#JeSuisBarcelone

Ada1

Les attentats se succèdent et l’indignation ne suit plus.

Passées l’émotion d’un attentat qui ressemble trop à celui de Nice dans une région où des proches et des relations vivent, et la tristesse pour les victimes, ce sont la rage et la colère qui demeurent.

Comme à Nice, un terroriste s’est engouffré dans une artère piétonne avec son véhicule pour faucher le plus de victimes possible. A la différence de Nice, l’opération semble plus collective puisqu’une intervention policière à 130 kilomètres de là semble avoir déjoué un second attentat et/ou éliminé une partie du commando. Qu’importe, l’enquête dira le reste.

La rage plutôt que la peur.

La rage contre Daech, contre cette entreprise terroriste islamique  hors d’âge. Qu’il y-a-t-il de plus à dire sur l’Etat islamique ? Les mêmes barbares ont décimé en Egypte, à Manchester, à Nice, à Médine. Daech peut frapper partout. Daech frappera partout. Il faut conserver sa rage, pour mieux évacuer la peur.

Il reste aussi la colère, la colère contre certaines réactions. J’y reviendrai dans ma chronique hebdomadaire. Mais l’instrumentalisation ultra-rapide (cf. le réveil de Marine Le Pen, les cris d’orfraie des Fillonistes sur le thème « Fillon-vous-l’avait-dit », etc) a quelque chose d’indécent.  Le risque zéro n’existe pas.

Daech peut frapper partout.

Je regrette justement que des médias insistent sur les réactions de panique – légitimes – des civils présents sur les lieux ou à proximité du drame.  Ce fut voyeuriste  et, surtout, cela donnait comme un sentiment de victoire à Daech.

Car la seule victoire de Daech est dans la peur qu’il suscite et la haine qu’il génère au-delà de ses propres troupes.

La manifestation monstre qui se déroule en ce moment dans les rues de Barcelone fait plaisir à voir.

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Ce que disent les racistes de Charlottesville

Le reportage, édifiant, émane de Vice. Certains aimables commentateurs de ces colonnes l’ont mentionné. Je l’ai regardé à mon tour.

Stupéfiant.

Charlottesville, ceux qui minimisent.

Nombreux ont été ceux qui ont minimisé les évènements de Charlottesville (Virginie) du week-end dernier. Cette liste n’est pas exhaustive, ni de ma rage ni notre dégoût.

 

Donald Trump: il a tardé à réagir, puis sa première brève déclaration a été désastreuse car il plaça les suprémacistes blancs et les contre-manifestants sur le même plan. Il a perdu de nombreux soutiens, y compris des chefs d’entreprise. Il a semblé ensuite faire amende « honorable » dès dimanche soir, pour re-sombrer dans tous les amalgames mardi 15 août. Sa conférence de presse ce jour-là fut terrifiante: il mis le général confédéré Lee sur le même plan que George Washington (légitimant l’action des suprémacistes blancs venus manifester), et renvoya à nouveau les deux camps.

 

 

André Bercoff: l’essayiste français a publié quelques tweets pour minimiser la portée du drame. L’un des plus ignobles fut celui où il expliquait que Trump et Poutine étaient les seuls sauveurs de l’Occident disponibles au moment même des manifestations racistes de Charlottesville.

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Quelques journaux français se sont permis, 2 jours après le drame, de minimiser l’attentat qui fit un mort et 19 blessés en expliquant que la voiture était « folle ».

LePoint

 

 

Le journaliste Jean Quatremer n’a pas voulu minimiser l’horreur raciste et néonazie qui défilait dans la haine à Charlottesville, mais il a cherché à minimiser la nouveauté de ces évènements en relayant qu’un rassemblement nazis de quelques 20 000 personnes avait déjà eu lieu en 1939 au Madison Square Garden aux Etats-Unis. Le procédé est douteux (ne s’est-il pas passé quelques évènements, drames, génocide et guerre depuis 1939 ?), et prétentieux (combien de sympathisants nazis hors d’Allemagne, et notamment en France ?).

