Sarko est Giscard, ça y est. Merci.

Ce n’est pas une idée, un fantasme, une lubie.

C’est un constat.

Sarkozy n’est plus Sarko.

Sarko est fini. L’homme n’a plus la main, il patauge et déçoit.

C’est la première fois, depuis 15 ans, que pareille déconfiture sondagière et politique lui tombe dessus.

Sarko est Giscard.

Enfin.

Merci, adieu.

 

 

 

 

« Cinq mois après son retour en politique, Nicolas Sarkozy peine à convaincre les Français. Seuls 22 % d’entre eux souhaitent qu’il soit candidat à la présidentielle de 2017, selon un sondage BVA paru dimanche 22 février. Même les sympathisants de droite sont désormais une minorité à vouloir sa candidature.

Si le président de l’UMP ne parvient pas à emporter l’adhésion d’une majorité d’électeurs, c’est d’abord parce qu’il n’a pas montré qu’il disposait de pistes de réformes novatrices. 77 % des Français estiment qu’il « n’a pas fait de propositions intéressantes pour répondre aux problèmes qui se posent à la France », selon un sondage Odoxa, publié en novembre 2014. M. Sarkozy ne donne pas l’impression d’avoir renouvelé ses idées. Or, les déçus de François Hollande attendent justement qu’il expose ses solutions pour redresser le pays. » (source: Le Monde)

 

Des insurrections, sans révolution.

Je suis tombé presque par hasard sur le compte-rendu d’un débat qui s’est déroulé il y a quelques jours à la a Bibliothèque autogérée de Malakoff sur le dernier bouquin du Comité Invisible, « A nos amis ».

Les conclusions sont lucides, très lucides, tout comme celles du livre.

Les insurrections qui secouent le monde sont loin d’être des révolutions. Le capitalisme de crise triomphe. Aucune révolution n’aura de chance si la santé et l’alimentation sont mises à mal par cette même révolution, même provisoirement.

Mais les participants se sont arrêtés sur quelque chose qui m’a intrigué: ils ont débattu du constat fait par les auteurs du livre sur le déplacement du pouvoir réel vers les propriétaires des indrastructures. Quiconque utilise un peu internet a compris de quoi on parle. Ce n’était visiblement pas le cas de tous ce soir-là.  Certains semblaient ne considérer que les infrastructures étatiques comme force dominante.

Funeste erreur.

 

 

La fausse mort des blogs politiques

Notre existence digitale a changé depuis quelque temps. Ce n’est pas de notre faute.

Certains blogs politiques sont moins nourris: Sarkofrance, ces coulisses, mais aussi ceux de consoeurs et confrères. D’autres au contraire n’ont jamais été autant alimentés, nourris, relayés: l’ordure soralienne, quelques autres racailles (je n’ai pas d’autres mots).

Il ne faut pas analyser ces évolutions en présupposant une moindre motivation des uns, une sur-motivations des autres. Le Web change. Nos modes d’expression évoluent.

Certes, il y a des changements personnels qui peuvent jouer. Par exemple, votre serviteur n’a perdu aucune énergie, ni conviction. Mais la situation politique du moment me motive peu. Défendre Hollande ? Non, sans façon. L’attaquer sans relâche comme s’il était Sarko ? Non plus. Défendre Mélenchon ? Ouais, un peu. Je vote pour lui, c’est déjà cela, non ? Mais je cherche encore les convergences plus larges, et elles ne viennent pas. Attaquer la droite ? Elle est bête toute seule. Fustiger le FN ? Oui, certainement, et de plus en plus.

Mais là n’est pas le sujet. Les blogs politiques changent de forme.

Le premier phénomène massif est l’explosion de la video. On lit moins sur le web, on regarde davantage. Youtube a fêté ses 10 ans il y a 11 jours. Toutes les statistiques le montrent. Or le blog politique n’est qu’un exercice d’écriture. On n’est moins lu parce que d’autres sont davantage regardés. Le jour où les gauches auront compris qu’elles doivent passer massivement au support de l’image animé pour supporter et défendre leurs idées, nous aurons fait un grand pas politique.

Le second phénomène massif s’appelle les réseaux sociaux. Twitter, Facebook et tous les autres.  Ces plateformes sont faites pour échanger, partager, diffuser.

Pas les blogs.

Nous sommes ailleurs, dans un autre moment. Il y aura toujours ces espaces blogosphériques, où l’on prend le temps d’écrire quelques pensées, de partager quelques commentaires et des moments de vie.

Mais l’échange politique n’est plus cantonné ici.

 

Un banquier sympa ?

Je ne résiste pas au plaisir de chatouiller ce cliché si populaire parmi quelques camarades: le banquier, en exercice ou retraité, serait forcément mauvais et/ou nuisible par profession.

Même si je ne porte pas Emmanuel Macron dans mon coeur et mon estime, j’ai toujours été mal à l’aise avec le procès ès qualité qu’on lui a fait à sa nomination à cause de son passé de banquier d’affaires. Il est raisonnable et nécessaire de s’interroger sur la compréhension du monde réel qu’un grand bourgeois, banquier ou autre, peut avoir si l’on estime que son milieu social l’exclue de facto de la vie du plus grand nombre. Mais aller jusqu’à l’excommunication politique est une autre affaire.

