Guaino, faux naïf

Il y a des digues qu’on ne doit pas affaiblir, des lignes jaunes qui ne se franchissent pas. Henri Guaino a joué au faux naïf,  le 29 octobre, en déclarant qu’il « pourrait travailler avec Marion Maréchal-Le Pen« ,  « pour faire un rapport ou sur une mission« .

Henri Guaino a joué au faux naïf. On ne « travaille » pas avec les héritiers du pétainisme national. Le Front reste un affront, un parti tenu par l’Immonde qui ne sait recommander, quelque soit le sujet,  que la discrimination.

Henri Guaino a joué au faux naïf.

C’est Halloween.

 

 

 

 

Ton pronostic ?

Hollande ou Sarko au second tour. Le Pen forcément.

C’est la réponse à mon pronostic pour 2017.

J’ai plutôt tendance à croire que Sarko devancera aisément Hollande au premier tour de 2017 puisque Hollande est parvenu à cristalliser une jolie haine sur sa gauche.

Bref, faisons les paris.

Tranquillement.

Comme disait Riss, de Charlie Hebdo, hier matin sur France Info, il ne faudra pas partir si le blonde est élue.

Ne pas céder à l’hystérie

Ok, je critique Hollande ou Valls, mais ne faite pas dire que c’est parce que je les hais.

Le débat politique français est si hystérisé qu’il faut régulièrement rappeler son chemin: décrire ce que l’on croit, sans y ajouter de la haine pour tenter de convaincre. Décrire où l’on va, même si le chemin est tortueux.

La haine suppose un surcroit d’effort individuel qui fait mal, qui provoque quelque douleur. Expliquer sans haine ni mot violent un désaccord est presque reposant.

Faites l’essai.

 

Comprendre l’antisémitisme, grâce à Agnès Maillard

C’est un livre essentiel, écrit à 20 ans de distance.

Agnès publie sa thèse de 1995, enrichie de quelques chapitres. L’ouvrage remplit un manque. Il revient loin en arrière sur cette énigme de l’humanité, la persécution des juifs.

Le plus terrifiant est sa sombre et évidente actualité. Les crimes commis par Israël et la progression d’un prosélytisme terroriste islamiste ont donné suffisamment de grain à moudre aux antisémites de tous bords pour convaincre les esprits faibles. Comme Agnès (aka LeMonolecte), je perçois la résurgence d’un « antisémitisme de gauche« , conscient ou pas. Je me suis éloigné de camarades de pensée pour les mêmes raisons qu’elle. La confusion entre l’action des dirigeants d’Israël et les juifs est un fléau intellectuel qui fait côtoyer l’extrême droite soralienne avec une fraction rouge-brune. On retrouve les clichés antisémites chez quelques vestiges politiques de l’après-guerre comme récemment Roland Dumas.

L’ouvrage d’Agnès Maillard donne des clés pour comprendre, des faits connus mais oubliés, ou simplement méconnus, pour répondre aux fantasmes, aux clichés, aux bêtises. L’auteur repart dans l’Antiquité, puis aux origines de la chrétienté. Elle détaille « le lexique du rejet », les interdictions de métiers ou de vie, les pogromes et les conversions forcées, l’alternance des périodes tolérantes et de grandes persécutions. Les juifs apparaissent comme les bouc-émissaires séculaires des riches et des pauvres, mais pas seulement.

L’antisémitisme a un bilan, chiffré, une bonne dizaine de millions de morts à travers les âges, dont l’essentiel au siècle dernier. Au grand jeu des comparaisons macabres, Dieudonné a par exemple choisi de minorer l’importance de la Shoah face au génocide dont furent victimes les noirs ou les indiens. L’antisémitisme est un frère jumeau si parfait du racisme qu’il est indécent de les opposer.

