Les conseils de bon sens à Christophe Barbier

Le ridicule ne tue plus, Christophe Barbier serait déjà mort. Antoine Léaument, qui produit la chaîne Youtube LE BON SENS. Il fallait effectivement un peu de bon sens pour répondre à l’ineffable billet video du fossoyeur de l’Express

 

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Comment le Venezuela est devenue notre destination préférée.

Franchement, il ne fallait pas rire.  Et pourtant, on nous aurait dit qu’un pays d’Amérique latine qu’une bonne partie du pays ne sait sans doute ni orthographier, ni même placer sur une carte du monde. Pourtant, le Venezuela s’invite avec une régularité surprenante dans nos commentaires politiques.

Evacuons le premier sujet: l’auteur de ces lignes n’a jamais aimé Hugo Chavez. Les types en kaki ne sont pas ma tasse de thé. Son successeur Maduro est une misère. Plutôt que de décider que le Vénézuela que je ne connais que parce que je lis à doite et à gauche,  Vénézuela est une dictature ou une autocratie, ou un pays en guerre civile, je vais lâchement faire confiance à cette institution pour laquelle j’écrivais des lettres quand j’étais gamin, Amnesty International, rapport 2016:

Le gouvernement a déclaré l’état d’urgence et l’a prolongé à quatre reprises. La plupart des responsables présumés de crimes relevant du droit international et de violations des droits humains commis durant les manifestations de 2014 n’avaient toujours pas été traduits en justice. Le pays restait confronté à des problèmes de surpopulation et de violence dans les prisons. Les victimes de violences liées au genre se heurtaient à d’importants obstacles lorsqu’elles tentaient de se tourner vers la justice. Les défenseurs des droits humains et les journalistes étaient régulièrement la cible de campagnes de dénigrement, d’agressions et d’actes d’intimidation. Les opposants politiques et les détracteurs du gouvernement étaient toujours en butte au risque d’emprisonnement. Des informations ont fait état d’un recours excessif à la force de la part de la police et des forces de sécurité..

Le Venezuela a une opposition (et dieu sait qu’elle est active), une justice (une procureure générale vient justement d’ouvrir une enquête des suspicions de fraude entourant l’élection de l’Assemblée constituante).  La Pologne, membre de l’UE, peut à peine en  dire autant. Et que pensez de la Hongrie. Quand au Yémen, pourtant plus proche géographiquement que le Venezuela on n’en parle.

Si je vous cite ces exemples, ce n’est pas pour masquer la détestation que m’inspire Maduro et sa clique. Mais pour appeler les gazelles du moment qui s’indignent à conserver des forces pour s’indigner plus largement encore.

On sait bien pourquoi le Venezuela a fait irruption dans notre vie politique. Quand Emmanuel Macron n’était encore qu’un très jeune obscur conseiller d’une commission sarkozyste qui suggérait des « réformes » à la France pour un monarque horripilant, Jean-Luc Mélenchon plaçait beaucoup d’espoir dans la révolution chaviste. Il a eu tort.  Chavez s’est planté. Maduro a empiré la situation. Mélenchon ne défend pas Maduro, il corrige des caricatures faciles.

 

Le Venezuela n’est pas la Corée du Nord, et son opposition, souvent violente et criminelle, pose question.

Je vous invite à lire ce billet mesuré qu’approuve à bien des égards d’un ancien camarade de jeu désormais macroniste, Romain Blachier. Je ne saurai écrire mieux.

Jupiter et le pipi de chat

Jupiter n’a pas de chat, j’en ai deux. Le pipi de chat est autrement moins anecdotique que le jeune monarque ne voulait le laisser penser quand il a sorti cette remontrance héritée d’un autre temps adressée au détour d’un conseil des ministres de juillet. L’information a fuité tardivement puisque le dit Conseil s’est tenu le 12 juillet dernier, il y a plus de trois semaines. Mais elle est drôle et symptomatique du personnage qui se dessine sous nos yeux en ce début de quinquennat brouillon: autoritaire et psycho-rigide.

« C’est du pipi de chat, ce qui me remonte actuellement de certaines de vos notes. »

 

Que pouvions nous comprendre ? Jupiter est déçu par ses troupes.

Il n’y a pas que les ministres qui font du « pipi de chat ». Prenez Richard Ferrand. Le gars est pourtant président du groupe des députés LREM, groupe ultra-majoritaire à l’Assemblée. Et il s’est défilé pour les débats de la première véritable loi de ce quinquennat, celle sur la moralisation de la vie politique. En 4 jours, nous avons pu toute la « marge de progression » dont les députés LREM pouvait faire preuve… Sans rire… quels moments gênants…

« À la rentrée, nous allons nous réunir pour mettre au point des méthodes plus efficaces encore, anticiper les chantiers à venir, mieux faire passer l’information entre nous et nous engager dans un processus parlementaire d’un meilleur rythme ». Richard Ferrand.

 

Sérieusement ?

APL: Jupiter a la trouille.

Le Canard Enchainé révèle donc cette semaine qu’Emmanuel Macron a qualifié de « connerie sans nom » l’annonce d’une baisse de 5 euros par mois des APL à compter d’octobre prochain.

Le coup est classique, presque trop. Cette façon de se désolidariser d’une annonce de sa propre équipe gouvernementale est surprenante de la part d’un monarque « jupiterien » est surprenante. Il y a deux explications possibles, et pas une de plus: la première est que Macron n’était au courant ni de la mesure ni de a fortiori de l’annonce.  C’est ce que la presse tente de relayer: « A l’évidence, Emmanuel Macron n’était donc pas à l’origine de cette mesure » confirme BFM TV.

Rooooo.

Quelle surprise !

Quelle tristesse ! On pensait que Jupiter maitrisait son équipe. Visiblement non.

La seconde hypothèse est que Macron nous raconte des bobards. Et là, j’avoue, cette hypothèse est encore plus crédible, et triste, que la première.

De qui se moque-t-on ?

Il y a trois jours, on apprenait de source sûre que Macron approuvait et recommandait l’idée d’une baisse rapide des APL pour lutter contre l’inflation des loyers (sic!).

L’ex-conseiller de François Hollande à l’Elysée, Xavier Piechaczyk, adresse une note de quatre pages avec sept questions sur le logement le 16 août 2016 à deux proches de Macron. Sur l’APL, indique « Libération », il s’interroge, se demande s’il faut « les réduire brutalement pour inciter à la baisse des loyers ? Les réduire progressivement (ie. sur cinq à dix ans) ? Les maintenir faute de mieux et trouver d’autres leviers pour faire baisser les prix ? »

Le lendemain, Emmanuel Macron lui répond. Lui, qui est encore ministre de l’Economie, préconise un « programme de réduction rapide » des APL. « Surtout, il faut d’abord les différencier selon le prix réel du logement (zone tendue/non tendue), les remplacer en trois ans en zone tendue par un déblocage du foncier et une accélération de la production et les cibler sur les publics très fragiles », ajoute-t-il.

(source)

Macron était favorable à  une baisse « rapide » des APL, quelques mois avant de se lancer en campagne solitaire puis victorieuse . Mais quand son premier des ministres fait annoncer cette première baisse de 5 euros, on stresse, il y a de la sueur dans la colonne vertébrale.

C’est beta.