Comprendre l’antisémitisme, grâce à Agnès Maillard


C’est un livre essentiel, écrit à 20 ans de distance.

Agnès publie sa thèse de 1995, enrichie de quelques chapitres. L’ouvrage remplit un manque. Il revient loin en arrière sur cette énigme de l’humanité, la persécution des juifs.

Le plus terrifiant est sa sombre et évidente actualité. Les crimes commis par Israël et la progression d’un prosélytisme terroriste islamiste ont donné suffisamment de grain à moudre aux antisémites de tous bords pour convaincre les esprits faibles. Comme Agnès (aka LeMonolecte), je perçois la résurgence d’un « antisémitisme de gauche« , conscient ou pas. Je me suis éloigné de camarades de pensée pour les mêmes raisons qu’elle. La confusion entre l’action des dirigeants d’Israël et les juifs est un fléau intellectuel qui fait côtoyer l’extrême droite soralienne avec une fraction rouge-brune. On retrouve les clichés antisémites chez quelques vestiges politiques de l’après-guerre comme récemment Roland Dumas.

L’ouvrage d’Agnès Maillard donne des clés pour comprendre, des faits connus mais oubliés, ou simplement méconnus, pour répondre aux fantasmes, aux clichés, aux bêtises. L’auteur repart dans l’Antiquité, puis aux origines de la chrétienté. Elle détaille « le lexique du rejet », les interdictions de métiers ou de vie, les pogromes et les conversions forcées, l’alternance des périodes tolérantes et de grandes persécutions. Les juifs apparaissent comme les bouc-émissaires séculaires des riches et des pauvres, mais pas seulement.

L’antisémitisme a un bilan, chiffré, une bonne dizaine de millions de morts à travers les âges, dont l’essentiel au siècle dernier. Au grand jeu des comparaisons macabres, Dieudonné a par exemple choisi de minorer l’importance de la Shoah face au génocide dont furent victimes les noirs ou les indiens. L’antisémitisme est un frère jumeau si parfait du racisme qu’il est indécent de les opposer.

Dans la seconde partie de sa thèse, Agnès Maillard livre quelques explications. Elle trouve trace d’une stigmatisation des juifs dans l’Antiquité occidentale. Mais l’anti-judaïsme a réellement pris son essor sous la première ère chrétienne. On interdisait aux juifs des métiers, des droits, des lieux. On favorisait la constitution de ghettos. Agnès décrit notamment les ravages de l’Inquisition espagnole. L’islam menaçait la chrétienneté à ses frontières, la religion juive à l’intérieur de ses propres territoires. A compter de la Renaissance, la découverte de nouveaux territoires (l’Amérique) y compris et surtout scientifiques (Copernic, Galilée, et les autres), l’émancipation des juifs, l’anti-judaïsme a laissé place à l’antisémitisme que nous connaissons. Les anciens théorèmes étaient bousculés: « jusque là, la Bible constituait le principe explicatif du monde pour l’ensemble de la chrétienté. » C’en était fini.

L’Occident chrétien menacé a porté sa haine des juifs un cran plus loin. Les XVIIII puis XIXème siècles, jusque la première moitié du XXème, furent ceux d’une élaboration de théories racistes pour redonner à l’homme blanc – occidental-  les justifications de sa toute-puissance au prix d’un classement hiérarchique raciste des groupes humains: « Dès lors, tout fut prêt pour la mise en place d’une nouvelle représentation sociale du Juif. » L’Etat-nation, concept fluctuant qui finit par s’appuyer chez quelques esprits faibles sur un concept faux de race humaine pure, a provoqué l’exclusion grandissante des juifs. Agnès explique pourquoi le racisme est un mensonge. Elle rappelle les travaux scientifiques: les hommes ne sont qu’une communauté d’être vivants sans distinction de races.

« Rien sur le plan biologique n’autorise aujourd’hui  à découper l’espèce humaine en races autonomes ». Jacques Ruffié, « De la biologie à la culture »

Elle revient aussi sur la création du concept aryen. Imaginer qu’Alain Soral s’en réfère encore aujourd’hui a quelque chose de désespérant.

