Adieu 2016

Film du samedi, #AvenirEnCommun

Palme d’or, un plaisir, une terreur, une réalité.

Indispensable pour terminer l’année, pour celles et ceux qui ne l’auraient encore vu.

Pourquoi ce sera l’ #AvenirEnCommun

Une campagne présidentielle démarre. Elle ressemble à celle de 2007: le président sortant, un élu de Corrèze, ne se représente pas, il était d’ailleurs accusé de tous les maux. Un ancien de ses ministres s’est déclaré à sa succession. Il annonce qu’il a « changé » et qu’il va « changer« . Il prône une rupture avec le quinquennat d’avant dont il faut pourtant l’un des plus forts soutiens. Le candidat désigné de l’opposition « gouvernementale » a créé la surprise. Maintenant qu’il est désigné, on découvre son programme.

La comparaison 2007/2017, Chirac/Hollande, Sarkozy/Valls, Royal/Fillon s’arrête là.  En 2017, la France politique frémit à l’idée d’une victoire d’une Marine Le Pen que l’on promet déjà qualifiée pour le second tour de ce fichu scrutin. Le PS se déchire dans une primaire interne plus ravageuse que jamais. Et la France ne sait pas si elle sort véritablement de cette crise qui a 9 ans déjà – financière, écologique, sociale, économique.

Nous sommes (bientôt) en 2017, et il faut bien faire un choix. Il faut en effet d’abord se convaincre qu’on ne peut se laisser (dés)abusés pour laisser le scrutin à l’extrême droite même si l’offre politique ne nous satisfait pas. L’extrême droite n’est pas une chose normale.

Pour celles et ceux qui, ensuite, sont convaincus qu’elles/ils devront faire un choix, il faut savoir pour qui l’on vote. Je laisse volontairement de côté les yaka/focon et autres aigri(e)s qui attendent le Messie, c’est-à-dire l’homme/la femme providentiel(le) qui correspondra en tous points à leurs idées. Pour les autres, la question est difficile. Il faut choisir entre des programmes qui forcément déçoivent ici ou là.

Il faudrait en premier lieu mettre de côté les étiquettes. Et lire les programmes.

Puis se faire une conviction sur le moins pire d’entre eux. Voire le meilleur. J’ai lu le programme de Fillon, celui de Mélenchon, et je peux deviner l’essentiel de celui du vainqueur de la primaire socialiste pour avoir (trop) étudié ce quinquennat. Les nuances entre Valls, Macron, Bayrou ou Juppé sont sans intérêt.

Il faut enfin se faire une conviction sur le sens politique de son vote. A quoi bon voter sans espoir d’utilité, même à moyen terme à défaut de court terme ?

Pour ma part, je n’attendrai pas le résultat de la primaire socialiste. Il y a plein de militants sincères qui vont se mobiliser pour elle. Et débattre de différences de nuances. La vraie rupture, contre le quinquennat passée et, surtout, pour l’avenir, n’aura pas lieu. Manuel Valls conduit une OPA sur les vestiges du Parti d’Epinay. Si vous voulez y participez, c’est votre choix.

L’époque mérite pourtant un autre choix, décisif et volontaire. Un choix qui dépasse les rancœurs du passé qui sont lourdes; un choix pédagogique car la période en a besoin. Un choix qui protège ceux qui en ont besoin.

Heureux hasard, le prétendument « vote utile » a disparu. L’élection de Trump a balayé les espoirs du « camp utile ». On peut railler la démocratie américaine. Elle a effectivement permis l’élection du pire des candidats, à bien des égards. Mais là n’est pas l’essentiel. La victoire de Trump est d’abord la faillite de Clinton et du Parti Démocrate. En France, le renoncement de Hollande est le signe d’un doute et d’un éclatement. Enfin.

Nous avons enfin l’occasion de voter contre et pour à la fois. Contre un système, des candidats, des politiques qui ne font finalement qu’une; et pour un programme, une ambition, un changement.

