Le CRS et la femme voilée


Une vidéo figurant un CRS insultant et bousculant une jeune femme noire et voilée avec poussette a largement circulé sur les réseaux sociaux depuis vendredi 22 juillet. Elle a été réalisée au moment de l’évacuation d’un camp de migrants sous la station de métro Jean Jaurès à Paris.

« J’en ai rien à foutre, tu vas pas me faire chier longtemps, tu dégages! (…) Tu pars là-bas je t’ai dit. C’est moi qui commande, dégage! »

Pourquoi cette violence ?

 

 

Pour la fachosphère, rien de choquant bien sûr.

Pour les autres, c’est-à-dire les gens normaux, cette séquence est incompréhensible. Nulle menace apparente de la part de la jeune mère, qui doit par ailleurs veiller à sa poussette. Nulle violence aux alentours. Et le millier de migrants concernés devaient être relogés ailleurs malgré de nombreuses incertitudes et inquiétudes, telles que relayées par un collectifs d’associations.

« La France est loin d’être le pays européen qui accueille le plus de personnes fuyant leurs pays en Europe. A celles et ceux qui, depuis les portes de l’Europe, doivent affronter des frontières de plus en plus hermétiques pour sauver leurs vies, elle n’offre pourtant qu’un accueil dégradé, quand il n’est pas dégradant. » CFDA – Coordination française pour le droit d’asile

Outre la situation individuelle de la victime, les conséquences de cette violence sont désastreuses à plus d’un titre. Que des CRS ne réalisent pas qu’ils sont filmés (et c’est heureux) dans leurs interventions; qu’on attend d’eux maîtrise et respect, est curieux. Des dizaines de vidéos d’autres violences et dérapages policiers ont été diffusées depuis des mois. Au moment même où le pays a besoin de solidarité, notamment avec ses forces de l’ordre, face à la menace terroriste.

Donc on repose la question: pourquoi cette violence ?

 

24 réflexions sur “ Le CRS et la femme voilée ”

  1. Ne pas trop se focaliser sur un moment pris sur le vif. Je me méfie, depuis pas mal de temps, de ces saisies d’instant qui ne montrent ni ce qu’il s’est passé avant, ni ensuite. Pour avoir vu un jeune menotté emmené au tribunal devant son petit frère [parce que la famille était devant ces lieux] qui pleurait, j’ai eu le coeur soulevé. Après infos, ce jeune était de la pire espèce, au dossier hyper chargé, et il n’avait aucune aucune compensation pour son petit frère, l’engueulant même pour qu’il cesse de pleurer. Je me suis plutôt posé la question : pourquoi la famille avait-elle amené cet enfant à ce « spectacle » ?
    Vous posez la question : « Pourquoi cette violence ? » Eh bien justement, il faut remonter dans le temps pour savoir et comprendre. Cet instant filmé ne le permet pas.

    1. voici illustré un des aspects de ce que j’appelle l’instantanéïté ; en même temps que le rappel assez juste de SOLANDEN qui abaisse le niveau d’émotion créée par l’image, en rappelant qu’il y a peut être une explication et/ou un recul à observer en fouillant l’info à froid..

      mais rien ne se perd, l’instantanéïté provoque des poussées d’énergie pas forcément toutes libératrices malheureusement….

      en image, c’est le principe de la petite phrase isolée de son contexte….

      c’est sûr qu’avec les possibilités données par les portables, caméras et autres gadgets de plus en plus utilisés dans les rues, il va y avoir du moulin à moudre pour s’outrer, se défouler, s’invectiver, …..et alimenter in fine la division et la violence..

      NB: les mêmes instruments peuvent parfois être utiles.. finalement tout dépend de la finalité qu’on veut leur donner

    2. Quand bien même il y aurait eu un souci en amont, on parle d’agents des forces de l’ordre, pas du citoyen moyen. On parle de l’ « élite » des forces de police française, qui rabroue face caméra un immigré.

      La charge émotionnelle n’est pas bonne conseillère, la bêtise humaine ne l’est pas davantage. Cet extrait serait immonde même si l’agent avait été insulté. Monde de merde.

    3. Vous avez raison d’évoquer la nécessité du recul et de mettre en perspective la scène. Cela dit, le journaliste sud américain qui a filmé ai je lu, explique que le policier avait donné des coups de pieds à la poussette juste avant: cela explique sans doute aussi la détresse apparente de la jeune femme. Et cela rend la scène clairement condamnable.

  2. compassion, pas compensation. Grrr… Ça manque de ne pouvoir pas corriger ses bourdes.

  3. Le camp de toile du métro Jean Jaurès est indigne de la 5eme puissance économique mondiale, tout comme la jungle de Calais . Cette indignité est source de violences, caractérisées par le CRS de la vidéo . Mais les règlements de comptes entre réfugiés en fait aussi partie .