« Les théories raciales finirent de déculpabiliser l’Occident tentaculaire. Si l’homme blanc dominait et écrasait le reste de l’humanité, c’était parce qu’il était biologiquement c’est-à-dire naturellement prédéterminé pour ce rôle. »

Agnès Maillard décrit très bien les ravages de l’ethnocentrisme occidental. « Ce qui changea qui changea réellement dans les représentations sociales du Juif au cours du XIXème siècle, ce fut la nouveauté des concepts autour desquels les vieux préjugés virent se cristalliser. La race, la traitrise et le complot mondial ».

Comprendre l’antisémitisme permet de ne pas excuser les antisémites, d’où qu’ils viennent.

« On rencontre des antisémites dans les couches les plus cultivées de la population comme dans les plus démunies de bagage culturel. »

En France, l’antisémitisme a pris des formes d’Etat.

L’historien Robert Paxton re-publie justement ces derniers jours un ouvrage qui provoqua quelques chocs il y a 30 ans lors de sa première édition: « Vichy et la France« . Le mythe d’un pétainisme résistant face à la politique génocidaire des nazis a vécu.

Rappelez vous.

Bref.

Merci Agnès.

Reference: « Comprendre l’antisemitisme », Agnès MAILLARD, Editions du Monolecte, août 2015

46 réflexions sur “ Comprendre l’antisémitisme, grâce à Agnès Maillard ”

  1. C’est tout de même curieux, non, de proposer la critique d’un livre, sans en indiquer ni le titre ni l’éditeur…

    Et vous devriez cesser de vous référer à ce pauvre Paxton, presque totalement démonétisé depuis déjà un petit moment…

  2. un « bonjour » à Agnès, Juan et aux camarades, ..d’un bonhomme en vie, vivant en communauté /qu’importe si le bled où j’ai posé mes fesses me convient, clin d’œil à Agnès qui le connait.. bah, autre époque, même si certaine colle plus que d’autre..🙂

  3. Entre « comprendre »,  » expliquer » ou autre il n’a pas dû être facile d’accoler un verbe à ce mot….pas facile non plus d’essayer de comprendre tant on a parfois peur de minimiser cette abomination qu’est le rejet de l’autre au nom de sa religion . A lire donc …

  4. Oui , la confusion entre  » juif » et  » israélien  » est malheureusement très répandue , mais à qui la faute ?
    D’une part Israël se proclame lui-même comme Etat juif , et d’autre part les dirigeants de ce pays n’ont de cesse de traiter d’antisémites tous ceux qui osent le critiquer .
    De plus , comme cela est rappelé , c’est l’Occident chrétien qui a porté sa haine des juifs un cran plus loin. Mais jusqu’à la création de l’état d’Israël le monde musulman et le monde juif cohabitaient assez bien .
    L’antisémitisme d’aujourd’hui n’est donc pas de même nature que celui de l’affaire Dreyfus et je suis persuadé qu’il est plus d’ordre politique que religieux . Et encore moins racial , la notion de race humaine étant heureusement sans fondement .
    Quant à l’antisémitisme de gauche , je pense qu’il a plus à voir avec l’antisionisme que de l’antisémitisme des siècles passés .
    Mais ce n’est que mon point de vue , of course .

    1. comme souvent, les intentions au-départ sont louables, je pense au kibboutzim (société/communauté sociale, égalitaire; version courte) que le religieux s’empressa d’investir.
      Encore aujourd’hui, of course. Ce qui..etc. etc.
      Tiens (autre sujet?) des ‘états’ imitent cette tendance* ..un certain succès (peut-on dire ‘avec bonheur’ ?)

      *tendance, prédisposition.. la religion, présente depuis la nuit des temps ainsi le politique, suit un mouvement (potentiel) fluctuant, qui les affecte (?) toutes il me semble /en tous cas les 3 de chez nous; l’Eglise par ex. attente un creux, ..tel une vague,

      1. /ça va ça vient; « creux de vague ».. d’autres le contraire (!) Et son lot habituel de préceptes, doctrines ..façon intransigeance, comminatoire, offrant tout de même un choix /enfin ce n’est pas toi qui décidera, faut pas déconner, ..la punition (option la plus répandu ! chouette !) ou la récompense.. prenez votre tiquet,

        Qui, on le sait ! (n’) est qu’une interprétation.. Tout ! texte venant de là-haut (pourquoi pas en-bas ? ah vi les ‘ténèbres’, le corbeau, le chat noir, l’humain?! l’allergie niche partout)
        Tout texte est apocryphe, inventé (rêvé) suspect..
        On le sait, n’est-ce pas,

