Pourquoi Mélenchon et Hamon ont eu raison, pour l’instant.

Mélenchon et Hamon se parlent. Quelle affaire!  Ils ont même dîné ensemble. La conclusion a été rapidement publiée. Ni l’un ni l’autre ne se désisteront.

Je lis déjà qu’ils ont tort. Celles et ceux qui, comme Alain Duhamel, Apathie ou quelques autres éditocrates n’ont jamais soutenu que d’autres options politiques que l’inverse que ce que Mélenchon et même Hamon défendent propagent des avis qui sont sans intérêt. Ceux qui soutiennent Mélenchon réclament que Hamon devrait se désister, ils ont raison, on va vous dire pourquoi. Ceux qui soutiennent Hamon réclament le désistement inverse, ils ont tort, mais ils ont le droit. Et finalement, cette décision de faire chambre à part reste la plus rationnelle des décisions.

Pour le moment.

En 1974 puis en 1981, la gauche était parvenue à unir l’un des derniers partis staliniens suppôt de la dictature soviétique, un parti socialiste renaissant grâce à ses victoires municipales et locales, et les centristes du PRG.

45 ans plus tard, il paraîtrait que la France insoumise et le Parti socialiste seraient incapables de s’allier devant la menace frontiste.

#1. Le PS est largement responsable de la situation: à quel moment politique du quinquennat écoulé a-t-il tendu la main, par une mesure, un appui, une décision à « sa » gauche politique ? Jamais. Qui a parlé de « gauches irréconciliables » ? Comme Hamon gère-t-il les 40% de soutiens de Valls lequel l’a traité de doux rêveur irréaliste et d’islamo-gauchiste pendant la campagne des primaires ? Votre serviteur est l’un des nombreux témoins anonymes et stupéfaits à avoir vécu ce quinquennat dans l’attente d’un recadrage. A l’inverse, le PS a voulu prendre l’électorat par effraction. C’est l’électorat qui est parti. Le PS qui pesait 20 à 25% des suffrages est tombé à 15% dans les intentions sondagières. Merci.

#2. L’ex-Front de gauche a aussi ses responsabilités. Mélenchon aujourd’hui reconnait que la stratégie de rupture violente, portée par une rage et une déception sincères, a contribué à aliéner sa droite. Réécoutez ce qu’il a encore dit et rappelé la semaine précédente.

Cet échange entre entre l’acteur Torreton et Jean-Luc Mélenchon, qui est sorti du cadre imposé de la confrontation préparée par les concepteurs de l’émission, a permis à Mélenchon de confier ceci:

« Je suis prêt, à la sortie (de l’émission), à aller parler. Mais vous savez, c’est dur. Car les gens qui sont avec moi, ils détestent tellement le PS maintenant, ils les détestent tellement que c’est moi qui doit dire doucement, du calme, on ne va pas y arriver comme cela ».

Ces moments de vérité sont rares en politique. Mais celui-ci est exemplaire de la campagne de la France insoumise.

(Cf. à 1:02:00 dans la video ci-dessous)

 

#3. L’écologie politique, 15% des suffrages il y a encore cinq ou six ans, a disparu. Le ralliement de Jadot à Hamon en est le dernier exemple. Mais il y a de l’écologie partout dans les programmes de Hamon et Mélenchon. Le pivot du programme de Mélenchon est écologiste. Le même échange entre Torreton et Mélenchon jeudi dernier à l’Emission Politique de France 2 a permis de le rappeler.

« J’attends que l’on puisse discuter. Les circonscriptions, ce n’est pas mon sujet. » Mélenchon, 23 février 2017

#4. Finalement, aucun des deux ne se ralliera comme cela.Hamon et Mélenchon ont fait le même constat: la moitié de l’électorat serait indécis. Donc rien n’est sûr. Pourquoi voudriez vous décider que l’un ou l’autre a déjà perdu ? La moitié de l’électorat ne sait pas si elle va voter, et, si elle va voter, pour qui elle va voter. Pourquoi donc ne devrait on pas donner sa chance au travail de conviction de campagne ?

#5. Hamon et Mélenchon ont également dit et fait dire une chose importante: l’adversaire est ailleurs.

Voilà.

A chacun de convaincre.

 

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Pour convaincre de voter

Quelques sondages nous apprennent que la moitié des électeurs ne sont pas sûrs de leur vote au premier tour de la présidentielle d’avril prochain. Sympathisants de gauche comme de droite sont environ 30% à être indécis.

D’après une autre enquête, les plus fortes proportions d’électeurs sûrs de leur choix sont chez Le Pen (80%), Fillon (60%) et … Mélenchon (53%). A l’inverse, Macron a une base très friable – 33% de convaincus définitifs.

Pire encore, ces sondages, comme toujours, mesurent rarement le niveau de l’abstention: les résultats que l’on nous livre sont « nets » de l’abstention, une abstention que lon fait mine de découvrir le jour du scrutin.

Que faut-il en conclure ?

Qu’on a tous du boulot pour convaincre plus large et que rien n’est joué.

