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Merci Podemos, mais après ?


En Espagne, le weekend dernier, le parti socialiste local a perdu des suffrages sans même être au pouvoir. Punir l’inaction ou l’inadéquation avec le moment historique est quelque chose que la France pourrait méditer.

L’Espagne n’est pas la France, certes.

L’Espagne ne vote pas pour une extrême droite réactionnaire, xénophobe et autoritaire. Elle se souvient du franquisme, vaincu il y a deux générations à peine.  L’Espagne vit pourtant avec encore 21% de chômage.

Podemos n’est pas le Front de gauche, s’il s’agissait de se donner des brevets de gauchitude. Il n’y a que le Figaro, et quelques médias de la droite furibarde, pour traiter Podemos de gauche radicale. Pourtant, les 394 propositions de Podemos pour ce dernier scrutin sont exemplaires.

« A part Mariano Rajoy [le Premier ministre conservateur actuel], tout le monde sait que l’on ne peut pas payer la dette espagnole. Mais comment communiquer sur le sujet ? Si on dit aux gens qu’on ne va pas payer la dette, cela les choque, ils pensent que tu es un voleur. Les dettes, tu les paies. Notre position, c’est de déterminer ce que l’Espagne doit payer au sein de cette dette. A la télévision, pour traduire le problème avec des images simples, on prend l’exemple suivant : vous prenez un café et un jus d’orange dans un bar. Le serveur vous dit : c’est 600 euros. Vous lui demandez pourquoi. Il vous répond que vous allez payer l’addition de tous les gens qui sont en train de boire autour de vous. Évidemment, vous allez dire non, vous n’allez pas inviter tout le monde. C’est un peu ce qu’il s’est passé avec la dette espagnole. Ils veulent qu’on paie l’addition de choses que nous n’avons pas prises. Or, on ne va pas payer ce qui n’est pas notre dette. Mais ce que l’on doit réellement, on le paiera. Tout en renégociant comment le payer. » (lire la suite)

Mais Podemos est un bol d’air frais. Et son rival de centre-droit – Ciudadanos – né du même désespoir a quand même conquis 40 sièges.

« les gens ne votent pas pour quelqu’un parce qu’ils s’identifient à son idéologie, à sa culture ou à ses valeurs, mais parce qu’ils sont d’accord avec lui » Iglesias (cité par le Monde Diplomatique)

La droite française s’est évidemment inquiétée de cette « crise » démocratique. Quand le peuple bouscule les schémas préconçus de TINA, on tremble et on s’inquiète.

PODEMOS est un bol d’air frais. Après l’échec de Syriza à alléger la pression austéritaire, Podemos est comme une intelligence politique fraiche et évidente. Vous pouvez ne pas apprécier toutes les options proposées. Mais quel bol d’air frais !

Comme en France, et plus fortement qu’en France, le bipartisme a volé en éclat en Espagne. Le PSOE paye son virage incompréhensible et austéritaire de 2010. Zapatero a voulu jouer à Tony Blair. Il a été balayé et son parti agonise. C’est moins son action que le mensonge électoral qui semble avoir été puni.

PODEMOS est un bol d’air frais

 

72 réflexions sur “ Merci Podemos, mais après ? ”

  1. Oui c’est une bol d’air…
    Pour le reste, parce que je crois qu’il ne faut pas « saquer » les électeurs du FN …je pense que MLP a réussi à faire croire à ses nouveaux électeurs que son parti n’était ni raciste, ni anti sémite et plus social que la gauche…juste un gentil parti « patriote » comme ils disent….alors comment s’étonner qu’elle progresse…cette obsession du FN à gauche fait perdre une énergie folle et inutile….parce qu’elle a une longueur d’avance sur les échecs de le droite et la gauche….aucun bilan à lui reprocher !
    Que la gauche se réveille et agisse enfin…il ne reste que peu de temps pour convaincre…

      1. Carron
        Mais finalement qu’est ce que le pouvoir d’achat pour un ministre ?
        Où comment il vaut mieux parfois se taire ….

         » Myriam El Khomri a indiqué ce matin que, « dans le contexte actuel », un coup de pouce ne serait pas « la meilleure solution pour augmenter le pouvoir d’achat compte tenu de ses effets sur le coût du travail et donc l’emploi »

  2. Et après ?
    La question est maintenant de savoir quelles armes vont être employées par l’UE , la BCE , Merkel et Hollande pour aider Rajoy à se maintenir au pouvoir pour continuer la politique d’austérité et empêcher toute renégociation de la dette espagnole .
    Mais l’Espagne n’est pas la Grèce , et les coups d’état financier ne marchent pas à tous les coups .
    Alors oui , comme le dit Claude Carron , que la fête commence !

