Le ciel d’un jour #53

  

Quand New-York n’existera plus

Il y a une décennie, un film-catastrophe marquait nos esprits, l’hémisphère Nord du globe se trouvait gelé, provoquant un rééquilibrage des pouvoirs, et un joli spectacle pour les grandes salles de cinéma.

Dans 80 ans, je ne serai plus là, mais mes enfants peut-être, et très vieux.  Un scientifique plutôt prudent rappelle les enjeux de la prochaine négociation sur le climat, dans une tribune cosignée par une quinzaine de collègues. James Hansen explique que le niveau de la mer devrait augmenter de cinq à neuf mètres d’ici 80 ans, et engloutir les villes proches des côtes comme New-York, Londres, ou Shanghai.

« Imaginez la Terre dans 85 ans. La médecine aura fait de tels progrès que vos enfants seront encore en pleine forme. Il y aura peut-être 16 milliards d’êtres humains. Près de New York, il fera aussi chaud en hiver qu’au Texas actuellement. Sauf que New York ne sera plus. Elle sera sous les eaux » (source)

 

Un socialiste en campagne en Amérique

Bernie Sanders est un sénateur du Vermont qui réclame une augmentation du salaire minimum fédéral à 15$ l’heure et un plan de 1000 milliards de dollars d’investissements dans les infrastructures publiques sur 5 ans, s’oppose au TAFTA et à ces accords de libre-échange en général qui favorisent le dumping social (and « kill American jobs by shifting work overseas to nations which fail to provide worker protections and pay extremely low wages » ),  dénonce l’aggravation des inégalités, et défend que les « réelles valeurs familiales » sont celles de la solidarité entre les générations et des congés payés.

Fichtre !

Bernie Sanders est candidat à la primaire démocrate, pour l’élection présidentielle de novembre 2016. .

Il n’a récolté « que » 15M de dollars pour sa campagne car il refuse l’argent des grandes entreprises, quand Hillary Clinton, pour le même camp démocrate, en est déjà à 45M. Jeudi 30 juillet, la TV américaine nationale s’interrogeait sur l’incroyable popularité du candidat, qui rassemble des foules inédites (par comparaison avec les autres candidats démocrates ou républicains), mais encore très peu d’argent. « Au moins, il sait comment intéresser les gens« , commentait une journaliste de la tranche matinale de CBS.

Et effectivement, « Bernie 2016″ est la surprise de cette campagne encore très primaire. Une journaliste de Mediapart décrit le phénomène (article payant): « Le succès de Bernie Sanders, c’est d’abord l’expression d’une contestation, d’une défiance à l’égard des candidats de l’« establishment », comme Hillary Clinton, d’un rejet de la tiédeur centriste du parti démocrate sur les questions économiques ».

Ce candidat n’a aucune chance de franchir le cap de la sélection aux primaires démocrates l’été prochain. Mais il apporte quelque chose de réjouissant à la politique américaine. Les deux mandats de Barack Obama ont été incroyablement décevants pour qui pensait que ce dernier agirait en rupture profonde avec ses prédécesseurs. On regrette de le Bill Clinton des années 1992-1996 plus ambitieux en matière de protection sociale et de réduction des inégalités, avant l’effarante décennie républicaine. Obama n’a pas tenté tenté grand chose. Il s’est comporté comme si sa simple élection en tant que premier président noir faisait office de bilan.

Il est ort probable qu’il en sera de même avec Hillary Clinton. Aussi la candidature dissidente de Bernie Sanders est-elle réjouissante en ce qu’elle met une pression à la candidate préférée.

Bref.

A suivre sur …  Instagram, Facebook et Twitter.

Le syndrome du centrisme

A les écouter, on comprend que la plupart des ministres de l’équipe Valls/Hollande pensent que la vigueur des critiques contradictoires (FdG, UMP, UDI, FN) justifie à elle seul la justesse de leur position, l’équilibre de l’action.

François Rebsamen, ministre du travail, en a fournit un exemple récent, le 23 juillet dernier après l’adoption de sa loi sur le dialogue social:

« Ça me plaît assez d’être critiqué à la fois par “L’Humanité” et “Le Figaro”, ça veut dire qu’on a une ligne qui est juste !  »

C’est le syndrome du centrisme: penser que le  milieu est l’endroit le plus juste, le positionnement le moins risqué, l’action la plus équilibrée.

Franklin D. Roosevelt n’a pas été centriste, mais radical quand il a lancé le New Deal. Le programme politique du CNR était radical pour la Libération. Il y a des périodes où il faut sortir du cadre, oser des actions radicales pour sortir de l’ornière. La France est en crise depuis 7 ans. Elle n’a jamais connu le plein emploi depuis les années 70. Qui peut penser qu’il faille se contenter de la mollesse faussement pragmatique de nos gouvernants ?

 

Dans cette video, l’icône du centrisme socio-dem livrait l’un de ses derniers combats.

 

Vacances, loin.

Chanson du dimanche: un tour facile

Une chanson rare, si rare que même Youtube ne pu m’en fournir un live ou un clip. Et pourtant, c’est un petit chef d’oeuvre, loin des arrangements sur-mixés et braillards auxquels la star de la pop nous a depuis habitués.

« I want the good life
But I don’t want an easy ride
What I want is to work for it
feel the blood and sweat on my fingertips
That’s what I want more »

« Je veux bien vivre
Mais je ne veux pas un tour facile
Je veux la gagner,
sentir le sang et la sueur au bout de mes doigts
Voilà ce que je veux avant tout. »