    2. Ce n’est pas parce qu’on sait aujourd’hui que, génétiquement, la notion de « race » ( que certains assimilent à couleur de peau…) n’a aucun sens que le racisme disparaîtra : ça ne fonctionne pas comme ça…

    3. « Palestinien= musulman » est tout aussi absurde que « Juif=sioniste ou Israélien » : 30 % des Palestiniens sont chrétiens , mais la plupart ont quitté la région depuis longtemps, et ce n’est pas le Hamas qui va les inciter à revenir…

      1. mettre en boite (autre expression) cataloguer etc. alors contrôle et repère l’individu afin de ‘maitriser’ (dominer) toute espèce d’inquiétude..
        car là est bien une (la ?!) source du racisme, ..la trouille.

        L’habit fait le moine ! mais certain se déguise.. ou même n’habite pas dans l’endroit indiqué, adéquat.
        Ah.. si tout était noir & blanc, ce serait bien plus simple n’est-ce pas (les bons, les méchants.. tsoin-tsoin) rasséréner qql flippe et -enfin! dompter ce püt#% d’arc-en-ciel ! agité par qqls rêveurs, utopistes, humanistes, qui décidément n’ont pas les pieds sur terre,
        ..est-elle bien tjs ronde ?! ah vi, tous ces pointillés, séparant qql humanité à la place d’un océan ou d’une vallée..
        Dieu n’y est pour rien ! juste il a profité de nos phobies et vanités,

      2. De la même manière, 20% des Israéliens sont arabes et essentiellement musulmans. La vie n’est pas toujours facile pour eux. Et encore moins pour les Juifs noirs qui sont assez franchement rejetés par le reste de la population.
        En gros, comme toujours dans les populations humaines, rien n’est simple, rien n’est tranché et rien ne se prête moins aux généralités!

  5. Se servir de la religion pour asservir son prochain, ça date de la nuit des temps, qu’il s’agisse du judaisme, de l’islam ou de la chrétienté . Le plus méprisable, c’est de cacher son racisme derrière la religion .
    Ces raisons, et d’autres, font que je fais partie des athées .

  6. « Agnès explique pourquoi le racisme est un mensonge. Elle rappelle les travaux scientifiques: les hommes ne sont qu’une communauté d’être vivants sans distinction de races ».

    cette simplification, convenue, ne m’encourage pas à lire ce livre.

    Bien sur que physiologiquement, et même largement dans la réalité quotidienne, le race n’existe pas: il y a UNE espèce humaine.

    Mais c’est ignorer le fait important de l’immédiate identification par des caractéristiques physiques, parfois assorties de signes vestimentaires. En ce sens cette notion perfide, car nourrie de préjugés et d’ignorance, de représentations et de clichés, ne peut être simplement déclarée non-existente. En fait la contradiction inhérente à l’espèce humaine de vouloir vivre en groupe (société) et en même temps avoir sa « personnalité », se distinguer de l’autre, c’est à dire lui être supérieur, le dominer, permet aux à priori raciste ‘ségrégationistes » d’éliminer, d’écarter une partie de la concurence.

    L’amalgamme une race = une religion malheureusement en découle avec la même facilité.
    Hors de mes expériences longue et variées, j’ai toujours constaté que les religions subissent largement un phénomène d’adaptation dans chaque pays, et la situation géographique comme économique y a une large part en plus bien sur de l’histoire particulière à chaque pays.

    Comment appeler les juifs ? quelle en sont les spécificités, à part très vieille culture, théologie, incroyable résilience et résurection ? Je ne saurai trop sauf en parlant de l’anti-sémitisme, des courants anti-sémites, de la part de tradi-sociale, à gauche (les banquiers) comme à droite (les bolchéviques, les usuriers, etc..)
    Puis vient Israël et la question Palestinienne.

    Mais là, les juifs perdent une part de leur identité en trouvant une nationalité, ils deviennent tout à fait un peuple « normal », colonisateurs, agressifs, dominateurs. Et même si certains dans la diaspora ou au pays appelent à la paix (the Call, etc..), au final ils restent solidaires de leur groupe, assez souvent partageant le racisme latent anti-arabe.

    Ma génération, celle de l’après guerre, j’en ai bien peur sera la dernière à avoir soutenu Israël.

