Ce qu’on a vu du Népal


C’est devenu chose habituelle. Une catastrophe, cette fois-ci naturelle, envahit nos télé, nos radios et nos smartphones. L’information est là devant vous. Heure après heure, le nombre de victimes s’alourdit: 1.000, 2.000, bientôt 10.000. Vendredi 1er mai, six jours après la catastrophe, il manquait encore 160 Français à l’appel.

Du Népal, on a vu des images de gens fauchés, surpris, choqués. Sur cette  video postée jeudi sur YouTube, il y a un homme, sur quelque chose qui ressemble à tracteur. Il avance lentement quand un immeuble s’effondre quasiment sur lui. La poussière retombe, des passants viennent l’aider.

Il se relève,  péniblement. C’est comme si on était là-bas, à côté de lui, dans cette rue, surpris comme lui. On est comme ces passants qui viennent à son secours passé le tremblement de terre.

On est sur place.

 

 

A côté d’autres images de déchainements de haine collective, celles-là, pourtant terriblement tristes, rassemblent l’humanité dans un même lieu symbolique, une fragilité commune face à l’imprévu naturel.

On se sent solidaire, et coupablement soulagé d’avoir échappé, pour l’instant, à cette statistique meurtrière.

 

 

Avec les réseaux sociaux, j’ai appris qu’une ancienne relation professionnelle l’avait échappée bel. Elle faisait du trek dans la zone du séisme. Plus proche, deux amies ont pleuré la mort de deux des victimes françaises confirmés cette semaine dont elles étaient proches.

Je me suis dit que le monde était petit.

Les touristes avaient des assurances, qui envoyèrent hélicoptères et moyens pour rapatrier les rescapés. Les Népalais n’en avaient pas. C’est comme cela. Des milliers de personnes attendent des secours.  Des villages entiers sont encore inaccessibles. Une catastrophe naturelle dans un pays pauvre reste une catastrophe longtemps après l’évènement.

Sur cette video, non authentifiée, une avalanche déboule sur des touristes occidentaux et leurs guides locaux, dans l’un des camps au pied de l’Everest.


La vie continue.

 

16 réflexions sur “ Ce qu’on a vu du Népal ”

  1. « coupablement soulagé » : certes, ce sentiment est typique de notre culture. Il est d’autant plus ressenti que, comme vous l’écrivez, on se sent si près de l’événement. Mais il y a un moment il faut savoir dire stop aux moyens modernes de communications qui envahissent notre vie. On voudrait nous faire ingurgiter de force qu’il y a pire ailleurs, donc ceci permettrait de relativiser nos propres ennuis, que l’on ne s’y prendrait pas autrement. Aussi, on essaye d’aider par des dons divers ; mais être harcelé par des images, et des gros titres, comme pour être sûr que cela est bien vrai, ce n’est plus possible. A mon niveau je n’y peux rien. Absolument rien. Suis-je coupable ? Suis-je égoïste ?

    1. Coupable de quoi ? Quelle personne sensée pourrait se sentir coupable d’un tremblement de terre ? Ou d’un tsunami ? C’est absurde.

  2. nous sommes sur terre…quand elle sort ses biceps, plus personne ne bronche, elle nous fout la pétoche la garce.

    aussi loin qu’on puisse chercher dans l’histoire, ce sont ces types de crises qui nous rappellent également à la solidarité humaine, et c’est aussi triste à dire…

    pour être dans l’air du temps, je me demande comment ont réagi les marchés………

  3. bonjour.. coïncidence.. je regardais ce matin sur Planète un reportage sur le Népal par Katia, une camarade.. et à l’instant qqls images, films de C Lafaille son mari disparu au Makalu (2006, Népal) et, un ami plus proche (aussi son ex!) Eric Escoffier qui lui n’est pas revenu du Broad Peak (1998)
    je l’emmenais à l’aéroport, il laissa à la case qqls affaires, dont ce sweat shirt qu’à l’occase je porte..
    oui de l’émotion.. façon d’utiliser qql accointance, alors d’adapter (?) sa sensibilité.. je ne crois pas, je ne sais pas..

    oui, un pays très rural, surtout de montagnes, des accès très difficiles, bcp de villages isolés, détruits (!.. avalanches, glissements de terrain) et des habitants affamés.. aussi des touristes dont nous n’avons pas de nouvelles.. je dis ça sans arrière pensée: je sais la solidarité, tel les gens de mer (marins) et aussi l’immense affection des étrangers (trekkeurs, alpinistes) pour les Népalais. Merci Juan

  4. et d’après ce que j’ai lu, une aide humanitaire très difficile à mettre en oeuvre…malgré toutes les bonnes volontés et la générosité de nombreuses personnes…

  5. « la vie continue » mais pour ceux d’entre nous qui ont eu la chance d’aller à Katmandou et qui ont vu de leurs yeux le Durbar Square et le Boudhatnath Stupa, la vie n’est plus tout à fait comme avant … Sans parler des 6 000 morts😦

    1. Sophie
      Oh oui !!!
      _______________________________________________
      Des mairies mettent en place pour récupérer denrées non périssables, couvertures, etc. Mais arrêtons de faire appel aux dons, car les personnes en situation précaire ont le sentiment de passer pour des nantis. perso ça m’indispose.

  6. En faire des tonnes et hurler à la terrible injustice face aux catastrophes naturelles, contre lesquelles nous ne pouvons absolument rien, n’est t-il pas un moyen habile pour les « puissants » (à travers leurs journaux) d’émouvoir le couillon de base et de détourner sa légitime colère des autres catastrophes, elles humaines, contre lesquelles nous serions sensés pouvoir lutter (chômage de masse, invasion migratoire, effondrement de la culture et de l’éducation, dette abyssale, captation des richesses par une petite oligarchie, dévastation écologique etc.)?

