Avoir la peau d’un syndicaliste

Le secrétaire général de la CGT subit une attaque en règle, l’organisation est belle et bien ordonnée.

Thierry Le Paon a été accusé  de plusieurs points. Son appartement de fonction, payé par la CGT, a été rénové pour 105.000 euros. Puis voici qu’on apprend ce mardi qu’une rénovation de son bureau a coûté 60.000 euros au syndicat qui l’emploie.

« L’hebdomadaire satirique a reproduit dans son édition de mercredi l’extrait d’un devis pour des travaux d’aménagement, réalisés au début de l’année, dans le bureau de Lepaon, pour un montant de 62.179,44 euros. Selon le Canard, qui avait également révélé le mois dernier des travaux dans l’appartement de fonction de Lepaon, ce bureau de plus de «50 mètres carrés» a été entièrement rénové, notamment le parquet, le mobilier, l’électricité. » (source)

Tout porte à croire pour penser que ces informations sont exactes.

Les explications de l’accusé sont lunaires, mais autorisons-nous trois remarques:

1. Les deux scoops sont venus du Canard. C’est tout à son honneur, même si nous avons été désarçonnés, il y a 3 ans, sur les révélations quant aux pratiques de l’hebdo satirique.

2. Ces scoops n’ont pas été relayés avec une ampleur qu’on qualifierait de significative par d’autres médias dit de gauche. Nous aussi, réglons nos comptes et donnons des leçons.

 

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Que la première primaire primaire de l’UMP se termine

L’élection sans surprise du président de l’UMP se termine prochainement, enfin. Ce n’est pas notre parti, mais je suis assez enclin à aller voter une nouvelle fois contre Nicolas Sarkozy.
Ce processus de désignation prend des airs de débat identitaire. Eric Besson et Patrick Buisson ne sont plus là, mais chaque jour qui passe délivre son lot de dérapages et d’outrances qui mettent à mal notre destin commun.
Nous sommes en France, un pays qui peut avoir des désaccords et des divisions, mais qui avait un fond républicain qui permettait de vivre ensemble.

Ce 25 novembre, toujours en meeting devant des militants ultra-fans, Nicolas Sarkozy a réitéré l’une de ses plus belles bêtises du moment, la révocation des accords de Schenghen. Il est comme cela Nicolas. Il peut nous sortir des énormités simplement pour le plaisir de se faire applaudir.

Ce soir-là, nous eûmes droit à ceci:

« Je ne crois plus à la possibilité de réformer le système (…). Il faut changer le système. Il faut sortir de Schengen (…) avant d’établir un deuxième Schengen.« 

Nous avons ri.

Mais ensuite, il enchaîna sur un questionnement de la loyauté républicaine des musulmans dans leur ensemble.

« Ne vous demandez pas ce que la République peut faire pour l’islam, mais ce que l’islam peut faire pour la République. »

Nicolas Sarkozy, bizarrement, n’avait pas le même questionnement sur les furibards de la Manif pour tous ni à l’encontre de ces neo-nazis capables de comparer notre Garde des Sceaux à un singe.

Nous avons pleuré.

Imaginez un meeting où Sarkozy aurait pris l’assemblée à témoin de la montée du racisme.

Imaginez.

Et bien, vous rêvez.

Les gauches qui se parlent

Liêm Hoang-Ngoc est l’un des « socialistes affligés » les plus virulents . Il vient de co-signer un ouvrage avec Philippe Marlière, un prof proche du Front de Gauche.

Comme quoi, tout est possible.

« La gauche ne doit pas mourir », le titre est assez clair, pas très original, mais ce type de convergence devrait faire plaisir. Enfin du débat, des rapprochements, et des échanges.

Cependant, si j’étais pessimiste, je dirais que ces déclarations à répétition, écrites ou clamées, sonnent comme les soubresauts de la fin d’une époque. Je ne suis pas pessimiste. Je dirais donc qu’ils aident à clarifier où l’on va.

