Hollande, le 14 juillet et le nouveau prolétariat 


C’est ma fille qui me l’a tendu d’une main, alors que nous partions sans elle en vacances.

« Tiens, ça va te plaire. Mais laisse le post it dessus, c’est quelques phrases pour me rappeler. »

Je n’ai pas été surpris par son geste, et simplement fier.

L’ouvrage se titre « moi Anthony, ouvrier aujourd’hui », collection « raconter la vie » aux éditions du Seuil.  Il débute par ces quelques lignes, qui disent tout, toute la promesse d’un récit simple mais difficile, aux antipodes du story-telling libéral outrancier que nous entendons ou lisons à longueur de journées sur les médias de l’Establishment.

« Je m’appelle Anthony, j’ai 27 ans. J’ai quitté l’école en 2nde, en 2003. Il paraît que je suis dans les 10% de jeunes qui ont tout lâché. Evidemment, je regrette maintenant, car le paie cher. »

Anthony raconte sa vie d’ouvrier. Une transition brutale de l’adolescente vers le mondu travail, en bas de l’échelle, tout en bas. Le garçon raconte ses 10 premières années de vie professionnelle: l’absence de diplôme, la multiplication des petits boulots précaires, le SMIC horaire et ses « bonus » de 0,72 centimes l’heure; le passage du permis de conduire, l’auto-équipement en vêtements contre le froid quand l’employeur fait défaut; le diplôme de cariste avec l’espoir, déçu, qu’il changera tout.

Anthony raconte la rage de devoir se taire, de devoir subir. Le refus de se comporter en esclave face à une multitude de petits chefs et autres intermédiaires (missions locales, pôle emploi, etc) qui cherchent d’abord à faire plier l’individu pour qu’il rentre dans le rang.

Son récit est celui d’une résistance contre l’avilissement.

Je terminai ce livre alors que Hollande allait livrer son allocution du 14 juillet. On ne peut parler d’interview quand les questions sont, comme avant sous Sarkozy, si complaisantes et sans droit de suite. C’était une allocution.

Hollande ce jeudi n’a pas parlé de précarité, de pauvreté, de prolétariat (le terme est absent du vocable social-libéral). Il a loué le CICE, celui-même qui permet à des entreprises d’empocher qq exonérations de charges sociales tout en licenciant comme avant.

Hollande, ce jeudi, bien coiffé, était hors sol. Il tenta de nous appitoyé sur la dureté de sa charge, en ces temps d’attentats et de massacres en masse. Il a raison sur la charge. Mais personnaliser ainsi encore davantage une fonction présidentielle qui a fait la preuve de son impuissance à gérer le collectif autrement que par la traitrise, le 49-3 et la manipulation a quelque chose d’anachronique et de détestable.

Qui pourrait lui dire ?

 

27 réflexions sur “ Hollande, le 14 juillet et le nouveau prolétariat  ”

  1. « Le refus de se comporter en esclave face à une multitude de petits chefs et autres intermédiaires (missions locales, pôle emploi, etc) qui cherchent d’abord à faire plier l’individu pour qu’il rentre dans le rang. »
    C’est tout à fait ça ! Etre payé des décennies au Smic, et n’avoir, au bout du compte qu’une faible retraite, voire pas du tout. Le texte changeant les 10 meilleurs années en 25 meilleurs années pèse déjà lourd, et pèsera encore bien plus, pour tous ces salariés à qui on a volé le droit au travail.

  2. allocution du prèz (p’tite polaire sur le dos, ..melon, café)
    ma femme: « jamais ils répondent aux questions ?! »
    maïeutique ma chérie (ou répondre par une autre question)
    sinon « cé pas moi » (cf. avant; moi)
    allez, une p’tite réflexion positive (?) en dehors de cette exercice convenu (pas dit convenable) je remarque que ce gvt, et Prèz, échappent à qql convocation de qql juge.. (Cahu l’exception)
    ..plutôt rare sous la 5° (mis à part Charles de G)

    1. oup’s.. « mis à part Charles » .. ‘juge’ n’existait pas, ni les machins algériens, (qu’importe les ‘aspects’ -des machins, contemporains, sinon d’ajouter israéliens, etc.)

