Pour 2017, Mélenchon.

Une chaîne brisée, mais un actionnaire qui a vidé son « actif » sans s’en rendre compte;  les méfaits de la climatisation; la Commission européenne qui a décidé de mettre en demeure la France qui ne privatise pas assez vite ses barrages, et d’autres sujets encore. Mélenchon poursuit son exercice pédagogique, semaine après semaine, avec calme et sérénité.

 

Le Mélenchon de 2017 n’est pas celui de 2012. Le monde de 2017 n’est pas celui de 2012. Il a sans doute compris qu’il ne saurait élargir sa base électorale s’il continuait à crier davantage contre la gauche gouvernementale que cette droite dure ou furibarde qui se présentera contre nous dans quelques mois.

Chacun trouvera nombre de sujets de désaccords avec les Insoumis ou avec Mélenchon. Il y a quelques jours, l’hommage de Mélenchon à Fidel Castro m’est apparu de prime abord ridicule (autant se le dire franchement). La dictature cubaine est une évidence pour nombre de Cubains. Mais il fallait écouter simplement et surtout directement ce qu’a dit Mélenchon. Il a rappelé l’Histoire, la vraie. Celle qui existe au-delà des raccourcis en 140 caractères sur Twitter ou des petites phrases d’éditorialistes sur les chaînes d’info. Il a rappelé ce que Castro a été été « par dessus la barrière du temps, pour que l’on nous comprenne et qu’on comprenne le sens de la place qu’occupait cet homme pour nous tous ». Il a rappelé qu’il fallait « se souvenir qu’au moment où a éclaté l’incendie merveilleux allumé par l’assaut des nôtres abattant le régime de Batista, incendie qui éclaire l’île, le monde était alors partagé entre les révolutions socialistes qui secouaient à intervalles réguliers et pour ainsi dire chaque année les peuples humiliés, les pauvres, les opprimés contre leur tyran. » Il a rappelé le blocus « interminable » imposé par les États-Unis.

(Melenchon s’est emballé ensuite au-delà de mes capacités ensuite: je suis incapable de défendre une dictature, ce que Cuba est devenue, au nom des circonstances. Nombre de gens, de tous horizons politiques, y arrivent très bien. C’est la limite de mon pragmatisme personnel).

Bref, chacun trouvera nombre de sujets de désaccords avec Mélenchon. Et si Castro en est un pour les centristes/hollando-bayroutistes qui taisent notre business avec le Qatar ou l’Arabie Saoudite, ou les furibards fillonistes qui applaudissent Poutine, je sourirai.

Les deux seuls arguments que je n’écoute pas, que je n’accepte pas, que je j’ignore avec plaisir sont les suivants.

Primo, son opposition à Hollande aurait été si violente et injuste dès le premier jour qu’il serait responsable de l’échec de Hollande et ne mériterait donc aucun soutien. Avec un pareil argument, entendu et rabâché, nombre de politiques auraient du cessé d’être soutenus depuis des lustres. Hollande en premier, qui a trahi sa femme, Ségolène Royal, qui nous plaisait bien ici pourtant en 2007 et au-delà.

Cet argument est inepte. J’ai confié dans ces colonnes combien il était pénible de se faire insulter par sa gauche quand on soutient Hollande. J’ai raillé dans ces colonnes cette « vraie gauche » jusqu’à inventer ce qualificatif de « vrauchiste » dont on m’affuble/je m’affuble aujourd’hui. Et alors ? Hollande a gentiment glissé vers la droite et tourné le dos à une fraction croissante de son électorat de 2012. Certains n’étaient pas convaincus dès 2012; d’autres ont craqué à l’automne 2012. D’autres encore au printemps 2013. Ma rupture a commencé avec l’ANI (janvier 2013), elle a été consommée avec la nomination de Valls en 2014. Chacun son rythme, chacun son histoire. Mais la politique est une affaire de convictions et de compromis. Accepter les voix des vrauchistes un jour, fustiger de les soutenir quand ils sont mieux placés pour gagner le lendemain est une attitude irresponsable ou immature. Ou les deux.

Secundo, on reproche à Mélenchon de n’être pas crédible pour gouverner. de qui se moque-t-on ? Nous avons eu Chirac, Sarkozy puis Hollande. Qui peut croire que ces gens étaient capables de gouverner a priori ? Qui peut croire qu’ils ont finalement réussi à gouverner ?

Mélenchon est l’un des rares candidats de stature nationale à refuser le culte de la personnalité égotique qui frappent la totalité des apprentis Napoléon de l’extrême droite au parti socialiste en passant par les Républicains.

Mélenchon est le seul candidat à réclamer une Constituante, à louer les rapports de force, à s’en remettre à la voix majoritaire; à applaudir aux corps intermédiaires.

