Ce que la victoire de Hamon ne dit pas

Hamon a largement emporté la primaire socialiste contre Valls, laquelle primaire a un peu mieux mobilisé qu’au premier tour. 

Premier enseignement, Valls a pulvérisé son score de 2011. En 5 ans, si l’on ajoute une partie des intentions sondagieres de vote en faveur de Macron on peut conclure que le centre politique du Ps a sacrément glissé sur vers la droite. Celles et ceux qui pensent que la victoire de Hamon est un recadrage à gauche de l’ancien parti majoritaire font une erreur d’analyse. 

second enseignement, la victoire de Hamon est une avancée politique quand même. Hamon a repris peu ou prou ce que raconte Melenchon. Les convergences sont évidentes. Les effrayés des cercles socio-liberaux et autres neo-cons se réjouissent déjà que Hamon marche sur les plate-bandes de Melenchon et, ce faisant, l’affaiblisse. Ils ratent un point essentiel, un point que les supporteurs (dont votre serviteur) de cette France insoumise ne doivent pas oublier: une victoire politique se construit sur une victoire des idées. l’aggiornamento culturel nécessaire au pays pour sortir de l’ornière libérale suppose que davantage de candidat(e)s répètent les mêmes constats sur la réalité, défendent des propositions similaires pour l’améliorer. 

si Valls avait vaincu, imaginer le concert libéral auquel nous aurions assisté dans les prochains débats politiques. 

Bref, c’est un bon début. 

« On fait quoi dimanche ? » #reposprimaire

Il faut espérer que cette histoire s’efface lentement; que la primaire socialiste n’attire pas davantage au second qu’au premier tour.

Je lis ici ou là de l’incrédulité. Je ne parle pas des opposants au PS. Je lis ici ou là un désarroi évident. Le renoncement de  Hollande n’a pas fini de faire des dégâts. Vincent Peillon en est sans doute la meilleure des incarnations. Réalisez qu’il n’a pu choisir pour le second tour au nom du devoir d’union entre deux candidats que tout désunit.

Incroyable ou improbable ?

Benoit Hamon est une fausse surprise. Il n’a sans doute aucune espèce de chance de gagner quoique ce soit après le second tour de cette primaire socialiste. Sa proposition de revenu universel est venteuse; un vent sympathique, un concept peu préparé. Pour le reste, Hamon déroule un programme qui a pas mal de convergences avec celui de Mélenchon mais ses supporteurs vous expliqueront qu’il n’en est rien. Hamon lui-même insiste sur des désaccords qui n’en sont pas (Poutine ? Il faudrait cesser de caricaturer, surtout quand on se réclame d’un parti de gouvernement qui finit toujours par accepter la real-politik. La révision des traités européens ? Là aussi, il faudrait cesser de caricaturer. Mélenchon ne prône pas de « Frexit ». Lisez le programme.

Allez comprendre.

Hamon arrive sur le tard, mal préparé, peu clair sur les idées, et demi-frondeur.

Quand à Valls… bref… vous savez.

Donc dimanche, on fait quoi ?

On a piscine.

 

Chanson du dimanche: « mangez-moi »

#Culte

Brut, Les Jours, et maintenant Explicite

Voici trois nouveaux médias, trois nouveautés qui raffraichissent, trois tentatives qui cherchent leur voie.

Brut est un média qui se consomme en video sur internet, via Facebook ou Youtube principalement. Il faut le chercher pour le trouver, à moins que les algorithmes de ces plateformes sociales ne vous le propulsent sur vos pages.

 

Les Jours est un vrai magazine, payant mais pas cher, l’actualité y est décortiqué par thème et comme un feuilleton, une « obsession » dans le jargon des Jours. Puisque les primaires socialistes sont le sujet du moment, je vous conseille « les socialistes » (« Divisés, moqués, déboussolés, ils tiennent malgré tout les murs lézardés de la maison PS. Jusqu’à quand ?« ), « les idées fixes » (« Le revenu universel, idée de gauche… et de droite« ) ou encore « les grands primaires » (« Saison 2. Ils sont sept, ils se disent tous de gauche, il ne peut en rester qu’un.« )

L’abonnement n’est pas cher, 90 euros… par an.