    1. Qu’est-ce que ça veut dire « une race=une religion » ? Il y a des musulmans arabes, turcs, iraniens, indonésiens, noirs africains…

      1. Oui, cet amalgame est risible… et hélas délibéré. En France, on utilise souvent le mot de « musulmans » en pensant fermement à « Arabes », qui est vachement moins facile à placer aujourd’hui dans un discours sur l’incompatibilité présumée ou désirée.
        Je m’amuse toujours de la tête de mon interlocuteur quand je lui apprend que le pays qui comprend le plus de musulmans au monde est l’Indonésie, talonnée de près par le Pakistan et l’Inde… Seuls 20% des musulmans du monde vivent dans des pays arabes…

        1. Elie Arié et Le Monolecte,
          zavez pas bien lu, m’semble

          Hé, je parle des préjugés et almalgammes associés, et voilà que vous me parlez de pays arabes ? vous venez d’illustrer mon propos.

  7. A l’heure d’internet, je plains les nouvelles générations pour ne pas tomber le panneau. Le complot sur la toile est omniprésent… Ils nous mentent donc c’est eux les coupables. Les juifs jetés en pature aux cochons. Quel malheur! Bon après faut dire que la rabbinerie n’y va pas de main morte avec leurs ouailles dès le plus jeune âge en insistant sur le fait qu’ils sont le peuple élu et que depuis qu’ils ont retrouvés Israel nous sommes à la Fin des temps… Donc si tout est pourri c’est normal… nous devons soit disante npassé par l’antéchirist pour voir l’avènement du Messie tant attendu… Quelle connerie! Putain de pensée magique! Il n’ya pas une religion pour en rattrapper l’autre. On n’est vraiment dans un monde de dingue.

  8. Je suis ravi, quoi qu’il en soit, de voir se confirmer ici ce que je pense des antisémites de gauche, ces crapules décomplexées sous prétexte d’antisionisme. Le problème, voyez-vous, est que vous n’abusez plus personne, mes drôles : antisémites vous fûtes, antisémites vous demeurez. Mais, bien entendu, comme vous êtes ce que vous êtes « au nom du bien », vous êtes des antijuifs « cool ». Il suffit de dire « Israéliens » plutôt que juifs, et tout peut rouler comme avant, comme à l’époque où, sous couvert d’anticapitalisme, vous étiez antidreyfusards.

    Vous êtes des crapules, mes bons apôtres ; et je vois d’ici ce que doit être la “thèse” de Mme Maillard, dont vous êtes en train de faire votre Bible. Une Bible auto-publiée chez Lulu, ce qui relativise tout de même un peu.

    Mais continuez, je vous en prie, continuez. Étalez encore et encore votre antijudaïsme rabique en croyant le maquiller et le dissimuler derrière une palestinolâtrie réduite aux mantras : votre vrai visage se voit de plus en plus.

    1. Je crois que tu verras bien mieux ma thèse si tu la lis et je crains que tu en sois bien surpris.
      Publiée sur Lulu, mais validée à la Sorbonne.

          1. « viser bien et frapper fort » disait papounet.. répétant la pub d’un escroc* local (il fit fortune avec la « Pierre du Nord »: bonheur, argent etc.)
            aussi, il proposait de vous débarrasser des puces de votre chien.. en échange de xx timbres, il envoyait un p’tit marteau en caoutchouc, avec la notice: viser bien et frapper fort !
            *on ne dirait plus escroc, mais entrepreneur,

  9. Quand la Chine sera la première puissance mondiale ( et de loin ), la « suprématie de la race blanche » en prendra un sacré coup – et on peut compter sur les Chinois pour développer un  » racisme anti-blanc » déjà fortement présent chez eux; mais cela ne changera rien à l’antisémitisme.

    1. Êtes vous sûr à propos du « racisme  » des chinois….il me semble qu’ils sont plutôt dans la fascination, allant jusqu’à se débrider les yeux ( quel dommage)…ou je ne comprends rien au racisme (peut être parce que je n’ai jamais eu à le subir)

      1. Des très bonnes remarques, Sylvie 75 : le racisme est moins un problème de « races » (qui, effectivement, n’existent pas!) que de « perception de races » (qui existe dans l’œil de celui qui les voit et qui pourrait la vie de celui⋅celle qui la subit), mais c’est surtout une question de hiérarchie et de domination.
        La culture occidentale s’est effectivement répandue comme un virus et elle est dominante : c’est pour cela que pratiquement tous les personnages dominants dans les médias, les magasines, des sphères du pouvoir sont plutôt « blancs » et que du coup, les caractéristiques physiques du dominant sont recherchées car apportant un avantage… qui n’est pas forcément que théorique, dans une société caractérisée par la compétition, la concurrence, la hiérarchie et la domination.

