Ken Loach, une leçon politique sous les paillettes


Le moment était curieux, inattendu, surprenant, et réjouissant.

Un réalisateur britannique, habitué des films mal financés mais toujours brillants, emportait la Palme d’or du plus grand festival de cinéma du monde, ce 22 mai 2016 à Cannes.

Et pour un film éminemment politique.

 

Après avoir reçu sa palme, voici ce qu’il déclara. Contre l’austérité, la bêtise de l’extrême droite et les autres billevesées libérales.

 « Recevoir la Palme, c’est quelque chose d’un peu curieux car il faut se rappeler que les personnages qui ont inspiré ce film sont les pauvres de la cinquième puissance mondiale qu’est l’Angleterre.

C’est formidable de faire du cinéma, et comme on le voit ce soir c’est très important. Le cinéma fait vivre notre imagination, apporte au monde le rêve mais nous présente le vrai monde dans lequel nous vivons. Mais ce monde se trouve dans une situation dangereuse. Nous sommes au bord d’un projet d’austérité, qui est conduit par des idées que nous appelons néo-libérales qui risquent de nous mener à la catastrophe. Ces pratiques ont entraîné dans la misère des millions de personnes, de la Grèce au Portugal, avec une petite minorité qui s’enrichit de manière honteuse. Le cinéma est porteur de nombreuses traditions, l’une d’entre elles est de présenter un cinéma de protestation, un cinéma qui met en avant le peuple contre les puissants, j’espère que cette tradition va se maintiendra.

Nous approchons de périodes de désespoir, dont l’extrême-droite peut profiter. Certains d’entre nous sont assez âgés pour se rappeler de ce que ça a pu donner. Donc nous devons dire qu’autre chose est possible. Un autre monde est possible et nécessaire. »

Merci donc.

 

48 réflexions sur “ Ken Loach, une leçon politique sous les paillettes ”

  1. Je ne suis pas étonné que vous preniez pour un cinéaste ce petit propagandiste (non dénué de savoir-faire, c’est vrai). Moi, je me souviens surtout de ses déclarations antisémites, hâtivement remaquillées en antisionisme, comme il se doit quand on est un antisémite de gauche.

    Ken Loach fait des films de propagande, aussi subtils que ceux qui se faisaient en Russie dans les années trente. Il véhicule la bonne pensée qui rassure, comme le faisait Jean Delannoy dans les années cinquante. Dans trente ans, plus personne ne se souviendra qu’il a existé.

    1. @ dgoux. Tandis que la contre propagande c’est quand les politiques véhiculent les mauvaises pensées qui font peur….
      à chacun sa propagande ….perso je préfère celle qui file l’espoir !!

    2. Dans trente ans, par contre, tout le monde s’arrachera les livres de Didier Goux. « En territoire ennemi », son opus mondialement connu sera surement adapté par Hollywood.

          1. Mais c’est bon ça, Alain +10000. Et puis mes saints patrons : Boudard, Dard et Audiard, mes ratichons préférés de la langue verte, veuillent sur moi. Mes ventes s’accélèrent malgré mon style très particulier. Ma richesse est à partager. Vive la 6e !

    1. Ce n’est pas tellement que le capitalisme soit si intelligent, c’est surtout que les peuples sont trop souvent faibles pour ne réagir que quand les minorités vigilantes tapent suffisamment fort sur la table (1871, 1936 entre autres). Quant les peuples (je parle de ceux qui subissent) auront enfin compris que tout n’est qu’une histoire de rapport de force et de vigilance constante, votre capitalisme triomphant sera mis en vitrine d’alerte, comme un vulgaire « communisme » stalinien, le fascisme mussolinien ou le nazisme hitlérien. Quel qu’en soit les oripeaux servant à le déguiser, c’est de la même trempe fait de domination et de rejet de l’autre menant à la guerre. Jaurès : « Le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée porte l’orage (discours de 1895)
      http://www.jaures.eu/ressources/de_jaures/le-capitalisme-porte-en-lui-la-guerre-1895/

      1. Comme prévu, vous n’avez rien compris à mon article.

        Je pointais une évidence : alors que les régimes communistes ( je crois qu’il n’en existe plus que deux au monde , Cuba et la Corée du Nord) interdisent, censurent et emprisonnent ceux qui les critiquent, les régimes capitalistes démocratiques leur font la fête, les intègrent et se renforcent grâce à eux.

