De quelle union de la gauche parle-t-on ?


Sur le papier, on a tout pour s’entendre. Valls éliminé, le trio Mélenchon, Jadot, Hamon devrait pouvoir discuter sereinement et, éventuellement, s’allier pour la présidentielle. La presse propulse désormais des sondages pour nous expliquer que Melenchon, quelques points derrière, devrait se rallier à Hamon.

Il y a quelques obstacles. Mélenchon les a rappelé dans un simple courrier, limpide. On ne fait pas campagne pour gagner à n’importe quel prix, sinon on déçoit. Hollande est un exemple. Le Pen est la conséquence.

Il y a quelques obstacles à ce rapprochement d’une frange de l’appareil socialiste (hamon et les frondeurs) et le reste de la gauche.

En premier lieu, le comportement infantile, et médiatisé, des uns et des autres. Commenter en public les facilités ou difficultés à se parler est crétin et contre-productif.  Quand Hamon appelle à la discussion avec Mélenchon, il … n’appelle pas Mélenchon. Allez comprendre. Ou plutôt, nous avons compris.

« Je ne lui en veux pas. Benoît Hamon n’a pas eu le temps de me téléphoner depuis sa victoire contre Valls. Pourtant il disait dans sa campagne qu’il me contacterait dès le lendemain du vote interne au PS. » Mélenchon sur son blog, le 9 février 2017, 10 jours après le second tour des primaires socialistes.

Finalement, Mélenchon a écrit une longue lettre à Hamon. Au moment où où le sympathique mais crépusculaire Jadot propose une union.

En second lieu, de qui Hamon est-il le candidat ? Bien sûr qu’une alliance électorale suppose des compromis. C’est la loi du genre, et dans tous les camps. Mais Hamon, incarnation d’une fronde jamais en divorce avec le quinquennat Hollande doit gérer l’aile légitimiste du PS, en gros, ces 40% qui ont préféré Valls (Valls ?!!) au second tour de la primaire socialiste. Mélenchon a été assez clair, même si je regrette qu’il ait cédé à la facilité de désigner quelques noms (El Khomri, Valls) en pature pour illustrer son propos: de qui Hamon est le candidat ? Est-ce que Hamon cherche à faire une synthèse entre ceux qui défendent le quinquennat et ceux qui s’y opposent ? Le cas échéant, cette démarche est vouée à l’échec. Pour l’instant, Hamon est coincé: il est devant Mélenchon dans les sondages (pour ce que cela veut dire), donc il refuse de faire le moindre pas vers Mélenchon. Mais il n’ose clarifier de qui est le candidat, la gauche frondeuse ou le camp légitimiste.

Qu’il clarifie et tout ira plus vite, plus simplement.

« La question de fond posée par Mélenchon est celle de la cohérence. Et là-dessus il a raison » Cécile Duflot

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2 réflexions sur “ De quelle union de la gauche parle-t-on ? ”

  1. Tres difficile de juger cette histoire d’union des gauches, d’un cote les deux candidats ont chacun des (bonnes ) raison de ne pas se désister. De l’autre leurs ligne politique ne permet pas d’arriver au second tour sans candidat unique, ce qui les conduit inexorablement a finir la campagne par un appel au vote Macron/Fillon au second tour. Pas simple.

  2. Que peut on attendre de bon de cette union de désespérés.
    Les gouvernements ayant mélangé ce bric à brac ont été dans des luttes intestines ( voir coliques des électeurs) et ont piétiné.
    Le mélenchon ne veut pas s ‘accrocher au corbillard ps, il voudrait le conduire. L ‘ écolo lui, cherche une bouée où s ‘accrocher, surtout pour partager les frais de campagne, hamon le premier surpris d ‘ être là cherche des alliances tout en feignant de ne pas en chercher.
    Ses idées neuves pour la France sont de se raccrocher à hollande.

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