Du bon usage du parachutage


Il y a longtemps, très longtemps, quand j’étais gamin, mon paternel qui était alors à gauche m’avait expliqué que l’ancrage local pour des élections législatives est souvent réclamé par les bourgeois. Les notables locaux n’ont jamais aucun problème à désigner l’un des leurs, m’expliquait-il en substance. Les partis de gauche au contraire ont souvent eu besoin de parachuter leurs meilleurs éléments là où ils peuvent gagner, faute de disposer de forces localement ancrées fortes et surtout disponibles.

 

 

Ce rappel historique n’est plus d’actualité. La décentralisation a permis l’émergence d’une classe politique puissante et diversifiée. Partis communiste puis socialiste n’existent que par leurs ancrages locaux. Le PC a depuis longtemps disparu de la scène politique nationale. Il ne lui reste plus que l’ancrage local. Depuis sa déroute au scrutin présidentiel, le PS est en passe de subir la même destinée. Il s’accroche à ses bastions locaux, parfois avec le PCF, à défaut de convaincre nationalement.

Aussi la candidature de Jean-Luc Mélenchon dans la 4ème circonscription de Marseille fait-elle jaser, voire hurler. Les mêmes qui se taisaient sur les parachutages de ténors socialistes (voulez-vous la liste ?) ou se taisent aujourd’hui sur les parachutages de candidats macronistes braillent contre Mélenchon.

C’est cocasse.

On a presque oublié que Hollande fut un parachuté dans cette Corrèze qu’il a fait sienne sans y avoir aucune attache familiale. Que dire de François Fillon le Sarthois, bizarrement élu député de Paris ?

C’est cocasse.

 

 

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39 réflexions sur « Du bon usage du parachutage »

  1. Il y a autre chose qui sort du cadre politique et qui est grave pour les citoyens que nous sommes.

    En province, les réseaux formés de personnes publiques, privées et politiques leur permettent d’agir en maîtrisant les contrepouvoirs. Leurs puissances est énorme.

    Un parachutage ne gêne pas dès qu’il est maîtrisé par les grands partis, il n’en n’est pas de même lorsqu’il s’agit de personnalités qui se veulent indépendantes et même qui se battent contre ces pouvoirs.

    Mélenchon est l’exemple même de ce que craint et rejettent ces maillages.

  2. Résumons si les médias n’évoquent pas :

    – le parachutage du bérêt rouge Mélenchon
    – le macronisme vertueux qui veut laver plus blanc que blanc avec des boulets
    – le poignet d’acier d’Emmanuel « le fantastique »

    Comment utiliser les heures de caméra disponibles et let vider es tonneaux d’encre en stock ?

  3. En matière de parachutage rigolo, Elisabeth Guigou avait été parachutée à Bondy (93), où elle n’avait jamais mis les pieds . Voir cette grande bourgeoise arpenter le marché de cette commune ouvrière, durant la campagne des législatives, avait quelque chose de réjouissant .

    1. « Voir cette grande bourgeoise arpenter le marché de cette commune ouvrière »

      C’est pourtant vrai que, au siècle dernier, Bondy était encore une ville ouvrière ! Ça ne nous rajeunit pas…

      1. Commune ouvrière et pas bégueule, la preuve : Guigou fut élue !

  4. Marion Anne Perrine est , aussi, une parachutée : domiciliée à St Cloud ( 92), elle se présente à Hénin-Beaumont (59, si je ne m’abuse ) .
    Un pro du parachutage : Jack Lang, à Blois, dans le Nord et je ne sais plus où encore !

  5. Je ne crois pas que ce qu’on reproche à Mélenchon, c’est de s’être parachuté à Marseille, mais d’avoir choisi une circonscription où il s’agit de dégommer un socialiste plutôt que celle où il fallait battre un FN.

  6. L’important, dans le parachutage, c’est d’atterrir sans se casser la gueule.

  7. NKM n’est pas mal non plus : actuelle député de Longjumeau, elle se présente à Paris .

  8. Nous avons également le dénommé Henri Gaino, député des Yvelines se rabattant sur Paris .

  9. Un qui pourrait regretter de ne pas s’être parachuté ailleurs que dans l’Essonne, c’est Manuel Valls qui semble bien malmené dans les communes où il mène campagne .

  10. Les candidats « en marche » ne sont jamais parachutés puisque par nature ils ne sont jamais au même endroit.

  11. Qu’ importe l parachuté, qu’ importe son parti, il faut simplement se souvenir qu’ en dernier lieu c ‘est l ‘ électeur qui met son bulletin dans l ‘ urne. L’ électeur étant sensé connaître les parachutés, pour l ‘ élire il faut donc qu’ il ait été bien déçu par le précédent .