    1. Pendant ce temps, le peuple crevait de faim et il reste des bonnes âmes pour dire que la révolution fut méchante fille… Çà ne pouvait que très mal finir. Le pire c’est que la leçon n’a pas suffit…

  3. « Ils veulent qu’on paie l’addition de choses que nous n’avons pas prises ? »

    Ah bon ? La dette espagnole correspondrait en fait à des emprunts qui auraient été versés par erreur à la Pologne ou à l’Irlande ? Je me demande si ce Miguel ne nous prendrait pas un peu pour de gentils cons. Et puis, il y a cette phrase, qui suffit à juger le personnage :

    « Parmi les dirigeants de Podemos, nous avons toujours dit que nous sommes de gauche. Il n’y a qu’à voir comment nous nous habillons ! »

    Le salut par la queue de cheval et la boucle d’oreille : il fallait y penser…

  4. Ce ne sont pas « des déçus » de la politique actuelle et passée qui votent -ont voté- FN. Maintenant le FN a un électorat c’est peut-être difficile à digérer et s’il y a un électorat c’est que nous, gauche radicale, avons failli.
    Je rejoins Claude et l’arsène « que la fête commence » et l’UE va fourbir ses armes lourdes.
    Il faudrait que nous soyions tous les européens contre devant le Parlement (nous l’avons déjà fait dans les années 90 pour aller ouvrir les frigos) pour dire nos exigences…. mais voilà qui se déplacera ?

    @Didier franchement vous me décevez! parce que Iglesias a une queue de cheval et une boucle d’oreille c’est un incompétent ? Ah peut-être préférez-vous les crânes rasés avec quand même une boucle d’oreille…. car ils en portent également

    1. Mais ce n’est pas moi qui ai mis en avant cela ! Cliquez sur le lien « lire la suite » et vous verrez que c’est le N°2 du mouvement lui-même qui prend pour preuve du « gauchisme » de Podemos le fait que ses dirigeants sont fringués comme des guignols !

        1. Là, c’est vous qui devenez mesquine, par refus d’admettre que vous avez parlé sans savoir : je ne souscris à rien du tout ; je trouvais simplement comique qu’un responsable politique puisse dire en substance : on est forcément de gauche, regardez comment on est fringué !

          1. Mais non Didier ce n’est pas de la mesquinerie!! mais bon là n’est pas le sujet on ne va pas « polluer » .
            C’est idiot de la part d’Iglesias s’il a dit cela; je ne savais pas qu’il y avait un uniforme de gauche.
            Cela étant j’attends de voir comment Iglesias va gérer et s’il nous chantera « oui, je vais faire changer »

            1. Ce n’est pas Iglesias, mais son second, Miguel de los Cojones ou quelque chose d’approchant. Cliquez donc sur le lien proposé par Juan, et lisez son interview ! Sinon, ça sert à quoi que le taulier il se décarcasse ?

    2. je suis d’accord avec vous @ Aurore…aucun pays ne peut changer seul la feuille de route…en entendant les peuples espèrent et sont ou vont être deçus….le cas de la Grèce nous a pourtant ouvert les yeux mais çà n’a rien changé…l’UE a tous les pouvoirs…la « révolution » ne pourra être qu’européenne !

      1. Sylvie
        A nous de la faire cette « révolution »!!! Mais en avons-nous le courage ? Moi du haut de mes 68 ans, je me sens prête et je bouts de voir tout ce qui se passe sans qu’il n’y ait aucune réaction.
        Je dirais « de mon temps, il ne se serait pas passé le quart, de ce que nous subissons aujourd’hui »

        1. Si la révolution doit commencer dans les maisons de retraite (il suffit de voir l’âge moyen des sympathisants du FdG…), ce sera bien la première fois qu’on verra naître quelque chose dans ce genre d’endroits !

          1. Qu’ils y viennent les trouducs casqués de 60 piges, tiens, on va leur montrer de quel déambulateur on se chauffe, non mais. Bon je reprends mes cours de lancement de pavés…

        2. Aurore:

          Mais quelle révolution ? Comment comptez-vous mettre fin à la mondialisation ? Une révolution, ça a des objectifs, sinon ce n’est qu’un happening.
          Vous faites bien vos 68 ans, avec votre discours du PC des années 1950 sur Le Grand Soir qui n’est d’ailleurs jamais venu.

          1. (suite) ou plutôt, si, le Grand Soir est venu, mais en Union Soviétique et dans les pays ex-communistes d’Europe de l’ Est…mais dans l’autre sens.

