Ceux qui menacent toujours Charlie

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L’ami Fred Camino s’en est fait l’écho la semaine dernière. Dans l’édition de la semaine de Charlie Hebdo comporte une pleine page de reproductions de menaces de mort et d’insultes reçues par le journal sur sa page Facebook à l’occasion de sa couverture sur la mort de Mohammed Ali et le début de l’Euro.

C’est édifiant.

Si l’on prend le temps de cliquer sur les noms de certains de ces menaçants, on réalise qu’ils paraissent jeunes, très jeunes. Et cons aussi, très cons. Difficile de savoir si leur identité FB est réelle ou factice. Il y a toutes les couleurs de l’arc-en-ciel parmi ces bavards de la haine. Le plus stupéfiant reste qu’un dessin les mette en rage à ce point là. Mais on ne m’ôtera pas de l’idée que les réseaux sociaux (FB, twitter, etc) se prêtent à de ce genre de vomi verbal. Faut-il les prendre à la lettre ?

Je ne lisais que très rarement Charlie avant les attentats. Je n’ai pas cessé depuis, c’est un rituel de fin de semaine. Je ne suis pas devenu un groupie du journal, mais simplement un fidèle lecteur.

Lire Charlie dans ce contexte intolérant est une façon de prendre le thermomètre d’une société qui suffoque: cela permet de voir semaine après semaine quelles sont donc les limites de ces fanatiques.

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Ce que Daniel Cohn-Bendit n’a pas compris

Daniel Cohn-Bendit est ravi qu’il y ait une primaire organisée au Parti socialiste, mais enrage de la non-participation de Mélenchon.

Dimanche sur un plateau, le voici qui accuse:

« Moi, je dis à Mélenchon : toi qui es persuadé que tu peux devenir président de la République, ben vas-y mon pote ! Va à la primaire ! Tu vas écraser Hollande, tu vas écraser Montebourg ! T’es tellement grand, t’es tellement fort ! Et donc tu seras le candidat unique de la gauche. Tu auras une chance de devenir président. (Mais) il sait qu’il n’est pas aussi grand, pas aussi fort, que c’est une poule mouillée ! Mélenchon aujourd’hui, le seul rêve qu’il a, c’est de faire mieux que Hollande. La droite est à 65% en France ? Ça fait rien. J’ai fait 1% de plus que Hollande ! C’est ça, le niveau politique du débat en France ? Eh bien, dans ce cas-là, la droite va passer et vous allez voir ce que vous allez voir. »

Si Hollande se présente face à Mélenchon, la disqualification de l’un comme de l’autre au second tour de l’élection présidentielle est possible. DCB imagine que l’un comme l’autre, mais surtout l’actuel président, sont des candidatures de rassemblement à gauche.

C’est son erreur. Hollande n’est pas une candidature de rassemblement à gauche. Et une victoire de Hollande à la primaire n’y changera pas grand chose. Autrement dit, Hollande peut gagner la primaire, cela n’en fera pas pour autant un candidat mobilisateur contre la droite au scrutin présidentiel.

La raison est simple, et double: primo, cette campagne se fera non pas contre un monarque à déloger (l’antisarkozysme en 2012), mais sur les ruines d’un mauvais bilan à défendre. Qui peut penser que celles et ceux qui auront fait campagne contre ce bilan se rangeront ensuite sagement derrière et livreront sagement des arguments pro-Hollande ensuite. « Oui je sais ma bonne dame, on s’est fait avoir une fois mais là c’est différent, Hollande a gagné une primaire contre Mélenchon »… 

Secundo, DCB ne semble visiblement pas comprendre cette autre hypothèse. Une hypothèse qui a pourtant déjà été « validée » aux précédents scrutins intermédiaires: une large fraction de la gauche vote désormais … avec ses pieds, c’est-à-dire qu’elle s’abstient. L’épouvantail d’un retour de la droite au pouvoir (dans un duel face à Le Pen au second tour) n’effraye plus. Même le « Front républicain » ne fonctionne plus.

Bien sûr, tous les candidats de droite durcissent leurs postures pour les prochaines primaires. C’est une cascade de surenchères en tous genres. Et la campagne présidentielle qui suivra conduira aussi les candidats, à gauche comme à droite, à caricaturer leurs positions. On connait cette chanson.

Mais dans les faits, une large fraction de l’électorat de gauche ne peut plus se reconnaître dans un candidat à qui l’on reproche non pas d’avoir échoué, mais ne n’avoir pas essayé.

Tourner le dos à son programme a des effets autrement plus dévastateur qu’un simple échec. C’est un désastre au long cours qu’une primaire éclair ne changera pas.

 

Chanson du dimanche: Misère!

30 ans, jour pour jour, qu’il disparaissait.

La belle erreur de Valls

Quelques centaines de casseurs, et voici le gouvernement et le président qui choisissent de faire porter tous les chapeaux à … la CGT.

Résumons.

La CGT est accusée d’avoir laissé faire ces casseurs.

La CGT est accusée d’avoir laissé certains de ses membres casser.

« Apparemment, des manifestants CGT ont participé à certaines violences » Un conseiller de Matignon.

La CGT est accusée d’avoir laissé faire ces casseurs dont certains « voulaient sans doute tuer » (dixit Valls, sur France Inter mercredi matin).

