Chanson du dimanche: « Clandestin »

La Mano Negra a accompagné mes 20 ans.

Manu Chao la suite.

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#PanamaLeaks, la déchéance du libéralisme

Ils ont crié, ils ont pleuré. Certains, mouillés, ont démissionné.

Les révélations d’un collectif de journaux du monde entier sur les comptes secrets d’un cabinet d’avocats au Panama, lundi 4 avril, a levé le voile opaque et sale de l’évasion et de la fraude fiscale. Des responsables politiques ont été sommés de s’expliquer de leur impuissance. Des responsables attaqués ont chuté, comme ce premier ministre islandais dont le nom a été cité parmi les premiers dans les bénéficiaires de ces comptes secrets. Le pompon de la soirée d’hier fut cette réaction du Panama qui menace la France de rétorsions économiques après que Hollande eut promis de réintégrer ce pays dans la liste grise.

« Au Panama, il existe une loi qui prévoit des mesures de rétorsion contre les pays qui incluraient le Panama sur les listes grises ». Un responsable panaméen.

Ces quelques noms jetés en pâture médiatique sont moins importants que l’ampleur d’un système connu que l’on expose à nouveau. On se souvient des coups de menton et des tressautements d’épaules d’un Nicolas Sarkozy au plus fort de la Grande Crise de 2008 (« les paradis fiscaux, c’est terminé« ). L’ancien monarque nous promettait que le G20 nouvellement créé allait faire sort à cette finance incontrôlable.

D’autres dans le monde, et surtout Barack Obama, ont réussi à faire plié des Etats comme la Suisse. Le combat fut long et est loin d’être gagné. On peut couiner que ce n’est pas parfait, qu’ils sont « tous pourris » et/ou « incompétents ».

On doit couiner.

En premier lieu, nos Etats, la France en premier, réagissent parce qu’ils ont … lu les journaux. Voilà à quoi en est réduit l’action publique.

Ensuite, comment croire qu’ils ne se doutaient pas ?

Sur les ondes de BFM TV, Julien Bayou, le porte-parole d’EELV rappelait mardi 5 avril vers 22h30 la grande expérience bancaire de certains élus de la Nation et ministres de la République. Forcément, ces gens savent comment cela marche. Ce n’est que la pression de la rue (fut-elle médiatique), et des faillites provoquées par la Crise qui ont permis de véritables avancées ces dix dernières années.

Mais on oublierait presque que cette affaire n’est qu’une anecdote dans un problème plus vaste: le monde libéral et électronique que certains promeuvent provoque, accélère, facilite de tels abus.

Au passage, la mise en cause de quelques très proches de Marine Le Pen devrait éclairer les supporteurs de cette dernière: oui, le FN est bel et bien normalisé. Après les accusations de financement politique illégal et de détournement de fonds publics, voici l’évasion fiscale.

Le voile, cette « libération »

Grâce à Laurence Rossignol, ministre de la cuisine, du travail à la maison et du droit des enfants, nous avons droit à une nouvelle discussion sur le port du voile. Un récent édito de Riss dans les colonnes de Charlie Hebdo (un hebdo satirique, rappelons-le) a provoqué un peu d’émoi. L’auteur expliquait son ras-le-bol des tolérances exigées sous peine d’être taxé d’islamophobe à l’encontre du voile, des boulangeries sans sandwich au jambon ou des prêches de Tariq Ramadan.

Voici une troisième « anecdote » pour jeter un peu d’huile sur le barbecue, certaines hôtesses d’Air France refusent de porter voile et pantalon dans les futurs vols Paris-Téhéran dont la ligne va être ré-ouverte après une trentaine d’années d’absence.

En théorie, le personnel féminin peut choisir entre un uniforme avec une jupe, et un autre avec un pantalon. Mais dans le cadre de la réouverture de la ligne Paris-Téhéran, nous avons reçu un mémento interne expliquant que les femmes seraient obligées de porter un pantalon, une veste longue, et de se voiler les cheveux dès la sortie de l’avion.

« La tolérance et le respect des coutumes des pays que nous desservons font partie des valeurs de l’entreprise » répond l’entreprise. Les représentants du personnel réclament a minima la possibilité de ne pas faire ces vols pour les hôtesses qui ne le souhaiteraient pas. Personnellement, je les comprends. La tolérance semble ici à sens unique. Personne n’empêche les Iraniennes (et les autres) de porter voile (du moment qu’il ne couvre pas le visage), pantalon et autre tenue stricte.

Pourquoi la tolérance est-elle à sens unique ?

En visite dans un émirats pour des raisons professionnelles, l’un de mes proches s’est vu exiger de retirer son collier de baptême qui apparaissait sur le bord de son cou au motif que c’était un signe extérieur de religion inacceptable dans le pays.

Qui parlait de tolérance ?

L’une des auteures de Charlie Hebdo, qui est en rupture totale avec Riss par ailleurs pour un conflit qu’elle explique dans son prochain livre, ne disait pas autre chose dans les colonnes de Paris Match:

« Dans la justice ou dans l’associatif, le religieux tente en permanence de grignoter le légal. Prenons l’association BarakaCity, dont le responsable dit publiquement : “Je ne serre pas la main aux femmes parce que c’est ma religion.” S’il disait : “Je ne serre pas la main aux homosexuels, ou aux Juifs, ou aux Noirs”, cela choquerait. Mais “aux femmes”, ça passe car c’est sa religion. Heureusement, la loi et la magistrature sont plutôt du côté de la laïcité. » Zineb El Rhazoui, dans Paris Match.

Chanson du dimanche: « les Russes »

Il y a 31 ans, au plus fort de la guerre froide, quelques mois avant la Perestroïka…

 

 

 

Nègre ?

J’ai été assez terrifié par les propos de Mme Rossignol. J’ai toujours pensé qu’on n’était assez mal placé, quand on n’est pas concerné, pour juger si certains termes qui évoquent persécutions, racisme et discrimination jusqu’il y a peu sont choquants ou pas.

Pour le dire autrement, je préfère qu’Aimé Césaire choisisse de parler de négritude. Je suis dérangé quand un blanc utilise la même expression. Pourquoi ? Parce que le messager a souvent autant de sens et d’importance que le message qu’il porte.

Sur un autre registre, Desproges disait très justement qu’on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui.

J’ai ensuite lu ceci dans les colonnes du Figaro:

« Dans un contexte d’hystérisation du moindre propos politique non conforme à une sorte de vocabulaire obligatoire et validé par on ne sait quelle académie de la bonne pensée et de la bonne conscience, il est difficile, en tant que ministre en particulier, de compter sur la bonne foi de ses interlocuteurs. Et là, ça n’a pas loupé. »

Certes, la parole est hystérisée. Mais contrairement à ce qu’explique Laurent Bouvet , cette affaire n’est qu’une histoire de respect.

De respect pour l’Histoire.

Mais pour le reste, pour l’autre propos, le fond de son propos, comment ne pas applaudir la dite ministre. Oui, le port du voile n’est qu’une régression.