Syriza aurait capitulé, ah bon ?


Les mots sont forts, bien trop forts pour décrire ce qui s’est passé hier. Mediapart, sous la plume de Ludovic Lamant (article payant) n’hésite pourtant pas, comme la plupart de la presse conservatrice française: « L’Allemagne fait plier la Grèce, première capitulation pour Syriza ».

Sur le fond, de quoi parle-t-on ? D’une trêve de 4 mois.

« The Eurogroup notes, in the framework of the existing arrangement, the request from the Greek authorities for an extension of the Master Financial Assistance Facility Agreement (MFFA), which is underpinned by a set of commitments. The purpose of the extension is the successful completion of the review on the basis of the conditions in the current arrangement, making best use of the given flexibility which will be considered jointly with the Greek authorities and the institutions. This extension would also bridge the time for discussions on a possible follow-up arrangement between the Eurogroup, the institutions and Greece.  » (*)

Communiqué officiel de l’Eurogroup, vendredi 20 février 2015, 21h.

La « capitulation » évoque la reddition, y compris des armes. Le gouvernement grec mène une guerre, composée de nombreuses batailles.

Je comprends que celles et ceux qui ont caricaturé, dans un sens ou dans l’autre, Syriza soit aujourd’hui surpris par la réalité. « La victoire de Syriza est une belle et grande nouvelle, une victoire de la politique contre la Banque. Mais rien n’est gagné, loin de là. » écrivions-nous fin janvier.

Dans le communiqué de l’Eurogroup, cette phrase aurait de quoi effrayer ceux qui prônent pour le non-remboursement de la dette grecque: « The Greek authorities reiterate their unequivocal commitment to honour their financial obligations to all their creditors fully and timely.  » (Les autorités grecques ont réitéré leur engagement sans équivoque pour honorer leurs obligations financieres vis-à-vis de leurs créanciers, totalement et en temps et en heure. »). Faudrait-il répéter qu’Alexis Tsipras n’a pas refusé de régler la dette grecque contrairement aux caricatures des uns et des autres ?

Une dernière remarque: même les opposants à Syriza, ici en France, ne devraient pas  se réjouir d’un échec  de Syriza en Grèce. Il signifierait bien pire pour l’idée européenne que certains défendent encore. Et le tête à tête de démocrates intoxiqués par le libéralisme avec une droite extrême infiltrée ici ou là par des neo-nazis n’aura rien de réjouissant.

 

 

 

Traduction:
« L’Eurogroupe prend note, dans le cadre de l’accord existant, de la demande des autorités grecques pour une extension de l’accord Principal d’Aide Financière (MFFA), qui repose sur un ensemble d’engagements. L’objectif de cette extension est de terminer cet examen avec succès, sur la base des conditions fixées dans le programme actuel, en faisant le meilleur usage possible de la flexibilité, qui sera examinée, conjointement, par les autorités grecques et les institutions européennes.

Cette extension permettra également de faire la transition avec les discussions sur un éventuel nouvel arrangement entre l’Eurogroup, les institutions et la Grèce.« 

14 réflexions sur “ Syriza aurait capitulé, ah bon ? ”

  1. Je n’ai pas aimé l’état d’esprit qui émane de cet article, d’ailleurs je ne retrouve plus sur médiapart, celui d’il y a encore un an.

    Mais il n’en demeure pas moins que l’état d’esprit de Schauble est encore pire, et que la manière dont il a traité le gouvernement Tsipras,n’a pas été si bien reçu par l’opinion publique Allemande.

    Je ne sais pas ce qu’il va se passer pour la prolongation de juin, mais c’est mal barré pour les Grecs, cela ne peut pas durer indéfiniment.

    Pour une raison simple, l’austérité entraîne tous les pays du sud dans un trou sans fond, alors il va bien falloir choisir, soit disparaitre, soit renaître.

