Tsipras

Syriza, gauche radicale ?


Ils ont gagné, et largement, hier.

Syriza l’a emporté avec près de 10 points d’avance sur son premier rival, le parti conservateur du premier ministre Samaras.

En France, la récup et la stupéfaction.

Tsipras

1. Oui, le Parti de gauche, davantage que le Front de gauche, en est le parti le plus proche.
La récup de dernière de Marine Le Pen était pitoyable. Les applaudissements du PS font sourire. Les efforts de certains à expliquer combien Syriza n’a rien à voir avec le PG font carrément rire. (*): Plus tard dans la journée, on appris que le PC grec refusait de s’allier à Syriza.

2. La Grèce n’est pas la France, et ses comparaisons ont évidemment leurs limites.

3. La victoire de Syriza est une belle et grande nouvelle, une victoire de la politique contre la Banque. Mais rien n’est gagné, loin de là. Ce n’est pas une claque, mais un coup de boule contre une austérité mise en place pour rembourser un surendettement souscrit principalement auprès de banques européennes.

 

 

4. Le parti socialiste grec a disparu des urnes. Le PASOK aurait rassemblé moins de 5% des suffrages. Le PASOK est dépassé par les nazis d’Aube Dorée (7%).

5. La réaction des conservateurs européens est sans surprise. Ils ont cherché à assimiler Syriza à une éruption populiste.

6. En France, la victoire de Syriza a réjoui plus largement à gauche. Et c’est un signe, un mauvais signe pour l’échappée libérale de l’actuel gouvernement. Le signe qu’ils sont nombreux à vouloir autre chose.

 

 

7.  Syriza n’a pas la majorité absolue. Ce n’est pas tout un peuple, c’est la majorité  relative d’un peuple qui reste divisé.

 

Et voici, donc, ce qui arriva et devait arriver. Tout commence aujourd’hui (*):

 

 

(*) Mise à jour de 15h30, lundi 26 janvier 2015
Crédit illustration: DoZone Parody

27 réflexions sur “ Syriza, gauche radicale ? ”

  1. Savourons un instant leur victoire…. le Grèce maltraitée et parfois méprisée qui a présent fait peur…. et c’est justement contre cette même peur qu’ils ont gagné….

  2. Syriza, gauche radicale ? Non, c’est un parti humaniste.

    « …4. Le parti socialiste grec a disparu des urnes… ».
    Cela devrait en faire réfléchirent certains.

    1. En dehors de l’exemple grec qui nous occupe, le qualificatif de radical ne me pose aucun problème. Quand vous vous êtes enfoncé profondément dans la merde, un changement de cap radical peut (doit) parfois s’imposer.

      Et puis méfions-nous de la récupération des mots et du langage. On peut par exemple, vis à vis d’une religion (l’islam) avoir une attitude modérée (liberté de culte,défendre le droit à ne pas se faire empaler au prétexte que l’on nait musulman) et combattre radicalement ce qui nous est intolérable dans la pratique d’une religion (catapultage express des barbus et des djihadistes).

      « parti humaniste » / pareil, c’est du pipeau tout ces termes. Connaissez-vous des partis qui se réclament de l’anti-humanisme?

  3. TRES JOLI BILLET JUAN; BRAVO.

    Si on reprend le terme « radical » à son sens étymologique de « racine » on peut effectivement considérer cette coalition comme étant radicale par son retour aux origines du socialisme, par rapport au PASSOK, ce parti de bras cassés assez proche du PS français, qui devrait, lui aussi, découvrir sous peu à quel point il est rejeté par son côté libéral affairiste. C’est une claquounette pour l’instant (mais c’est déjà çà par rapport aux courbettes « socialistes » auxquelles étaient habituée la haute finance déifiée…) mais c’est surtout une nouvelle façon d’aborder les discussions aux niveaux nationaux et européens, et çà les peuples le demandent depuis au moins notre rejet du TCE pourri. Le processus ne demande qu’à faire école à travers toute l’Europe et au moins à travers l’Europe occidentale (Sud et ouest) dans un premier temps. ARAMIS

  4. On notera que Syriza va (très logiquement) constituer un gouvernement de coalition non pas avec le Parti Communiste grec, mais avec la droite souverainiste grecque…ce qui était très exactement le projet de Chevènement lors de sa candidature à la présidentielle de 2002, avec son Pôle Républicain regroupant aussi des souverainistes gaullistes ( séguinistes et pasquaïens) qui lui fut tant reproché…

    1. Il est bien dommage que l’on ne puisse plus commenter chez vous (pourquoi, M.Arié?). J’aurais souhaité, par exemple, que vous m’expliquiez les raisons qui d’après vous ont motivé l’échec de ce pôle souverainiste et l’incapacité de ces mêmes souverainistes à capitaliser après la trahison sarkozyste suite au référendum sur le traité de Lisbonne.

