Bientôt 10 ans

Comme le rappelle l’ami Nicolas, dans un mois (et maintenant moins), cela fera 10 ans que j’écris chaque semaine. Je vous invite à lire ce billet. Nicolas et moi ne partageons pas le même avis, loin de là. Mais il n’empêche. Il reste l’un des meilleurs analystes politiques du moment.

Révolte individuelle avec les moyens du bords (à l’époque les blogs) contre une élection écœurante, puis entreprise antisarkozyste florissante, puis exercice improbable. Puis réflexe personnel, ces blogs personnels ont parfois suivi des chemins de traverse. Je me souviens de la bêtise de Ragemag, quand j’essayai de trouver un autre relais fin 2012. Je me souviens quand j’ai quitté les Leftblogs, jolie initiative qui s’est transformée peu à peu en cercle socialiste.

L’expression individuelle sur internet depuis 5 ans s’est développée sur les réseaux sociaux et le format video. L’analyse et le commentaire écrit ont été dévalués. Ecrire un blog paraissait anachronique et parfois douloureux: il a fallu gérer la lente descente vers le grand n’importe quoi du quinquennat Hollande. Cela va faire quatre ans (sur bientôt cinq) qu’il est devenu difficile d’écrire sur ce qui se passe en politique dans notre pays. En 2007, il y a 10 ans, l’éventualité d’une alliance allant de l’extrême gauche au centre (à l’image du Front populaire de 1936) était réjouissante. Puis il y a eu les fractures des gauches, la Vrauche contre la Groite. Puis il y a eu… maintenant. Un paysage fragmenté sur fond de dégout national

Le blog est devenu un exercice individuel, un exercice d’écriture et de témoignage.

10 ans.

10 ans pour constater la disparition du PS. La Macronite est une impasse politique majeure et détestable car elle vise à laisser, en tentant d’incarner l’UMPS, la seule alternative de l’élite contre la menace de l’extrême droite.  La déchéance de Fillon est tout aussi détestable car elle signifie la fin, provisoire, d’une droite républicaine de ce nom. Il reste Mélenchon, qui s’est écarté d’un marquage vrauchiste.

10 ans pour parvenir à cette conclusion qu’il faut rester insoumis et honnête.

10 ans pour constater que tes petites racailles ont grandi de leur côté avec la même rage mais davantage de dégoût.

 

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Quelle campagne !

Hamon désossé. Fillon sans doute en prison un jour prochain. Quelle campagne les ami(e)s !

Le ralliement de Valls à Macron est triste. Tristement risible. Cet homme trahit jusqu’au bout. Ce n’est même plus surprenant. C’est juste triste.

Le PS éclate. On se demandera plus tard si la faute n’est pas à chercher chez Hollande. Hamon s’effondre. Pourtant une majorité des sympathisants socialistes l’ont choisi à la primaire. Allez comprendre. Hamon s’accroche à deux attaques contre Mélenchon: primo, une caricature pro-Poutine qui a rapidement fait long feu. Secundo, l’Europe.

« Je dis aux insoumis, soyez insoumis au dogme austéritaire mais restez en Europe. On a besoin de vous pour changer les règles, pas pour ériger des murs. » Qui parle de quitter l’Europe ? Il s’agit d’être réaliste pour une fois. On reste en Europe à condition d’être capable de la quitter si celle-ci n’évolue pas. C’est le B-A-BA de la politique. Il faut encore un ancien trotskyste pour l’apprendre à un vieux socialise.

 

Un sondage Elabe pour BFMTV et L’Express publié ce mercredi place Emmanuel Macron en tête des intentions de vote au premier tour, maintenant l’écart avec Marine Le Pen, en deuxième position. Mais c’est à gauche que les scores basculent: Jean-Luc Mélenchon dispose désormais de cinq points d’avance sur Benoît Hamon. (source)

Pourquoi voter.

Je ne compte plus les désaccords que j’ai avec Jean-Luc Mélenchon. Au moins autant qu’avec François Hollande, que j’ai soutenu en 2012, ou Ségolène Royal, soutenue en 2007 puis 2011. Moins qu’avec Mamère que j’ai soutenu en 2002.

Pas les mêmes désaccords bien sûr.

Avec Mélenchon, les désaccords existent. Une campagne présidentielle n’est pas une opération béate.