Revenons à l’objet de ce billet: voici un banquier forcément sympa puisqu’il aide la Grèce dirigée par Syriza à s’en sortir face à ses créanciers: Mathieu Pigasse.

Bien sûr, il ne fait pas cela gratuitement. Ses conseils sont rémunérés. Mais il bosse pour Syriza, avec des prises de position publiques qui dépassent le simple conseil de coulisses.

Voici ce que l’on pouvait lire dans les colonnes de l’Humanité:

« Matthieu Pigasse, directeur général de la banque Lazard qui conseille le gouvernement grec sur la restructuration de la dette, a estimé samedi qu’il fallait « laisser du temps et de l’oxygène » à la Grèce, au lendemain de la prolongation du plan d’aide européen.

« Il y a une volonté politique du gouvernement grec de mettre en oeuvre les réformes, leur détermination est très grande. Mais pour pouvoir mettre en oeuvre ces réformes, il faut leur laisser un tout petit peu de temps, desserrer l’étau de l’austérité, leur donner la bouffée d’oxygène nécessaire pour mettre à plat l’ensemble des réformes qui doivent être mises en oeuvre », a déclaré M. Pigasse, directeur général de la banque Lazard, ce matin au micro d’Europe 1. »

Quand Mathieu Pigasse aida l’équipe Hollande, au lendemain de la victoire de 2012, à mettre en place la BPI, quelques vrauchistes se sont précipités pour fustiger l’homme, et non la démarche: la « collaboration » de Pigasse avec Hollande était la preuve ultime que « l’oligarchie » (l’expression est de Laurent Mauduit, chez Mediapart) était en place, que le « capitalisme parisien » avait pris le contrôle de notre sommet de l’Etat.

Je ne renie pas la rancoeur profonde que j’éprouve contre Hollande. Mais ces procès ad nominem me font toujours autant horreur.

La leçon de cette affaire est qu’il faut savoir faire preuve de pragmatisme même quand on veut changer la vie. Qu’il faut arrêter de porter des jugements définitifs contre des personnes à cause de ce qu’ils sont, et qu’il vaut mieux réserver nos opinions sur ce qu’ils font.

Restez calme.

Le ciel d’un jour #42

Lac

Syriza aurait capitulé, ah bon ?

Les mots sont forts, bien trop forts pour décrire ce qui s’est passé hier. Mediapart, sous la plume de Ludovic Lamant (article payant) n’hésite pourtant pas, comme la plupart de la presse conservatrice française: « L’Allemagne fait plier la Grèce, première capitulation pour Syriza ».

Sur le fond, de quoi parle-t-on ? D’une trêve de 4 mois.

« The Eurogroup notes, in the framework of the existing arrangement, the request from the Greek authorities for an extension of the Master Financial Assistance Facility Agreement (MFFA), which is underpinned by a set of commitments. The purpose of the extension is the successful completion of the review on the basis of the conditions in the current arrangement, making best use of the given flexibility which will be considered jointly with the Greek authorities and the institutions. This extension would also bridge the time for discussions on a possible follow-up arrangement between the Eurogroup, the institutions and Greece.  » (*)

Communiqué officiel de l’Eurogroup, vendredi 20 février 2015, 21h.

La « capitulation » évoque la reddition, y compris des armes. Le gouvernement grec mène une guerre, composée de nombreuses batailles.

Je comprends que celles et ceux qui ont caricaturé, dans un sens ou dans l’autre, Syriza soit aujourd’hui surpris par la réalité. « La victoire de Syriza est une belle et grande nouvelle, une victoire de la politique contre la Banque. Mais rien n’est gagné, loin de là. » écrivions-nous fin janvier.

Dans le communiqué de l’Eurogroup, cette phrase aurait de quoi effrayer ceux qui prônent pour le non-remboursement de la dette grecque: « The Greek authorities reiterate their unequivocal commitment to honour their financial obligations to all their creditors fully and timely.  » (Les autorités grecques ont réitéré leur engagement sans équivoque pour honorer leurs obligations financieres vis-à-vis de leurs créanciers, totalement et en temps et en heure. »). Faudrait-il répéter qu’Alexis Tsipras n’a pas refusé de régler la dette grecque contrairement aux caricatures des uns et des autres ?

Une dernière remarque: même les opposants à Syriza, ici en France, ne devraient pas  se réjouir d’un échec  de Syriza en Grèce. Il signifierait bien pire pour l’idée européenne que certains défendent encore. Et le tête à tête de démocrates intoxiqués par le libéralisme avec une droite extrême infiltrée ici ou là par des neo-nazis n’aura rien de réjouissant.

 

 

 

Traduction:
« L’Eurogroupe prend note, dans le cadre de l’accord existant, de la demande des autorités grecques pour une extension de l’accord Principal d’Aide Financière (MFFA), qui repose sur un ensemble d’engagements. L’objectif de cette extension est de terminer cet examen avec succès, sur la base des conditions fixées dans le programme actuel, en faisant le meilleur usage possible de la flexibilité, qui sera examinée, conjointement, par les autorités grecques et les institutions européennes.

Cette extension permettra également de faire la transition avec les discussions sur un éventuel nouvel arrangement entre l’Eurogroup, les institutions et la Grèce.«