  3. Il y a quelques jours j’écrivais que les Grands Bretons nous avaient déjà délivrés une fois et que peut être ils le feraient une deuxième fois.

    En tout cas ils nous montrent la route, alors Juan vous posez la question : « Qui pourrait lui dire ? » je propose Theresa May, son discours était un exemple d’équilibre et d’amour de sa nation, c’est à dire du territoire de Grande Bretagne et son peuple.

    Elle déclare entre autre : « le gouvernement que je vais diriger prendra en compte vos intérêts, pas ceux d’une poignée de privilégiés ».

    Je précise qu’elle n’est pas en position de candidate mais qu’elle est entrée en fonction que de plus elle appartient à un parti de droite conservatrice.

    https://www.letemps.ch/monde/2016/07/14/theresa-may-premiere-ministre-eprise-justice-sociale

    1. Elle déclare entre autre : « le gouvernement que je vais diriger prendra en compte vos intérêts, pas ceux d’une poignée de privilégiés ».

      tout comme mme tasdechair

      1. Pas tout à fait,, madame Tatcher estimait que sa politique permettrait de rassembler les Britaniques.

        Ensuite, elle a été avec Reagan, la cheville ouvrière de la mise en place de la doctrine de l’école de Chicago. C’est à dire un tournant primordial qui allait impacter l’économie mondiale.

        De ce fait, tout ce qu’elle pouvait projeter n’était que pur credo, car devant une tel malstrom qui pouvait prévoir ce qui allait se passer de bon ou de mauvais.

        Aujourd’hui Theresa May a des projets cértainement moins prestigieux, mais a coup sûr plus contrôlables. En tous cas, il semblerait que la politique d’austérité ne lui convienne pas outre mesure, sans doute pense t-elle que l’économie d’un pays ne peut pas se passer de toute une frange de la société.

        Bon wait ans See.

        1. good evening Hélène, ‘plus contrôlable’ à coup sûr.. alors Boris Johnson, secrétaire d’Etat des Aff. étrangères.. quelle bonne idée ! oui, suis plutôt taquin, probablement plus+ que FW Steinmeier, son homologue allemand..
          on peut le dire: il y a un ‘avant’ Reagan Thatcher.. le libéralisme, ‘contrôlé’ je ne sais pas, en tous cas il s’est échappé ! et sans complexe..

          1. Bof, finalement les exagérations verbales de Jonhson sont mis en exergue par ceux qui ont par leurs actions mis la planète sans dessus dessous, que ce soit par les guerres ou par l’économie de marché.

            Il faut toujours chercher ce que veulent cacher ceux qui hurlent avec les loups. C’est la meilleure façon de ne pas être déçu.

            Quant à Jonhson, je serais surprise qu’il ne soit pas à la hauteur de sa fonction.

            1. ah je ne doute pas de Boris ! (j’espère qu’il ne me décevra pas; aucune raison/?)
              ..se tartiner ses collègues (homologues) Et européens, oui eux (on se comprend) oui, ce sont eux les tartines, beurrées et tout le tintouin..

              enfin bref, on peut comme souvent, y voir d’une façon ou d’une manière.. il n’empêche, -pour Mme T May, la/sa politique, les anglais, les partenaires, £ et € .. s’entame une période ‘sportive’ (et attitude; diplomatie) avec des challengers -adversaires, eux même dans une équipe -team, sans coach (à la ramasse; ou est-ce un point de vue franco français ?)
              ..et j’ai qu’ça comme métaphore (‘ti peu loin du sujet, non.. peut-être pas)

  4. « Qui pourrait lui dire ? »
    A quoi bon, car il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre .

  5. faudrait dire à ce garçon que ça ne va pas s’arranger,…..

    d’ici à 2017 il faut s’attendre à d’autres charrettes et des sorties nettes d’emploi (juste le temps de faire un ou deux trimestres avec des bénéfices à la baisse) ………

    faudrait dire à ce garçon que compte tenu de la pénurie d’emploi et de la rotation des effectifs recherchés par la loi travail, il va devoir encore plus se taire, obéir voire même accepter ce qu’il n’a pas encore eu à tester, puisqu’il ne pourra plus trop refuser..

