Les gauches qui se parlent


Liêm Hoang-Ngoc est l’un des « socialistes affligés » les plus virulents . Il vient de co-signer un ouvrage avec Philippe Marlière, un prof proche du Front de Gauche.

Comme quoi, tout est possible.

« La gauche ne doit pas mourir », le titre est assez clair, pas très original, mais ce type de convergence devrait faire plaisir. Enfin du débat, des rapprochements, et des échanges.

Cependant, si j’étais pessimiste, je dirais que ces déclarations à répétition, écrites ou clamées, sonnent comme les soubresauts de la fin d’une époque. Je ne suis pas pessimiste. Je dirais donc qu’ils aident à clarifier où l’on va.

« La gauche plurielle restait marquée, quoi qu’il en soit, par un équilibre dans la politique menée. Il y a certes eu les privatisations, mais aussi la couverture maladie universelle, les emplois jeunes, les 35 heures… Autant de mesures de « partageux », c’est-à-dire identifiées comme des marqueurs de gauche. Même si le curseur commençait à se déplacer vers la droite sous Jospin, il y a eu le souci de préserver les équilibres politiques – tant au sein du PS qu’avec nos partenaires de gauche. Aujourd’hui, le virage se fait au grand jour, il est assumé à chaque conférence de presse, dans chaque déclaration publique. Et ces déclarations d’amour en direction du Medef deviennent presque obscènes quand on met en regard ce qui est fait, ou pas fait, pour les salariés. »

 

Liêm Hoang-Ngoc apporte donc cet autre commentaire intéressant sur la guerre interne à la gauche qui se déroule sous nos yeux : « Le gouvernement mène une politique de droite, le Parti socialiste reste un parti de gauche ». Tout est dit. On le dit rarement aussi clairement. L’actuel gouvernement bataille pour conserve les faveurs d’un corps militant et sympathisants désemparés. Il ne faut oublier ce point. Certains opposants de gauche à l’équipe Hollande essayent de convaincre les opposants comme Liêm Hoang-Ngoc  ou Gérard Filoche qu’ils doivent quitter le PS. Les plus critiques ne mâchent pas leurs mots en mettant en doute leur opposition à Hollande/Valls.

Je ne sais pas ce qui est plus courageux: tenter de batailler de l’intérieur, ou sortir et fustiger de l’extérieur. La première situation est clairement plus douloureuse à vivre.

Liêm Hoang-Ngoc rappelle aussi l’enjeu à ne pas abandonner le navire.

Les deux auteurs insistent sur les désaccords de fond, des désaccords politique. Ils ont raison. Le plus grand drame politique de la période serait que l’on tombe dans la caricature facile de l’homme qui siège à l’Elysée. Le problème du moment est celui d’une ligne politique et non de la personne de François Hollande – son tempérament, son attitude, ses idées.

A l’instar de ces deux économistes, il faut rappeler pour la route qui est tracée et suivie par Manuel Valls n’est pas la bonne, et sortir des débats et attaques personnelles.

Encore et toujours.

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7 réflexions sur “ Les gauches qui se parlent ”

  1. Ne pas quitter le navire est une preuve de courage….ni Liemni Hoang ni Filoche n.ont a quitter le PS….

  2. Rester dans un parti pour tenter de le faire changer d’orientation , oui , mais il faut quand même une condition essentielle : être certain qu’il existe quand même une petite chance d’y parvenir .
    Or on peut constater que toutes les motions proposées par l’aile gauche du PS ( Hamon , Emmanuelli , Lienemann ou Mélenchon en son temps ) depuis une bonne vingtaine d’années n’ont jamais recueilli plus de 20%.
    80% des militants sont donc sur une ligne libérale et il est donc complétement illusoire de croire qu’ils vont se mettre d’un coup à s’inspirer du programme de Correa ou de Morales , les présidents équatorien et bolivien qui eux , ont fait vraiment bouger les lignes dans le bon sens .
    Par contre , poursuivre le dialogue avec les non libéraux du PS est une nécessité , car après 2017 et l’explosion du PS , on ne pourra pas faire sans eux .

    1.  » Correa ou de Morales » …autrement dit l’ Equateur et la Bolivie, deux pays qui ont du pétrole ; vous pouvez y rajouter la Norvège , qui n’a pas eu besoin d’adhérer à l’ UE.

      Mais la France , qui non seulement ‘a pas de pétrole, mais refuse d’exploiter son gaz de schiste comme les USA, est tenue, elle , à s’adapter aux règles de la globalisation de l’économie .

  3. Qu’ils restent dans le parti ET qu’ils se joignent au FdG sur un programme, c’est très bien. Quand on voit que des gens préfèrent changer d’avis que de changer d’étiquette, autant avoir un bout de l’étiquette PS.
    Qu’ils sortent du parti ET qu’ils se joignent au FdG sur un programme, c’est pas mal. Ca fait toujours plus de monde.
    Les premiers (Liêm Hoang-Ngoc, Filoche…) sont rares. Les seconds (pégistes et qq autres) un peu plus nombreux.
    Les autres restent au PS, gueulent mais sans s’afficher avec le FdG, puis votent ou laissent voter. Il faut dire qu’Hollande les tient par les couilles : s’il est mis en minorité, il ne change pas de politique, il dissout. Le pire des cas : aucune lisibilité, peu d’efficacité, çà a juste l’air de magouilles et de double-jeu. On verra au congrès où il y a peut-être quelques chances, mais en attendant faut bien avancer, même sans eux.

  4. « Le problème du moment est celui d’une ligne politique et non de la personne de François Hollande – son tempérament, son attitude, ses idées. »

    Et voilà !
    c’est aussi simple que cela.

    D’autant que si l’on s’amuse à comparer les traits de personnalités entre Hollande et d’autres anciens présidents, ce dernier n’a pas grand chose à envier aux autres.

    Pour moi, il est un « homme normal » et tant mieux, ça commençait à manquer depuis 40 ans.

    Quant à la ligne politique des futurs présidents en puissance, puisqu’elle est la même chez tous, et qu’elle ne représente pas ma vision des choses, qu’ils se dém…dent entre eux.

  5. Il sera intéressant de suivre le prochain congrès du P.S. ; juin 2015 ?

    Voir aussi le dernier sondage en ce qui concerne d’éventuelles primaires au P.S.

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