Prenons le sujet du fameux chiffrage des propositions. La séquence de la semaine dernière est exemplaire. Le matraquage médiatique avait repris contre l’absence de chiffrages des propositions de la France insoumise. Si à Macron on reproche de ne dévoiler son programme qu’au compte-goutte, le principal reproche adressé à Mélenchon portait sur l’irréalisme budgétaire de ses propositions.

 

Mais qui a pris le temps de lire, écouter, comprendre ? Dimanche dernier, quelques cinq heures d’antenne sur Internet ont été consacrées à ces explications. Et elles sont eu un effet bénéfiques, elles ont calmé ces fameuses critiques, pour un temps au moins.

 

Chanson du dimanche: « dimanche matin »

Une chanson culte mais à propos.

Trump, dangereux

Donald Trump n’est pas seulement drôle. Il est dangereux. Ce vendredi 24 février, le président des Etats-Unis a décidé d’interdire la présence de cinq médias dans les press briefings de la Maison Blanche. Croyez-vous qu’il s’agisse de journaux gauchistes ou crypto-communistes ? Rien de tel.

Reporters from the New York Times, Los Angeles Times, CNN and Politico were all refused access to an off-camera press briefing by Sean Spicer, President Donald Trump’s press secretary. (Lire la suite)

Il y a quelques jours, Donald Trump avait commencé sa conférence de presse par un long laïus incroyable contre « les médias« , « les journalistes« , ces « êtres humains les plus malhonnêtes de la planète » dixit Trump.

Une charge assez inédite.

Cette fois-ci, Trump exclut quelques médias de ses briefings officiels (ou de ceux de ses collaborateurs). Certains journalistes ont trouvé la parade, une parade simple qui s’appelle la solidarité: reprendre la question, ou l’enquête, d’un(e) confrère/consoeur censuré(e) par la Maison Blanche, au-delà de la compétition.

Grâce à Obama, il nous faut déclarer nos comptes sociaux (Facebook, Twitter, etc) quand on demande un « ESTA« , ce visa à 14$ valable deux ans pour entrer aux Etats-Unis.

On ne te dit pas merci, Barack, d’avoir joué, comme d’autres ailleurs dans les démocraties occidentales, l’idiot utile des racailles qui te succèdent.

Trump, cet homme est dangereux.

 

Ce fichu dîner du CRIF

J’en ai marre.

Chaque dîner annuel du CRIF charrie son lot de commentaires sur « l’argent ». Certes, ce dîner n’est pas donné. Il sert même à financer le CRIF. Mais l’association Juif/argent évoque autre chose chez quiconque a peu d’Histoire en tête. Le dîner du CRIF n’est pas une fête populaire, BREAKING NEWS. J’ai échangé hier soir avec un estimé journaliste qui relayait le prix, exorbitant, du dîner. Qu’on se le dise ici, l’association Juif/argent suscite chez votre serviteur une rage indicible.

Désolé, nous ne sommes pas responsables de l’Histoire que nous avons vécue.

Ceci étant rappelé, passons à l’essentiel, l’immonde bêtise du président du CRIF.

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ne sont pas invités au dîner du Crif car ils véhiculent la haine », a justifié Francis Kalifat ce mercredi 22 février sur RTL.

Cette déclaration est une misère, une profonde misère.

Et donc nous applaudissons, san sconteste et avec plaisir au communiqué de Mélenchon:

 « Me comparer au parti d’extrême droite dont l’histoire européenne est mêlée aux pires atrocités commises contre les Juifs, est une faute morale et politique. (…) Si le CRIF représente le gouvernement israélien et, pour cette raison, considère que j’en suis un opposant, je confirme que, comme beaucoup d’Israéliens d’ailleurs, je ne soutiens pas le gouvernement de Netanyahou, ni ceux qui ne s’offusquent pas de la violation des résolutions de l’ONU. « 

Oui, le CRIF défend le gouvernement d’Israël, par ailleurs coupable d’une politique xénophobe assez hors normes.

 

Bayrou/Macron, la réincarnation de Lecanuet

 

Je n’étais pas né quand George Pompidou a été élu contre Alain Poher, lequel était soutenu par les centristes de droite, en 1969. Mais j’ai l’impression de revivre le même match.

Voici François Bayrou, figure du centrisme de droite qui n’aime plus la droite, qui se rallie à l’héritier de François Hollande, Emmanuel Macron.

Quelle surprise.

Un centriste rejoint un centriste.

BREAKING NEWS

On ne sait pas comment Bayrou conciliera son aversion pour les « puissances de l’argent » avec Emmanuel Macron . On espère, pour lui, pour nous, qu’il trouvera.

Le ralliement de Bayrou donnera un jolie impulsion au candidat « ni de gauche, ni de gauche ».

Politiquement, c’est très cohérent, sans conteste. C’est aussi sans surprise. Sociétalement sympathique, économiquement patronale, la « vision« , à défaut de programme puisqu’il n’y en a pas, est un écho à Jean Lecanuet, Alain Poher et Valery Giscard d’Estaing.

François Bayrou vient de nous en donner une confirmation supplémentaire cette semaine.