Les mauvaises surprises du budget version UMPS


L’exercice était drôle. Dans les colonnes du Monde du 8 octobre 2016, l’actuel secrétaire d’Etat au Budget Christian Eckert (PS) et son probable successeur l’an prochain si la droite l’emporte, Gilles Carrez (LR) s’affrontaient sur la dernière loi de finances du quinquennat Hollande et les promesses délirantes des candidats de la primaire de droite. Le bilan Hollande en matière fiscale est décevant. Après une hausse forte, heureuse et mal assumée des impôts sur les revenus du capital et les plus hauts revenus, Hollande a créé d’incroyables nouvelles niches fiscales pour les entreprises. Incroyable d’inefficacité, le CICE coûte cher, très cher. Au final, Hollande n’a pas réduit les niches fiscales comme il l’avait promis. On sait que le concept est fumeux. Mais quand même. La grande réforme fiscale n’a pas eu lieu, c’est un quinquennat pour rien, ou pas grand chose.

Dans les colonnes du Monde, observer deux représentants de la gauche et de la droite de gouvernement n’écharper sur lequel est le plus orthodoxe avait quelque chose de triste et de prévisible. Ils se critiquent mutuellement leur efficacité respective à respecter les critères de Maastricht, ce traité d’un autre siècle.

D’abord, les deux se disputent bien sûr les hypothèses: Carrez accuse Eckert d’avoir surévaluer les recettes, et vice-versa. Dans ce concours de beauté à qui est le plus rigoureux, les vraies décisions budgétaires (qui paye l’impôt, où notre budget public est dépensé, etc) ne sont que peu abordées. On reste général, on s’abrite derrière des concepts ou des labels.

Gilles Carrez: « il y a une surestimation manifeste des recettes et, d’autres part, les dépenses de l’Etat progressent de 15 milliards par rapport à 2015.

Christian Eckert: « Nous revendiquons 7 milliards d’augmentation des dépenses de l’Etat: 3 milliards sur l’éducation, 2 milliards sur la sécurité, 2 milliards sur le plan emploi ».

On apprend toutefois une chose, au détour d’un échange, sur la réalité des promesses des candidats à la primaire de droite.

Loin de baisser les impôts massivement comme ils l’annoncent, Juppé (28 milliards de baisse) et Fillon (50 milliards d’euros) veulent plutôt « redéployer » la charge fiscale du capital et du travail vers la TVA, impôt oh combien injuste.

 

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19 réflexions sur “ Les mauvaises surprises du budget version UMPS ”

  1. si nos politiques faisaient vraiment une politique juste et que les impots nous permettaient de mieux vivre nous n’en serions pas là …et nous accepterions les augmentations comme une assurance de mieux vivre.
    Oui les impots ont trop augmenté sous Hollande parce qu’ils reposent essentiellement sur des classes moyennes qui voient leur situation se dégrader et celles des plus pauvres ne pas s’améliorer..
    Et cette surenchère de la baisse des impots de la droite ne signifie absolument pas que notre situation va s’améliorer ..bien au contraire…moins de sécurité pour la sante, le chômage etc ..moins de service public, moins de fonctionnaires…plus d’austérité ..
    Ce n’est pas l’impôt le problème, c’est ce qu’on en fait…et en ce moment on a vraiment l’impression qu’il y a un trou sous le plancher !

  2. Sylvie75 Nous avons5,2 millions de fonctionnaires. Nous sommes au siècle de l ‘ informatique. Un petit PC fait le travail de quelques dizaines de fonctionnaires armés de stylos. Allez dans une administration et dites moi si il peut y avoir pire en attente et perte de dossiers.
    Nos enfants sont – ils plus instruit que ceux des autres pays ?
    1,2 million d ’employé(e)s à l ‘ EN, . Le troisième employeur mondiale après l ‘ armée chinoise et les chemins de fer indiens. Pour 12 millions d ‘ élèves et une population de 66 millions. Nous sommes arrivé au point où le budget de l ‘EN le plus élevé de l ‘ état part à 80% en salaires et retraites. Une augmentation de ce budget de 2, 5 milliards est prévu en 2017 mais si l ‘ on augmente de 30000 les employés, le cercle vicieux continu. Il serait plus sage de controler les absences et arrêts maladies.