La CGT est accusée d’avoir un service d’ordre inefficace.

On a d’ailleurs quelques photos de manifestants avec brassards ou gilets CGTistes avec des pavés dans les mains. On a aussi des photos de CRS frappant des civils, et depuis longtemps.

Un partout ?

Non.

Résumons à nouveau.

Nous sommes en état d’urgence. Cet état qui permet à l’Etat à peu près ce qu’il veut en matière de prévention, dissuasion et répression.

Qu’est-ce que l’état d’urgence ?

Prévu par la loi n°55-385 du 3 avril 1955, l’état d’urgence est une mesure exceptionnelle pouvant être décidée par le Conseil des ministres, soit en cas de péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public, soit en cas de calamité publique (catastrophe naturelle d’une ampleur exceptionnelle). Il permet de renforcer les pouvoirs des autorités civiles et de restreindre certaines libertés publiques ou individuelles pour des personnes soupçonnées d’être une menace pour la sécurité publique.

La durée initiale de l’état d’urgence est de douze jours. Sa prolongation doit être autorisée par le Parlement par le vote d’une loi. L’état d’urgence peut être déclaré sur tout ou partie du territoire.

L’état d’urgence autorise le préfet ou le ministre de l’Intérieur de :

  • limiter ou interdire la circulation dans certains lieux,

  • interdire certaines réunions publiques ou fermer provisoirement certains lieux publics,

  • réquisitionner des personnes ou moyens privés,

  • autoriser des perquisitions administratives,

  • interdire de séjour certaines personnes,

  • prononcer des assignation à résidence.

    (source)

Semaine après semaine, mois après mois, les manifestations se succèdent et il y a toujours des casseurs. Et pourtant, notre Etat se révèle incapable de les arrêter, de les assigner, de les éloigner.

Ne sous-estimons pas la réelle difficulté à maitriser quelques centaines de racailles prêtes à en découdre. Mais osons simplement rappeler qu’en démocratie, seul l’Etat est responsable du maintien de l’ordre.

Et que donc Manuel Valls devrait cesser de se tirer une balle dans la jambe.

 

Des loups et des racailles

Finalement, le meurtrier d’Orlando fréquentait régulièrement le nightclub où il a fait son carnage. Il échangeait sur des sites gays. Il se bourrait même la gueule en public.

Bref, un modèle de rigueur et d’abstinence tout prêt pour le paradis, les 70 000 vierges et tout le toutim, n’est ce pas ?

Trois jours après la tuerie, les observateurs commencent à penser qu’Omar Mateen vivait une double vie. Marié, musulman pratiquant d’un côté, et discutant sur des applications de rencontres homosexuelles de l’autre, fréquentant des bars gays à 200 km de chez lui. (lire la suite)

C’est un pan de la récupération Daechienne qui tombe à l’eau. L’une des plus belles réactions, quelques heures après le drame d’Orlando, fut celle de Nihad Awad, porte-parole du Conseil des relations americano-islamique.

« You do  not represent us, you do not speak for us. You’re outlaws. »

 

Certains font déjà le parallèle avec le meurtre d’un couple de fonctionnaires de police, à leur domicile à Magnanville. Les deux attentats étaient-ils coordonnés ? A ce stade, ces fins observateurs pourraient-ils se taire  ? En effet, personne n’en sait trop rien; ce ne sont que des conjectures pessimistes. Et l’on devrait surtout répéter et analyser l’opportunisme systématique de Daech, qui est l’exact contraire d’une coordination d’attaques quasi-simultanées. En bref, nous faisons face à une organisation dont quelques porte-paroles font régulièrement des appels au meurtre. Rien de plus, et c’est déjà suffisamment effroyable.

 

PS: Tandis que le jeune garçon du couple de policiers, âgé de 3 ans et désormais orphelin, était soigné à l’Hôpital Necker à Paris, quelques racailles sont allées jeter des bombes agricoles et autres projectiles sur le bâtiment en marge de la manifestation contre la loi Travail.

Des racailles.

 

La dernière récup de Daech

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50 morts plus tard, et voici Daech qui pointe son museau pour revendiquer le massacre à l’arme automatique dans une boite emblématique gay d’Orlando en Floride.

 « L’attaque armée qui a visé une boîte de nuit gay dans la ville d’Orlando, dans l’État américain de Floride, qui a laissé plus de 100 morts ou blessés a été menée par un combattant État islamique » Daech

Saloperie.

 

Le meurtrier, Omar S Mateen, un Américain d’origine afghane, aurait prêté allégeance à Daech.

Dès son identité révélée, des pages Facebook ont été créées à son nom.

En fait, n’importe quel taré peut prêter allégeance à l’organisation terroriste, et hop ! La récup est en place. On dirait une secte. Une facilité sectaire assez incroyable puisque rien ne dit que l’affaire avait été préparée avec un quelconque soutien logistique de Daech.

Cet attentat révèle une fois de plus, une fois de trop, combien il est facile de se procurer des armes. Mais il y aura encore des gens pour penser qu’il vaut mieux en avoir soi-même pour se défendre.

Daech peut récupérer ainsi tous les tarés de la Terre qui se réclament d’elle.

Pas de tri, aucun filtre.

Il suffit d’un rien, et la moindre racaille est enrôlée sans souci.