Les vacances bling bling de Jupiter

Certains se sont tellement moqués des vacances « normales » de François Hollande qu’une comparaison évidente s’impose quand l’Elysée a finalement confié où se cachaient Emmanuel et Brigitte Macron pour leurs vacances estivales: comme Nicolas Sarkozy en son temps, Jupiter a préféré les charmes d’une villa de millionnaire aux palais officiels de la République. La villa appartient à un préfet, cela fait moins bling bling. Mais Stéphane Bouillon n’est pas un inconnu de nos affaires. C’est l’ancien directeur de cabinet de Claude Guéant.

On reste en famille.

Pour cacher son Bling Bling, Jupiter s’est donc choisi Marseille, destination populaire par excellence et essence où la gauche et le FN font encore de gros scores électoraux. Il s’est montré à vélo (comme Sarko), arborant un maillot de l’OM. Avec Brigitte, il s’est affiché sur la Canebière au milieu des photographes invités pour l’occasion. Ce coup de com’ aurait-il réussi ? Pas sûr. La presse, même la plus indulgente, souligne combien le couple présidentiel s’est logé dans l’un des plus beau quartiers de Marseille.

« Quartier huppé et hautement résidentiel, le Roucas-Blanc est presque exclusivement composé de luxuriantes résidences fermées qui font face à la mer et à la basilique Notre-Dame-de-la-Garde. » (Paris Match)

Pourquoi évoquer les vacances de Macron ?

Parce que Jupiter a voulu en faire un coup de com’ – Jupiter veut qu’on en parle, que ça jase et que ça cause.

Mais c’est un coup de com’ insincère au moment où l’été file dans sa dernière semaine avant l’adoption de la funeste loi Travail.

Un coup de com’ que Jupiter veut maitriser jusqu’au bout au point de menacer les paparazzi du coin (pourquoi emmerder les paparazzi quand tu viens te montrer dans la seconde ville du pays ?), un coup de com’ organisé comme un spot de pub, comme si souvent quand on parle de Macron depuis 18 mois.

Un coup de com’ qui en évoque d’autres.

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N’est pas de Gaulle qui veut. Il ne suffit pas de se déguiser en Buck Danny dans une base militaire.

 

 

Post-Scriptum: les affaires vont bien. La République En Marche vient de s’acheter un hotel particulier dans le bourgeois second arrondissement pour y installer son siège. Une installation quasi-sociologique.

Charlottesville: que faire de ces racistes ?

Il faudrait les dénoncer à leurs employeurs, ces racistes. C’est en substance ce qui est ressorti d’une discussion familiale à propos des évènements tragiques de Charlottesville en Virginie.

Je n’étais pas d’accord. Les dénoncer à leur employeur pour quoi faire ? Qu’ils se fassent virer de leur job ? Et après ? On fait quoi ? On les tue ? Ces racistes – car ces gens qui manifestent pour la défense et la suprématie de la race blanche sont des racistes  – font partie de notre société. Ils sont parmi nous. Ils sont au coin de chaque rue, dans nos immeubles, dans nos restaurants, et même souvent dans le métro.

Ces racistes, ils sont partout.

Il faut les confronter, il faut dénoncer leur bêtise, il faut dénoncer leurs actes.

« Où as-tu vu qu’on pouvait changer des racistes ? » m’a-t-on demandé alors. C’est vrai, le chemin est rude, long et incertain.

C’est Barack Obama qui a fourni plus tard dans ce weekend la réponse qui convenait.

« No one is born hating another person because of the color of his skin or his background or his religion. People must learn to hate, and if they can learn to hate, they can be taught to love… … For love comes more naturally to the human heart than its opposite. » (*)

Barack Obama a tweeté cette simple phrase quelques instants après l’effroyable déclaration du clown de la Maison Blanche.

Une citation de Nelson Mandela.

Tout est possible, même le meilleur.

Aux Etats-Unis, des républicains ont heureusement dénoncé cette manifestation – John McCain, Marc Rubio, Mitt Romney – et l’acte terroriste des suprémacistes blancs à Charlottesville.

 

 

(*) « Personne ne nait en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, son histoire ou sa religion. Les gens apprennent la haine, si les gens peuvent apprendre à haïr, ils peuvent apprendre à aimer. Car l’amour vient plus facilement au coeur de l’homme que son opposé.« 

Chanson du dimanche: sous le pont

La cité des anges, via les Red Hot Chili Peppers.