La propagande de l’Etat islamique

Il faut éviter de se laisser abuser.

Rapidement vider sa mémoire flash des images des décapitations et autres mises en scènes macabres organisées par l’Etat islamique. L’organisation terroriste espère marquer les esprits faibles, célébrer sa grandeur dans le sang et par la terreur.

A force d’en voir, on ne réalise plus combien la situation est inédite dans l’histoire récente. Il y a quelques centaines d’années, des massacres édifiants étaient relatés pour affaiblir l’ennemi. L’ennemi pouvait être le village voisin, un pays, une contrée. Nous sommes en 2015 et une organisation terroriste peut utiliser Internet et ses facilités youtubesques pour amener sur l’écran de nos enfants les images terrifiantes de sa propagande.

Nul ne sert de lutter, les videos sont là, il y en aura d’autres.

Autant s’y préparer, et démonter la propagande.

Cette video de ViceNews, déjà relayée dans ces colonnes, date d’il y a quelques mois. C’est une épreuve, et une oeuvre de propagande.

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Le droit à la caricature

  

C’était lors d’un dîner familial, entre athées, sans présupposés favorables à une quelconque religion. Puis la conversation est tombée sur Charlie Hebdo. L’hebdomadaire victime des attentats n’a rien changé dans ses dessins. Il ne prend pas davantage de précaution qu’avant.

Entre nous ce soir-là, deux camps: les partisans d’une critique maîtrisée qui évite l’insulte facile à l’encontre des musulmans contre les défenseurs d’une liberté de caricaturer sans limite y compris contre l’Islam.

J’ai changé. Il y a 6 mois, une nouvelle caricature de Charlie avait déclenché de nouvelles manifestations de protestation dans quelques dictatures arabes. A l’époque, je n’avais apprécié l’importance ni l’intérêt. Je ne me souviens même plus du prétexte saisi par Charlie Hebdo.

Puis il y a eu les attentats de janvier. S’auto-censurer sous prétexte que cela pourrait agiter des abrutis prétendument religieux n’a aucun sens ni aucune efficacité. Les fous de Daesch n’ont pas besoin d’un dessin en trop pour venir tuer. Pire, maintenant qu’ils ont tué, céder à une forme d’autocensure serait leur donner raison.

Dans le dernier numéro de l’hebdo satirique, quelques extraits du libre posthume de Charb. On lit cette simple phrase:

« Et si demain un terroriste qui se revendique du bouddhisme ravage la planète, on nous demandera de ne surtout pas mettre en scène les acteurs de cette violence, de peur déclencher la fureur des bouddhistes du monde entier ».

L’hebdo revient sur le sujet, maintes fois évoqués à chaud après les attentats, à cause d’une autre polémique. Un rappeur bling bling, musclé et exilé fiscal, s’en est pris à Charlie avec la même étroitesse d’esprit que d’autres: Booba, c’est son nom, a expliqué: « quand on joue avec le feu on se brûle ».

Les propos de Booba sont d’une tristesse absolue mais peu surprenante. Ce fier-à-bras enguirlandé de colliers et autres colifichets bling bling sait très bien l’influence qu’il a sur une large fraction de la jeunesse. En quelques mots, il excuse toutes celles et tous ceux qui dans les collèges et lycées ont témoigné leur réticence aux minutes de silence pour les victimes de l’attentat.

Le Pen sur les traces de Sarkozy

LE PEN TWINS VISUEL JUAN

L’image date de quelques jours, mais elle est symbolique.

Marine Le Pen séduit un nombre croissant d’électeurs. Du point de vue du comportement politique, elle porte pourtant peu de différences avec les concurrents politiques qu’elle fustige. Et en particulier avec Nicolas Sarkozy. La candidate de la rupture développe les mêmes travers Bling Bling et financiers que son premier concurrent à droite.

1. Sa présence sur le tapis rouge d’une cérémonie sans intérêt ni enjeu politique en dit long sur l’attrait des lumières et le plaisir des paillettes de la présidente du FN . Rappelons que cet évènement n’était qu’un gala organisé par un journal conservateur, le Time, à New york, pour l’essentiel avec des people d’Hollywood. Marine Le Pen a cédé aux sirènes du Bling Bling comme hier Sarkozy.