Dans la seconde partie de sa thèse, Agnès Maillard livre quelques explications. Elle trouve trace d’une stigmatisation des juifs dans l’Antiquité occidentale. Mais l’anti-judaïsme a réellement pris son essor sous la première ère chrétienne. On interdisait aux juifs des métiers, des droits, des lieux. On favorisait la constitution de ghettos. Agnès décrit notamment les ravages de l’Inquisition espagnole. L’islam menaçait la chrétienneté à ses frontières, la religion juive à l’intérieur de ses propres territoires. A compter de la Renaissance, la découverte de nouveaux territoires (l’Amérique) y compris et surtout scientifiques (Copernic, Galilée, et les autres), l’émancipation des juifs, l’anti-judaïsme a laissé place à l’antisémitisme que nous connaissons. Les anciens théorèmes étaient bousculés: « jusque là, la Bible constituait le principe explicatif du monde pour l’ensemble de la chrétienté. » C’en était fini.

L’Occident chrétien menacé a porté sa haine des juifs un cran plus loin. Les XVIIII puis XIXème siècles, jusque la première moitié du XXème, furent ceux d’une élaboration de théories racistes pour redonner à l’homme blanc – occidental-  les justifications de sa toute-puissance au prix d’un classement hiérarchique raciste des groupes humains: « Dès lors, tout fut prêt pour la mise en place d’une nouvelle représentation sociale du Juif. » L’Etat-nation, concept fluctuant qui finit par s’appuyer chez quelques esprits faibles sur un concept faux de race humaine pure, a provoqué l’exclusion grandissante des juifs. Agnès explique pourquoi le racisme est un mensonge. Elle rappelle les travaux scientifiques: les hommes ne sont qu’une communauté d’être vivants sans distinction de races.

« Rien sur le plan biologique n’autorise aujourd’hui  à découper l’espèce humaine en races autonomes ». Jacques Ruffié, « De la biologie à la culture »

Elle revient aussi sur la création du concept aryen. Imaginer qu’Alain Soral s’en réfère encore aujourd’hui a quelque chose de désespérant.

« Les théories raciales finirent de déculpabiliser l’Occident tentaculaire. Si l’homme blanc dominait et écrasait le reste de l’humanité, c’était parce qu’il était biologiquement c’est-à-dire naturellement prédéterminé pour ce rôle. »

Agnès Maillard décrit très bien les ravages de l’ethnocentrisme occidental. « Ce qui changea qui changea réellement dans les représentations sociales du Juif au cours du XIXème siècle, ce fut la nouveauté des concepts autour desquels les vieux préjugés virent se cristalliser. La race, la traitrise et le complot mondial ».

Comprendre l’antisémitisme permet de ne pas excuser les antisémites, d’où qu’ils viennent.

« On rencontre des antisémites dans les couches les plus cultivées de la population comme dans les plus démunies de bagage culturel. »

En France, l’antisémitisme a pris des formes d’Etat.

L’historien Robert Paxton re-publie justement ces derniers jours un ouvrage qui provoqua quelques chocs il y a 30 ans lors de sa première édition: « Vichy et la France« . Le mythe d’un pétainisme résistant face à la politique génocidaire des nazis a vécu.

Rappelez vous.

Bref.

Merci Agnès.

Reference: « Comprendre l’antisemitisme », Agnès MAILLARD, Editions du Monolecte, août 2015

Vive la Poste

Forcément, la techno aidant, Assange nous conseille de revenir au bon vieux courrier acheminé par la Poste.

Le retour à l’humain, ironie de l’histoire…

« Ma recommandation, pour les gens qui n’ont pas dix années d’expérience en cryptographie, est qu’ils reviennent à des méthodes anciennes: utiliser la Poste traditionnelle ». Julian Assange, octobre 2015

D’après le New York Post, le patron de la CIA, s’est justement fait pirater sa boîte mail personnelle par un …  lycéen américain.

C’est beta.

L’espionnage 2.0 prend des proportions qui troublent jusqu’aux alliés. L’Allemagne s’inquiète encore de l’espionnage dont elle serait victime par la NSA. La France de Hollande semble s’en ficher.

Vous êtes fichés.

Nous sommes fichus.

Chanson du dimanche: coucou… Hello

Elle est revenue, mais ne trouvez-vous pas que son visage a changé… ?