Ah mince, Juppé séduit chez les Hollandistes

C’est un drame, ou presque. Ou bientôt.

Les sondages s’accumulent et se ressemblent. L’une de ces dernières enquêtes, publiée par Libération le 24 mars dernier, m’a surpris plus que d’autres.

« Même à gauche, on est plus favorable au maire de Bordeaux qu’à Hollande : 52 % des sympathisants de gauche – et 62,5 % des socialistes ! – pensent que Juppé ferait un bon président en 2017. Alors que seul un tiers des sympathisants de gauche ont la même opinion de l’actuel chef de l’Etat. »

Alain Juppé est devenu le pire cauchemar de ses rivaux à droite (c’est naturel), mais aussi de François Hollande.

Juppé, comme Hollande, sera l’homme d’un seul mandat.

Ce débat à droite risque d’être lassant.

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Le meilleur renoncement de François Hollande

Je constate aujourd’hui, quatre mois après, que l’Assemblée nationale et le Sénat ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur un même texte et qu’un compromis paraît hors d’atteinte.

Il avait l’air sombre, et il avait des raisons de l’être. Une fois n’est pas coutume, j’applaudis, nous devions applaudir au nouveau renoncement de François Hollande: ce 30 mars, le président de la République a enterré publiquement son projet de révision constitutionnelle qui ne comportait que 2 articles, dont le fameux numéro 2 sur la déchéance de nationalité.

Assez vite, les commentaires politiques et médiatiques dominants qui ont suivi ont fait mine de considérer que cet échec était du à un désaccord entre la droite (qui voulait la déchéance pour les binationaux seulement) et une gauche qui aurait voulu la « déchéance pour tous ».

On croit rêver. La réalité est bien différente.

Cette mesure, minable, inutile, détestable, a fracturé la gauche entre ceux qui n’en voulaient pas (dont votre serviteur) et les autres. A droite ou au centre, d’autres se sont opposés purement et simplement à la mesure. Et une Garde des Sceaux a finalement démissionné. Il faut lire et relire le petit bouquin de Christiane Taubira qu’elle sortit quelques jours après .

L’extension constitutionnelle de cette déchéance n’avait valeur que de symbole. Un symbole pourri qui est devenu, de surcroit, un échec politique. Une gauche encore davantage fracturée, un PS officiel qui acte de contrition public pour tenter de pointer vers une droite décrédibilisée.

Quel fiasco…

Merci pour ce moment.

 

Djihadisme: le poids des mots

Un ministre dont on avait oublié le nom et les attributions s’est risqué à dire qu’il y avait  « une centaine de quartiers en France qui présentent des similitudes potentielles avec ce qui s’est passé à Molenbeek », du nom de cette commune voisine de Bruxelles où étaient logés/cachés les cellules terroristes qui ont frappé la France et la Belgique.

Patrick Kanner, c’est son nom, a énervé certains de ses camarades socialistes (Dray, Cambadélis), et même un journaliste de Libération qui n’a pas supporté que Molenbeek soit caricaturé comme un nid ghettoïsé de djihadistes. A droite et surtout à l’extrême droite, on applaudit cette « lucidité« .

Que ce « débat » semble crétin.

Sur MetroNews, voici la liste de ces potentiels « nids à djihadistes » qui est dévoilée. Quelle surprise !

Stigmatiser des communes ou des communautés toutes entières est facile comme un résumé d’actualité dans une brève de chaîne d’information.

Il y a des apprentis terroristes ici en France, en Belgique ou en Allemagne. Certains, malgré des recherches par de nombreuses polices européennes, se sont infiltrés en se faisant passer pour des réfugiés. D’autres ont utilisé d’autres filières. Nos frontières sont déjà fermées, depuis des lustres. Il n’y a que Marine Le Pen et ses affidés pour ne pas le savoir.

Il y a des millions de musulmans en France et en Europe qui ne rêvent que d’une chose, qu’on éradique ces salopards qui jouent au kamikaze au milieu des civils.

L’un de nos problèmes récurrents ici est l’absence de patience pour le débat argumenté, les phrases plus longues qu’une formule politique de week-end ou qu’un tweet bien senti. Patrick Kanner a sans doite voulu faire un bon mot, un mot de trop. Mais il a approché une réalité évidente – la situation belge n’a rien d’atypique en Europe.

Rejoindre Anonymous contre Daech

Ce message a été publié le 22 mars. Ce n’est pas la première fois que les Anonymous s’adressent à Daech.

Il est tout aussi difficile de cerner le réel impact de leurs actions. Comme d’autres, j’ai lu des critiques sur les actions revendiquées par les Anonymous, à savoir dévoiler ou fermer des comptes attribués à des partisans de Daech gênerait les services de renseignement. D’autres au contraire applaudissent.

J’imagine que les mêmes « débats » avaient lieu pendant une autre Résistance, il y a bientôt 70 ans. Les Anonymous font peut-être des erreurs. Mais n’attend-on pas de chacune et chacun qu’il agisse ou réagisse à la mesure de ses capacités contre pareille menace ?

 

 

 

Chanson du dimanche: Boulevard des Airs

Une suggestion de @Croisepattes, merci à lui.

Bruxelles, session acoustique. #NousSommesUnis

 

4 raisons de s’ennuyer avec la campagne 2017

Il y a au moins 4 raisons pour lesquelles la campagne présidentielle française de 2017 s’annonce désespérante.

  1. Les candidats seront connus. On peut même craindre que pour la première fois dans l’histoire de notre République, les candidats éligibles à plus de 5% des suffrages au premier tour soient exactement les mêmes qu’au scrutin précédent: Hollande, Sarkozy, Mélenchon, Le Pen. Même Nathalie Artaud se prépare déjà. C’est juste terrifiant.
  2. Cette campagne est lancée depuis un an déjà. Et dans le plus grand vide politique.

    La petite histoire retiendra que la campagne présidentielle de 2017 a commencé le 19 mai à Carcassonne. Ce jour-là, devant un parterre d’élus locaux, François Hollande ne s’est pas contenté de saluer, comme il se doit, les valeurs du département de l’Aude : « ténacité, honnêteté, résistance, fidélité ». Il les a faites siennes pour prononcer un discours-fleuve, « dire le chemin parcouru depuis trois ans et ce qui reste à accomplir », et poser les bases de l’affrontement qu’il est manifestement impatient de mener contre la droite et l’extrême droite. Source: Le Monde, 26 mai 2015

  3. Le terrorisme tournera toujours les esprits. Mais la pression électorale risque fort d’aggraver encore davantage la situation. Il suffit déjà d’un attentat pour que certains perdent nerfs et lucidité. Cette semaine, NKM s’est distinguée avec proposition de « perpétuité réelle« . Une bêtise irréelle. Puis Xavier Bertrand nous a expliqué qu’il n’aurait pas voté l’abolition de la peine de mort en 1981.
  4. On sortira d’un quinquennat raté, après un précédent qui l’était déjà. C’est toujours décourageant. A gauche, on peut imaginer le désastre: abstention, opposition ou soutien trollatique. L’opposition comme le camp dit « majoritaire » ont raté leur séquence politique depuis 2012.  A droite, c’est à peine mieux mais, surtout, l’auteur de ces lignes s’en fiche un peu.