      1. J’ai fermé mes commentaires depuis que ce n’est plus moi qui les modère, mais Marianne, dont les critères m’échappent : tolérance des trolls et des injures, censure de commentaires irréprochables .

        1. Ah enfin ! Je ne suis donc plus le seul. Je crois que ce site a été caviardé par des jeunes umpistes revanchards venus s’inscrire en modérateurs. A vérifier . ARAMIS

          1. @ ARAMIS

            N’importe quoi.

            Tous les médias sous-traitent les commentaires de leurs forums à des sociétés spécialisées.

            La modération est souvent réalisée par des modérateurs professionnels recrutés dans des pays francophone à bas coûts (Maroc, Mali, Sénégal, Madagascar, Ile Maurice, seul 20% des salariés sont en France). Ils vérifient l’ensemble des messages et décident de conserver ou supprimer les messages en se basant sur la charte de modération. Les messages sont récupérés et filtrés par le logiciel interne (Modératus). Modératus constitue une aide à la modération, il permet d’optimiser le traitement de grandes quantités de contributions mensuelles par des analyses sémantiques automatisées ainsi que le contrôle qualité en temps réel.

            Pour le reste :
            http://www.marianne.net/elie-pense/Reflexion-sur-les-commentaires-des-forums_a313.html

            1. « J’ai fermé mes commentaires depuis que ce n’est plus moi qui les modère, mais Marianne, dont les critères m’échappent : tolérance des trolls et des injures, censure de commentaires irréprochables »
              Bon alors de quoi vous plaignez-vous ? Ils doivent censurez ces textes parce qu’ils ne valent bien, non ? ARAMIS

            2. Çà , il est sûr que vous ne risquez pas le débat d’idées hors cadre avec pareille mesure :
              « J’ai ainsi abouti à des commentaires contradictoires, argumentés et cohérents, se répondant les uns aux autres, et ressemblant à ce que serait toute discussion normale entre gens normaux dans la vie normale ; ce qui est le seul intérêt des forums – quitte à m’attirer les reproches de « censure » de ceux qui n’utilisent les commentaires que comme un exutoire, une catharsis à tous les refoulements dont ils cherchent à se libérer, aux dépens des autres dont ils n’ont que faire. » Conclusion : Vous êtes un débat contradictoire à vous tout seul.

        2. J’ai cessé d’y commenter, après avoir été modéré sans modération pour un commentaire dont il était impossible de comprendre en quoi il contrevenait à la charte.

  5. Le grand atout de Syriza vient du fait qu’il accède au pouvoir au moment où la conjoncture pourrait bien s’améliorer enfin, en Grèce, grâce à trois événements dans lesquels il n’est pour rien :

    1- chute de l’euro à 1,14 dollar , ce qui favorisera le tourisme , qui constitue l’essentiel des recettes de l’économie grecque ;

    2- baisse du prix du pétrole, que la Grèce doit intégralement importer ;

    3- plan de relance de l’économie européenne de la BCE, qui va faire tourner la planche à billets pour un montant de plus de 1100 milliards d’euros en rachetant les dettes souveraines .

    Tout dépendra désormais de l’habileté stratégique de Syriza à ne pas gâcher ces atouts, et à éviter une fuite massive des capitaux qui pourrait les compromettre .

    « C’est maintenant que les emmerdements commencent ! »
    Bracke-Desrousseaux, député du Front Populaire, après la victoire électorale de celui-ci en 1936

    1. Elie, la gauche radicale ne changera rien à la situation économique de la Grèce. La Grèce est un pays pauvre depuis toujours. C’est un tas de cailloux et de ruines. La seule richesse qu’ils ont c’est le tourisme… Le Pirée venu aux chinois sert de bases d’entrée de toute la came de grande surface et grâce à un gazoduc russe limite,ils pourront éventuellement prendre un peu d’argent.