Ce choix est celui de la France insoumise. Qu’il s’agisse de 2017 d’abord, et de la suite après, il est impossible, irréaliste, suicidaire de penser que celles et ceux qui ont échoué peuvent être une relève.

Le vote utile s’appelle Mélenchon.

#AvenirEnCommun, intérêt général humain.

Bonne année, celle-là peut être la bonne.

 

Pardon Youtube ? #WTF!?!

Vous vous souvenez tous de cette gentille YouTubeuse, invitée par les gentils de Youtube, pour poser des questions gentilles au sympa Jean-Claude Juncker de la gentille Commission Européenne.

Une arnaque de communication qui … n’a pas eu lieu. Parce que la gentille Youtubeuse n’a pas joué le jeu. Elle a préparé les questions qui fâchent, les seules qui valaient la peine d’être posées – la corruption, TAFTA, l’évasion fiscale en Europe.

Le film qui explique ce qui s’est passé, comment cela s’est passé, et surtout pourquoi cela s’est passé, est enfin en ligne.

Il démontre une chose essentielle: il y a de lucidité et du courage partout.

Bravo, chapeau.

Mélenchon, l’Européen

Le candidat progresse, il heurte, il agace.

Les désaccords avec certaines de ses positions en matière de politique étrangère ont été exprimées, détaillées, expliquées ici. Mais l’avantage de Mélenchon est qu’il fait preuve d’une pédagogie plus soutenue, plus fouillée, plus complète que tous ses concurrents nationaux. Même ses adversaires lui reconnaissent ce souci d’expliquer pour gagner les esprits. Le succès de sa chaîne YouTube, première chaîne video politique en France avec près de 150 000 abonnés désormais, en témoigne. Mélenchon, donc, explique, ré-explique, ré-ré-explique. Pour preuve, la construction européenne.

On a souvent caricaturé les positions de Mélenchon, en particulier sur l’Europe. Assimiler Melenchon à Le Pen est chose courante chez les macronistes, vallsistes et, bien sûr, les fillonistes et sarkozystes.
Il suffit pourtant de lire le programme, ou, mieux encore, le récent ouvrage « La France insoumise » pour comprendre que sa position est loin du souverainisme xénophobe et irresponsable défendu par certains, en particulier par Marine Le Pen et ses sbires. Il est même de bon ton, dans ce large spectre de commentateurs libéraux et assimilés, de caricaturer depuis des lustres toute opposition de gauche à la construction européenne telle que nous la vivons.

Melenchon est favorable à la construction européenne. Quiconque raconte l’inverse ment.

« Même si l’Union européenne est une invention de la démocratie chrétienne, la construction d’un ensemble politique continental est une idée progressiste. (…) cette idée a toujours appartenu à la gauche.  » Jean-Luc Mélenchon, le choix de l’insoumission, 2016.

L’argument majeur de Mélenchon contre l’UE repose sur la question du rapport de force. L’arnaque, ou la faiblesse, d’une partie des arguments nonistes au référendum sur le Traité Constitutionnel européen de 2005 fut l’absence de Plan B. Melenchon le reconnaît Bien volontiers. Il fustige d’ailleurs avec la même et heureuse logique ce qu’a fait Tsipras en Grèce: s’attaquer a la Troïka européenne sans plan B. 

« Ce qui est spécifique dans ma manière d’agir, c’est que je mets le poids de l’Etat-Nation dans la stratégie du changement européen. De son côté, Marine Le Pen nie ce poids: elle veut se retirer immédiatement. Procéder ainsi, c’est reconnaître une domination – j’assume ce mot – du gouvernement allemand sur le continent. » Jean-Luc Mélenchon, le choix de l’insoumission, 2016.

Sa critique de l’absurde proposition lepeniste devrait être répétée: sous couvert de s’afficher pour une sortie de l’euro et une rupture brutale avec l’UE, Marine Le Pen s’affiche comme l‘idiote utile et soumise d’un espace économique européen dominé par le libéralisme austéritaire d’Outre-Rhin.