Adieu 2015, et sans regret

L’année a commencé dans le sang, elle s’est terminée dans le sang, et la peur plus grande encore.

2015 est une année particulière pour la France. Une année comme une autre pour bien d’autres pays: Gaza, Mossoul, Kobané, Baltimore, le Kurdistan ou le Nigéria, pour ne citer que quelques exemples. 2015 fut la dernière année politique normale, puisque 2016 sera vraisemblablement encore davantage polluée par le Grand Scrutin.

En 2015, j’ai cessé de m’intéresser à l’excitation des réseaux sociaux, aux raccourcis de la pensée raccourcie en 140 caractères, aux ayatollahs de la pensée unique de droite ou de gauche. La violence des situations auxquelles nous avons été confrontées m’a retiré l’envie de m’énerver contre les contradicteurs d’un jour ou de toujours.

Revenir sur une année est désormais chose facile, techniquement s’entend. Les réseaux sociaux y vont chacun de leur « rewind » / « rétrospective » / « bilan » / « année en revue ».

Le bilan le plus déplacé est certainement celui de YouTube. Le plus proche est celui de Facebook. Le plus glaçant, celui de ViceNews.

Enjoy.

 

 

 

 

 

 

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Antiparlementarisme primaire ?

Ils ont cru bien faire, mesurer combien d’élus employaient leurs proches, donc « aux crochets de la République » .

J’en ai marre de l’antiparlementarisme.

Bien sûr que nos parlementaires ne sont pas irréprochables. Mais je n’ai plus en tête le décompte du nombre d’entreprises familiales, artisanales ou pas, sans que cela choque autrement le chaland.

Mediapart s’est attaché à débusqué tous les députés et sénateurs qui avaient embauché un proche. Le journal en ligne a même publié la liste des conjoint(e)s sur Internet. La transparence, y a que ça de vrai !

« En 2014, au moins 20 % des députés ont rémunéré un membre de leur famille proche. » (source)

Très franchement, je préfère embaucher un proche du moment qu’il est compétent. Au moins, lui, on le connaît. Marine Le Pen, au Parlement européen, a embauché son compagnon Louis Alliot. Le problème n’est pas/plus là. Il est dans le cumul des fonctions et/ou l’emploi fictif.

« Certains de leurs arguments sonnent effectivement sincères, comme le besoin de recruter une personne de confiance ou de préserver un lien conjugal, souvent malmené par une vie politique chronophage. »

Et oui.

C’est aussi simple que cela.

 

 

 

 

 

 

La femme du kamikaze, Française.

Elle n’est « que » Française. Elle ne sera donc pas déchue de sa nationalité par cette Vème République rageuse qui cherche à purifier la nation de ses corps encombrants.

Elle est pleinement Française et elle a adressé un message plein de haine, révoltant, ignoble et méprisable quelques jours après les attentats du 13 novembre.

L’épouse de Samy Amimour, l’un des kamikazes du Bataclan, a déclaré ceci dans un mail à une connaissance selon Aujourd’hui en France/Le Parisien publié lundi 28 décembre dernier.

« j’ai encouragé mon mari à partir pour terroriser le peuple français qui a tant de sang sur les mains. (…)

Je suis tellement fière de mon mari et de vanter son mérite, ah là là, je suis si heureuse… « 

On ne sait pas si les mails sont authentiques.  La pauvre fille se réjouit de son confort matériel en Irak. On sourit tristement: la propagande de l’Etat islamique consiste donc à vanter la luxure capitaliste occidentale.

Pauvres dégénérés.

 

Le jour où j’ai voté blanc

Nous sommes le 21 avril 2017, quinze années après un autre 21 avril. Tous les sondages portent à croire que Marine Le Pen est qualifiée pour le second tour de la Présidentielle.

Mais à la différence de son père quinze ans plus tôt, elle recueillerait quelque 30% des suffrages.

Ce 21 avril 2017, j’ai voté et j’attends les résultats.  Je n’aurais jamais imaginé m’abstenir de choisir à un suffrage de notre République.  Même quand l’offre politique est naze, il faut voter.  Ces élections présidentielles sont aussi le premier scrutin de ma fille ainée. Voter blanc quand elle accède au droit de vote, quelle ironie cynique…

En fait, le vote blanc a été assez facile. François Hollande a fait sa campagne à droite, surtout au centre-droit. Nous avions le choix entre Juppé ou Hollande. Il était assez clair que l’un ou l’autre serait qualifié pour le second tour puisque cette démocratie sclérosée par un régime monarchique anachronique ne laisse que peu de choix. Juppé ou Hollande ? Hollande ou Juppé ? Très franchement, je m’en fiche. Les deux options ne sont pas ignobles, mais elles ne sont pas les miennes.

Après avoir été qualifié par la primaire des Républicains, Juppé s’est permis une critique à peine larvée contre la déchéance de nationalité que Hollande fit voter par la moitié des députés socialistes et la totalité de la droite et de l’extrême droite pendant l’hiver 2015-2016.

J’ai relu Gramsci. L’homme a vécu 10 ans en prison en Italie, avant de mourir quelques jours après sa libération , et écrit quelques brillantes réflexions sur la domination culturelle dans une période historique qui dura 30 ans avec la montée des fascismes. On croit que la politique se gagne sur l’action, elle se gagne aussi sur les symboles.

Hollande a perdu les siens. Juppé a les mêmes mais lui n’a pas changé.

Ce 21 avril 2017, j’ai donc voté blanc, pour montrer un désaccord. Et rester fidèle à ce que j’écris depuis une décennie déjà sur mes blogs.

Ceci est un propos de fiction.

Mais que se passe-t-il en Corse ?

On devait oublier quelques instants les délirants débats sur la déchéance de nationalité, les éléments de langage du PS et autres divagations post-républicaines.

En Corse, une manifestation vendredi, puis une seconde samedi ont gravement dérapé jusqu’à se transformer en ratonnades. Comment appeler autrement le saccage d’un lieu de culte musulman, les menaces parfois de mort et l’agression physique contre des résidents qui  n’avaient pour seul tort que d’être musulmans ?

Il n’y a donc pas de trêve de Noël, en Corse ?

Le plus surprenant est que donc que l’état d’urgence n’est visiblement pas pratiqué en Corse qu’en métropole. En Corse, des huluberlus  peuvent manifester à deux reprises avant que le préfet ne se décide à interdire les attroupements.

« Vendredi en fin de journée, plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées dans une cité populaire d’Ajaccio, où, la nuit précédente, deux pompiers et un policier avaient été blessés dans des échauffourées. Scandant pour certaines «Arabi fora (les Arabes dehors, ndlr)!» ou «On est chez nous!», selon une correspondante de l’AFP, elles ont, dans une ambiance tendue et encadrés par des policiers déployés pour tenter de maintenir de calme, essayé d’identifier et de retrouver les auteurs de l’agression de la veille. » (lire la suite)

 

Chanson du dimanche: complexité

C’est l’un des titres du dernier album des Eagles of Death Metal, ce groupe qui jouait au Bataclan ce fatidique 13 novembre dernier.

L’année 2015 s’achève enfin et nous aurons l’occasion d’en reparler.