    1. Pourquoi vous rendre dans une administration pour poireauter !!! alors qu’une grande partie est accessible par internet…impot, sécu etc vous donnent les renseignements, les dossiers à remplir etc sur leurs sites ou par mail…soit vous pouvez avoir un rdv, et certaines administrations vous rappellent si le temps téléphonique est trop long ..je trouve au contraire que de nombreuses évolutions ont eu lieu ces dernières années…évidemment tout n’est pas parfait et des améliorations sont à apporter mais quel gain de temps au contraire !
      Mais vous, vous devez être le client « pas de chance »…celui dont on perd plusieurs fois les dossiers…je le concède j’ai remarqué que pour les râleurs il y a un phénomène de séries incompréhensible…une sorte d’acharnement qui leur donne encore plus l’occasion de roumeguer !

      1. hihihi. Alors, pourquoi avoir peur de voir disparaître des fonctionnaires.
        Regardez le % d ‘absence autorisées ou non, les jours d ‘arrêt maladie sans obligation de certificat, les jours d ‘absences autorisées pour enfants malades, les années d’ absences pour congés parentaux , les semaines de 25 heures,…et j ‘ en passe, mais vous connaissez cela mieux que moi , en ayant profité.
        1 fonctionnaire pour 4 travailleurs du privé.
        Ajoutez plus de 600.000 mandats d ‘élus, 1 pour 100 personnes
        10% de la population sous le seuil de pauvreté vivant d ‘aides et de secours divers
        environ 10 millions de personnes sans travail, un nombre sans logement, des sans chauffage, ne mangeant pas toujours à leur faim
        Vous avez raison , nous manquons de fonctionnaires.

        Un exemple marrant . Mes anciens voisins travaillaient tous deux à la SS. La femme chef de bureau, le mari fichiste. En réalité il s ‘ occupait de la photocopieuse . Un jour on lui changea le matériel, du moderne SVP, couleur, possibilité de faire des affiches etc… le problème est que dans le même temps d’ autres photocopieuses furent installées à chaque étage… sa belle machine ne servit qu’ à faire des tracts pour les associations et clubs sportifs. La sécu est en déficit….

        1. Pouvez vous me dire de quoi j’ai profité exactement….histoire de vérifier la teneur de vos certitudes ….

        2. « Un exemple marrant . Mes anciens voisins travaillaient tous deux à la SS »

          Raté! La SS est un organisme de droit privé, et ses salariés n’ont pas lze statut de fonctionnaires ni la garantie de l’emploi.

          1. Libre à qui veut de le croire.
            La sésu est gérée par l ‘ état. c ‘est l ‘ état qui vote ses budgets, lui encore qui gère ses comptes, lui encore qui pompe l ‘argent pour ses besoins, lui aussi qui décidé d’ exonere tels ou tels organisme, enfin il fut un temps où les cotisants élisaient le syndicat dirigeant par élection, n ‘existe plus Faire encore croire aux cochons de payants qu’ ils en sont maitre, quelle blague, Ses employés ont un statut à part et bénéficient d ‘avantages, lunette, appareils dentaires, cures…. Avez vous connaissance d’ employé licencié? mis au placard avec augmentation, oui, renvoyé non .

      2. rouméguer.. je ne connaissais pas, thx Ylvie, alors je (te) l’échange avec kouloughlis: fils d’esclave, métis, ..un mot rencontré dans la semaine (cf. ottoman, janissaire)
        ah-vi ! il me manque un ‘s’.. Cahuzac ! rend-le !

  3. Depuis 1973 et la loi Pompidou/Giscard,, suivit des fameux 3% de déficit ‘ ne pas oublié l’endettement limité à 60% du PIB – défense de rigoler – ), nos chers politicards ayant abandonner les clés du camion à l’UE en sont réduits à des gesticulations stériles . Y a peu de chance que les élections de 2017 changent quoique ce soit .