JeanneLePen

2. Plus grave, on découvre peu à peu les affres de l’affaire RIWAL, les coulisses du financement politique du FN. Se faire prêter de l’argent par des oligarques russes proche du pouvoir poutinien en échange d’un soutien politique officiel est une chose (effarante). Frauder les règles de financement politique en est une autre. Pour l’heure, des juges enquêtent et la culpabilité de Marine Le Pen n’est pas établie. On sait seulement que (1) RIWAL est une entreprise qui facturait très cher ses prestations de communication aux candidats du FN; (2) que ces derniers se faisaient imposer de passer par RIWAL; (3) que ces prestations étaient ensuite remboursées par l’Etat.

Nicolas Sarkozy aussi est pris dans un enchevêtrement d’enquêtes sur le financement de ses campagnes politiques (2007 avec l’affaire Libye; 2012 avec l’affaire Bigmalion).

Bref, on n’attendait pas grand chose de positif de l’actuelle patronne frontiste. Mais on n’imaginait pas qu’elle singerait aussi rapidement l’ancien monarque.

A bon entendeur…

Chanson du dimanche: « c’est la vie »

21 avril 2002, tu t’en souviens.

Je n’y arrive pas.

Impossible d’oublier ce jour.

 

 

Il y a de fortes chances que Marine Le Pen se qualifie au second tour de 2017, comme son paternel il y a 13 ans. Mais elle attire encore suffisamment de rancoeurs et d’hostilités contre elle pour qu’on puisse raisonnablement penser que sa défaite sera finalement lourde.

Le problème n’est pas 2017, mais 2022, vingt ans après ce premier choc. Le FN se sera notabilisé localement à force de victoires municipales (2014), départementales (2015) et régionales (2015).  E, 2022, le FN ne sera plus l’épouvantail qu’il est encore aujourd’hui.

Et là, ce sera le drame.

Le vrai.

 

Les impôts m’ont pourri un dimanche

Ce n’est pas grave. Je suis ravi de payer des impôts. Mais j’ai eu un choc.

Je suis ravi de payer des impôts. Mes enfants, je pense, l’ont compris. Nous sommes suffisamment aisés pour payer des impôts sur le revenu. Etant salarié, ma déclaration n’est pas si compliquée. J’ai surtout perdu du temps à comprendre quelles niches fiscales avaient disparu quand le simulateur du fisc m’a annoncé la douloureuse à la fin. Les intérêts d’emprunt de notre résidence principale, le quotient familial, etc, qu’importe.

Les impôts m’ont pourri un dimanche parce que les notices sont complexes, mais notre déclaration était simple.

J’ai lu ensuite qu’un député UMP avait planqué 1,5 million d’euros en Suisse. J’ai de la famille à l’étranger, mais pas encore en Suisse. Nous n’avons pas 1,5 million d’euros, même si j’y travaille. Mais je reste convaincu qu’un exilé fiscal mérite de nous laisser sa carte nationale d’identité au passage. On vit en France parce qu’on paye des impôts en France. Les plus pauvres d’entre nous, n’en sont pas exonérés. Ils payent la TVA dès le premier euro de dépenses, et jusqu’au dernier.

Bref, considérer que l’aisance autorise l’exil fiscal est quelque chose d’indécent.

Dimanche, quand je rédigeais ma déclaration de revenus sur le site de Bercy, j’avais en tête cette révélation de Mediapart, un député UMP qui avait 1,5 million d’euros planqués en Suisse et qui, par ailleurs, fustigeait la fraude au RSA.

« Vendredi 17 avril, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), créée après l’affaire Cahuzac pour contrôler les déclarations de patrimoine des élus, a en effet saisi le parquet de Paris, estimant que Dominique Tian avait rempli un formulaire potentiellement mensonger, « en raison notamment de l’omission d’avoirs détenus à l’étranger ». Le procureur devrait, en toute logique, ouvrir dans la foulée une enquête préliminaire. »

Sans blague.