« La gauche plurielle restait marquée, quoi qu’il en soit, par un équilibre dans la politique menée. Il y a certes eu les privatisations, mais aussi la couverture maladie universelle, les emplois jeunes, les 35 heures… Autant de mesures de « partageux », c’est-à-dire identifiées comme des marqueurs de gauche. Même si le curseur commençait à se déplacer vers la droite sous Jospin, il y a eu le souci de préserver les équilibres politiques – tant au sein du PS qu’avec nos partenaires de gauche. Aujourd’hui, le virage se fait au grand jour, il est assumé à chaque conférence de presse, dans chaque déclaration publique. Et ces déclarations d’amour en direction du Medef deviennent presque obscènes quand on met en regard ce qui est fait, ou pas fait, pour les salariés. »

 

Liêm Hoang-Ngoc apporte donc cet autre commentaire intéressant sur la guerre interne à la gauche qui se déroule sous nos yeux : « Le gouvernement mène une politique de droite, le Parti socialiste reste un parti de gauche ». Tout est dit. On le dit rarement aussi clairement. L’actuel gouvernement bataille pour conserve les faveurs d’un corps militant et sympathisants désemparés. Il ne faut oublier ce point. Certains opposants de gauche à l’équipe Hollande essayent de convaincre les opposants comme Liêm Hoang-Ngoc  ou Gérard Filoche qu’ils doivent quitter le PS. Les plus critiques ne mâchent pas leurs mots en mettant en doute leur opposition à Hollande/Valls.

Je ne sais pas ce qui est plus courageux: tenter de batailler de l’intérieur, ou sortir et fustiger de l’extérieur. La première situation est clairement plus douloureuse à vivre.

Liêm Hoang-Ngoc rappelle aussi l’enjeu à ne pas abandonner le navire.

Les deux auteurs insistent sur les désaccords de fond, des désaccords politique. Ils ont raison. Le plus grand drame politique de la période serait que l’on tombe dans la caricature facile de l’homme qui siège à l’Elysée. Le problème du moment est celui d’une ligne politique et non de la personne de François Hollande – son tempérament, son attitude, ses idées.

A l’instar de ces deux économistes, il faut rappeler pour la route qui est tracée et suivie par Manuel Valls n’est pas la bonne, et sortir des débats et attaques personnelles.

Encore et toujours.

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Erdogan, les femmes et nous

«Notre religion a défini une place pour les femmes : la maternité»

Forcément, cette déclaration d’Erdogan va nous énerver. Qu’un homme t’explique la place des femmes est toujours énervant. Comme je suis un homme, je n’explique qu’une chose, que les femmes décident et puissent avoir les mêmes droits, réels et légaux, que les hommes.

«Certaines personnes peuvent le comprendre, d’autres non. Vous ne pouvez pas expliquer ça aux féministes parce qu’elles n’acceptent pas l’idée-même de la maternité»

Le premier ministre turc a des idées très précises sur les fondamentaux de la nature humaine.

«Vous ne pouvez pas demander à une femme de faire tous les types de travaux qu’un homme fait, comme c’était le cas dans les régimes communistes, (…) vous ne pouvez pas leur demander de sortir et de creuser le sol, c’est contraire à leur nature délicate».

Quelle régression…

Hollande, « couillu » à Florange ?

Il y aura sans doute l’ex-ministre de la Culture, désormais députée de Moselle, ce lundi 24 novembre. François Hollande retourne à Florange, l’endroit des promesses partiellement tenues, partiellement non tenues.

Aurélie Filippetti lui a écrit, un courrier publié par Mediapart (accès gratuit), quelques heures avant l’arrivée dudit président. Elle applaudit à ce qui a été fait («  Le combat des salariés d’Arcelor n’aura pas été vain : personne n’est resté sur le carreau et une solution sociale a été trouvée pour chacun.« ) mais s’inquiète et s’indigne pour ce qui ne l’a pas été.

« L’histoire de Florange est l’histoire de la crise de la parole politique. De la confiance en la parole politique. L’histoire de la Lorraine est le symbole de tous ceux qui ont cru dans les promesses des hommes politiques puis se sont dit, témoins impuissants du déroulement des événements, plus jamais ça. »

Pour Hollande, cette rencontre annuelle est comme un marqueur de sa différence avec l’ancien monarque. Sarkozy a eu la trouille d’y retourner après y avoir fait le fier-à-bras début 2008.

Hollande retourne à Florange, il a un petit bilan à faire valoir: « sur les 629, 266 salariés sont partis en retraite, 361 ont été mutés, dont 324 à Florange, et deux sont encore en formation ; il n’y a eu aucun licenciement sec », rappelle Mediapart.

Cette visite à Florange intervient au lendemain d’un weekend détestable. Les services de Bercy ont confirmé qu’ils réfléchissaient à assouplir les 35 heures et geler les salaires pendant 3 ans.

Des « pistes de travail », nous  a-t-on assuré.

A Florange, Hollande pourra discuter de tout cela, et bien d’autres trahisons encore.

 

 

 

Merci pour ma fille

Il y a 40 ans.