Je déteste Novembre

Le mois s’ouvre sur un hommage aux morts, se complète par un génocide de dindes, et s’achève sur un « Black Friday ».  Novembre est aussi le mois des journées trop courtes, de l’arrivée de la grippe saisonnière , de l’ouverture des Restos du Coeur, de la fatigue accumulée depuis les congés de l’été.

Pouvait on imaginer pire ?

Novembre est fini est c’est tant mieux.

Enfin.

Chanson du dimanche: the Beigeness

Militant UMP, débarrasse-toi de Sarko.

C’est un billet sans arrière pensée politique. Vu de gauche, le retour politique de Nicolas Sarkozy est plutôt une bonne nouvelle. Il simplifie les hésitations, réactive les pulsions, et surtout, il donne toutes ses chances à François Hollande.

Car Sarkozy revient tel Giscard, sans avoir rien compris, rien appris, rien changé.

Mais si nous espérons lucidement améliorer la vie politique française, il faut bien se rendre à l’évidence, et prêcher pour ce qui est bon pour le pays plutôt que bon pour ses propres intérêts politiques.

J’espère donc la défaite de Sarko. Il fait du mal à tout le monde: la politique, la droite, la gauche, la République. Il n’est pas le seul, mais il incarne le mieux la dégénérescence politique du pays.

J’espère la victoire, improbable, de Bruno Le Maire. L’homme, qui a mon âge, a une dignité, une vision républicaine, un sens de l’Etat. J’ai lu ses bouquins. Je ne partage pas ses idées. Mais Le Maire est un bel atout de la droite.  Les autres de sa génération, ou proche, que l’on va se traîner pendant encore 30 ans (vive la France !) s’appellent Morano, Dati, Wauquiez, ou NKM. Vous comprenez le problème ?

La gauche a besoin d’une droite normale. Sinon, sa fraction de droite vire franchement à droite, c’est-à-dire dans une mélange idéologique indigeste qui loue l’entreprise plus que le salarié, la sécurité plus que la liberté, l’ordre davantage que l’égalité.

L’UMP a dérivé vers une droite inédite pour la droite républicaine. C’est la faute au contexte, à Le Pen et à Sarko. Des digues ont  sauté, et depuis longtemps.

Militant(e) UMP, vote contre Sarkozy toi aussi.

Il te reste quelques heures.

 

 

 

Penser ce que l’on veut

La période est gonflante, mais il faut garder le cap.

Le plaisir d’écrire au fil de l’eau, tous les jours ou pas, sur l’actualité ou le temps qui passe, nous amène aussi de drôle de critiques.

Il y a celles et ceux qui comprennent, échangent, même sans désaccord. Il y a les autres. Ces constats, on se les fait depuis longtemps.

J’ai le sentiment que ces derniers temps, les positions se sont tranquillement cristallisées.

Maintenant, à quelques expressions près, on s’ignore.

Tranquillement.

On cesse de lire celles et ceux avec lesquel(le)s ont s’est accroché trop violemment. Cette attitude individuelle parfaitement compréhensible (on n’a qu’une vie, n’est ce pas ? Pourquoi la perdre à s’énerver en vain ?) est plus problématique quand il s’agit de politique.

Comment voulez-vous convaincre et progresser si vous ne lisez plus, n’écoutez plus, ne discutez plus avec celles et ceux qui politiquement pourraient être convaincus qu’il faut faire autrement ?

Seul, on a toujours raison.

En vain.

Dans la rue #JeudiNoir contre #Gouvernement

Sans davantage de commentaires, le communiqué du jour de Jeudi Noir – nous sommes jeudi – suffit.

Après avoir aidé à grand renfort d’argent public les plus riches à acheter des logements pour leurs enfants, Sylvia Pinel, ministre du Logement et de la Défiscalisation, s’est félicitée sans rire devant le Parlement de voir son ministère doté d’un budget « réaliste et pragmatique » : « Réaliste, parce qu’en dépit de la grande diversité des situations, il parvient à dégager des solutions efficaces pour tous. » Efficaces pour tous, peut-être mais on ne le saura que si la température de cet hiver descend en dessous de « -5°C ressenti ». Si, si, vous avez bien lu … -5°C et on invente rien, c’est sur France 3 : Les hébergements d’urgence n’ouvriront qu’à partir de -5°C, les associations en colère – société – France 3 Nord Pas-de-Calais. Et aussi dans la Croix du NordLe dispositif hivernal d’hébergement d’urgence remis en question.
 
En effet la circulaire DGS/DUS-BAE/2014/296 du 10 octobre 2014, envoyée la semaine passée aux préfectures indique que les places d’hébergement supplémentaires n’ouvriront qu’à partir de -5°C ressenti, alors que les ouvertures de places d’hébergement avaient lieu automatiquement les années précédentes dès le 1er novembre. Et encore ne s’agira-t-il que de centres d’hébergement d’urgence et de solutions de bric et de broc appelées à être supprimées au printemps.
 
Une circulaire qui vient contredire les discours officiels annonçant « la fin de la gestion au thermomètre », et méconnaît les réalités de la vie sans logement. Vivre à la rue c’est voir son espérance de vie amoindrie. La rue tue toute l’année, été comme hiver. Conditionner la mise en place d’hébergements aux basses températures relève donc d’une politique meurtrière.

Une réelle politique passerait plutôt par le soutien aux associations et la mise en oeuvre réelle du « logement d’abord » plutôt que d’ouvrir au petit bonheur la chance des structures précaires et inadaptées. Avant de publier de nouvelles instructions aussi scandaleuses, Sylvia Pinel devrait plutôt se charger de faire respecter la circulaire existante Duflot / Valls sur la non-expulsion des DALO ou celle sur le relogement des personnes « évacuées » des bidonvilles. François Hollande était justement à Lille ce week-end, mais il s’est contenté d’aller voir l’équipe de France de Tennis se faire battre par ses compatriotes suisses…

Le ciel d’un jour #36

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