Le crépuscule de la bourgeoisie

Ne vous méprenez pas, je suis un bourgeois.

Et pourtant ce crépuscule d’une classe sociale qui me ressemble me semble autant une bonne nouvelle qu’une évidence historique.

J’ai entendu le  sociologue Christophe Giully adapter ces jours-ci sur France info sa thèse publiée l’an dernier: la bourgeoisie de gauche a abandonné son vernis social, la bourgeoisie de droite a abandonné son vernis identitaire et religieux, les deux se sont retrouvés dans Macron.  Et ce rapprochement, à peine historique, signe peut être le début de la fin et une période de trouble.

Le PS incarnait un compromis social, une défense des intérêts des plus fragiles portée par une alliance certes ambigüe mais sincère et, surtout, historiquement efficace. La désagrégation de ce compromis est arrivée cette année, quelque part entre avril et mai. A droite, le mouvement est plus profond, plus ancien. L’arnaque du compromis paternaliste s’est faite bouffer de l’intérieur par une extrême droite fascisante et xénophobe. Laurent Wauquiez en est le meilleur exemple.

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La désagrégation du lien entre la France d’en haut et le reste du pays se constate désormais tous les jours.

Primo, le quasi-consensus de cette France d’en haut et l’hystérisation des critiques qu’elle adresse au reste du monde qui l’entoure est flagrant (cf. tweet de la semaine de l’ex de Carla Bruni ci-dessus). Intellectuels, patrons « modernes« , éditorialistes anciennement journalistes semblent majoritairement plus à l’aise avec des représentants du MEDEF ou de la Macronista qu’avec des insoumis. C’est un premier signe de ce « décollement« .

Un second signe est la quasi-disparition de la seule force politique à gauche qui incarnait un compromis politique entre la France d’en haut et celle d’en bas. Ci-gît le Parti socialiste. Nous l’avons mentionné plus haut. Benoit Hamon a incarné un sursaut sans doute sincère mais politiquement contre-productif comme l’a déjà rappelé Mélenchon (et oui, camarades, rappelez-vous, le vote utile, toussa toussa).

Un troisième signe est la persistance honteuse d’un FN populaire et populiste. Qu’un Laurent Wauquiez, bien-né puis « placé » politiquement la cuillère en argent dans la bouche, tente de récupérer cet électorat en usant des outrances xénophobes et fascisantes de l’extrême droite française ne doit rien au hasard. C’est une tentative tardive de la frange la plus effrayée et crétine de la bourgeoisie française de tenter de se faire bien voir des rageux populistes dont elle s’est coupée par une politique de classe trop voyante.

Le représentant provisoire de cette classe bourgeoise est Emmanuel Macron. Il est parfois interpelé par un député insoumis. L’entretien est parfois filmé comme ce premier mardi d’octobre, courtois, loin des caricatures que les représentants de ce système bourgeois ont tendance à propager.

Ecoutez bien.

Il est toujours miraculeux d’entendre cette courtoisie, après les premiers effets de la violence sociale.

 

 

Deux jours plus tard, le même président des riches ne pouvait plus s’empêcher. Devant photographes et caméras, il s’énerve contre le « bordel » provoqué par ces salariés grévistes qui refuseraient d’aller bosser à deux heures aller, deux heures retour de leur domicile.

Je suggère que l’on délocalise l’Elysée à Deauville.

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Ciel d’un jour #72

Ces actions gratuites et l’ISF de M. Macron

La quasi-suppression de l’ISF par cette présidence des riches n’a pas fini de faire couler de l’encre. Le gouvernement a confirmé qu’environ 4,2 milliards sur les 6 que rapportait l’ISF seraient « rendus ». Les heureux bénéficiaires sont moins de 350 000 foyers.

On a aussi rapidement compris que, puisque seul le patrimoine immobilier serait désormais taxé, des biens tels que les lingots d’or, les yachts, les belles voitures de collection, ou les oeuvres d’art seraient exonérés de cette fiscalité sur la fortune. Le weekend dernier, le gouvernement mal à l’aise d’avoir  été pris les deux mains dans le pot de confiture a annoncé qu’il ne s’opposerait pas à une hausse de la fiscalité sur ces signes symboliques et ostentatoires de richesse. Vous êtes trop bons! 

