Le dernier caprice de Manu 1er

Emmanuel Macron invite Trump le 14 juillet, qu’importe. La société du spectacle n’a jamais aussi bien porté son nom. Macron a fait du casting utile en invitant l’un des bouffons le plus dangereux du moment.

Macron invite Le parlement réuni en Congrès à Versailles. Cette faculté très monarchique a été introduite dans notre Constitution par la réforme de Sarkozy de 2008. Sarko l’a ensuite utilisé une fois, pour tenter de relancer son quinquennat. Hollande aussi, au lendemain des attentats de Paris. Le premier jouait au monarque. Le second cherchait le recueillement et l’unité nationale. Macron suit Sarko. Il a été elu à plus de 60% des suffrages voici 6 semaines. Il a obtenu une majorité écrasante à l’Assemblée nationale. Et voici qu’il a encore besoin de se montrer, d’incarner seul le pouvoir. Il n’attend même pas que son premier ministre soit installé.

Caprice monarchique. Rien de plus, rien de moins.

Réunir le parlement en Congrès pourrait être l’occasion d’annoncer des réformes structurelles, voire constitutionnelles. Et la, il y aurait danger. Comment avec 15% des suffrages, l’une des majorités les plus élues pourrait elle prétendre être  légitime pour cela ?

Le machisme au quotidien

Sans surprise, c’est un homme qui a été élu à la présidence de l’Assemblée. Souvenez vous des promesses du candidat Macron, puis taisez vous. Recueillez-vous. En plus, les 48% de députées LREM ont voté sans état d’âme pour cet homme sympathique qui a retourné sa veste 4 fois en 4 ans: il a trahi EELV quand ses ministres ont quitté le gouvernement; Il a ensuite fondé un autre micro-parti pro-Hollandais; il a ensuite voté la déchéance de nationalité; il a ensuite trahi la primaire socialiste en ralliant Macron.

Un homme à la présidence de l’AN, c’est fait.

Je vous invite à lire l’une de mes icônes féministes, la charmante Olympe.

Christophe Castaner a indiqué que les députés La république en marche n’avaient pas de consignes, et que c’est un groupe composé à 48% de femmes qui a très largement choisi François de Rugy. C’est un fait démocratique, a-t-il dit. Comme si l’exécutif n’intervenait en rien dans le fonctionnement du groupe. Et d’embrayer sur les prochaines désignations à la Présidence des commissions, qui vont être paritaires. On aura donc peut-être des miettes.

Le commentaire du même Castaner à propos de cette élection est édifiant:

« Ça m’arrive souvent dans ma vie privée d’avoir ce genre d’espérances face aux femmes et d’être déçu. « 

Autre signe des temps qui ne changent pas, un député UDI a cru bon de faire un bon mot sur son retour à l’AN: il espère être assis à côté d’une « jolie fille ».

Bravo.

Sans commentaire.

Cette somme de polémiques inutiles

Ils ne gouvernent pas. Ils en sont loin. Et pourtant, les députés de la France insoumise continuent d’attirer les polémiques sorties de nulle part.

Il y a eu celle de « Méluche qui agresse les maths ».

Allo ?

 

Il y a eu aussi cette polémique sur Danièle Obono, jeune députée FI, noire, accusée de traitrise à la nationale par une émission surréaliste parce qu’elle a signé … une pétition de soutien à un rappeur censuré.  La fachosphère se régale. Jean-Michel Aphatie, qui a depuis longtemps remplacer l’investigation politique par le commentaires des tweets, renchérit.

« Nique la France et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents et ses réflexes paternalistes,

Nique la France et son histoire impérialiste, ses murs, ses remparts et ses délires capitalistes »

Oui, dans ces cas-là, ces moments-là, nique la France. Mais la question n’est pas celle du soutien aux paroles de ce rappeur, ni même à son message. Qu’importe, il fallait que la polémique  tombe sur la députée Obono, et pas sur d’autres signataires plus blancs (Noël Mamère, Eva Joly, Olivier Besancenot ou Clémentine Autain). Il fallait que la polémique sorte maintenant, et pas il y a 5 ans quand la pétition a été signée.