              1. Oh Elie !!!! Non seulement j’ai beaucoup de cheveux mais grâce à l’hérédité pas encore un cheveu blanc (et sans couleur)

          2. Avec des noctambules de votre acabit, herr doctor, ce serait gâcher. Vous faites bien vos douze ans avec votre candeur de jeune vieux de années 80 bavant sur tout ce que les dépasse….

          3. La « mondialisation » ? Le changement climatique (et oui) et la surpopulation commence sérieusement à s’en charger pour changer la donne… Ou il y aura un partage plus équitable des richesses ou il n’y aura pas de mondialisation.

      1. Il resterait à nous dire comment on peut se retrouver incapable d’expliquer ce que l’on comprend le mieux.

        D’un autre côté, vu la personne qui a fourni cette sentence, ça relativise à donf.

        1. tiens, le prévisible (plus je me dénigre plus tu t’engouffres) ah on se fait plaisir comme.. on peut (le choix diminue?)
          ça sent les fêtes, disons la fin de l’année (comme s’il restait des symboles?) j’vois bien que tu te détends, perso..

          ch’ais pas, ..pas envie..
          /pourquoi, en Espagne je vois une gauche -au moins une, une situation, gnâgnâ.. ma personne et son accessible, probablement (je devrais essayer avec ‘et son intelligible’; si de la place ? je pousserai un peu)
          C’est une option (quelle importance) ni rien à justifier, c’est vrai: on ne se voit pas bcp..

  5. Je voudrais simplement rappeler que les électeurs Espagnols avaient effectivement chassé Zapatero du pouvoir…pour mettre à sa place Rajoy, en toute connaissance de cause ( politique encore plus austéritaire), et que, malgré cela, c’est tout de même le parti de Rajoy qui est encore en tête cette fois-ci..

    1. Bof, ça prouve seulement que les vieux sont un peu plus nombreux que les jeunes, mais ça ne va pas durer éternellement🙂

        1. Ces jeunes vont vieillir bien entendu, mais avec le souvenir amer du chômage de masse que leur ont réservé les deux partis dits de « gouvernement ».

          Ce qui me fait dire qu’ils ne seront pas prêts de voter pour eux, quel que soit leur âge.

  6. @ Juan

     » Et après ? »

    Il faudrait savoir ce qui se passe au Portugal, désormais gouverné par un PS soutenu par le PC et la gauche radicale : pour l’instant, rien de très différent de la politique de la droite libérale jusque là au pouvoir, je crois.

  7. puisque nous vivons une succession de stupeurs, il est logique qu’en contrepartie des vagues d’espoir nous fassent frissonner nos pauvres corps meurtris par les émotions…

    « et après  »

    dans 3 jours, c’est le père noël qui passe. C’est le moment d’y croire à fond, ensuite il faudra se réveiller…

    1. En 40 on disait: « Mieux vaut une successions de stupeurs que de Stukas! » C’était peu avant que la colle Pétain/Hitler abhorre la ration et que çà toupine à Hambourg dans la rue Tabaga…

  8. Les espagnols ont voté pour des partis n ‘étant pas du système habituel.
    lls ont voté contre l ‘austérité, la corruption, les combines des politiques se remplaçant au pouvoir à tour de role sans rien faire pour le peuple.
    Le système électoral chez eux peut encore donner la parole au peuple.
    Je lui souhaite bonne chance et bonne route.
    Chez nous, les élections ont pipé depuis longtemps. Un parti avec 40% de voix en sa faveur peut ne pas avoir d ‘ élu. Les espagnols ont montré le courage manquant au français. Des ministres et députés condamnés par la justice, des ex président mis en cause dans plusieurs affaires, des escrocs notoires cumulant plusieurs condamnations secrétaire de parti, des personnes mentant sur leurs origine, leurs biens, réélus par des électeurs décérébrés et menés par le bout du nez
    .« les gens ne votent pas pour quelqu’un parce qu’ils s’identifient à son idéologie, à sa culture ou à ses valeurs, mais parce qu’ils sont d’accord avec lui » Iglesias (cité par le Monde Diplomatique)
    Juan en profite un peu pour tenter d ‘égratigner un peu le FN, mais c ‘est le FN qui est passé en Espagne. Les espagnols o,t voté pour des gens qui partagent leurs idées
    Ils en avaient marre , ils changent, mais les journalistes n ‘ ont pas hurlés avec les loups contre podemos

      1. Rien ne t’empêche de travailler. LA « renta basica » ou le « revenu de base » servent de fixe sociale il devient possible de l’additionner à un revenu du travail.

