USA: the D-Day


Comme dit l’expression consacrée, à l’heure où j’écris ces lignes, nous ne savons pas qui de Trump ou Clinton l’a emporté de l’autre côté de l’Atlantique. Les derniers jours ont été éprouvants, aussi éprouvants que cette trop longue campagne qui a vu un candidat milliardaire raciste, misogyne et violent emporter une primaire puis s’arroger une quarantaine de pourcent dans les sondages d’opinions depuis son investiture.

Il serait facile d’accuser Trump ou le Parti Républicain de tous les maux. Trump n’est pas la première illustration des dérives politiques de la droite américaine et de la rage de son électorat.

Trump est la conséquence d’un désarroi.

Dans le camp démocrate, Hillary Clinton a déjà gâché le symbole heureux que l’élection d’une femme à la présidence américaine aurait pu être. Sa proximité criante avec les milieux d’affaires et sa fondation sur-financée par les plus riches ne laissent aucun espoir. Mais l’arrivée de Trump à la Maison Blanche serait autrement plus détestable et catastrophique. Donc nous espérons bien que nos amis américains voteront majoritairement contre ce milliardaire financé par Poutine et quelques émirats, soutenu par la frange la plus horrifiante de ce grand pays qu’est l’Amérique.

Nous sommes mardi 8 novembre 2016, jour historique à plus d’un titre.

On se souviendra des témoignages sur l’Amérique rageuse, la déception des supporteurs de Bernie Sanders (bel espoir !), les conventions républicaine et démocrate, les dérapages de Trump qui n’en étaient pas. Trump est une personne indigne de son pays, mais son pays est grand de supporter des gens comme Trump. Je reste fasciné par cette alliances des contraires qui, in fine, reste dans la même démocratie sans souci identitaire mais avec une violence que la France ne supporterait pas plus de quelques semaines.

 

La démocratie, quand elle est factice, est fragile. L’Amérique est la seule démocratie au monde où la  Constitution d’origine s’impose encore contre le pire, parfois pour le pire.

Hasard et fausse coïncidence, un film sur Edward Snowden, par Oliver Stone, vient de sortir en salle. Un film refusé en Amérique, financé par des Français, des Allemands et quelques Britanniques. C’est un grand film sur un lanceur d’alerte, réfugié en Russie, celle de Poutine, que ni Clinton, ni Trump (qui lui a promis la peine de mort), ni même Obama, n’ont voulu protéger alors même que la justice américaine a finalement reconnu que la NSA avait gravement fauté.

 

9 réflexions sur “ USA: the D-Day ”

  1. « Swiss small again ! » Fuck la gourmandise et racisme.
    Ni si simple (comme souvent)
    Ainsi j’entendais ce matin (Fr Int) un partisan pro Trump: « nos industries délocalisées, nos millions d’employés sur le carreau, rien à f.. de l’étranger ! » en gros.
    Damned, ni original: ici aussi la même Tartine.

    Je retiens (aussi) de cette campagne, l’épaisse peau de saucisson couvrant (protégeant?) l’œil des analystes, journalistes, médias (cette fange ..gnâgnâ) nous assurant -ni très longtemps- d’un éphémère épiphénomène, -symptôme accessoire ou appendice annexe, appelé Donald.
    Et « le prix coincoin » revient à..

    hier je chatais avec mon amie Debbie (Michigan; black et au chômage) qui me dit: « how can we be ready for something like Trump. It’s sad, but we get to see people’s truth, what they really believe »
    – comment peut-on être prêt pour un machin comme Trump. C’est triste, mais on arrive à voir la ‘vérité’ des gens, ce à quoi ils croient vraiment.
    Yes dear friend, c’est (aussi) ça..

    thanks Juan pour la b.a de « Snowden », ou quand la réalité met un vent à la fiction, ..tout en ranimant notre parano,

    1. Un commentaire qui prend tout son sel lorsqu’on sait que les produits Trump sont fabriqués à l’étranger.

  2. Cette campagne aura donné une image glaçante de ce qu’on peut faire du désarroi des gens….certains politiques n’ont aucune limite dans la régression qu’ils imposent à leurs électeurs…comment peut se laisser berner de la sorte….
    les démocraties en général s’égarent …
    et surtout prenons garde nous ne sommes guère mieux lotis …certains politiques à droite s’opposent à Hollande de manière indigne et insupportable! ( et pourtant je ne suis pas d’accord avec la politique menée )

  3. La démocratie – du moins, ce qu’il en reste -a sérieusement du plomb dans l’aile lorsque des prétendants à la direction d’un pays n’ont d’autres objectifs que de dresser les citoyens les uns contre les autres . Ma parole, on se croirait dans une campagne électorale française .

      1. A ce point, ça dépasse les bornes . Et quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites .
        Blague à part, c’est ce genre de stupidité qui fait le lit des extrêmes mon cher Doc . Mais demander à des politiciens professionnels d’avoir un minimum de sens commun relève de l’utopie, hélas .

  4. Trump relève d’un phénomène commun à tout le monde occidental : le succès du discours » anti-élites »( …qui aboutit toujours, lorsqu’il l’emporte, à les remplacer par d’autres élites !) auprès d’une classe moyenne qui se sent menacée.

    Mais si ce discours peut déboucher, en Europe, sur des régimes autoritaristes et xénophobes , dans des pays aussi différents que la Russie, la Pologne, la Hongrie, la Turquie, etc., les Etats-Unis en sont protégés par les pouvoirs très étendus des Etats face à l’exécutif fédéral, et par un culte de la liberté à un niveau qui n’existe nulle part ailleurs (avec tous ses excès: liberté de posséder des armes, etc.); les Etats-Unis, c’est à la fois le pays du maccarthysme (en pleine guerre froide qui menaçait de devenir chaude), et le pays qui a mis fin au maccarthysme; le pays de la candidature à la présidence de l’ultra-réac Barry Goldwater, et de la déroute de Barry Goldwater aux élections..

  5. DT.. ‘heureusement’ W Bush a culotté le terrain d’une culture (intellectuelle) en friche, alors de la patine sur qql agacement, (et une S Palin, sorte de Nadine M, en pire forcément)
    Tout est possible !
    ..pourquoi vois-je le verre à moitié vide.. ni même la perspective d’un taquin folklorique, broyeur d’ennui.. aïe !

  6. Des élèves posaient cette question à leur prof : Comment détruire une nation? Le prof demanda un délai de réflexion.
    Le lendemain, suite aux directives d’ une ministre il annonca que désormais les devoirs ne seraient plus notés, mais appcréciés. Lui décidait de mettre l ‘ égalité des chances en avant, il donnerai la moyenne de la classe à tous.
    Un examen en fin de cours, classa tous les élèves à B
    Une partie qui étudiait bouda un peu, les cancres étaient heureux.
    Le mois suivant, le moyenne tombait àD, puis à F
    Les bons élèves ne travaillaient plus, les fainéants encore moins.
    Toute la classe échoua à l ‘ examen final.
    Le prof réuni ses élèves et leurs déclara ; quand le riche tousse, le pauvre crève. Je vous ai appliqué le socialisme qui prend aux riches pour donner aux pauvres. C’est ainsi que l ‘ on détruit une nation.

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