        1. Et la Chine ? Que voulez-vous, les sciences infuses sont toujours incomprises dans leurs sous-entendus. Sacrée intégration, que le capitalisme pour un zonard des bas fonds de Harlem…

                1. La grande majorité des tyrannies communistes se sont prétendues « démocratiques » ; c’est même à ça qu’on les reconnaît, dès leur intitulé mensonger.

                  1. Comme des gouvernements dits socialistes dévoués au capitalisme, qui refusent d’écouter ceux qui les ont élu et qui tirent à coup de 49,3 et de CRS très « démocratiques »… Les mêmes merdes.

                    1. @ Carron

                      Le 49-3 fait partie d’une Constitution approuvée par référendum le 28 septembre 1958 par le peuple français, avec 82,60 % de OUI :ce n’est pas démocratique? vous vous asseyez sur les référendums, comme Sarkozy ?

                    2. A Arié : et çà c’est le peuple, de 2016 qui sait ce que le 49,3 du de Gaulle de 58 a fait avaler avec le reste à des gens qui n’y connaissaient strictement rien, comme on a voulu nous le faire vec le TCE. Je ne suis pas le despote Sarko, je suis un de ceux qui ont voté NON au TCE (tandis que vous votiez OUI et croyez en sa victoire) et qui entend continuer à le faire. Nuance !

                      http://rmc.bfmtv.com/emission/manifestation-contre-le-recours-au-49-3-c-est-totalement-anti-democratique-comme-facon-de-faire-973296.html

                  2. @ Claude carron

                    Vous avez bientôt fini de raconter des idioties ? J’ai évidemment fait campagne pour le NON au TCE.

                    1. Monsieur Arié, faites quand même attention : à discuter avec les gâteux du siècle passé, vous allez finir par passer pour un de leurs frères d’armes…

                    2. Comme vous prétendez avoir voté MELENCHON en 2012, alors que vous vous employez à essayer de le démolir à chacune de vos interventions sur des sujets parlant de lui ?

            1. La Chine est devenu un état « Totalitairement Capitaliste  » , avec un écart riches/pauvres qui se creuse, un commencement de délocalisations ( faut préserver des marges fortes ), à la manière du néo-conservatisme occidental . Ajouter à cela un système de protection sociale inexistant . Monsieur Li , qui crève de plus en plus de faim, crache sur Deng Ciao Ping, et son  » enrichissez-vous », copie conforme de la pensée Thatchero/Reagannienne .
              Bref des gens pour lequel l’humain ne compte absolument pas .
              Ceci dit, la structure politico-administrative de la Chine est la même, à quelques adaptations près, qu’à l’époque des Hans ;

              1. Un écart monstrueux, et de plus important au fil des décennies, est précisément le propre des régimes communistes, quels qu’ils soient dans le temps ou dans l’espace.

                1. D.Goux
                  Regardez les chiffres de l’écart salaires/profit depuis trente ans, ne serait-ce qu’en France, et vous verrez que la Chine ne fait qu’appliquer les méthodes ultra-libérales occidentales

                2. D.Goux
                  Regardez l’écart salaires/profits, ne serait-ce qu’en France, depuis trente ans et vous verrez que la Chine post-Mao ne fait qu’appliquer les méthodes ultra-libérales chères à l’Occident ;

      2. Le capitalisme et son modèle de société nous est aussi « vendu » par le cinéma comme le meilleur des mondes….ne pas oublier qu’après guerre il fallait nous convaincre par le cinéma d’ailleurs que le modèle américain était le bon…apres on peut estimer aussi que ce n’est pas le pire sauf que sa face obscure est en train de nous sauter aux yeux des que le moindre problème pointe son nez…

        1. Sylvie: après guerre, le cinéma américain était loin d’avoir sa puissance d’aujourd’hui; il y avait beaucoup plus de films français, italiens, britanniques, soviétiques qu’aujourd’hui.
          Et même à l’époque, le cinéma américain n’était pas tendre pour la société américaine ( polars avec flics corrompus, etc.)