  4. Comme l’a bien montré le premier débat des primaires de la droite, il existe en son sein deux politiques économiques différentes :

    -une politique libérale classique rendant le travail plus compétitif et compensant la baisse de la fiscalité sur les seules entreprises ( mais pas sur les ménages) par une hausse de la TVA de façon à maintenir l’équilibre budgétaire (Fillon, Juppé),

    -et une politique plus keynésienne, relançant la croissance par celle de la consommation ( baisse de la fiscalité des entreprises et des ménages, non compensée par une hausse de la TVA), en acceptant donc une baisse des recettes fiscales et une augmentation temporaire du déficit ( Sarkozy… qui avait d’ailleurs agi de même pendant son quinquennat)

  5. « et une politique plus keynésienne, relançant la croissance par celle de la consommation ( baisse de la fiscalité des entreprises et des ménages, non compensée par une hausse de la TVA), en acceptant donc une baisse des recettes fiscales et une augmentation temporaire du déficit ( Sarkozy… qui avait d’ailleurs agi de même pendant son quinquennat)……… »

    Concernant le mythe de la relance keynésienne du temps de sarko, comme je vous l’ai déjà écrit, nous sommes à la limite de la plaisanterie.

    1° Un rapport bilan de la cour des comptes l’écrit, l’action de Sarko a tout juste permis de soutenir la Trésorerie des Entreprises, sans aucune présence significative de relance de l’Investissement et un conditionnel retenu sur le maintien de l’emploi. Les sommes engagées n’ont même pas permis d’y trouver un niveau de retour identiques dans l’économie.

    L’emploi sauvegardé est aux justifications des transferts de dépenses publiques vers le privé, ce que les extra terrestres sont aux terriens. Ils sont là, on le sent….

    2° Dans le même temps, nombre de sites font état de la créativité compulsive du même sarko avec la naissance répertoriée de 100 à 200 taxes nouvelles.

    1. « Concernant le mythe de la relance keynésienne du temps de sarko »

      Une hausse des dépenses publiques de 50 à 55 % sous le quinquennat de Sarkozy avec hausse simultanée du déficit budgétaire, c’est bien une tentative de relance keynésienne (qu’elle ait réussi ou pas est un autre débat.)

  6. Concernant la relance par la fiscalité, croire à ce levier après des décennies d’application sans résultat c’est comme croire que les valeurs en bourse peuvent monter jusqu’au ciel.

    1° Vous pouvez baisser la fiscalité des ménages, tout le monde sait que la moitié d’entre eux ne paie déjà pas d’impôt sur le revenu (IR), et qu’une partie importante de ceux qui les paient ont aussi la possibilité d’épargner le delta non consommé (ce qu’ils font d’ailleurs).
    Ajoutons à cela que si l’IR est progressif en théorie, c’est en omettant les niches fiscales qui permettent aux revenus les plus élevés des possibilités que n’ont pas les « revenus des classes moyennes basses ».

    Encore plus drôle, les gains l’IR obtenus sont transférés massivement en taxes nouvelles aussi bien sous Sarko que sous Hollande.

    Et enfin, lisez les rapports sur la consommation, elle se maintient vaille que vaille par endettement. Et à condition que le pétrole n’augmente pas, que la TVA n’augmente …. que les taxes diverses…. que les loyers…que le licenciement….

    2° la baisse de la fiscalité sur l’IS est un véritable foutage de gueule qui perdure. Pourquoi ?
    Les groupes internationaux ont des moyennes d’impôt sur les sociétés de l’ordre de 8%, à ne pas confondre avec la PME qui est à 33%. Mais là encore il faut observer quelques règles fiscales qui modulent la théorie :

    – Report des pertes de l’année N sur les années suivantes

    – Consolidation comptable (le reporting pays par pays a été rejeté deux fois au parlement, ce qui veut bien signifier l’hypocrisie de la formule de la baisse de la fiscalité)

    – crédit d’impôt CICE (le rapport tout frais indique bien qu’il n’y a pas grand-chose à en dire, puisque rien n’est sûr…)..