    à hollande et aux autres petites frappes politiques, il n’y a rien à leur dire, ils ne regardent pas le même film…

  6. Et pendant ce temps de  » disette  » pour une grande partie de ces politiques qui ne connaissent le chômage et le RSA que de nom…
    Le haut Rhin met en place « pas de bénévolat pas de RSA » …parce que ce genre de privilèges ça se paie !!! Et le populisme c’est quand tu t étonnes des 10 000 euros de coiffage du président….
    Car comme le dit Cohn bendit  » le peuple n’a pas toujours raison » 😀

    1. ce bénévolat du RSA, 7h entrera en concurrence avec des postes qui , eux seraient parfaitement rémunérés.

      Il faut bien comprendre, que le système associatif ( et j’évoque principalement celui du social ou médico social et services à la personne) est en train de pâtir sérieusement des restrictions budgétaires..

      on résume
      – les hausses de dotations au RSA explosent les budgets des départements qui veulent donc créer du bénévolat…

      – les budgets du tissu associatif de l’insertion qui emploient des RSISTES voient leurs financements baisser ou simplement est supprimé par certains départements au 2eme semestre 2016

      – les départements ont voté NON en catimini pour le transfert des budgets du RSA vers l’état…

      allo y a quelqu’un ? ……..

    2. SYLVIE

      et voila c’est de votre faute si j’ai branché la dessus, j’étais calme aujourd’hui…. 😀

      1. Ah zut…scusez moi Stan…mais je l’avoue …j’en peux plus de l’injustice …des discours qui détournent l’attention vers ceux qui n’y sont pour rien et qui galèrent….marre de ceux qui prennent leurs airs pincés en nous expliquant qu’on n’y comprends rien …qu’eux savent et que c’est pour notre bien ! Évidemment ….

  7. la solution ?

    on reprend le CICE et le pacte aux groupes internationaux qui les évaporent en bénéfices, rachats d’action et autres dividendes distribué

    il n’y a pas de preuve de création d’emploi, et il n’y en aura jamais, et si cétait le cas, l’emploi serait à 100 000 balles pièce..

    on reprend ce pognon et on crée des emplois à 25000 ou 30 000 € pour des PME LOCALES, dans des secteurs en tension et il y en a …

    ces emplois nourrissent les recettes de l’état en TVA, en cotisations et en consommation…

    du fric qui fait vivre l’économie réelle et pas les marchés de la finances et des titres surévalués…

    parce qu’aujourd’hui je vous signale que les milliards distribués par le BCE revient à 5 % environ dans l’économie réelle..

  8. Et si ce n’était pas un problème de président, comme nous voulons le croire pour garder espoir? (espoir qui est d’ailleurs futile :celui d’attendre l’arrivée d’un « président providentiel « )?

    Parce que nous sommes entrés dans un monde où il y aura de moins en moins de travail humain ( du fait de la robotisation et de l’intelligence artificielle), en dehors de mini-boulots de survie, sauf pour une poignée de privilégiés- et que, cela, aucun président ne pourra le changer ?

    La preuve étant que tous les « présidentiables » connaissent parfaitement le problème, mais se gardent bien d’en parler, n’ayant aucune solution à proposer – parce qu’il n’y a effectivement aucune solution ?

    1. @Elie
      Puisqu’il n’y aurait pas de solutions, pas la peine d’engraisser des poli-tocards brasseurs d’air, carriéristes et inefficaces . Ce serait toujours ça d’économisé . Ceci dit, des solutions, il y en a . Encore faut-il, d’abord, jeter le TINA à la poubelle .

  9. les/des p’tits boulots (on ne dit pas combine; procède par combinaison) en effet se multiplient; les causes.. se débattent, ici et là, depuis qqls années déjà,
    ..les libéraliser (!) depuis le temps, ..déjà dit,
    donc prendre en compte, = du crédit/si pas ‘offrir’ alors proposer

    1. toubib, vous êtes un vrai optimiste pour envisager un XXII eme siècle sur cette pauvre terre …

      ce qui ne veut pas dire que je ne le suis pas, bien au contraire ;
      au train où on y va, le règlement du problème de l’emploi est à notre porté de terriens en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire..

      n’hésitez pas à demander mesdames, messieurs, , je tiens à votre disposition une dizaine de scénarii pour le démontrer…

      1. @Stan
        Le commentaire de Petite fleur des bois sur l’article d’Elie me parait plutôt bien vu .