    1. vous pensez qu’on est encore la 5ème puissance économique?
      vous avez le moral !
      ou vous rêvez éveillé…

      1. Ce n’est pas moi qui le dit, ce sont nos poli-tocards . Ce qui ne change strictement rien à l’indignité du camp de toile de J.Jaurès ou de la jungle de Calais .

        1. alain bobards

          tu n’es pas loin, la plupart des classements la situe à la 6 eme position..

          1. bon
            si vous le dites….
            on a le droit de douter?
            la 6ème puissance économique mondiale, percluse de dettes ( souveraines) , gangrenée par le chômage , vérolée par le fondamentalisme , vermoulue par le mal logement, la désertification rurale et la désindustrialisation……
            j’aimerais pas vivre dans la 7ème puissance économique mondiale dans ce cas

  4. Ne peut-on pas comprendre qu’avec le rythme de travail et de tensions auxquels les CRS sont actuellement soumis, ils soient un peu énervés ?

    1. C’est vrai que ce pôv’ CRS a un visage ouvert et sympa…
      un bon pote à vous ?

    2. Apparemment, pas de compassion pour le travail des forces de sécurité, sauf quand il se font descendre. Sincèrement, si un policier vous dit qu’il faut aller dans un sens, c’est qu’il y a une raison. Cette femme tient tête à la police alors que dans son pays elle se serait sûrement « écrasée ». Alors, qui filmait cet instant et le savait-elle ?

  5. ou alors…la dame CRS s’est dit en elle même « cette femme est voilée, je m’en vais te la faire marcher droit, moi… « ….

    oui je sais…….., mais j’ai bien le droit d’avoir ma réaction personnelle sur un blog non ?

  6. Donc on repose la question: pourquoi cette violence ?

    – la masse de biens, gadgets, loisirs et autres objets de consommation hors de portée d’une partie de la population qui créée des frustrations, des colères, des envies…

    – les solutions logement existent mais elles sont soit en mauvais état, soit inaccessibles au porte monnaie…l’immobilier en France reste très cher en moyenne, le fait de mise en chantier de nouvelles solutions immobilières « sociales » reste anecdotique…

    – les centres d’hébergement sont pleins, les solutions d’accueil temporaires engorgés.
    Le voisinage des villages d’abris de fortune sont exaspérés par cette promiscuité perçue comme anxiogène (à juste titre ou pas…)…les tensions montent progressivement

    – la pénurie économique organisée par le libéralisme financier créée les conditions de lutte pour la survie de parts de plus en plus importantes de la population.
    Ce même modèle sociopathe d’économie de cavalerie financière, de recherche d’optimisation de bénéfices oisifs à fin de placement dans des coffres ou dans le jeu de casino boursier et obligataire, détruit mois après mois, les lumières d’espoir d’avenir collectif…

    – le côtoiement de la misère par les tranches médianes de salaires directement supérieures est très anxiogène, l’augmentation du chômage et les programmes des politiques de « gauche » et de « droite » ne laissent aucune illusion à qui que ce soit, qu’il pourrait échapper au glissement fatal de la désocialisation…..(aujourd’hui, le premier facteur de socialisation et de reconnaissance d’appartenance à la communauté reste le travail)

    la masse critique augmente, 10 à 15 % de la population française se trouve aux frontières de la pauvreté, du surendettement, de la « privation » de consommation……et quelques pourcents se situent à la limite du glissement social fatal..

    – les mouvements de population qui ajoutent à l’existant….

    reste les médias qui font monter la mayonnaise,

    les politiques qui ne savent plus fermer leurs gueules avant de savoir, qui suivent bêtement les techniques classiques de comm pour diviser, montrer « l’ennemi »,…

    …….qui participent à l’optimisation des bénéfices des groupes pour rester compétitifs, c’est à dire renforcer la tendance à considérer l’actif humain comme la variable d’ajustement de l’excédent d’exploitation

    heu comment dire…………….

  7. léger additif :

    -les ménages actifs qui font leurs fins de mois sont fatigués, recrus par les obligations du monde du travail, des transports et des pressions de la compétition internationale…

    -les ménages vivant aisément sont fatigués de se voir obligés de financer par leurs impôts et autres taxes tous les assistés, des services publics inutiles, contraignants, ralentissant leurs expansion vers le monde des morts les plus riches du cimetière..