        1. D’accord mais sans contraintes ? C’est-à-dire sans dépasser un certain nombre d’heures ?
          Si j’ai bien compris les 900€ c’est le maximum ?

          1. PODEMOS mouvement issu des indignés… avec « RENTA BASICA » Les énnaes défilent l’idée demeure… On va y arrivé. UN nouveau modèle de société. Cela va être un peu long pour mettre ça en place mais l’enjeu en vaut la chandelle « un poquito mas librés » https://youtu.be/FZ36aNyTE0c

  9. Dormez en paix, hollande vous protège!
    Après les attentats, annonce d ‘augmenter les effectifs de la police et de la gendarmerie.
    Vote d ‘ une enveloppe pour ce faire .
    Peut de temps après :Article 1
    Sont annulés, pour 2015, des crédits d’un montant de 850.000 € en autorisations d’engagement et en crédits de paiement applicables aux programmes du budget général mentionnés dans le tableau 1 annexé au présent décret.
    Article 2
    Sont ouverts, pour 2015, des crédits d’un montant de 850.000 € en autorisations d’engagement et en crédits de paiement applicables au programme du budget général mentionné dans le tableau 2 annexé au présent décret. »
    En résumé, un montant de 425.000 € est soustrait du budget de la police nationale et le même montant soustrait du budget de la gendarmerie nationale pour les attribuer à… la « coordination du travail gouvernemental ». Bref, le Premier ministre s’est attribué une nouvelle enveloppe budgétaire pour son propre fonctionnement ! En période pré-électorale, on peut se poser des questions sur l’utilisation de ces fonds, alors que nos forces de l’ordre manquent cruellement de moyens, tant matériels qu’humains.

  10. Les politiques devraient déclarer leur patrimoine. J’ écris devraient car tout le monde sait qu’en réalité c’est une vaste fumisterie.
    Mais quand même le président de notre très chère république est exonéré de déclarer ses biens après avoir fait un mandat!!
    Une odeur étrange non?

  11. Extrait piqué sur le blog de Jean-Luc MELENCHON auquel je sosucrit. Oui la France va bientôt se « gauchiser » à la manière de PODEMOS, car la classe moyenne est en pleine ligne de mire de HOLLANDE et les éternels observateurs sereins vont rapidement se sentir tassés vers le bas, comme leurs homologues espagnoles après l’arrivée de Rajoy qu’ils pensaient mieux disposé à leur égard que ce que leur avait laisser la gestion de Zapatero, le socialiste « moderne » comme l’appelait Sarko avant la chute… :

     » Je parle ici de l’incroyable reflux des positions acquises subi par une classe moyenne jusque-là en expansion permanente, foudroyée en pleine ascension. C’est elle qui adhérait avec enthousiasme au projet européen. Et, bien sûr, à l’alternance molle entre deux variantes telles que le PP et le PSOE, dans la mesure où la transition de l’après Franco avait été réussie sans douleurs ni soubresauts par ces deux partis. Dorénavant, les stigmates de la déchéance sociale sont visibles à l’œil nu : ce sont les propriétaires d’appartement expulsés, les enfants hyper-éduqués condamnés à un exil économique qui les ramène au sort de leurs grands-parents, les services publics détruits coupant la route à toute reconstruction individuelle dans les biens communs. En arrachant la peau qui englobait la nouvelle Espagne du lendemain de la dictature du général Franco, le typhon néolibéral a mis à nu toutes les fractures de la société qui s’épongeaient naguère en souplesse. Le consentement de la société post franquiste se nourrissait du progrès continu des situations individuelles. Une fois ce processus inversé, l’individualisation des rapports sociaux, que ce modèle social contient, tourne inéluctablement à la pulvérisation de la société elle-même. »

      1. Nécessité faisant loi en ce genre de classe et en pareille situation, il ne s’agira plus de courage, mais de réaction salutaire pour survivre. Nous sommes au bout du bout et cette classe incertaine va enfin devoir choisir et agir en conséquence…

  12. Avez vous été vous balader en Espagne. Des grues partout, des chantiers de construction à foison, une autoroute du Perthus à Barcelone en construction, des villages bâtis sans étudier les possibilité d ‘accés à l ‘ eau. L’ UE a engloutie des milliards, les dettes se sont accumulées car les travaux donnaient l ‘ illusion de l ’emploi.
    Il arrive toujours un moment ou il faut payer
    Pour la France , toujours pas le moindre soucis de nos dirigeants, la grande vie continue, on vend les biens de la nation en dessous, et l ‘ on poursuit la politique aveugle des dépenses inconsidérées.

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