  10. précision : scénarii de départs en jus de boudin probables ou possibles après tour d’horizon terrestre rapide …
    possible quand même que ça aille moins vite qu’une bécane à faire du fric à la vitesse de l’éclair..

    je ne crois pas à un homme providentiel, parce que dans les films, on voit bien que s’il y a catastrophe, il y a comme un dernier réflexe de cour, qui fait mettre à l’abri les dirigeants en poste qui nous ont mis dans la merde ….

    en cas de pépin, imaginez donc que les goldman sachs, UE, FMI sarko, hollande Obama et toutes leurs cliques se mettent au travail pour refaire un monde nouveau…

    en moins de 10 ans il nous remettent en place un beau merdier..

    un extra terrestre peut être …..

  11. Je vous parle d ‘ un temps…. pour certain à 14 ans après le certif, c ‘était direction un centre d ‘apprentissage. Qui en école , qui en usine.
    A 17 ans, le passage du CAP.Les autres suivaient la filière vers le BAC,
    De tout temps, des élèves ont été réfractaire à toute étude, ils étaient destiné aux  » basses besognes », donc rien n ‘ a changé.
    Dans notre siècle, le chômage oblige les gens diplomés, à prende des travaux souvent sous leurs diplômes. Il faut dire que nombreux sont les étudiants à ne pas vouloir étudier, mais se voyant  » manager « , c ‘est la mode. Avouons que notre système de notation, les corrections de BAC ou de BTS, permettent de réver. Des étudiants ( peut -on encore appeler étudiant) comprenant difficilement le français, faisant un nombre de fautes d ‘ orthographe incalculable dans le moindre texte se voient être reçu avec mention.
    En réalité, rien n’est noté, seule est pris en compte la plus petite idée ayant un rapport avec l ‘ examen. Rehausser les notes jusque 4 fois pour la même copie, mention quand même. Notre système d ‘ éducation sort des crétins diplômés, ils seront vite jugés dans leurs emplois futurs
    Ce garçon espérait quoi en quittant l ‘ école si tôt, il accuse les autres de ses échecs, une cigale qui a passé l ‘ été de sa vie à chanter et qui maintenant vivra en teigne. La vie est un combat qui deviendra de plus en plus dur. Tu ne te fais pas ta place au soleil, tu vis à l ‘ ombre.
    Les petits chefs, les petits patrons, eux aussi se battent, les accuser de ses difficultés est vain .

  12. C’est fait!! hollande vient de déclarer que nous sommes en guerre.
    Nous ne savons toujours pas contre qui, mais nous sommes en guerre. Etre en guerre et ne pas désigner d ‘adversaires, sauf sous le nom de terroriste ne veut rien dire. Pourquoi ne pas désigner une bonne fois le nom de notre ennemi. Cet ennemi intérieur, souvent de nationalité française, qui a séjourné en Syrie et en Irak, doit être combattu avec la même vigueur qu’à l’étranger. Il constitue, aujourd’hui et quoiqu’écrive notre ministre de la Défense, une cinquième colonne meurtrière.Mais pour donner confiance à un pays et relever avec succès les défis, il faut un capitaine et une stratégie claire fondée sur le courage, la franchise et la détermination. Il faut cesser de dénigrer notre passé.
    Des gens se font massacrer, les discourts de compassion affluent et le train train de ces messieurs continu paisiblement. J’ exagère un peu, en réalité notre fanfan du scooter a envoyé caseneuve prendre les choses en mains. Ne riez pas. Il doit coordonner les secours, certainement que personne malgré les promesses des plans orsec, blanc, urgence et Cie ne peut le faire.

  13. Y a un problème : le proc chargé de l’antiterrorisme vient de déclarer que le  » terroriste » n’était connu que pour des faits de délinquance ordinaire et était parfaitement inconnu des services de renseignements ;
    Pas facile de faire la guerre dans ces conditions .

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