    – une part de la population est énervée par le mariage des homos,

    – une autre part par le brexit, les enfoirés de votants qui font n’importe quoi., par la politique en général…

    je crois que j’ai fait le tour des possibilités monsieur JUAN…

  8. à mon avis, ni d’appétence pour qql parano, je dirais: « la reconnaissance fout le camp »
    Camille, camarade bloggeuse (instit) parle de « bienveillance »,
    ..yes, si tu veux,
    les causes: autorité (pouvoir) vanité orgueil (jalousie etc.) ombre #besoin d’exister (!/?) ..gnâgnâ..
    qqls ‘raisons’: pas l’temps, pas mon problème, rien à foutre, (« t’es-qui ? si ça ne te plait pas casse-toi ») ..gnâgnâ..
    effets: éviter (au mieux) injurier, bousculer, frapper…

    résultat: certains (Juan; moi) sont ‘agacés’,
    solution: s’adapter (fait chier; what else ?)
    le-dire (le dénoncer; ouvrir un blog, commenter…)
    perso, aux gens malpolis, discourtois /Non Respect-eux,
    je leur balance des fions à la-con mêlés de dérision
    = « mange TA contradiction, Toi qui exige Tant ! ..des autres »

    bonne journée😀

  9. Le CRS tout imbu de son autorité aurait dû se souvenir que son premier devoir sous serment consiste à respecter tout être humain qui lui fait face, quel qu’il soit, et quel que soit le contexte de l’altercation.

    La violence verbale et même souvent physique perpétrée par certains policiers n’est que très rarement condamnée comme elle le devrait. Cherchez l’erreur…

    ***

  10. Je vais encore dire des bêtises, mais j ‘aime.
    Dans les manifs de syndicats, les CRS ne font pas dans la dentelle.
    Dés que l ‘ ordre de faire dégager est donné, les matraques ont tendance à servir. Idem donc pour une évacuation de camps d ‘ immigrés, ( rappelons le, clandestins) dans le but de les loger ailleurs.
    Il parait que le CRS aurait donné des coups dans la  » poussette ». Mais que contenait cette  » poussette « ? Un enfant, ses bagages, des objets ?
    Etrange qu’ aucun journaliste de parle de l ‘ enfant, pourtant quel scoop, un CRS donne des coups à un enfant!!!
    D’autre part, pourquoi ne parler que de cette femme, les hommes aussi ont peut être été frapper, n ‘ y aurait-il pas égalité de sexe?
    Vous voyez que l ‘ on peut polémiquer, rien que sur des  » on dit ».

  11. TITE PLUME

    dans le milieu social où je connais un peu de monde, la manière de dire est différente;

    quand un éducateur, ou équivalent qui s’occupe d’hébergement, d’insertion etc…, n’est pas capable de compréhension face à un problème d’humeur ou d’écart comportemental, on lui dit qu’il aurait mieux fait de faire flic ou juge….. comme quoi tout est question d’angle de vue…
    😀

  12. Je vais vous confier un secret : je n ‘aime pas les CRS. Dans ma jeunesse, on disait compagnie de résidus de saloperies. Surtout après les manifs du 1 mai.
    Avouons quand même que se faire insulter, recevoir des pierres, des coktails dit molotov ne pousse pas à la gentillesse. Ils font leur sale boulot d ‘ une manière sale. Les condamner, oui, mais alors il faudrait condamner de la même manière ceux qui manifestent ou refusent d ‘ obtempérer ( comme dirait confucius, celui de stanislas ).
    Pour parler du bon vieux temps, voyous et flics restaient à leurs places, et finalement chacun assumait sa place . Faisons de même, un CRS reste un CRS , un manifestant un manifestant.
    J’ajoute que quoi que l ‘ on dise, un clandestin reste un clandestin, evec mille excuses peut être, mais néanmoins clandestin… ce qui lui vaut la peine de mort dans des pays musulmans.
    Gardons la tête sur les épaules, c ‘est cela la cohésion d ‘ un peuple .

  13. zut, je perds du post.. pourtant lâché et very poli.. peut-être ne suis-je pas éveillé ? d’un autre côté, et ça me rassure: tout le monde ne peut pas être Bouddha,
    (mon avis sur ‘la norme’ ni envie de recommencer)

    une historiette (vite fait!) anecdote ou exemple d’impression manichéenne, dualiste ou binaire (au-choix !)
    hier nous voyons, ma femme et moi, notre premier maillot de bain intégral, (yes: nous provinciaux)
    joli ! ..noir et rose fluo, bref, ma chérie me dit:
    « quand je pense que nos mères, gd mères se sont battues ! »
    vous devinez la suite, ..son ‘idée’,
    moi: « bon d’accord elle a un bonnet (température du lac: nickel !) mais quand même quelle indécence.. elle pourrait mettre des moufles et des chaussettes: on voit ses doigts et ses arpions ! »
    beuark !

    moralité (..je vais essayer) nos mères, gd mères se seraient ratées ? à moins que nos pères, gd pères (encore Et tjs Eux ! ..et qql intérêt) n’aient sacqué le boulot..

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