Le dernier livre de Philippe Cohen

Le dernier livre de Philippe Cohen, coécrit avec Lauréline Dupont, vient de sortir. Philippe est décédé il y a tout juste un an, en octobre 2013. J’avais plein de bons souvenirs avec Philippe, comme d’autres blogueuses et blogueurs, jusqu’à son « pôt » de départ de Marianne, le 5 juillet 2012, chez lui.

Il m’avait parlé de cette enquête sur le retour de Sarkozy. Je n’avais pas envie d’y croire, mais je savais qu’il avait raison. Oui, Sarkozy allait revenir. Nous y sommes.
Sans Philippe.

Philippe n’a pas terminé son bouquin avec Lauréline Dupont, mais le voici dans les bacs.

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Le ciel d’un jour #33

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La violence et l’action politique

Le passage de Mathieu Burnel, membre du « groupe de Tarnac« , vendredi soir chez Frédéric Taddéi sur France 2, fut rafraichissant et inquiétant.

Il  a séché l’assistance, médusée par sa démonstration simple, son propos au ton affirmé. Corinne Lepage, Pascal Bruckner, et quelques autres sont restés coi, tétanisés par la force du militant solitaire.

1. Le jeune homme a dit quelque chose d’incroyablement positif pour qui désespère de l’actuelle situation politique: des gens, surtout des jeunes s’opposent, s’indignent, refusent ce qu’on leur propose, mais sans pour autant abandonner. Ces jeunes et ces moins jeunes n’écoutent plus le monde politique, un peu partout en France et dans le monde.  Mais ils sont actifs, ils s’indignent encore. On avait oublié les Indignés. Il y en a encore, comme en Espagne, avec les Podemos.

Il était loin d’être évident que la résignation n’emporte pas les motivations des plus vigoureux. Mathieu Burnel rappela ce soir-là qu’il n’en était rien. Il avait raison, et c’en était réjouissant.

2. Mais ce n’était pas tout. Burnel appela à participer aux manifestations du weekend suivant, notamment à Nantes. Et à résister contre les forces de l’ordre si ces dernières se mettaient en travers de la route des manifestants… « par tous les moyens nécessaires« .

Il dut répéter cette dernière formule. Son explication est simple et déjà entendue. Elle est théoriquement séduisante et logique. Elle est dans les faits illégitime. L’explication avancée par Mathieu Burnel était la suivante: on est bien obligé d’ajuster son propre niveau de violence à celui de l’adversaire, et, de surcroit, il ne s’agit que de riposter.

Cet appel à la violence prétendument légitime dans un pays comme la France est irresponsable. Samedi, des affrontements ont eu lieu, forcément. Quelle gloire ou efficacité  y-avait-il à jeter des pavés, des cailloux ?

Primo, cela ferait le jeu des « autres« , du camp adverse. Où commence la violence légitime ? Burnel a ouvert le sujet sans pouvoir ou oser le poursuivre.

Deuxio, la France n’est pas une dictature. Cela fait bisounours de dire cela, sans doute. J’entends que le débat contradictoire n’a pas suffisamment lieu; que le hiatus entre des élites politiques et une part de plus en plus nombreuse de la population est suffoquant.

 

 

 

Mathieu Burnel avait des paroles fortes, mais pourquoi cet appel à la violence ?

Il y a des lieux, il y eut des temps, où l’on espérait voir des gens prendre les armes ou entrer en résistance. Des temps de morts,  de persécutions, de haines d’Etat. Aujourd’hui, au contraire, il faudrait du calme ET de la détermination.

Racisme discret sur Twitter

Je les observe, de loin mais régulièrement, sur Twitter. J’ai ma liste de fachos, réacs et autres ennemis politiques. Alors qu’un film formidable sort sur nos écrans, voici le commentaire glané sur Twitter samedi 1er novembre.

Bandes de Filles est réalisé par Céline Sciamma, celle-même qui avait commis l’irréparable pour nombre de fachos, le film Tomboy. Une histoire simple et bien joué sur une fille qui se faisait passer pour un garçon.

Tomboy a déchainé les passions des anti-mariage Gay les plus virulents.
Cette fois-ci, Bandes de filles s’attarde sur quelques copines qui ont cette particularité qui dérange le raciste sus-cité, elles sont toutes noires.

Incroyable.

Chanson du dimanche: le coeur cassé ?

C’est un autre couple comme exfiltré des années 70…

Notre avenir politique.

Halte au feu ?

C’est sans doute un appel assez vain.

J’en ai presque marre de relater, de temps à autre, combien les éructations violentes, les cristallisations des désaccords en de véritables haines aussi violentes qu’artificielles, sont désolantes, contreproductives, et terrifiantes pour l’avenir.

L’avenir est très clair désormais. Il faudra du temps, du sang et des larmes pour en changer. Notre avenir politique est le suivant:

1. une gauche « plus à gauche », fermement ancrée dans ses certitudes, mais aussi dans la volonté de refuser tout compromis, toute négociation, tout avenir politique négocié. Je vote, malheureusement, avec cette gauche-là. J’écris malheureusement non par dépit sur les idées, mais par stupéfaction devant certaines attitudes.

2. Ce qu’il reste du PS, affaibli comme jamais car incapable de séduire son aile gauche, tant politiquement (les partis) qu’électoralement (les électeurs)

3. Une droite plus ou moins dure, plus ou moins radicale, de l’UDI/Modem à l’UMP furibarde. Cette droite-là sera parfois radicale, parfois plus calme.

4. Le FN, celui qui a désormais 83000 adhérents, un parti national-socialiste dans la plus pure des acceptations: un discours mêlant le social et la haine de l’autre, le chauvinisme primaire et la célébration de la France éternelle.

FN mis à part, la France politique ressemble donc à l’Allemagne, avec sa gauche durablement (irrémédiablement ?) cassée en deux.

C’est la Toussaint.

Forcément.