 

Camarade, rassure-toi, la France insoumise n’est pas le danger. Accorde un peu d’attention à celles et ceux qui, soumis, ont les commandes du pays.

 

 

Discuter de la loi Travail

Nous allons pouvoir, peut-être, discuter de loi Travail. Je dis peut-être puisqu’à l’heure où j’écris ces lignes, cette loi n’est connue que dans ces grandes lignes, mais pas en détail. Le détail viendra plus tard, en plein été, quand presse et citoyens seront moins attentifs et moins présents.

Dans ma précédente chronique hebdomadaire, j’ai repris les points connus de cette loi. 

Le gouvernement s’abrite derrière une petite cinquantaine de réunions avec MEDEF et syndicats pour expliquer qu’il y a de la concertation. L’Express, qui est loin d’être un torchon gauchiste, a résumé l’affaire: en gros, chaque organisation dispose d’environ 2 heures de questions orales en tout et pour tout. Ajoutez que les députés voteront sans le travail parlementaire habituel pour cause de vote forcé par ordonnance, cette opération est une belle arnaque d’un gouvernement qui passe en force sans mandat populaire pour le faire.

Commentons un peu le détail.

La fusion des instances du personnel est une mesure antisociale évidente pour qui connait comment cela se passe. Cela va surcharger des instances déjà surchargées. Et nuire au débat, à la bonne information et au contre-pouvoir, pourtant modeste, accordé initialement aux salariés dans l’actuel code du travail.

La loi prévoit de confier encore davantage de primauté aux accords d’entreprises, sans qu’on en connaisse encore tous les détails. Rappelons aux naïfs que l’entreprise est un niveau où les rapports de force sont aux détriments des salariés par rapport aux branches, même si les accords de branches comprennent parfois des obligations stupides. L’intention affichée du gouvernement dans son projet de loi est de limiter la primauté de l’accord de branche à un nombre restreint de domaines. La loi Travail veut ainsi autoriser les entreprises « à aménager les modalités d’indemnisation légales, la durée de la période d’essai, le préavis, les congés familiaux ».

Plafonner les indemnités prudhommales ? Mon meilleur ami a perdu sa boite à cause d’un procès aux prudhommes qui a duré 4 ans avec son deuxième employé. Je suis un peu sensible sur le sujet. J’ai besoin de lire le texte des intentions du gouvernement qui, forcément, n’est pas divulgué.

Faciliter les licenciements dans les filiales de multinationales ? #lol. Sans commentaires. Depuis quand une grande entreprise a « peur » d’embaucher quand elle a besoin d’embaucher à cause de l’actuel droit du travail ? Macron et ses sbires utilisent l’argument des TPE pour alléger les contraintes des grandes entreprises et des multinationales. C’est triste, c’est con, c’est indigne.

Le projet de loi Travail ne ménage pas spécialement les TPE et les PME par rapport aux grands groupes. Comme souvent en matière de lois anti-sociales, les arguments des petits servent à défendre les gros. Pour l’instant, cette loi promet un saccage.

Attendons les détails, qui sont déjà écrits mais cachés et connus du petit cercle macroniste. Pour l’heyre, le gouvernement déploie tous ses talents pour éviter de braquer les syndicats. Macron a même débaucher un ancien de FO.

Ensemble, tout est possible.

 

Le gouvernement Macron et la Marche des Fiertés

Macron n’est pas homophobe. L’une de ses qualités est d’être au moins libéral en matière sociétale et de s’opposer à celles et ceux qui nous ont fait chier au moment de la légalisation du mariage gay et la défense des droits LGBT.

Mais Macron s’est révélé suffisamment opportuniste pour désigner un ministre ouvertement opposés au mariage gay: Gérald Darmanin.

Il y a aussi ce député LREM ouvertement homophobe.

Le premier ministre Edouard Philippe lui-même s’est abstenu de voter la loi.

Bref.

Bon anniversaire la #MarchedesFiertés!

 

Chanson du dimanche: utopie!

Cette chanson du dimanche est pour la #radiodesblogueurs2017, organisé par le fidèle lolobobo. On a tous nos utopies, cette chanson est simplement planante.

Je passe le relais à Cycee, qui est plus assidue à l’exercice blogosphérique.