Cet observatoire de l’uberisation.


J’ai reçu un email, comme souvent. Un appel à réagir d’une association qui me spamme la boite email. Je lis toujours, je jette souvent.

Le nom de cette association attirait l’oeil: « l’Observatoire de l’uberisation. »

Avec un nom pareil, on pouvait espérer quelques critiques de ces nouvelles multinationales de la modern-noeud économie, ces modèles de l’évasion fiscale et de la précarisation du siècle.

Puis j’ai été intrigué par cette charmante Marine (si si) de l’agence tbwa-corporate.

Sur le site de l’agence, on peut lire cette profession de foi, respectable mais pécuniaire:

L’image des organisations est plus que jamais
déterminante à leur efficacité. Elle est par nature
discutable et souvent discutée.

Avec les nouvelles technologies, elle appartiendra plus que jamais à ses publics qui la partagent et la façonnent au quotidien. Ces publics internes et externes font vivre vos marques et vos produits. Ce sont trop souvent eux qui impulsent désormais le changement.

On peut tenter d’arrêter
une vague géante..

Marine de TBWA m’a donc écrit en ces termes, assez surprenants:

« Le Senat a adopté vendredi dernier un amendement au projet de loi numérique permettant aux conseils municipaux des communes de plus de 200 000 habitants de rendre obligatoire, par délibération, un enregistrement des loueurs pour toute location de manière répétée, pour de courtes durées, à une clientèle de passage. Ce dernier «défavorisera les particuliers au bénéfice de loueurs professionnels», a vivement réagi lundi Airbnb. A travers l’Observatoire de l’Uberisation, les parties prenantes de la nouvelle économie se mobilisent également contre cet amendement et plus généralement contre l’absence de débat pouvant nuire au developpement du numérique en France. »

En résumé, cet Observatoire de l’Uberisation voulait donc promouvoir l’uberisation de la société. La vie est formidable ! L’inversion des valeurs et des principes est un autre trait significatif de la période. Il n’est pas facile d’expliquer que tenter de protéger des entreprises encadrées par des règles sociales, environnementales, fiscales et autres était sans doute moins sexy, moderne, « hype« , et « geek« , mais sacrément plus respectueux de ce que l’on appelle la société.

Marine, de TBWA, ne m’a pas proposé de réagir là-dessus.

5 réflexions sur “ Cet observatoire de l’uberisation. ”

  1. Le plus drôle, c’est que les pourfendeurs de l' »ubérisation » sont souvent les plus fans du libéralisme (les pro; Sarko. Fillon Lemaire et Cie). Et surtout, supprimer les inspecteurs et les contrôles fiscaux (sic)!

  2. Votre “charmante Marine” devrait commencer par tenter de s’exprimer en un français intelligible. Que peut bien signifier, par exemple, ce charabia :

    « L’image des organisations est plus que jamais
    déterminante à leur efficacité »

    1. Je crois que cette petite médème laisse entendre que la com’, c’est plus important que le reste en matière d’efficacité . Autrement dit, que servir du vent, c’est le nec plus ultra de cette organisation .

      1. Il y a quelque chose qui m’échappe …
        En matière de location meublée ou saisonnière, ça fait des lustres que les gens passent par des sites et que personne ne vient les surveiller pour voir si ils déclarent ou non leur rentrées d’argent.

        Depuis quand les hôtels sont gênés par ce genre de service ?

        C’est quoi cette hysterisation uberistique ?

        Est ce qu’on va surveiller si les gens qui donne leur composte le déclare bien au fisc ?

        1. @Hélène
          Le système des gites ruraux, où on utilise internet pour les réservations, est bien encadré en matière de fiscalité, tout comme les locations meublées saisonnières ou l’ont réserve par internet auprès des agences immobilières et (ou) des administrateurs de biens

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