    2. les chinois ont un p’tit coup de mou.. l’acmé d’une croissance à 2 chiffres ? bref, ils auront à s’occuper, sinon de rajeunir leurs élites, modifier (adapter) leur régime et/ou Constitution (peut-on dire ‘charte » ?) si qql velléité à vouloir grignoter nos arpions (plus motivés il me semble par le ‘business’ que de ‘suprématie’)
      alors/quant à leur racisme, je le trouve nettement moins développé que celui du voisin japonais, ce qui pour lui est carrément culturel,

    3. Il faut dire que les blancs, au XIXeme siècle, ont fait ce qu’il fallait pour développer, chez les Chinois, un sentiment anti-blanc . Et puisqu’on évoque la Chine, celle-ci est composée de plusieurs ethnies ( rien à voir avec la race ) qui sont de cultures et de traditions différentes, ce qui ne facilitent pas, ne serait-ce que sur le plan linguistique – cantonais et mandarin, entre autre – les relations des personnes ;

      1. @Ti suisse
        Si tu compares la pyramide administraitive chinoise depuis le temps des Tang ( et même avant ) et celle de la Chine d’aujourd’hui, tu constateras qu’il n’y à guère qu’une différence de forme . C’est probablement dû à la structure même du pays . Un changement profond me semble guère possible .

  10. En quoi dire que Nétanhyaou et la droite israélienne sont des jeteurs d’huile sur le feu, c’est être anti sémite ? En quoi dire que le Hamas est nuisible à la recherche de la paix au Moyen-Orient serait être anti Palestinien ?
    Rabin et Arafat avaient ouvert la voie au fameux  » processus de paix » . Ca fait 25 ans que des forcenés des deux bords sabotent ledit processus . Je ne vois pas en quoi c’est être anti sémite ou anti palestinien de dénoncer ce sabotage dont les premières victimes sont les Israéleins et les palestiniens lambdas .
    Crier à l’antisémitisme pour un oui ou pour un non, c’est discréditer la cause Israélienne . Pareil pour les palestiniens ;

    1. Et faire mine de croire à la « volonté de paix » d’Arafat, c’est bien entendu faire preuve d’une lucide et vertueuse objectivité.

      1. Il y a un truc que nous ne pouvons vraiment pas comprendre, nous tous, le cul vissé sur notre fauteuil clavioteur : à quel point l’état de guerre permanente produit et entretient l’État de guerre permanent ! Il ne s’agit pas de renvoyer tout le monde dos à dos, mais de garder en mémoire que quand un pays ou une région sombre dans le conflit, le pouvoir politique décline au profit du pouvoir militaire. Ce qui est un peu logique.
        Le problème, c’est que toute organisation en place tend à vouloir se maintenir en place et à reproduire les conditions nécessaires pour ce maintien. Et dans tout conflit, le dépassement de la phase militaire passe forcément par la négociation et le retour du politique. Ce qui n’est donc ni dans l’intérêt ni dans le gout des militaires, on les comprend.

        Le pouvoir, ce n’est quand même pas évident du tout à lâcher, surtout s’il procure quelques avantages annexes des plus intéressants.
        Autrement dit, quand les seigneurs de la guerre prennent le pouvoir, ils ne tendent pas vers la paix qui les en dépouillerait et en ferait des pièces de musée, mais bien vers la cristallisation d’un état de guerre qui renouvèle et justifie sans cesse leur pouvoir.
        Toute la difficulté, bien sûr, est de convaincre la population — qui paie dans sa chair le lourd tribut de l’état de guerre — du caractère inéluctable et indépassable du maintien ad nauseam de cet état de guerre qui l’affaiblit et la lamine. Le plus efficace, alors, est la propagande à destination des générations futures, c’est-à-dire, partout et toujours, embrigader des gosses pour les convaincre de la gloire qu’ils auront à sacrifier leurs trop jeunes vies au profit exclusif de quelques vieux messieurs égoïstes qui n’ont toujours pas l’intention de lâcher la rampe.

