Religion, quand tu les tiens

Sérieux ? Oui, sérieux.
J’applaudis.

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C’est maintenant que j’ai peur

« Nous n’avons pas peur »

C’est ce que nous avons tous (ou presque) répété après les attentats de Paris. Nous n’avions pas peur mais nous pouvions être effarés par le drame.

Quinze jours plus tard, nous pouvons avoir peur de la bêtise ambiante. Les cons sont lâchés. Il faut s’accrocher aux âmes qui restent nobles, aux esprits qui restent élevés. Je suis parvenu à dire du bien de Sarkozy quand il a justement appelé au calme et l’unité. Ce temps est terminé. L’ancien monarque trépigne déjà, et cherche quelle surenchère sécuritaire sera la plus profitable.

Manuel Valls avait fait un discours brillant il y a 8 jours. Huit jours plus tard, il est tombé, retombé. Quelques clichés faussement républicains, des incantations et des formules qui mériteraient le licenciement immédiat de ses conseillers es com’ :

« Politique du peuplement, pas seulement politique du logement et de l’habitat. Politique du peuplement pour lutter contre la ghettoïsation, la ségrégation »

Politique de peuplement ? Cela évoque beaucoup de choses. D’abord de la bêtise. Ensuite d’autres pays où l’on se décide à « peupler » pour occuper. L’image est détestable et ces discours ne sont que des images. Donc il faut les soigner.

Ou se taire.

Ne soyons pas trop méchant. Manuel Valls avait du s’inspirer de travaux de l’ANRU. La « politique de peuplement » est un concept largement développé dans les travaux de l’agence.

Evitons Nicolas Sarkozy

Le discours de Nicolas Sarkozy, car il ne s’agissait que de cela, mercredi 21 janvier sur France 2 vu l’absence de contradictions journalistiques, était fatigant. La caricature ne prend plus. En 2007, elle avait su convaincre, elle semblait efficace. Elle fut efficace au point de propulser l’ancien ministre de l’intérieur à l’Elysée.

En 2015, Sarkozy est tel Giscard. On l’écoute, mais on ne l’entend plus.

Face à une situation dramatique depuis les attentats de Paris, Sarkozy n’avait rien à dire, et ce n’est plus si grave. On s’en fiche. Il a du sur-jouer au dur en réclamant la sanction immédiate contre les jeunes qui n’avaient pas respecté la minute de silence. Quelle belle idée…

On l’écoute, mais on ne l’entend plus.

Valls: enseignement ou espionnage ?

Après les attentats de Paris, nous aurons les deux.

Quinze jours après les attentats, il paraît que le gouvernement s’active. On s’en doute. Voici une cascade d’annonces, dont plusieurs ne sont que des discours. La tournée des voeux du président Hollande coïncide avec ces évènements dramatiques. De ces annonces, on retient surtout les deux dimensions principales: l’accent placé sur l’enseignement, comme si l’on réalisait que les terroristes d’aujourd’hui étaient des gamins perdus par la République d’hier. J’applaudis forcément quand j’entends qu’il faut davantage enseigner la laïcité et les religion et réduire les inégalités entre les établissements.

Là encore, il s’agit de discours, mais l’éducation est aussi le ministère de la parole.

Quand il s’agit d’espionnage, l’histoire est différente. Dès les premières heures suivant les attentats de Paris, certains se sont inquiétés d’un Patriot Act à la Française. La formule est tristement caricaturale et réductrice.

1. L’arsenal répressif est déjà très puissant en France. Nous et d’autres l’avons déjà écrit. Moins qu’un nouveau dispositif législatif sur-répressif, c’est de moyens dont il faudrait parler.

2. Je n’ose imaginer la réaction de chacun si la première des réactions officielles après les atrocités que nous venons de vivre eut été un allègement des dispositifs de sécurité.

3. Oui, quand c’est la guerre, les exigences de sécurité augmentent. Et visiblement, nous sommes en guerre.  Je ne suis personnellement pas très pacifique en ce moment. J’aimerai penser qu’une démocratie reste grande quand elle est toujours une démocratie malgré la guerre.

4. C’est moins la question de l’espionnage (massif, réel, actuel, émanent du privé comme du public) qui m’inquiète que (1) le contrôle de l’usage des données collectées; (2) le respect de la liberté d’expression.

5. Nous devrions profiter du moment pour rappeler combien protéger les lanceurs d’alerte – en leur créant un statut juridique par exemple – serait la juste contrepartie de ce qui sera perçu comme (et sera tout court) un accroissement de l’espionnage policier dans ce pays.

6. Finalement, on nous a vendu un surcroît de 750 millions d’euros de budget pour notre protection, sur 3 ans, et quelque 2.000 postes supplémentaires. La « mobilisation générale contre le terrorisme » est devenu un concept fatiguant: faites votre boulot, mais taisez vous.

7. Manuel Valls a eu raison quand il a dit: « Nous devons cette vérité aux Français : face à des individus déterminés, à des groupes et des filières structurés, le risque zéro n’existe pas. » C’est sans doute la seule chose à répéter et ressasser devant tous ceux qui pensent qu’il suffira davantage de caméras, d’espions, et de restrictions des libertés pour s’en sortir.

8. Manuel Valls a tort quand il parle d’apartheid en désignant les banlieues. On n’abuse pas de certains termes.

9. L’unité nationale s’efface tranquillement. La démocratie, c’est le débat et le désaccord.

10. Certains, pourtant déjà âgés, n’ont rien compris de la séquence qui vient de s’écouler. Ils pensent que trois terroristes ont tué 14 innocents à Paris (et Montrouge) parce qu’il y a un problème d’autorité… Mon dieu, que la bêtise sait être répandue.

 

Les photos marquantes d’un drôle de début d’année

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Chanson du dimanche: provocation ?

Une jolie chanson de Thiéfaine,

et une suggestion de Croisepattes.