Le piège écolo


Un cycle s’achève, François de Rugy a raison. Le député élu sous l’étiquette EELV avec le soutien du Parti socialiste en juin 2012 quitte le mouvement écolo sur ce constat.

« Je quitte Europe écologie-Les Verts car pour moi EELV, c’est fini. Le cycle ouvert par Daniel Cohn-Bendit en 2008 est arrivé à son terme. »

Un cycle s’achève sans qu’on devine encore le suivant. Les écologistes se divisent, et durement, puisque Jean-Vincent Placé à son tour a quitté le parti. Très franchement, j’attendais ce craquement. Incapables de choisir entre soutien et opposition, EELV est dans une posture politiquement intenable.

Objectivement, et quelque soit l’avis que l’on porte sur l’actuel gouvernement, EELV n’a absolument rien à attendre en matière de transformation écologique. Nous entamons la dernière année « normale » d’un quinquennat épuisant. sur quoi donc ces écologistes veulent-ils peser « de l’intérieur » pour faire avancer la cause de l’écologie politique « réaliste« . Fermer eux-même la centrale de Fessenheim ?

Hollande ne comprend que le rapport de force. Se priver de cet atout est dommageable et politiquement crétin.

De Rugy et Placé ne pèsent plus. Mais sans doute gagneront-ils un strapontin lors du prochain remaniement de décembre.

Les écologistes ont deux possibilités. S’allier rapidement au Front de gauche sur la base d’un programme négocié. Ou faire pression sur Hollande pour obtenir le scrutin proportionnel, même partiel, lors des prochaines législatives de 2017.

Dans les deux cas j’applaudirai.

Mais sinon.

Comment dire…

 

 

8 réflexions sur “ Le piège écolo ”

  1. Rappelons que l’écologie est  » la science qui étudie les relations entre les êtres vivants (humains, animaux, végétaux) et le milieu organique ou inorganique dans lequel ils vivent. »

    Faut-il un parti écologique, un parti géologique, un parti astronomique, un parti chimiste, etc. , ou appartient-il à chaque parti d’intégrer, dans ses analyses, les données de toutes les sciences ?

    Par ailleurs : pouvez-vous m’expliquer ce que les écolos foutent à gauche, avec leur discours fédéraliste européen, économiquement « ultralibéral » , pro-communautariste et anti-productiviste de décroissance, et de « retour à la terre qui ne ment pas » aux relents pétainistes ?

    1. sur votre premier point, je pense que tous les partis ne sont pas suffisamment écologistes (et non « écologiques ») pour qu’il y ait encore besoin d’un parti ecolo. Sur votre second point, s’il fallait résumer ma pensée subjective: (1) le fédéralisme n’est pas de droite; (2) le productivisme se trouve à gauche comme à droite; (3) le « retour à la terre qui ne ment pas n’est plus vraiment le coeur des écolo depuis des lustres. Nous sommes passés à une critique du capitalisme productiviste et à une opposition contre les forces du marché (depuis au moins le début des années 90) qui ont fait basculé les forces écolo à gauche.

      1.  » (1) le fédéralisme n’est pas de droite »

        C’est certainement là le fond de notre désaccord : pour moi – et du moins en Europe- le fédéralisme est l’abandon de la démocratie, qui ne peut s’exercer que dans le cadre national, au profit des forces supra-nationales, qui sont celles du marché.

        Lire cet article déjà ancien ( 2011 ) d’ Hubert Védrine, peu suspect de souverainisme et de chevènementisme :

        http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/01/le-federalisme-n-est-pas-la-solution-miracle-a-la-crise_1554911_3232.html

  2. Pouvez vous me rappeler ce que les écolos ont fait d ‘ utile pour la planète.
    Mis à part la recherche de places et les propositions de nouvelles taxes. Les forces écolos basculent dans le sens du vent, ni à droite, ni à gauche, bien au contraire .

  3. Dans un monde parfait l’écologie de ne devrait pas être un parti….mais organisée ainsi elle pèse plus sur les autres partis sinon il la dilue allègrement dès qu’ils sont au pouvoir…..

  4. Il y a 1 mois ou 2, 2 sondages avaient montré
    qu »une trés grosse majorité des sympathisants
    EELV ( de l’ordre de 80 %) étaient favorable à
    leur participation au gouvernement
    (du moins une alliance avec le).

    Les « chefs » d’ EELV manoeuvre pour tout le contraire.
    Où est la démocratie de ce Parti ?

    Cela fait penser au Modem des anées 2007 2008
    alors florissant dont la trés grande majorité des
    sympathisans voulait des alliances avec le PS
    et les Ecolos.

    Le « chef » (F. Bayrou) du Modem et les autres « chefs »
    ont ont manoeuvré pour tout le contraire.

    Depuis le Mode est devenu un petit machin politique
    (loft de petits cadres politiques ringards et agence
    de pub politique de 3 ème zone pour un maire de . .
    province).
    .

  5. La tare originelle d’EELV à la sauce DCB, Placé et Rugy, c’est l' »écologie de marché », porte grande ouverte sur le néo-libéralisme et ses travers .
    Quand à vouloir revenir au gouvernement, après s’être fait rouler dans la farine par Hollande et le P.S, c’est soit être maso, soit avoir besoin de subsides

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