  2. la grèce c’est 3% de la population de la zone euro…autant dire rien…
    le gouvernement en place a néanmoins le courage d’attaquer le système, il en restera quelque chose même si le gouvernement grec doit capituler en rase campagne.

    et justement. Ce qu’il faut garder à l’esprit, ce n’est pas la tentative de syrisa de desserrer l’étau de la misère de son peuple, mais l’attitude féroce des illuminés de l’UE et des teutons qui s’arrangent pour faire porter le chapeau de l’éclatement éventuel à ce petit pays….

    ce qu’il faut retenir, c’est la connivence de tous ces enfoirés qui permet à la BCE d’arroser le système bancaire et financier de 1100 milliards d’euros crées ex nihilo …….quand dans le même temps, elle ne permet pas la REMISE TEMPORAIRE de plusieurs dizaines de milliards de dette indue (la lecture de son historique est édifiante) qui, signalons le au passage a été transmise des créanciers privés à la créance publique lors de la dernière renégociation de la dette par un de ces tours de passe passe, qui fera l’objet de nombre de livres d’histoire, dans une ou deux générations, au même titre que la première ou deuxième guerre mondiale….et nos descendants penseront peut être « mais comment nos ancêtres ont ils pu se faire niquer aussi profond par quelques milliers d’hommes. » ?

    l’enfumage général des médias qui a fait passer les grecs pour des voleurs, des feignants ou des inconséquents est en réalité un arrangement grandeur nature du braquage en règle dont les peuples sont les victimes ..
    toute cette bande d’hypocrites de dirigeants se tient chaud, car elle sait qu’elle s’est trompée dans les grandes largeurs. Si un seul pays de la zone euro réussit à le démontrer, c’est l’hallali complet sur cette génération dont les enfoirés français caracolent en tête de la démission généralisée

    ……c’est tellement grossier que je ne réussis pas personnellement à comprendre que tout cela puisse passer sans réaction ni même début de stupéfaction générale….

    tiens merde je vais m’en enfiler un à nos santés de baisés…je sais ça fait alcolo à force, mais ce qui est pris de suite , c’est autant que les boches n’auront pas…

  3. Alors là, le troll professionnel et assermenté que je me flatte d’être en reste coi, tellement il se fout de la Grèce et de sa Syrize sur le gâteau. Je cède la place (par intérim, faut pas déconner non plus) au Grand Chef Sioux pour aujourd’hui.

  4. didiergoux

    ce qui est emmerdant, c’est que ça ne bouge pas trop sur votre blog non plus…c’est le printemps, l’écriture devrait vous picoter un peu les carpiens non ?

    l’apache ne vient pas régulièrement, je suppose qu’il n’a pas de journées de merde suffisantes en ce moment pour venir foutre la merde ici…

    1. Ces derniers temps, les billets et commentaires sont tellement indigents que j’en reste bouche bee. What else ?

      1. CHEYENNE

        attention aux mouches en restant bouche bée, quand l’ambiance est électrique, elles sont hargneuses

  5. Si je ne m’abuses, il y a des élections en Espagne au mois de mai . Pour peu que Podemos arrive en tête, les Grecs se sentiront moins seuls . Du reste, on peut penser, sans grand risque de se tromper, que le raidissement de la BCE et des Allemands vis à vis des grecs, est la conséquence de la trouille de voir Podemos au pouvoir en Espagne .

  6. On cherche désespérément à comprendre le sens de ce magnifique monument de langue de bois qu’est le communiqué de l’ Eurogroupe, autre que »on décide de ne rien décider, et on se donne quatre mois »…mais, tout de même, et quoi que vous en disiez »On prend acte du fait que Syriza a renoncé à effacar une partie de la dette publique grecque, comme il s’y était engagé avant les élections, et c’est l’essentiel ».

    1. l’Eurogroupe est coincé entre l’Allemagne dogmatique et les Etats-Unis qui refusent que leurs futurs consommateurs européens ne se transforment en traine-savates.

      D’où ce message évanescent.

  7. Pour les grecs, ils ne s ‘en sortiront pas. Tant que les pays de l ‘UE n ‘adopteront pas une politique fiscale commune et ne lutteront pas contre la finance et les spéculateurs.
    Pour les autres pays, idem, la chute les guette tous à plus ou moins brève échéance. Nos dirigeants ne peuvent ( ou ne veulent) s ‘ y opposer. Plutôt qu ‘essayer de réagir, nos zozos augmentent taxes et impôts, diminuent retraites et salaires, mais l ‘ état continue ses dépenses. La France, sous prétexte de ne pas payer un taux d ‘ intérèt élevé, emprunte sans compter. Ces emprunts, en augmentant la dette, fausse le calcul du PIB. Plus le pays s ‘appauvrit, plus le PIB monte!!!

Les commentaires sont fermés.