                1. Comme quoi, ce n’est pas d’aujourd’hui que les socialistes français sont à la remorque des Américains ( sans parler le la scission CGT/FO, orchestrée par les US à la même époque )
                  Pour en revenir à Ken Loach, celui-ci fait des films engagés que la nomenklatura accueille avec enthousiasme, parce que ça lui donne bonne conscience . Il n’en n’est pas de même avec les documentaires de Michael Moore, qui lui mettent le nez dans la réalité

                2. @Sylvie
                  Comme quoi ce n’est pas d’aujourd’hui que les socialistes français sont à la remorque des Américains .

  2. Bravo au jury de Cannes qui a su sortir de son monde pour couronner celui qui parle au nom des piétinés.

    1. Ils lui ont demandé quelque chose, les « piétinés », à ce récolteur de Palmes d’or, qui engrange les dollars depuis plusieurs décennies en toute bonne conscience ?

      Vous ne la voyez vraiment pas, l’obscénité profonde d’un Loach, en face de ce qui lui sert de très lucratif fond de commerce ?

      1. C’est amusant. Ken Loach, né dans le milieu ouvrier, serait d’une obscénité profonde à illustrer, film après film, la misère du monde ouvrier et du petit peuple, pour employer une expression consacrée. Comme il gagne bien sa vie, il aurait dû oublier ses origines, ce qui serait plus décent. Serait-il né dans la soie que cela lui aurait interdit toute empathie avec le monde ouvrier, comme ça l’a été pour Marx, Engels, Bakounine, Kropotkine, Tolstoï… Donc, il ne reste que ceux qui y sont nés, et n’en sont jamais sortis pour être légitimes à en parler, et surtout, en évitant de devenir un porte-parole renommé, et gagnant bien sa vie, ce qui les délégitimerait immédiatement.

        1. Zap Pow. Et n’oublions pas Jaurès qui était issu de la petite bourgeoisie de province (comme disaient péjorativement ses détracteurs) et qui ne renia jamais le monde ouvrier qui avait fini par lui faire confiance. C’est à leurs actes tout au long de leur parcours que les hommes sont à jauger, pas à leurs origines sociales. Ceci dit, il y a plus de Gattaz ou de Hollande embourgeoisés que de Jaurès dévoués, malheureusement. De cette trempe, c’est un par siècle. Alors guettons celui du 21e siècle, sans attendre…

      2. Autant vous dire que je m’en tamponne le coquillard qu’il récolte des cents et des mille.

        Ainsi que le dit Onfray : « je ne suis pas contre le capitalisme »

        Pour moi le sujet vaut tout l’or du monde, il permet aux populations concernées de sortir de la nasse psychologique de l’isolement.

        C’est peut être ces réalisateurs qui vont réussir là où les politiques et autres syndicats ont échoué.

  3. pas de quoi non plus se prendre le bobichon, ce n’est pas le premier à se faire du fric avec un aspect de la misère, j’en veux pour preuve tous les jeans troués neufs que je rencontre dans la rue..

    le héros footballeur et ou les chanteurs et autres vedettes qui gagnent des millions sont adulés par le smicard et le éresiste de la même manière, sinon ces mecs là ne gagneraient pas plus que les autres…(bref quoi..)

    les gens iront voir le film, comme ceux qui lisent le dernier bouquin primé, ils auront des frissons et des émotions pendant une heure et demi, se lèveront à la fin de la séance un peu secoués par ce monde injuste, ne verront pas le mec assis devant l’entrée du cinéma qui a mis un gobelet pour recueillir les centimes d’euros qui pourraient alourdir les poches ….puis ils iront se remonter la patate devant un bon apéro pour oublier cette œuvre saluée à juste titre..

    plus tard, quand ils auront enfin l’occasion de lutter contre le sort qui s’acharne contre la masse laborieuse, alors que leur destinée sera entre leurs mains, ils sauront choisir celui qui les aidera juppé, ou hollande..

    faut bien rêver….

    1. @ Stan…
      C’est vrai que nous vivons un festival de Cannes permanent et les places sont gratis..nos strass à nous c’est pneus brûlés, bombe lacrymogène et queue à la pompe et bientôt les bougies ( hi hi )
      Avez vous une suite au scénario….parce que là, le gouvernement aurait voulu que le mouvement se durcisse, il ne s’y serait pas pris autrement….ou faut il attendre la fin du film ?

