Finalement, Juppé ?

Finalement, Juppé est comme Hollande, la constance en plus.

J’écris ces lignes par pure provocation contre mes amis socialistes .

J’irai sans doute voter pour Juppé aux primaires de la droite bien que n’étant pas de droite. Je le ferai pas solidarité réciproque avec l’un de mes meilleurs amis de droite qui était venu voter Hollande aux primaires socialistes en 2011 quand je votais Ségolène Royal.

Alain Juppé reste droit quand Hollande est devenu tortueux. Une victoire de Juppé permettrait un nettoyage à gauche, la reconstitution d’un camp qui ne sait plus où il habite ni pour qui il lutte.

 

 

Addendum de 19h12, samedi 26 décembre: un lecteur gauchiste n’a pas compris le sens de ce billet. Aux primaires de droite, tu n’as le choix qu’entre candidats de … droite. Il s’agit de voter Juppé pour lui donner toutes ces chances de qualification contre Sarkozy. Car Juppé candidat UMPiste aux présidentielles chipera l’électorat centriste tant convoité par Hollande. Ce qui nous permettra d’avoir une campagne à gauche plus homogène.

 

 

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Le ciel d’un jour #59

 ce 24 décembre 2015  

Joyeux Noel à toutes et tous.

 

Chanson de Noël ?

Qu’elle a vieilli, cette chanson…

Mais Joyeux Noël à toutes et tous !

 

J’ai honte. #Hollande

Le président de la République a décidé de faire voter ce beau monde parlementaire sur la déchéance de nationalité. J’imagine qu’en 1981, jeune conseiller, Hollande était opposé à l’abolition de la peine de mort.

Hollande avait trouvé les mots justes pour reconnaître d’autres fautes politiques, une lucidité retrouvée (que Mitterrand n’avait pas toujours) sur les failles de la France (de Charonne aux fraternisations de 1914 ou aux massacres de Sétif en 1945). En cette veille de réveillon de Noël, Hollande a perdu ce crédit là.

On imagine Eric Besson applaudir.

 

La politique est grande quand elle sort des contingences de survie politique personnelle.

Ce soir, elle est minuscule et abîmée.

Sans moi.

 

En 2016, Trump sera-t-il candidat ?

Franchement, je n’ose imaginer la suite. La question est d’abord de savoir s’il sera candidat. S’il l’est, on peu imaginer que la campagne de la candidate démocrate (ou du candidat démocrate si Hillary Clinton n’est pas désignée) n’en sera que facilitée.

Mais imaginer une campagne présidentielle avec cet homme est tout simplement hallucinant.

Merci Podemos, mais après ?

En Espagne, le weekend dernier, le parti socialiste local a perdu des suffrages sans même être au pouvoir. Punir l’inaction ou l’inadéquation avec le moment historique est quelque chose que la France pourrait méditer.

L’Espagne n’est pas la France, certes.

L’Espagne ne vote pas pour une extrême droite réactionnaire, xénophobe et autoritaire. Elle se souvient du franquisme, vaincu il y a deux générations à peine.  L’Espagne vit pourtant avec encore 21% de chômage.

Podemos n’est pas le Front de gauche, s’il s’agissait de se donner des brevets de gauchitude. Il n’y a que le Figaro, et quelques médias de la droite furibarde, pour traiter Podemos de gauche radicale. Pourtant, les 394 propositions de Podemos pour ce dernier scrutin sont exemplaires.

« A part Mariano Rajoy [le Premier ministre conservateur actuel], tout le monde sait que l’on ne peut pas payer la dette espagnole. Mais comment communiquer sur le sujet ? Si on dit aux gens qu’on ne va pas payer la dette, cela les choque, ils pensent que tu es un voleur. Les dettes, tu les paies. Notre position, c’est de déterminer ce que l’Espagne doit payer au sein de cette dette. A la télévision, pour traduire le problème avec des images simples, on prend l’exemple suivant : vous prenez un café et un jus d’orange dans un bar. Le serveur vous dit : c’est 600 euros. Vous lui demandez pourquoi. Il vous répond que vous allez payer l’addition de tous les gens qui sont en train de boire autour de vous. Évidemment, vous allez dire non, vous n’allez pas inviter tout le monde. C’est un peu ce qu’il s’est passé avec la dette espagnole. Ils veulent qu’on paie l’addition de choses que nous n’avons pas prises. Or, on ne va pas payer ce qui n’est pas notre dette. Mais ce que l’on doit réellement, on le paiera. Tout en renégociant comment le payer. » (lire la suite)

Mais Podemos est un bol d’air frais. Et son rival de centre-droit – Ciudadanos – né du même désespoir a quand même conquis 40 sièges.

« les gens ne votent pas pour quelqu’un parce qu’ils s’identifient à son idéologie, à sa culture ou à ses valeurs, mais parce qu’ils sont d’accord avec lui » Iglesias (cité par le Monde Diplomatique)

La droite française s’est évidemment inquiétée de cette « crise » démocratique. Quand le peuple bouscule les schémas préconçus de TINA, on tremble et on s’inquiète.

PODEMOS est un bol d’air frais. Après l’échec de Syriza à alléger la pression austéritaire, Podemos est comme une intelligence politique fraiche et évidente. Vous pouvez ne pas apprécier toutes les options proposées. Mais quel bol d’air frais !

Comme en France, et plus fortement qu’en France, le bipartisme a volé en éclat en Espagne. Le PSOE paye son virage incompréhensible et austéritaire de 2010. Zapatero a voulu jouer à Tony Blair. Il a été balayé et son parti agonise. C’est moins son action que le mensonge électoral qui semble avoir été puni.

PODEMOS est un bol d’air frais