  12. Les troupes aéroportées sont aussi des fantassins. Ils font parti de l ‘armée de terre. Les paras sont donc aussi des fantassins. Fantassin regroupant tous les régiments terre .
    Puis vient la marine, qui a aussi ses fantassins et enfin l ‘ armée de l ‘air.
    Les parachutistes ne portent pas tous le béret rouge. Les paras se reconnaissent par l ‘ insigne représentant des ailes et une coupole sur la droite de leur uniforme . Chaque insigne a son numéro perso. Un para se souviendra toujours de son numéro de brevet.

  13. Stanislas : on se contente de dire , d ‘autres ajoutent et par saint Georges.
    Para un jour, para toujours .

  14. de dire et par saint Michel…. ces sacrés guillemets qui gomment la phrase.

  15. Des milliers de parachutistes sont morts en se battant pour leur pays .
    Des centaines de parachutés se battent pour avoir accès à l ‘assiette au beurre et à la possibilité de magouiller sans grand risque .

  16. Hors sujet : suite à la décision de Trump de laisser tomber l’accord de Paris, on peut dire que lorsque Mélenchon traite ledit Trump de crétin borné, il est encore au dessous de la vérité !

    1. C’est sûr : un président qui fait ce qu’il avait annoncé quand il était candidat ne peut être qu’un crétin borné.

      Et un président qui ne coupe pas dans les fables des « réchauffantes », un double crétin borné !

      1. Venez faire un tour par chez moi, vous verrez l’état des glaciers que les « réchauffantes mettent à mal .

        1. Crétin de clavier, qui me remplace mon « réchauffistes » par cet absurde « réchauffantes » ! Quant à l’état de « vos » glaciers, il ne signifie rien, étant beaucoup trop local. De même quand on focalise sur la diminution de la calotte polaire arctique (où les ours blancs, par ailleurs, n’ont jamais été aussi nombreux) en « oubliant » de préciser que celle de l’antarctique a tendance à augmenter.

          Mais arrêtons de parler de ce sujet : dans la mesure où le « réchauffement » dit encore « dérèglement » (comme si le climat avait jusqu’à présent tourné comme une horloge) est devenu un dogme, il est devenu à peu près impossible d’en discuter. Il faut attendre que les grands prêtres se lassent et que les inquisiteurs se fatiguent…

  17. Mon bannissement des commentaires est-il provisoire ou définitif ?
    Décidément, le goût du débat contradictoire n’est pas la chose du monde la mieux partagée…

  18. Et voilà qu’une fois de plus le Trumpouf s’affale sans vergogne sur son lit bordé de honte… Ou comment essayer de briller impunément avec tout et n’importe quoi pour masquer l’incompétence… Peu importe ce qu’il avait promis de réaliser pour se faire élire… Ma planète conspue ce rigolo gominé !

    ***

  19. Il est possible que nous aurons à parler des largués sans parachute, juste après les législatives.
    Bien garder en mémoire que ça ne concernera d’abord les actifs que secteur privé dans un premier temps ce qui ne mettra personne à l’abri pour autant.

    1° les coûts du non travail vont peser autant, si ce n’est plus, sur l’état, les groupes privés se faisant financés les charges sociales des salaires proches du SMIC. Les salaires à la baisse entreront dans le périmètre de couverture du CICE.

    2° les prestations de chômage en baisse ou payées moins longtemps ne fera rien gagner aux dépenses publiques. Les contrats CDI à vie, devenus des CDI précaires à vie, ne feront qu’organiser la rotation du chômage et du chômeur. Il ne restera alors au gouvernement de Macron qu’à opérer une reclassification des catégories de chômage (ne pas oublier d’acheter un tapis plus grand pour glisser les irrécupérables du travail)..

    Puis la vague va doucement toucher les retraités dans leur ensemble,
    selon le grand principe de la « mutualisation des pertes » et « privatisation des bénéfices ». Une nouvelle forme libérale financière du grand transfert généralisé des dettes du secteur privé sur le secteur public.

    Voici présenté, ci dessous, l’effet des ordonnances futures de la loi travail du soi disant « moderne « docteur  » Macron.

    Et n’oubliez pas de remercier les députés qui auront donné quitus au gouvernement « poignet d’acier »

    https://www.boursedirect.fr/fr/actualites/categorie/social/en-espagne-la-flexisecurite-n-evite-pas-la-precarite-afp-40d1e7e5346881be0bbfd6a681fdcbacc47896cc

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