La mauvaise semaine de Donald Trump

Aux Etats-Unis aussi, la séquence du renouveau déraille.

Trump n’est pas Macron, loin s’en faut. Mais les deux incarnent cette nouvelle séquence politique de ras-le-bol qui frappe nombre de démocraties occidentales. Trump est si outrancier que sa dégringolade impressionne.

La semaine dernière, son nouveau directeur de la communication a dézingué dans la presse le chef de cabinet (« Reince est un putain de schizophrène paranoïaque, un paranoïaque« ), qui a été débarqué deux jours plus tard, et le conseiller ultra-réactionnaire Steve Banon.

Peu de temps auparavant, le président avait expliqué combien il n’appréciait plus son ministre de la Justice (Attorney Général), qu’il avait pourtant choisi…

Cette même semaine, le projet de loi d’abrogation de l’ObamaCare a été rejeté par un Sénat pourtant à majorité républicaine grâce à trois défections du « GOP« : le vétéran de guerre John McCain, rescapé d’un cancer du cerveau, et deux sénatrices Lisa Murkowski and Susan Collins , ont dit non à cette aberration.

 

Entre ces deux évènements, Trump a fanfaronné devant des policiers où il a fustigé les méfaits d’un gang impuni et encouragé les violences policières.

Belle semaine…

 

Ce déraillement grandeur nature d’une présidence amatrice, violente, stupide n’est pas une grande surprise.

C’en est presque gênant.

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Chanson du dimanche: Londres appelle

La chanson n’a malheureusement pas vieilli.

Relisez Gramsci

Des députés qui interpellent dans l’hemicycle et les commissions, des chroniques à la TV, les billets dans les journaux, un sketch humoristique dans une émission radiophonique, des liens partagés sur Facebook, des tweets en salve pour commenter l’actualité… tout cet effort collectif, qui est maladroitement coordonné (oh oui….), est rejouissant. 

Relisez Gramsci. Il est surprenant qu’on soit obligé de le répéter. Pour espérer gagner, il faut répéter le message, la logique. Il faut gagner la culture. 
Ruffin l’explique très bien dès la seconde minute de son dernier billet video de la saison. 

Comme lui, combien de fois n’ai-je suffoqué en entendant l’intoxication idéologique à l’oeuvre chez des esprits parfois brillants mais corrompus par des raisonnements sur-répétés en boucle dans leur cerveaux désormais éteints ? Trop souvent puisque ma classe sociale m’arrime plus ouvent que la moyenne à ces fréquentations. Bref, Ruffin comme d’autres, arrive avec cette fraicheur qui a deja ringardisé quelques centaines de depute(e)s LREM en si peu de temps.

Mais ce combat ne fait que débuter. 

Jupiter, président des Riches.

Une explication drôle … mais précise sur les premières annonces fiscales du gouvernement Macron.

Les 10% les plus riches se partageront la moitié des réductions d’impôts annoncées par Jupiter. Rien que cela.

 

Ton loyer augmente ? Les aides diminuent. Merci Macron ?

Bastamag revient sur deux nouvelles, dont une annonce du gouvernement en place:

  • « Au premier trimestre 2017, les loyers ont augmenté en moyenne de 0,51 % en France, la plus forte hausse enregistrée depuis trois ans. »
  • Au second trimestre 2017, le gouvernement Macron a décidé de réduire les APL de 5 euros mensuels. Je connais un marcheur au moins qui pourtant est à 5 euros près.

J’ai entendu cet argument suivant lequel les APL servaient l’inflation immobilière. Saquer les précaires du logement plutôt que les promoteurs et bailleurs pour lutter contre l’inflation des loyers locatifs, quelle riche idée !

« Le gouvernement a décidé de diminuer l’Aide personnalisée au logement (APL) de manière uniforme pour les 2,7 millions de ménages qui en bénéficient. Cette baisse de 5 euros par mois, soit 60 euros par an, peut paraître anodine pour les personnes disposant de revenus corrects. Mais elles frappent prioritairement les ménages les plus pauvres et les étudiants en situation précaire, dans un contexte où les loyers poursuivent leur augmentation. 90 % des ménages qui perçoivent l’APL sont locataires. Cette aide publique, qui s’élève à environ 230 euros en moyenne par mois, représente un coup de pouce précieux pour acquitter son loyer. Elle est accordée sous condition de ressources – l’épargne et un éventuel patrimoine sont pris en compte – ainsi qu’en fonction du montant du loyer. « Une personne seule par exemple ne touche plus les APL si elle gagne plus de 1,1 Smic par mois », rappelle la Fondation Abbé Pierre. Soit 1265 euros nets par mois. »

Lire la suite.

Le jour où Christophe Castaner a dérapé

La ministre des Armées (et non de la Défense) a finalement annoncé dimanche 23 juillet 2017 qu’elle avait obtenu gain de cause pour débloquer 1,2 milliards d’euros de crédits dès cette année.

On n’y comprend plus rien. Macron déçoit son Chef d’Etat Major des Armées (nommé à son poste par le même Macron 12 jours plus tôt!) en annonçant une annulation de crédits entre juillet et décembre de 850 millions d’euros, lequel général s’en explique devant les députés qui l’interrogent à huit-clos sur cet exact sujet. Macron pique une colère en public, le général démissionne, puis Macron revient tout miel annoncer que le budget de la Défense l’an prochain sera le seul à progresser de tous les budgets publics (on n’en demandait pas tant!), et de 2 milliards de surcroit. Et voici ce weekend que la ministre des Armées en rajoute 1 milliard. C’est Noël en juillet !

Quel gâchis.

Revenons cinq minutes sur l’autre bourde de la semaine, celle qui nous fait penser que Castaner n’en a peut être plus pour longtemps à son poste. Le gars est porte parole du gouvernement et le jour même où son monarque essaye de calmer le jeu, voici qu’il livre une interview écrite pour charger à nouveau le général de Villiers d’une accusation farfelue: « C’est son comportement qui a été inacceptable. On n’a jamais vu un chef d’état-major s’exprimer via un blog, ou faire du off avec des journalistes ou interpeller les candidats pendant la présidentielle, comme cela a été le cas. Il s’est comporté en poète revendicatif. »

Il y a 4 jours, le député Alexis Corbière expliquait ce qu’il avait vu et entendu à la commission défense de l’Assemblée (dont il fait partie) lors de l’audition du chef des Armées le 12 juillet. Corbière n’est pas béat devant ce général que d’aucuns expliquent qu’il serait royaliste, il décrit ce qu’il a entendu et rappelle à ce titre que l’Armée en France dépend du pouvoir politique (précision importante pour quelques rageux macronistes qui faisaient mine de croire que la France insoumise était soudainement devenu pro-militaire). Corbière conclue: « ce que le général de Villiers a fait en parlant devant la représentation nationale, c’est son devoir. » Et oui, et oui. En France, quand les députés auditionnent des militaires et les interrogent, ces mêmes militaires, n’en déplaise au gaffeur porte-parole gouvernemental Christophe Castaner, doivent répondre.

Si le général de Villiers avait été discourtois pendant la campagne présidentielle, pourquoi Macron l’a-t-il renommé chef d’Etat Major ? En décembre dernier, le général avait loué l’action de son ministre de l’époque, alors qu’il réclamait un budget à 2% du PIB dans une tribune publique. Un objectif que Macron a repris dans son programme ensuite.

Cherchez l’erreur.

Quel gâchis.