Mais tout Le monde a oublié les actions gratuites. Depuis le milieu des années 2000, les grandes entreprises cotées en Bourse ont progressivement délaisser le mécanisme des stock-options au profit des dotations d’actions gratuites pour récompenser leurs cadres dirigeants. Les stock-options étaient ces options d’achat d’actions à un cours prédéfini, exerçables au bout de quelques années. Le moment venu, le dirigeant pouvait alors acheter des actions à un cours inférieur au cours de Bourse du moment, et empochait au passage une plus-value.

La hausse de la fiscalité des revenus du capital (essentiellement grâce au gouvernement Ayrault 2012-2013, il faut le dire et le reconnaître et le répéter) a rendu désuet ce dispositif.

Ces entreprises ont préféré les actions gratuites. Le principe est simple: chaque année, l’Assemblée générale des actionnaires vote l’autorisation de créer des actions qui seront destinées à être données à des salariés de l’entreprise, en général les cadres dirigeants de la dite entreprise.

Ces actions gratuites sont indisponibles pendant au moins deux ans, puis les bénéficiaires peuvent soit les conserver (et toucher chaque année les dividendes comme n’importe quel actionnaire), ou les vendre en Bourse.

A ces heureux élus, Jupiter fait deux jolis cadeaux, peu commentés dans les médias même critiques: primo, ces actions gratuites ne seront plus comptabilisées dans le patrimoine imposable grâce à la réforme de l’ISF. Secundo, la plus-value générée par leur vente éventuelle sera imposée non pas comme un revenu du travail (ce qu’elles sont techniquement puisqu’elles sont données en récompense du travail fournis à des cadres dirigeants!) mais comme un revenu du capital, donc avec ce taux réduit, cette « flat tax » à 30% que Macron a prévu de faire voter cette année. (Depuis 2012, ces cessions d’actions gratuites étaient soumises à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux).

Merci Macron, merci patron.

Pourquoi taxer le patrimoine ? Parce qu’il n’est souvent pas productif. Ces actions gratuites en sont la caricature: elles ne servent à l’économie que lorsqu’elles sont vendues en Bourse et le cash ainsi récupéré réinjectés dans l’économie. La sur-épargne des plus riches, très bien décrite il y a quelques années par Robert Reich notamment, asphyxie nos économies.

 

#JeSuisMarseillais

Screenshot-2017-10-1 (2) Attaque à la Gare St-Charles à Marseille - Suivez BFMTV en direct - YouTube

 

Deux femmes tuées. L’attaquant abattu. Bravo nos soldats.

Le FN qui réagit le premier.

Un ministre qui déboule pour faire son show.

collomb

L’éditocrate du Figaro qui ressort le même tweet qu’à chaque attentat islamiste. Elle seule semble croire à ce qu’elle écrit.

judith

En bon athée, je dirais qu’il s’agit d’un fou de Dieu, un islamiste de plus et de trop. On attendra les résultats de l’enquête pour confirmer cette première réaction trop à chaud.

En cette fin de journée, après un bordel ferroviaire bien normal qui bouscule la fin d’un weekend, je ne regarde plus, j’écoute à peine.

Je suis habitué.

Terrible.

Faut-il déchoir Florent Pagny de sa nationalité ?

J’ai toujours pensé que quelqu’un qui souhaite quitter la France pour éviter d’en payer les impôts devrait également rendre sa nationalité française. Quand vous n’êtes pas contraint pas le travail à vivre loin, que vous fuyez l’impôt, à quoi se réclamer du pays dont l’un des débats le plus important, l’une des solidarités les plus cruciales ne vous concerne plus ?

Florent Pagny explique sur les ondes qu’il paye suffisamment d’impôt, notamment quand il travaille physiquement en France (comme pour The Voice)…

« Quand je suis sur le fauteuil rouge de The Voice, quand je suis sur scène […] tout ce que je fais en France: je paye mon impôt. Je ne me suis jamais retrouvé une année sans payer d’impôts en France » (lire la suite)

Nous sommes ravis d’apprendre ainsi que Florent Pagny n’est pas un travailleur portugais détaché en France quand il officie sur le plateau de TF1.

Quelle honte…

Chanson du dimanche: « liberté »

ou bien celle-ci…