Mélenchon, Poutine et Chavez

Michel Onfray était sur France Inter, trop tôt lundi matin. Lea Salamé qui l’interrogeait peu avant 8 heures revenait sur cette (mauvaise?) polémique lancée par Manuel Valls contre l’intellectuel. Ce dernier avait commis la mauvaise manière de dire qu’il préférait une bonne analyse du réac extrême droitiste Alain de Benoist à une mauvaise analyse de BHL.

« Moi j’ai dit que je préférais une idée juste d’Alain de Benoist à une idée fausse de Bernard-Henri Lévy, et que si l’idée était juste chez Bernard-Henri Lévy et fausse chez Alain de Benoist, je préfèrerais l’idée juste de Bernard-Henri Lévy. Donc, je n’ai jamais dit que je préférais Alain de Benoist à Bernard-Henri Lévy »

Valls l’avait accusé de brouiller les repères entre la gauche et la droite.

Ou quelque chose comme cela.

Ces débats sont sans doute sans grand intérêt. Valls, rappela Onfray, est le premier à brouiller les pistes et les camps. Onfray n’eut rien d’autre à dire que relativiser les apports « intellectuels » des réacs et des progressistes qu’il admirait ou fustigeait, Ce relativisme-là m’a gêné.

Au détour d’une question à propos du parti socialiste, Onfray se définit comme « socialiste libertaire » (curieux concept). Mais à propos de Mélenchon, il eut cette position à laquelle je souscris: « je le soutiens en matière intérieure, je suis en désaccord total avec ses positions en matière de politique étrangère » (propos en susbtance, la citation n’est pas exacte).

Effectivement, Mélenchon a de curieuses fréquentations diplomatiques. Presque agaçantes émanant de quelqu’un qui par ailleurs nous incite au rêve, à la politique pure et sans compromission.

Si j’étais vénézuelien, je suis à peu près certain que je détesterais devoir montrer ma carte d’identité, voir me faire contrôler les empreintes digitales, quand je fais des courses au super-marché. Je ne suis pas russe ni naïf, mais je déteste qu’on considère Poutine comme ce grand démocrate qu’il n’est pas sous prétexte qu’il s’oppose à l’Amérique. Il n’y a guère sur Syriza que nous pouvons rejoindre Mélenchon.

Je vais me contenter de livrer ici le dernier coup de gueule de Claude-Marie Vadrot dans les colonnes de Politis.

« Tout le reste de cette diatribe, à l’exception du passage sur l’avocat Alexeï Navalny, qui est effectivement un nationaliste peu fréquentable, est de la même veine : il ne comprend rien aux drames qui se jouent en Russie depuis une bonne quinzaine d’années et il en profite pour nous vendre son admiration pour un homme fort et ses obsessions sur l’OTAN, les nazis ukrainiens, les Etats Unis ou la CIA. Avec, en filigrane, déjà exprimée auparavant, sa compréhension de la guerre que les Russes font subir aux Ukrainiens. Il n’a pas un mot pour signaler l’existence et le combat de l’un des rares médias libres du pays : Novaïa Gazeta, le journal dans lequel travaillait mon amie et consœur Anna Politovskaïa elle aussi assassinée, en 2006, en plein cœur de Moscou. Pas plus qu’il ne rappelle la mort de nombreux parlementaires, écologistes, militants ou hommes d’affaires assassinés ou battus à mort. « 

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Vous avez dit, « femmes » ? #journéeinternationale

8 mars, on pense à celles qui souffrent.

En Afghanistan, des hommes ont protesté en burqa contre le port de la Burqa.

 

On s’interroge aussi, avec humour, toujours.

Chanson du dimanche: « freaky, freaky »

La gauche, ta gauche, la mienne contre le FN

« Ce n’est pas l’abstention qu’il faut comprendre mais ce qui fait que la gauche s’est fait piquer le social et la laïcité par Marine Le Pen et ce qui fait que certains, à gauche, se croyant propriétaires de tout, empêche les autres d’en parler. »

Nicolas a relancé la balle, dans deux billets sur son blog. Il a raison. La progression du FN ne laisse pas indifférent. Le FN a surgit dans ma vie politique en 1983. J’avais 13 ans.