        Et de ce que l’on peut voir des réactions des jeunesses palestiniennes et israéliennes autour de la nouvelle guerre des couteaux, les vieux messieurs bien installés des deux camps n’ont pas de soucis à se faire sur leur rente de situation de ces prochaines années…

                1. Sauf que, dans le cas du conflit Israelo-Palestinien, ce sont toujours les militaires qui, depuis 1948, ont peu ou prou, tenus les manettes du pouvoir, y compris en Egypte et en Syrie .

      2. @Didier goux
        Si on part comme ça, on pourrait en dire autant de Rabin . Vous illustrez parfaitement ce sabotage dont je parlais plus haut .
        Au fait : qui est-ce qui a abattu Rabin ? Et qui pourrit la vie à Habbas ?

  11. Il reste que je me sens peu enclin à commander et lire un livre où l’on m’affirme, si j’en crois le maître de céans, que le monde a été ravagé par « l’ethnocentrisme occidental », alors que, précisément, l’une des choses qui caractérise le mieux la civilisation européenne, c’est son absence d’ethnocentrisme (ou si l’on veut son ethnocentrisme moindre) qui lui a permis cette curiosité envers les autres cultures du monde.

    D’autre part, à propos de ces races qui, d’après la doxa rigolote actuelle, n’existeraient pas, comme l’ont démontré les scientifiques : depuis quand un mot, un concept ont-ils besoin d’être validés par la science pour exister et recouvrir une réalité ou plusieurs ? C’est tout de même vertigineux de sottise quand on y pense un peu. Voilà un groupe de gens qui, débarquant après tout le monde (la science est très jeune), décide que, désormais, tel mot ne pourra plus désigner que telle chose bien particulière, laquelle chose se trouve justement, d’après leurs petits critère tout neufs, ne pas exister ! Comment pouvez-vous avaler un tour de passe-passe aussi grossier et dénué de tout bon sens ?

    Ou alors, il faut que tous les mots, tous les concepts, passent sous les fourches caudines des savant Cosinus : la démocratie, le saucisson, la liberté, le tourisme, etc. On n’a pas fini de rigoler.

  12. oui, ..la théologie, mythologie, étymologie, dialectique (ethnologie ?) moins neufs que la science, peut-être, ou pas,
    La confiance ? sans on ne peut pas, même un-mur n’existerait pas, alors on-fait-avec /choix, époque: même panier,
    (reste /je fais court) il reste: l’Education,
    perso je pense que c’est une nécessité /’solution’, serait dit avec prétention ? alors/zut: de l’ambition !
    combien faut-il user de prétextes ?! moyens & disposition: nous savons ! sans doute ces reliquats ‘culturels’
    (tel le dépressif: bien au chaud, à l’abri /abrité de tout substrat: ne pas déranger, sinon ignorer, évacuer tout, puisque considéré comme ersatz)
    oui, il fait un temps de chien !
    quelle est (or not) l’urgence ? ou est-ce l’ennui.. (tiens, déjà un pied dans le billet suivant: ne pas céder à l’hystérie)

    sinon (à part ça; ni très éloigné) en vadrouille et maraude, je me suis ‘invité’ chez toi dx (hier) un ligne ! sans succès.. oubliais-je de dire ‘bonjour’ ? j’ai corrigé, à l’instant (aussi hélène d’ici !)
    oui, engageant, semble t-il « les fous du roi » de Bob P Warren, (c’est moi, pas assez méritant; je ne vois que ça)
    Années 30, disons actuel: combines & crapuleries, dit Amazon, vengeance et ironie (ambition!) violence et mélancolie (ramené à moi: garder que l’ironie) une partie d’échec qui nous laissera sur le carreau.. et les survivants privés de bien des illusions (damned)

    peut-être (peut-être) n’est-ce pas, ou moins- dans notre culture éducation, à contrario de l’anglo saxon par ex. à lui le syndrome, la tactique plutôt, la manœuvre et procédé du « mettre la pression » ..savoir utiliser, déterminer les points faibles, fragilité de tous protagonistes ! pas uniquement l’opposant, l’antagoniste..
    alors ‘nous’, façon diplomatie, ‘vieille France’, arrogance comme ‘ils’ disent.. sûr et campeur (dominant) d’une ‘exception culturel’, à l’abri.. (ni rien à se plaindre ?!)

    Tout ! est exception.. et/aussi culture, groupe social, ..donc ce qui en découle, résulte, ..une interprétation (une autre) de ‘race’ et son incontournable corollaire ‘anti’,
    vive les sémites ! et tous les autres

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