneté sont inacceptables
        Dans les deux cas, ce sont les entreprises qui sont gagnantes .
        Consolez-vous : même les prix Nobel d’économie peuvent être à côté de la plaque .

        1. « leur procurent leur ancienneté » . Ce que c’est de se relire en diagonale .

        2. On peut très bien intégrer la rupture conventionnelle aux licenciements entraînant une hausse des cotisations chômage de l’entreprise, qui serait indépendante du type de licenciement .

          1. Ce serait aller contre l’esprit de la rupture conventionnelle , laquelle ne prévoit que le cas par cas et donc l’impossibilité d’en prévoir le nombre, même si ledit esprit est « interprêté » par le patronnat

  11. La proposition de taxe proportionnelle au taux de licenciements date de…2003, tout comme la supression du CDD et du CDI . Depuis, on a trouvé d’autres moyens de flinguer le Code du Travail .

    1. Mais il faut flinguer le Code du Travail, si on veut lutter contre le chômage de masse, et inventer de nouvelles formes de sécurité pour ceux qui ont un emploi qui ne se fasse pas aux dépens de ceux qui sont au chômage, comme c’est le cas actuellement : le Code du Travail a été conçu pendant une période de plein-emploi qu’on croyait éternelle .

      1. Revoir le Code du travail, soit . Mais pas le flinguer à la sauce MEDEF, ce qui est le chemin qu’on prend depuis plusieurs années maintenant ..
        Et, de toutes façons, il y a un hiatus dès le départ : le creusement de l’écart salaires/profits, au détriment du salariat depuis l’enterrement de l’échelle mobile par Delors .

  12. il est démonté sous toutes ces formes que flexibiliser du travail n’apporte rien ni individuellement, ni collectivement ; de plus, 80 % des contrats signés aujourd’hui sont en CDD,

    un CDI est plus facile à virer qu’un CDD, (sauf à faire des CDD de très courte durée), grâce aux ruptures conventionnelles qui ont explosé,…et il y a encore des simplets qui croient que le contrat 0 comme en grande bretagne apporte quelque chose…

    parce que les courts d’esprits oublient souvent qu’un contrat de travail est surtout un contrat qui met l’employé en subordination……..

    et surtout ne pas laisser un salarié jetable faire un travail trop compliqué ou important…

    les utilisateurs de travailleurs kleenex sont ceux qui se plaignent le plus du manque de conscience professionnelle, de sérieux, et toutes choses qu’on trouve chez les collaborateurs considérés comme des apporteurs de valeurs et non comme des coûts..

    bref, il n’y a guère plus que ceux qui regardent le marché du travail à la télé pour croire les foutaises que le code au feu, va créer de l’emploi.ou libérer on ne sait quelle force tellurique,…..il faut être même particulièrement incohérent pour l’imagIner…

    1.  » il est démonté sous toutes ces formes que flexibiliser du travail n’apporte rien ni individuellement, ni collectivement »

      Pour le prix Nobel d’économie, ce n’est pas encore au point.
      Pour le bac section ES non plus .

      1. descend de ta piaule et vient diriger du personnel intérimaire secoué par une multitude de contrats temporaires successifs ou qui n’ont pas fait le choix de l’intérim…….

        vient mettre en œuvre un projet moyen à long terme avec des équipes dont les membres sont renouvelés régulièrement…dans une telle structure, le noyau de plus en plus restreint des CDI, s’épuise aussi à grande vitesse à devoir réparer, pallier, expliquer et constater la différence d’implication…….

        la flexibilité n’est réclamée que par les plus grandes entreprises, pas par les PME où les VRAIS entrepreneurs font ce qu’ils peuvent pour conserver une majorité de leur personnel, réservant le CDD pour les remplacements ou les à coups de production…….ils tiennent à conserver un bon niveau de productivité globale…..

        je ne vois pas ce que vient faire l’évocation d’un nobel en parlant de la vraie vie, celle où visiblement tu manques d’expérience……….derrière les techniques et les abstractions, il y a des humains ; concernant le marché de l’emploi et le travail en entreprise il ne s’agit que d’humains……..un nobel, quel qu’il soit, serait dans le même état moral que n’importe quel autre diplômé si on lui proposait des CDD en enfilade sur une longue période……….la théorie dans ce cas là, c’est pour les autres….

        …………….parce qu’au final, les CDI sont de plus en plus réservés aux robots….

  13. PS :
    de nombreux articles font état d’une détérioration morale, d’un mal être de plus en plus aigu dans le monde du travail…

    de nombreux articles font état sur le maquillage des CV qui doivent être les plus beaux, au point où les recruteurs sont obligés de faire des recherches pour vérifier la sincérité des candidats

    de nombreux articles font état de cas de plus en plus nombreux sur les burn out et autres symptômes plus ou moins équivalents de baisse de vitalité, de moral, d’envie, d’une manque de reconnaissance en masse du travail des cadres…

    je me demande si on a vu un prix nobel décerné à de telles études sur les « ressources humaines »

    et oui, vous avez bien lu, dans le monde du travail il y a des services RESSOURCES HUMAINES « …..
    nous vivons une époque où les mots remplacent la vacuité des idées et la grande défausse de responsabilité. On parle de RESSOURCES HUMAINES…qui potassent sur les GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et carrière)

    quand dans le même temps des tronches planquées comme ARIE, les politiques et une partie du monde phosphorant soi disant moderne et djeune, nous serinent leur « COUT DU TRAVAILLEUR », leur nécessité de « FLEXIBILISER », etc, etc…..

    à part ça, ça va……

  14. que ceux qui réclament la fin des contrats de travail aillent au bout de leur pensée et mettent en place des services « CHARGES HUMAINES  »
    et « RESSOURCES ROBOTIQUES »…

    immense GPFG (gestion prévisionnelle du foutage de gueule)

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