Il y a deux interprétations principales à la progression du FN.

Certains expliquent que la « vrauche » n’y comprend rien, a délaissé la laïcité et l’identité, la communauté et la misère, pour s’enfermer dans des postures bien-pensantes et perchées, des postures moralisantes et hors sol, etc, etc, etc.

D’autres répliquent que c’est la gauche gouvernementale qui a abandonné le peuple, les pauvres, la politique. Qu’à force de multiplier les discours dits « réalistes » qui propagent l’idée qu’il n’y a plus d’autres politiques possibles que de se plier à la loi de ceux qui comptent et possèdent, cette gauche de gouvernement a désespéré tous les Billancourts de France.

Essayons de sortir du mauvais débat. Celui qui promet que les uns ont forcément raison contre les autres. Et vice versa.

On ne peut plus faire la moitié de l’analyse. Le FN progresse parce que la Vrauche ne comprend plus – faire la leçon ne sert à rien – et la Groite lui sert la soupe par son incapacité à agir sur le réel, par son obstination à défendre le statu quo. J’ai écrit cela en réponse, courte, à Nicolas.

J’aurai pu dire que la Vrauche a raison de pointer la désespérance, et la Groite de tenter d’agir sur le réel. Mais ce serait faux et incomplet. Vrauche comme groite s’abritent encore derrière des postures.

La Vrauche agace puisqu’elle capte dans le discours la légitimité de gauche. La Groite énerve parce qu’elle ne sait plus ce pourquoi elle a été élue.

Les « brevets » de gauchitude ne sont plus vraiment le sujet pour les adultes que nous sommes. Le sujet de savoir si la gauche de gouvernement aide les plus fragiles avec des arguments et des pratiques différentes de ceux, connus, de la droite (« attendez que le gateau grossisse pour le partager« ). Ma réponse, mon humble réponse est actuellement non. Le pire est qu’Hollande et Valls semblent applaudir à cette légitimation d’arguments qui pourtant n’ont jamais été validés par une quelconque réalité autrement que pour faire perdurer ces incohérences injustes

Je vais aller un chouille plus loin: voter pour des gens ou en soutenir d’autres qui t’expliquent qu’on n’a pas d’autre choix que de suivre la « réalité » ne mérite ni vote ni soutien.

Autant laisser passer cette « réalité« .

Et s’abstenir.

Quand Marine Le Pen sera élue

Je pense à ce mélange du Russe Poutine et du Hongrois Orban.

Le premier manipule sa démocratie naissante – à peine 22 ans depuis que l’URSS a disparu. Le second aussi.

Dans le pays du premier, les opposants sont assassinés dans la rue. Ou envoyé dans l’une de ses prisons qui ressemblent un peu trop aux anciens Goulags.

Le commentaire de l’Humanité sur l’exécution de l’opposant Boris Nemtsov  est laconique: « Quelque 70 000 personnes ont rendu hommage, à Moscou, à l’opposant assassiné vendredi. Il semble avoir été victime d’un climat ultranationaliste qui s’est répandu dans le pays à la faveur de la politique de Poutine.  » Poutine s’en lave les mains.

En Hongrie, Viktor Orban a muselé la démocratie et ne cache plus son admiration pour le maître du Kremlin: « Tandis que l’Europe regarde ailleurs, l’opposition est laminée, les firmes étrangères sont rackettées et la corruption bat son plein. Seuls ses amis pourraient inquiéter le maître de la Hongrie. »

Les candidats du FN ont cette haine vissée au coin de chaque tweet que l’on ne peut que s’interroger sur la suite, l’après-victoire ? Marine Le Pen écoutera-t-elle la haine de ses militants et ses élus ?

Fera-t-elle le ménage comme ces derniers l’attendent, à coup de trains spéciaux et de police de la pensée ?

Ou les trahira-t-elle ?

On nous promet des 21 avril en cascade. Il faudrait voter pour éviter l’accès au pouvoir la blonde frontiste.

Pourquoi une gauche ne comprend-t-elle pas l’abstention ?

lepen

Pourquoi une autre gauche veut-elle l’abstention ?

 

Chanson du dimanche: les sales clowns de nuit