Macron et le car de Puisseguin

Noël Mamère a commis une belle bêtise à vouloir reprocher à Emmanuel Macron d’avoir libéralisé le transport en autocar pour commenter le drame de Puisseguin et ses 43 morts . Filoche a aggravé le cas en twittant « Macron démission ».

« Si on accepte la multiplication des circulations des transports par autocar sur des routes qui sont en mauvais état, on aura d’autres accidents, d’autres déconvenues et d’autres drames. (…) C’est Emmanuel Macron qui a décidé de libéraliser le transport par autocar. » Noel Mamère, vendredi 23 octobre 2014

Forcément, le duo involontairement formé par Mamère et Filoche a provoqué l’ire de mes confrères blogueurs socialistes.

Restez zen.

Oui, Mamère a eu tort. Il aurait savoir que le traitement de l’actualité politique est désormais hystérisé et qu’il raccourcit la pensée et caricature les arguments. Mamère aurait du savoir que sa longue argumentation serait raccourcie à l’extrême sur ce qui buzze et fait boum. Son point sur la loi Macron n’est que le 5ème d’une liste d’interrogations et idées qu’il pose calmement et sans colère au micro de RMC, écoutez plutôt:

Oui, Filoche a déconné. Cette instrumentalisation politique des faits divers que nous dénoncions tant quand l’ancien monarque Nicolas promettait une loi au moindre crime ou délit est simplement odieuse.

Et pourtant.

Moi aussi j’ai pensé à la libéralisation du transport en car en apprenant l’accident, comme on penserait spontanément aux défauts d’entretien des rails après un accident ferroviaire.  Moi aussi, je me suis demandé s’il ne fallait pas craindre davantage d’accidents de cars puisque le transport par car allait forcément augmenter en France, et que la guerre des prix y ferait rage comme dans tous les secteurs libéralisés.

Voilà.

 

 

 

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Dray, Mélenchon, Corbiere et le vrai fond.

En 2009, il y a une éternité, nous étions quelques blogueurs à rencontrer des politiques. J’ai raté l’entretien avec Mélenchon. J’ai eu plaisir à rencontrer Dray. Nous avons à l’époque relaté en long et large ses propos, et avec son accord.

Julien, que j’ai revu dans d’autres circonstances ensuite, a suivi son chemin, un chemin normalisé par pragmatisme politique. Ces attaques et propos à l’encontre de Mélenchon ou de l’opposition de gauche à Hollande m’ont salement mis mal à l’aise. Car votre serviteur, sans se revendiquer « vrauchiste » puisque ce label est déjà pris, vote FDG depuis tous les scrutins intermédiaires post-2012. Et qu’il assiste effaré à l’invraisemblable mésaventure politique d’un Hollande qui pense à sa survie politique plus qu’à autre chose.

Julien Dray, en 2009, a eu des mots durs contre ses camarades qui, à l’époque, l’avaient globalement lâché dans une sombre affaire manipulée depuis l’Elysée de l’époque.

Ressortir ses propos sans contexte ni explication en 2015 était une mauvaise démarche. Mais Alexis Corbiere, auteur d’un premier article maladroit, a corrigé via un second long billet explicatif. Je pourrais cosigner chacune de ses phrases. Alexis cite tout le monde, explique son désaccord, rappelle le combat politique. C’est aussi le mien. Qu’on s’esbaudisse sur un premier billet n’a finalement aucune importance. Le plus grave est ailleurs. Il est bien résumé, en filigrane, par Alexis Corbiere: où va la direction du PS ? Que représente-t-elle ? Pourquoi Julien a-t-il semble-t-il oublié ses constats si justes sur l’impasse politique du régime («  Le mal ce sont les institutions de la Ve République, les mecs, ils pensent tous qu’ils sont les sauveurs ») ?

Dray a aujourd’hui tort et raison à la fois. Ce n’est qu’un avis personnel. Dray s’égare dans un pragmatisme politique qui nous mène dans l’impasse collective, c’est-à-dire le FN, l’abstention, le découragement et la faillite démocratique. Mais Julien a raison de pointer les difficultés politiques de l’opposition de gauche.

Voter à gauche pour perdre, ou voter à droite pour gagner, c’est donc le choix que les socialistes de gouvernement nous proposent aujourd’hui.

Cela ne m’intéresse pas.

Vraiment pas.

Le ciel d’un jour #57

L’algorithme, le drone et la mort

C’est un article stupéfiant, publié dans le Monde du jour sur un programme baptisé SKYNET de la NSA américaine. Ce programme capte quelques millions d’informations de consommations mobiles au Pakistan, les traite pour identifier des cibles supposées terroristes. Et envoie des drones les tuer.

« Pour manifester, probablement, leur sens de l’humour, les agents de la NSA ont emprunté son nom au célèbre film d’Hollywood Terminator – Skynet y était un système informatique devenu incontrôlable, qui avait décidé d’annihiler l’humanité à coup de bombes nucléaires… Dans le monde réel, le programme Skynet a été déployé au Pakistan pour identifier et traquer électroniquement des membres et des « coursiers » d’Al-Qaïda, puis les tuer à coups de drones télécommandés depuis les Etats-Unis ou des bases militaires à l’étranger. »

On croirait un mauvais script de série B américaine, un croisement d’Ennemi d’Etat et de Mensonges d’Etat.

Faussement ingénue, la NSA affirme n’avoir que 0,008% d’erreurs. Appliquée à la population du Pakistan – 55 millions – cela fait 15.000 personnes.

On parle d’exécutions d’innocents.

 

Balkany, 16 millions d’euros

pas mal.

Isabelle plaide l’héritage. Patrick une négligence administrative. 16 millions d’euros sans acquitter l’impôt sur la fortune. Depuis tout jeune, j’observe les Balkany rebondir de victoires en outrances, échappant à une justice désemparée.

« Alors que Patrick Balkany a été mis en examen pour « fraude fiscale » jeudi 15 octobre, Mediapart dévoile une première estimation du patrimoine amassé par le couple. D’après le fisc, il atteignait 16,5 millions d’euros d’actifs taxables en 2013. Les élus vont devoir s’acquitter de l’ISF, dont ils s’étaient dispensés, au moins pour les années 2008 à 2013. » (lire la suite, article payant)

Allez, cadeau. Pour le souvenir. La video date un peu, 3 ans déjà.

Un joli documentaire pour votre dimanche après midi

Un peu de souvenir, un peu de mémoire.