Le ciel d’un jour #39

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Nous sommes tous des Grecs

Ce qui se joue en Grèce n’est pas seulement l’affaire d’un pays. Depuis six ans, la Grèce est sorti de son cadre national. Ce pays est plus que jamais le symbole caricatural de la période que traverse l’Europe.

« Nous sommes tous des Grecs », proclamait Edwy Plenel en mai 2012. Son constat demeure. Le pays a sombré avec l’Europe et l’euro, des comptes publics truqués avec la complicité de quelques grandes institutions financières privées dont d’éminents représentants, cachés au FMI ou dans les Banques Centrales, donnent aujourd’hui des leçons de bonne gestion ; et une fraude fiscale endémique entretenue par la collusion des deux partis « familiaux » historiques au sein de la classe dirigeante.

La Grèce est sous la coupe de ses créanciers, assujettie à un programme de redressement qui ne redresse rien; effondrée de l’intérieur par un manque d’adhésion populaire à la politique de sortie de crise; secouée par la résurgence d’une extrême droite qui se revendique nazie et une gauche de renouveau qui s’appelle Syriza, bien éloignée des caricatures qu’on en fait en France.

En Grèce se joue le sort symbolique de l’Europe. Si le pays s’en sort, il va donner un espoir à d’autres. S’il sombre encore davantage, il va précipiter colère et désespoir.

La Grèce, berceau de la démocratie, était une dictature quand j’étais gamin.

Tout est possible.

 

Éloge de la méchanceté

/home/wpcom/public_html/wp-content/blogs.dir/ff8/1307707/files/2014/12/img_1781-0.jpg Les trolls existent depuis longtemps. Ce livre offert à Noël sur quelques grandes méchancetés de l’histoire tombe à propos. La situation politique actuelle mérite quelques commentaires méchants. Pire, nous avons tous pris l’habitude de vanner plus ou moins durement. L’internet a rendu possible le commentaire de chacun et l’interpellation collective permanente via les réseaux sociaux.

La gauche, lundi, en Grèce

La parlement grec doit saisir la balle au bond, ce lundi 29 décembre.

L’élection au suffrage indirect du nouveau président de la république grecque est si difficile qu’elle a eu cette conséquence improbable: l’actuel premier ministre conservateur a proposé aux députés des élections législatives anticipées de 6 mois.  Et si le président n’est pas élu au troisième tour de scrutin – ce qui est fort probable, l’Assemblée sera dissoute.

Les sondages promettent une victoire à Syriza. La route vers le pouvoir est pourtant semée d’embûches, rappelle BASTA. La Grèce est un pays ravagé. Devant la perspective d’une victoire de Syriza, on évoque désormais le pire, la catastrophe économique, la sortie de la Grèce de la zone euro et même une faillite bancaire générale.

L’actuel gouvernement cherche aussi à bloquer 11 milliards d’euros de reliquat du prêt accordée à la Grèce pour la recapitalisation des ses banques.

Sans rire.

Les prédictions apocalyptiques ne sont pas l’apanage des politiciens grecs. A l’étranger aussi, on s’y livre avec délice.

Les déclarations récentes de Klaus Regling, directeur général du Mécanisme Européen de Stabilité (MES), sont surréalistes pour qui croit encore à la politique:  dans une interview au quotidien grec Kathimerini, ce dernier a estimé « normal que les marchés soient inquiets quand l’opposition a des points de vue radicalement différents sur l’avenir du pays. En Espagne, au Portugal et en Irlande, les gouvernements ont changé mais les programmes de réformes n’ont pas été interrompus. En Grèce, il semble y avoir plus d’incertitudes« .

Plus terrifiant encore, le ministre conservateur des finances Wolfgang Schäuble a expliqué: « Nous allons continuer à aider la Grèce sur le chemin des réformes dures ».

Chanson du dimanche: « je ne te laisserai pas tomber »

Restez jusqu’à la fin.

Ce clip est incroyable.

Pas de trêve à Noël

Difficile d’imaginer que la journée d’hier fut une trêve dans le cours du monde. C’est a minima un moment joyeux pour certains enfants, une affaire de retrouvailles familiales, l’occasion de se souhaiter de jolies choses.

Mais de là à évoquer une trêve

Noël est un moment aussi difficile, quand il s’agit de tenter d’oublier que rien ne change, rien de bouge, tout continue comme avant.

Avant, Noël était aussi ce moment exaspérant où nos médias nationaux nous occupaient l’esprit avec les célébrations. Ils sont désormais bien seuls à faire cette trêve-ci.

Internet ne nous offre aucune coupure, aucune trêve, aucun silence.

C’est peut-être aussi bien comme cela.