  4. Visiblement, les films de Ken Loach font plus parler que les documentaires de Michael Moore . Et pourtant, ils se complètent parfaitement .

  5. au commencement: l’image
    si elle déchire ? l’expression (pas la métaphore) championne car pionnière et originelle, destinée et parvenue.. yes !
    elle débuta, là-bas, dans qql grotte par un bestiaire, ..l’éventuel idéal du frigidaire (déjà la méthode coué)
    nota bene, signée de la mano de l’artiste, bravo !
    elle dévoile, expose, raconte et divulgue.. tant & tant d’histoires ! son regard, ni muet, solarisée ou en couleur, à l’huile ou à l’eau, numérisée, ..son voyage est permanent,
    sous les étoiles, l’image animée fait son cinéma

    au pif Léa Seydoux, une actrice: « un personnage est un contour inscrit dans une réalité fuyante, au centre de laquelle je cherche la vérité ». Si c’est un métier, un art ? la fille Schlumberger, papa Pathé, tonton Gaumont, dira: « les deux ».. grâce (certes) à son talent, sans l’aide (évidemment) d’illustres parents.
    A nous d’y croire.

    « qu’après guerre.. le modèle américain.. » bonjour Sylvie, aussi une pensée à l’opération du père McCarthy, ..même pas né quand Albert E de deux saillies l’invite à un retour et de manivelle initiant sa chute, un avec ‘démocratie’ l’autre ‘communisme’ (à adapter, actualiser) vues dans wiki, les voici: « un danger incomparablement plus grand pour notre société que ces quelques communistes qui peuvent être dans notre pays » et « ces investigations ont déjà largement miné le caractère démocratique de notre société » (il vire alcolo et meurt 3 ans plus tard)
    la peur du rouge, la chasse aux sorcières ..le bon temps !
    nota bene, tout est politique.

    Usa encore, le Los Angeles Times (la city aux grosses lettres, ‘Hollywood’) supporte la récompense (Cannes; Ken L) au message de colère plutôt pertinent, moins pour qql évidence affichée, la nuance pouvant servir l’excellence d’une belle œuvre de cinéma (en gros; ni vu le film)
    perso le bon souvenir, aussi pour Cantona tjs désopilant, de « looking for Eric »; bon public,

    (et) Xavier Nolan, dont le film est parait-il ‘une séance de torture’ ne contrarie pas Léa: « la vérité se distingue de la réalité »,
    ..tendons l’oreille,
    – Merveilleux, fantastique, génial, brillant !
    « Ah quel esprit.. Oh quel cul » (bistouri; ou autre cure) Amour, gloire et beauté, ils s’aiment ! ..ni ne connaissent la grève,

    pas comme nous, la vie ou même celle des blogs.. à part peut-être qqls Bisounours égarés, sinon des ‘goûts de chiottes’ et autres amabilités: le tapis et ses marches de notre quotidien,

    moralité (?) « avant même la cible, l’important c’est soi-même », Mathias Ènard

    n’oubliez pas (faites un don) « Allez au cinéma ! »

  6. « Qu’est-ce qui, à près de 80 ans, a fait sortir de sa retraite annoncée celui qu’on finissait par plus connaître pour ses prises de position publiques pour le NPA français, l’indépendance de l’Ecosse ou le boycott d’Israël, événements culturels compris ?

    L’envie de tourner dans la ville de son enfance, Nuneaton, et surtout, je cite son fidèle scénariste depuis 20 ans, Paul Laverty : « La campagne de dénigrement systématique menée par la presse de droite contre tous les bénéficiaires de l’aide sociale ».

    Ou pour reprendre les mots de Ken Loach lui-même : « l’attitude délibérément cruelle consistant à maintenir les gens dans la pauvreté et l’instrumentalisation de l’administration – l’inefficacité volontaire de l’administration ».

    Un sujet donc pas très éloigné du film sans doute le plus célèbre d’un des invités de ces Matins, le formidable « Welfare » de Frederick Wiseman. La complexité en moins, la politique en plus… »

    http://www.franceculture.fr/emissions/le-portrait-du-jour/le-portrait-du-jour-vendredi-13-mai-2016

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