« Alors, le revenu universel, est-il de droite ou de gauche ? Les politiques qui le défendent ou l’attaquent ont-ils bien compris de quoi ils parlent ? Grâce à cette nouvelle obsession, Idées fixes, nous allons tout vous expliquer. Commençons par le commencement : certes, il y a aujourd’hui confusion, mais à l’origine le revenu universel est une idée progressiste. Son principe : assurer un revenu ou une allocation de base à toute la population, c’est-à-dire distribuer de la naissance à la mort de chaque individu, quelle que soit sa situation – riche ou pauvre, salarié ou inactif –, une somme d’argent pour assurer ses besoins fondamentaux. » (lire la suite)

 

Explicite est le dernier né, une initiative pour l’instant bénévole et sans modèle économique d’une bonne moitié de la centaine de journalistes qui ont quitté iTélé en novembre dernier. Lui aussi se trouve sur Facebook, Twitter, Instagram, ou Youtube.

Ces trois initiatives en rejoignent d’autres. Elles incarnent un journalisme qui cherche à sortir de l’asphyxie ambiante.

Pourquoi je n’ai pas pu regarder le dernier débat de la dernière primaire du PS

C’est comme un crépuscule. Non pas celui des militants, sympathisants et autres occasionnels du PS. Ceux-là vivent leur vie, poursuivent leurs engagements, et sont finalement assez distincts et différents du sort d’une machine qui tourne à vide.

C’est comme le crépuscule du Parti Socialiste, l’institution. Les quelque morceaux du débat entre deux candidats du PS à la présidentielle au nom de la primaire d’un seul parti que j’ai pu attraper entre un dîner tardif, une engueulade filiale sur les révisions du bac et quelques travaux domestiques de ménage m’ont laissé une drôle d’impression.

Benoit Hamon semble hors sol. Il a eu cet aveu face à Valls, qui à mon sens résumait la limite et la bêtise des frondeurs socialistes: « La loi Travail j’aurais voté contre si tu n’avais pas utilisé le 49.3 »

Benoit, réalise donc où tu es, ce qui t’entoure et où tu peux aller. Et agis enfin.

Manuel Valls avait l’air presque sympa, sans doute plus au fait des choses que la campagne improvisée de Hamon. C’était surprenant. Il a martelé des slogans qui nous faisaient hurler en 2011 quand on défendait Hollande contre Sarko, mais cela n’a pas l’air de troubler ses supporteurs.

Bref.

Cette primaire s’achève enfin, le candidat des taxes sur les robots va sans doute gagner, la participation va osciller entre 1 million et 2 millions en fonction de l’humeur de JC Cambadélis.

Puis nous reprendrons la campagne des gens sérieux.

 

Comment Hamon va aider Mélenchon. Ou pas.

La première victoire de Hamon lors de cette primaire socialiste amène quelques conclusions évidentes.

Primo, les sympathisants socialistes les plus motivés ont donc désavoué la dérive libérale de François Hollande, incarnée par Valls. C’est clair, net, précis comme une découpe de boucher. Autorisons-nous cette première satisfaction. Nous n’étions pas d’affreux irresponsables qui n’avions rien compris à ce que le Parti socialiste était censé incarner.

Secundo, la disqualification probable de Valls permettra aussi à Emmanuel Macron de rassembler les centristes et autres socio-libéraux qui, nombreux, n’ont rien compris à la rage précaire qui envahit nos territoires. Cette clarification, certes porteuse de divisions, est au moins une clarification. Applaudissons.

Tertio, Benoit Hamon valide tant de constats et propositions de Jean-Luc Mélenchon qu’on se demande pourquoi il n’a pas rejoint la France insoumise plutôt. Bien sûr, il y a encore de grosses différences – l’Europe (Hamon reste naïf), le revenu universel et ce n’est pas rien.  Mais Hamon repose le débat politique au sein d’un PS devenu riquiqui là où il devrait être.

Quarto,

C’est ainsi, la messe semble dite.