Par exemple, je ne sais pas si l’opération constituante est possible même s’il faut en finir avec cette Vème République. Je ne sais pas s’il faut discuter avec Poutine pour parvenir à la paix dans quelques pays du globe comme la Syrie. Je n’ai pas les mêmes réticences avec la GPA même si j’entends l’argument de classe qui se cage derrière l’hostilité de Mélenchon. Il y a plein d’autres choses que je ne partage pas dans le programme de la France insoumise.

Et alors ?

Choisir un vote est d’abord un choix. Un choix majoritaire, c’est-à-dire un choix qui repose d’abord sur l’analyse des convergences et des divergences. Avec JLM, les premières sont évidemment plus nombreuses que les secondes. Elles sont plus nombreuses qu’en 2012 quand le choix s’est fait d’abord sur le critère du vote utile contre Sarko.

A celles et ceux qui sur-valorisent les désaccords avec les uns ou les autres des candidats, je n’aurais qu’un conseil: « keep calm and stay focus ». Les désaccords avec telle ou telle mesure méritent-ils un revirement ou une hostilité ? Ou sont-ils plutôt un prétexte pour éviter de faire le bon choix ?

 

Cocu, le candidat socialiste cherche une diversion…

Les adversaires de Benoit Hamon sont d’abord à l’intérieur. Hamon est lâché par les siens. On a connu cela. C’est un ancien ségoléniste qui vous le dit. Benoit Hamon s’est lâché contre Mélenchon/Fillon/LePen sur le sujet de Poutine, quelle ravissante salve ! C’était dimanche sur France 2.

Le lendemain, Alexis Corbiere rétablit quelques faits. Ne zoyez pas impatient, la clarification arrive dès les premières minutes de son intervention sur France 5: « la Russie est un régime autocratique, Monsieur Poutine est un oligarque. »

Merci m’sieur.

Marine Le Pen, agenouillée devant Poutine

La photo à la une du Monde daté du dimanche 26, lundi 27 mars 2017 est révélatrice, impressionnante. La présidente du FN est assise face à Poutine. Elle a la buste penché vers lui, les genoux serrés, les mains entrelacées. Elle apparait presque contrite, elle est intimidée et obéissante.

A l’inverse, Poutine se tient relax sur sa chaise, le buste légèrement vers l’arrière.

Marine Le Pen est d’abord allée remercier son banquier.

A aucun moment, il n’a été question du prêt de 9 millions d’euros qu’une banque privée russe avait accordé, en 2014, à la présidente du FN (ni du remboursement par la suite réclamé) qui a nourri les soupçons quant à la volonté du Kremlin de soutenir le parti de Marine Le Pen. Le média pro-pouvoir LifeNews s’y est sans doute trompé lorsqu’il a annoncé, vendredi, sur son site « Moscou aidera Le Pen », avant d’effacer cette information quelques minutes plus tard par ce titre : « Le Pen n’a peur de rien ». (source)

Marine Le Pen est la seule à exprimer au Kremlin ses convergences de vues avec l’autocrate Poutine.

Qu’on se le rappelle.

« Je n’ai pas l’intention de reprendre ici le fond de mon argumentation pour expliquer que je considère les Russes comme des partenaires quels que soient leurs dirigeants. Exactement. Comme le faisait la toute nouvelle et toute jeune troisième République avec la Russie de Nicolas II et De Gaulle avec l’URSS de Staline. Ce qui ne m’a pas empêché de préférer la révolution d’octobre au Tsar, et Trotsky à Staline. » Mélenchon, novembre 2016

Plus tard, Mélenchon a rappelé une évidence: « C’est une erreur de se mettre en position d’infériorité. (…) Il n’y a pas d’amis dans la relation politique internationale. On représente la France, un point c’est tout. (…) Je n’ai pas d’amitié avec cet homme, ni de points communs avec cet homme au point d’aller chercher une poignée de main qui discrédite celui qui la touche. (…) Moi j’en connais des chefs d’Etat, j’en ai fréquenté. Mais on n’y va pas pendant les élections. On n’y va pas dans le moment où est en train de se forger la décision des Français. »

Merci pour ces précisions.

Cette ado qui voulait voter Fillon

Conversation entendu dans un Eurostar de retour de Londres vers Paris. Seconde classe, wagon surpeuplé d’adolescents.

Un couple d’adolescents, 18 ans à peine, dans le rang devant.

Lui: « Tu as regardé le débat ? »

Elle: « oui, quand même. Moi, je vote Fillon »

Lui: »vraiment ?  »

Elle: « Oui, il va faire les choses nécessaires. Mais là, ces affaires… quand même. »