    – Niches fiscales diverses

    Et pour les PME, il existe un taux réduit à d’IS à 15% si peu qu’elles répondent à quelques critères précis. .

    Et Avec Les Majuscules en Plus……………

    à un de ces jours…

  7. Monsieur ARIE

    Beaucoup ont effectivement appelé ce plan « keynésien », alors qu’il est un plan de relance concerté à l’échelle européenne dans ses grandes lignes, tout en laissant à chaque pays une certaine liberté d’application. C’était un plan « défensif » face à la crise.

    vous lirez page 67 et 68 de ce « document et débats » de la banque de France, je cite, entre autre :

     » Certains plans privilégient la stimulation de la demande (Royaume-Uni,
    à un moindre degré l’Espagne, l’Italie ou le deuxième plan allemand), d’autres les mesures en faveur de l’offre (plan français, premier plan allemand).

     » mesures en faveur de l’offre  » (plan français). Un plan en faveur de l’offre, si je vous l’avais écrit moi même; vous ne m’auriez pas cru. Il vous faut du solide.. mais bon.

    https://www.banque-france.fr/uploads/tx_bdfgrandesdates/documents-et-debats-numero-2-integral.pdf

    Je passe le fait que nombre de propositions faites par Sarko fin 2008 étaient déjà dans les tuyaux pour la plupart. Certaines mauvaises langues avaient même prétendu que ce plan était en partie du pipeau.

    Allez pour le plaisir ..

    http://rue89.nouvelobs.com/2008/12/04/plan-de-relance-de-sarkozy-la-part-du-pipeau-77362

    1. Vous feriez bien de lire les textes dont vous donnez les liens :

      – celui de la Banque de France ne concerne que les mesures de sauvetage des établissements financiers, sauf la dernière partie, qui parle des mesures macroéconomiques de relance de la croissance, et qui montre bien, page 66, que celles de la France étaient de type keynésien.

      -quant à l’article de Piketty, il met en question son importance et son efficacité à venir (l’article date de 2008), c’est un autre débat.

      1. Je lis très exactement ce que je propose, d’ailleurs votre réponse de type « triple axel renversé et salto avant » ne me surprend pas du tout ….

  8. « c’est un quinquennat pour rien, ou pas grand chose. »

    Il n’y a que les montagnes qui… même Zemmour le dit

  9. @ Voda
    « The Times They Are A-Changin’ » – Bob Dylan, mais pas il n’y a pas de changement dans tous les domaines.

    « (…) La démocratie, ce n’est pas un club fermé seulement accessible aux gens bien habillés et heureux. (…) La démocratie n’est pas la sérénité entre les hommes, c’est celle des institutions. Mais les élites la vivent comme leur citadelle assiégée. (…) »
    http://www.marianne.net/obj-washington/heritage-obama-amerique-deboussolee-100247031.html

    Cela ne semble pas être la sérénité permanente entre des hommes élites politiques, là aussi  :
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/06/16/transport-routier-bruxelles-a-lance-une-procedure-d-infraction-contre-la-france_4952027_3234.html

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/10/15/20002-20161015ARTFIG00114-transport-routier-la-france-et-l-allemagne-mettent-la-pression-sur-bruxelles.php

    Les élites politiques, ceux qui ont négocié les différents traités européens, ne découvrent probablement pas les montages possibles pour des sociétés écrans, dans l’UE ou dans le monde, en plus des paradis fiscaux selon l’OCDE ou la Commission européenne, etc., ni la possibilité de dumping. M. Zemmour ne me semble pas prendre assez en compte les théories socio-économiques a priori mises en application dans presque tous les pays par différentes tendances politiques, au nom de la mondialisation ou du mondialisme. Même la mode musulmane serait devenue un marché prometteur dans un marché assez concurrentiel aussi, celui du vêtement.. Nous devrons toujours nous habiller, le plus souvent, cela ne changera probablement pas.

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