Ces deux accusations étant mises de côté, confrontons désormais les idées, les programmes, les actions.

Si l’utilité de 2012 était de licencier Sarko, celle de 2017 est de comprendre qui peut comprendre, capter et soigner la rage populaire sans tomber dans les affres de l’extrême droite ou de la droite furibarde.

 

 

Fillon, notre adversaire

Avec ou sans surprise, il a gagné. François Fillon a transformé l’essai. Quelques minutes avant l’annonce du résultat, un journaliste de TF1 explique qu’ils ont « fouillé les poubelles des bureaux de vote » et qu’ils y ont trouvé plus de bulletins Juppé que Fillon. Certains journalistes d’investigation se réfugient comme ils peuvent.

Fillon était serein. Il a passé l’après-midi à regarder un spectacle de Formule Un.

Avant 21 heures, Juppé a reconnu sa défaite, écrasante. Je me suis souvenu de ce billet, il y a deux ans, quasiment jour pour jour, qui pronostiquait comme d’autres la défaite de Juppé l’archi-favori des sondages. La victoire de Fillon est une clarification. La droite s’est choisi un champion sans les travers Bling Bling outranciers de Sarkozy, mais à peine réconcilier avec la laïcité, et effarant réactionnaire en matière de libertés publiques et de diplomatie.

La défaite de Juppé devrait interroger chez Hollande, Macron et quelques autres. Car il va y avoir du monde au centre. Bayrou devrait se présenter. Macron continue son chemin. Valls va se lancer. Hollande aussi. Peut-être.

Le centre s’éparpille, se disperse. Il nous fatigue. L’échec de Juppé montre que le centre mou ne correspond à rien ni à grand monde. Il a suffit d’une primaire rassemblant moins de 10% du corps électoral pour que la France politique soit toute retournée.

Aux Etats-Unis, Donald Trump conteste le résultat des votes à l’élection présidentiel qui donne 2 millions de voix supplémentaires à Hillary Clinton après le comptage définitif.

 

Qui a pu imaginer ce bordel ?

Vote primaire

Il y a la queue dans quelques bureaux de vote de cette primaire de droite. En allant chercher mon steak dominical ce matin, j’ai vu la petite foule des gens bien habillés attendre dans un début de froid automnal .

Sur Twitter, j’ai lu ceci.

 

Cela suffit à motiver quelques proches et amis à aller voter contre « la peste dont on ne guérit pas », plutôt que le « choléra qui se soigne ».

Sans moi. Je répète l’argument. Fillon battu, Juppé se fera dévorer par Le Pen, peut-être même dès le premier tour.

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Chanson du dimanche: « le diable a parlé »

Castro, Mélenchon et autres billevesées

Mélenchon a obtenu le soutien d’une majorité des militants communistes. C’est heureux. Comme il est heureux que le PCF suive désormais le résultat de ce vote. Un PC démocratique, c’est toujours agréable.

La mort de Fidel Castro rappelle que cela ne fut pas toujours le cas, loin de là. Commenter la mort de Castro est effroyablement lassant. L’homme avait 90 ans, c’était un dictateur. Et la responsabilité du blocus américain dès la chute du corrompu Batista a déjà été prouvée.

La pensée unique de Fillon… et Juppé

A force de la dénoncer, cette pensée unique ne se trouve plus que chez eux.

Les deux candidats de la droite.

Cette Pensée Unique consiste d’abord à ignorer l’inégalité et la précarité; à légitimer un darwinisme social et économique au nom de la Rente que l’on cache derrière la Compétition.

Cette Pensée Unique consiste aussi à accuser « les médias ».  Une accusation, quand on sait qui possède la plupart des « médias » , qui est simplement ridicule.

Cette Pensée Unique consiste aussi à masquer la réalité des coupes dans les dépenses de soutien aux plus modestes. Cette Pensée Unique consiste à opposer les modestes entre eux. Par exemple, Fillon a bien évidemment prévu un « bouclier social » pour les plus pauvres en matière de Sécu (qui n’est rien de plus que ce qui existe déjà, ne riez pas) pour mieux proposer de supprimer tout remboursement par la Sécu hors maladies graves.

Cette Pensée Unique existe enfin depuis 4 décennies bientôt. Il n’y a rien de neuf. Elle a débuté chez Reagan, Thatcher puis, vers 1986, en France aussi. Elle contamine aussi les rédactions des services eco des Echos, du Figaro, du Monde, de France Inter, d’Europe1, de RTL, de RMC.

Dénoncer la « Pensée Unique » est une astuce pour faire passer des candidats des riches pour des candidats anti-système.