      Pour juger de la santé économique, il y a 4 facteurs importants:
      1 le taux de chômage (26,7% en 2013)
      2 Le taux de croissance (-6,1% en 2012)
      3 La dette publique (194.2% en 2012) et son déficit 5.2% en 2012)
      4 La balance commerciale
      – Exportations 36.5 milliards de dollars
      – Importations 62.2 milliards de dollars

      Il n’y a aucune baguette magique pour régler les problèmes économiques de la Grèce… même en mettant un doigt aux créanciers (que je souhaite) et un bras d’honneur à l’UE (qu’elle mérite)… Demain cette victoire aura un goût amère… Les grecs ne produisent rien comment voulez-vous qu’ils vivent du fruit de leurs richesses pour financer une politique de redistribution?

      Le seul intérêt dans tout ça c’est que la Grèce retrouve sa souveraineté et le droit de battre sa monnaie… et s’il est malin le syriza en place qu’il négocie avec la Chine et la Russie pour trouver du Cash pour financer ici où là quelques brèches à colmater mais à terme… Il n’y a aucune raison que la Grèce améliore ses capacités de production.. Ils n’ont aucun atout dans leur jeu.

      La gauche vraiment, c’est le talent de faire avaler des couleuvres!

  6. @ Juan

    Désolé, j’ai écrit mon billet d’aujourd’hui, qui a presque le même titre que le vôtre, avant de l’avoir lu !

  7. « une victoire de la politique contre la Banque »

    Vous planez, Juan. Ils veulent tellement « niquer » la banque, qu’un mois auparavant ils se sont rendus à la City de Londres pour négocier leur marge d’action avec les représentants de Goldman Sachs, Meryll Lynch et Nomura.
    http://www.wsws.org/en/articles/2014/12/15/balt-d15.html

    « conservateurs…à assimiler Syriza à une éruption populiste »

    Exactement ce qui est fait en France avec le FN et le FDG. Mais ici, ce sont nos belles âmes modérées (je ne sais si je dois vous ranger dans le lot), social-libéral-démocrates qui le font (tout en n’étant ni sociales, ni libérales, ni démocrates; mais ça doit être un détail…).

    « un mauvais signe pour l’échappée libérale de l’actuel gouvernement »

    Mais atterrissez bon sang! L’abandon du socialisme par les socialos français date d’il y a plus de trente ans (Fabius, 1er Ministre). C’est d’ailleurs à cette époque que le PS a pris un tournant sociétal (basé à l’époque sur le combat antiraciste et la création d’officines telles que SOS mes couilles), pour enfumer le gogo et lui donner un os à ronger en ranimant le combat contre l’hydre fachisto-nazi-zombi. Rien que d’imaginer que vous avez du avoir votre petite main jaune épinglée à même le coeur m’émeut à un point que vous n’imaginez pas.

    « Le parti socialiste grec a disparu des urnes »

    Tous les partis socialistes qui n’ont de socialiste que le nom sont amenés à disparaître du paysage.

  8. Petits Infos importées et rapportées avec le vécu des gens….

    Espagne ; Patrouilles permanentes des militaires dans les rues…
    Allemagne ; Très très gros scandale visant les possessions gigantesques de l’église catholique , des évèques……90 % du patrimoine Allemand.

  9. ce serait une bonne nouvelle si ce gouvernement jouait réellement une partition alternative dont les paramètres sont connus pour la relance de l’économie en grèce..

    en aucun cas, le QE de la BCE ne jouera de rôle tout le monde financier le sait, mais le fric doit être pris pendant que les banques centrales participent au suicide des monnaies;..

    il y a encore des gens intelligents qui confondent monde financier et économie réelle…pour comprendre des choses simples, je vous renvoie aux éconoclastes sur ce sujet……

    et surtout il faut compter sur les salopards de la troïka pour mettre les bâtons dans les roues des grecs, s’ils ont le courage d’aller au bout de leur programme……qui peut croire que nous sommes encore dans un monde démocratie en UE….
    petit rappel, tous les pays de la zone euro ont laissé leurs outils de souveraineté à bruxelles;…

  10. imaginez qu’une politique et des solutions alternatives fonctionnent…quel regard auraient les citoyens sur ceux qui les ont emmené à subir des coupes franches sur leurs salaires et leurs prestations de redistribution au nom d’un dogme économique dont de plus en plus d’économistes démontrent sa perversion et son inutilité…

  11. où ais-je lu.. alors à la plage: « la France, un pays qui aime la révolution mais ne sait pas faire de reformes »
    R. Aron ? J Clerc ? Paris Match ?

    Si les vacances reposent (å chacun son point de vue)
    J’aime ! et la gauche
    epharisto poli, para kalo.. de rien

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