  7. Un drame ne peut être comparé à aucun autre. Un tremblement de terre de cette ampleur nous rappelle juste que nous ne sommes pas grand chose face aux éléments naturels.
    Et pourtant,tous nos médias sans exceptions font jour après jour le décompte sordide et indécent des victimes françaises, pauvres touristes ou alpinistes bien de chez nous qui ont péri par la faute d’un tremblement de terre népalais!
    Cette débauche d’ images ne sert qu’à alimenter le vide sidéral de leurs JT… après les résultats des matchs de foot et la sortie du nouveau CD du dernier chanteur à la mode bien entendu!

    Mais il y a aussi chez nous,sur les forums, commentateurs compulsifs de l’actualité politique, ces raisonnements absurdes et tout aussi indécents qui nous feraient penser que le drame du chômage ou que l’ampleur de la dette seraient beaucoup plus importants et dommageables que celui d’un tsunami ou d’un tremblement de terre à l’autre bout du monde. Est-ce sérieux?

    Je retiens une parole d’une victime française blessée lors d’une avalanche dans l’Everest : « nous avons de la chance, nous les français, car on est venu nous chercher dans l’Everest, les autres sont restés , où sont-ils maintenant ? ».
    Voila une réflexion qui mériterait d’être encadrée. Car ce misérabilisme ambiant qui envahit tous les forums « Ah, qu’est-ce qu’on est malheureux ici ! » devient insupportable quand on mesure à quel point d’autres habitants de cette planète ont tout perdu et vivent dans des conditions qu’on a du mal à concevoir tant on est polarisés par nos salaires, nos avantages et notre petit bien être personnel .
    Y-a-t-il un népalais victime chez nous d’un tremblement de terre?. D’ailleurs y-a-t-il un seul touriste népalais chez nous?

    Personnellement je n’ai pas honte de ne pas ma plaindre de ma condition. Ca ne me fait pas tout accepter, ça m’aide seulement à écouter les autres, les pauvres, les dignes, ceux qui ne revendiquent pas pour eux-mêmes mais qui aimeraient juste que leurs enfants aient un peu plus de facilités pour vivre qu’eux et surtout qui ne s’exonèrent pas de leurs responsabilités en désignant toujours « l’autre » comme responsable de tous leurs maux.

    1. @ coup de grisou
      Cette chance que nous avons ne doit pas non plus nous faire oublier que notre système social, que l’on dit si généreux alors que je le qualifierais plutôt de précieux (tant il faut le préserver), s’est construit jadis dans des luttes difficiles qui ont mené parfois certains jusqu’à faire de la prison pour leurs idées (je connaissais un « vieux » communiste qui aimait à le rappeler) … ces luttes et ces personnes font partie de notre histoire et on n’en parle pas assez.
      et oui les népalais n’ont pas cette chance là…

    2. Au cas où votre deuxième paragraphe faisait référence à mon commentaire (j’ai bien dit au cas où…), relisez calmement puis expliquez-moi le rapport avec la choucroute.

    3. Oui aucun drame ne peut être comparer à un autre c’est certain mais lorsque des éléments naturels se déchaînent qu’y pouvons-nous ?

      Oui les français « ont eu de la chance » on est venu les chercher; forcément , ils avaient une assurance « assistance » c’est dur ce que je dis mais c’est la réalité. Mais en même temps cela ne les a pas empêchés « ces français qui ont eu de la chance » de se plaindre du gouvernement français qui tardait à les rapatrier.

      Et on ne va pas se » tirer dans les pattes » parce que nous avons une approche différente de la situation. Je ne lis personne, ici, qui se plaint de sa situation … mais de l’incurie gouvernementale oui.

      Le post d’Anton n’est pas faux.

  8. Comme toutes les catastrophes naturelles,  » on » va faire des collectes,  » on » aura une pensée, puis on rangera cela aux oubliettes.
    Nos dirigeants auront de belles paroles de compassion, feront un don au nom du pays, regarderont si leurs côtes d ‘amour a grimpée, et chercheront un autre événement à commenter.
    Une partie ( la plus grosse ) servira à réparer les villas et maisons des messieurs, les miettes seront réparties à quelques miséreux .
    Les hélicoptères rapatrient les français. Le Népal ayant peu d ‘ hélicos, des villages entièrement rasés, attendent vainement des secours.
    Un française se plaignait d ‘avoir dormi dehors sous la pluie et qu ‘ une personne avec un enfant de 3 mois faisait de même.
    Ce matin, dans une ville rasée, on voyait des touristes se promener parmi les ruines en prenant des photos.
    Chaque commentateur est en attente de l ‘augmentation du nombre de morts, …. c ‘est la vie, c ‘est le 21ièm siècle, c ‘est l ‘ humanité.

  9. Au sujet de la campagne sur les dons, où est passé le fric destiné à Haiti ? Je n’ai ouie dire que la reconstruction battait son plein dans ce malheureux pays .
    Pour l’anecdote, après le tremblement de terre de l’Aquila, en Italie, les donateurs de l’aide humanitaire ont préféré escorter les vivres et les vètements sur place, de crainte que la Mafia et les fonctionnaires locaux détournent cette aide à leur profit .
    Espérons qu’il n’ene sera pas de même pour le Népal mais je demande à voir .

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