Se saisir de l’Assemblée pour parler de la vie réelle.

 

Alors que le jeune monarque croit régler l’affaire des violences faites aux femmes d’un discours sans moyens un samedi matin, d’autres députés poursuivent leur travail d’explication du réel grâce à la tribune de l’Assemblée nationale.

On ne présente plus François Ruffin et son travail pédagogique. Mais il y a aussi Ugo (faut améliorer la prise de son, Ugo!), Danièle , Adrien, et les autres.

 

Ces gens donnent envie de faire de la politique. Après cette décennie fatigante, ces gens font plaisir.

 

Ils ne sont pas les seuls. Il y a aussi quelques députés communistes, et même des modemistes. Et même des socialistes comme Boris Vallaud qui se sert de cette même tribune pour rappeler l’Histoire avec un grand H, à l’occasion de l’ineffable loi Travail.

 

 

Je m’obstine d’essayer de trouver celles et ceux qui sont dans l’opposition à cette Macronista pour l’intérêt général. Les insoumis sont les seuls à porter une parole fortre, simple et claire. Les socialistes méritent de faire un tri, ils vont disparaitre sinon. Les rares élus écologistes ont été absorbés par la macronista (de Rugy, Pompili).

Bref.

J’admire ces explications de résistance. Elles n’étaient pas si nombreuses ni cohérentes au début du quinquennat de Sarko. Pourtant à l’époque, l’opposition était facile tant la Sarkofrance était caricaturale. Sarkozy portait une dimension xénophobe dans son action qui n’a cessé de s’aggraver tout au long de son quinquennat. Macron n’est pas dans ces extrêmes. Il s’est « contenté » de faire voter une loi sécuritaire pire que toutes les précédentes, qui s’ajoutent à toutes les précédentes. Mais il présente bien. Il ne prononce mot de trop. Il est souriant et mesuré quand il explique à une immigrée marocaine qu’elle n’est pas éligible à l’asile car le Maroc n’est pas une dictature (?).

Macron laisse son ministre Collomb exprimer la rage xénophobe officielle. Car les propos de Collomb à l’encontre des migrants ont été indignes. Mais Macron n’a pas théorisé sa politique migratoire. Il n’a pas créé de ministère de l’identité nationale comme Sarko en son temps.

Pour le reste, Macron est pour l’instant pire que Sarko. Le débauchage récent d’Olivier Dussopt me fait penser à celui de Besson en 2007. Rejoindre la Macronista pour appliquer un saccage des droits sociaux et une politique de classe assez inédite s’apparente à une belle trahison.

Point.

 

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La France insoumise tenait sa convention.

A l’heure où j’écris ces lignes, je ne sais si la retransmission en direct des débats de la Convention de la France insoumise sera toujours accessible en différé. Et pourtant, elle le mériterait. Il ne s’agit pas d’être fan de Mélenchon ou supporteurs gaga de #FI. Le sujet est ailleurs. Il s’agit de juger ce qu’il s’y est dit.

Je retiendrai trois points, ce qui est forcément réducteur.

Primo, Mélenchon, que d’aucuns décrivent comme arrogant, désagréable, détesté, autoritaire comme s’ils voulaient le confondre avec Macron et, surtout, comme si notre politique devait se limiter à juger des personnes et non des programmes et des actes, a justement résumé une ambition: « nous sommes candidats à être les meilleurs, les plus utiles, les citoyens et les citoyennes les plus engagé(e)s au service de l’intérêt général. » Il a ainsi résumé le sentiment qui se dégage des premiers mois d’opposition à l’Assemblée nationale par les député(e)s insoumi(e)s. Ces dernier(e)s n’ont aucune chance numérique de l’emporter. 17 contre plus de 300. Mais ils utilisent la tribune du parlement comme un porte-voix pédagogique.

Secundo, de quelle opposition parle-t-on ? On entend beaucoup parler de faux clivages, de fin des clivages depuis l’élection de Macron. Macron conduit la politique la plus défavorable aux plus modestes que cette République ait connue depuis des décennies. Même le Chirac des années 80 n’y était pas. Pourquoi donc alors les (faux) opposants socialistes s’amusent-ils à s’abstenir ? Pourquoi le président du groupe PS au Sénat applaudit-il le ralliement du socialiste Olivier Dussopt (qui ?) au gouvernement macroniste ?

Tertio, l’expression d’une rage était flagrante. Non pas la rage d’avoir perdu l’élection présidentielle comme quelques esprits étroits le pensent encore, plus de 6 mois après le scrutin. Non, cette rage concerne autre chose, elle nait d’une suffocation qui nous saisit du décalage entre l’action et le propos de cette équipe de neuneus néo-lib 2.0 et une France d’en bas qui souffre en silence. A un moment de cette convention, une enseignante en ZEP a témoigné de ces élèves que les parents tondent à l’apparition des poux, faute de meilleurs soins.

 

Chanson du dimanche #2: « ça a raté »

Comment comprendre cette chanson de François Hardy sur ce garçon qui « a insisté » ?

Chanson du dimanche: pouvoir.

Pourquoi Macron nous fait penser à Sarkozy.

Je lis avec tristesse ces témoignages d’électeurs macronistes de gauche qui préfèrent répéter combien ils ont eu raison de voter Macron à l’élection présidentielle dernière pour mieux éviter de défendre une à une les mesures et l’attitude du jeune monarque.

Qu’on se le dise, et comptez sur moi pour le répéter, Macron ressemble furieusement à Sarkozy, le sourire en plus. Le quinquennat débute à peine, mais si l’on pense que ce sont les premiers mois qui impriment une mandature, alors celle-ci va être douloureuse.

Je comprends ces électeurs macronistes. J’ai voté Hollande en 2012 et encore aujourd’hui je ne le regrette pas. Il fallait dégager Sarko. J’ai même au changement, c’est-à-dire à la fermeture d’une parenthèse néfaste. Mais il a fallu s’éloigner quand Hollande n’a pas compris par quelle majorité composite il avait été élu.

En 2017, une France découragée s’est couchée. La France insoumise a fait son trou, un score inégalé en millions de voix. Mais insuffisant pour l’emporter. La seconde surprise fut ce mauvais compris, « un peu à gauche, un peu à droite » qui grâce à ce positionnement pour l’essentiel flou a réussi à parvenir de justesse en première place au 1er tour. Le référendum anti-Le Pen a fait le reste.

Quand on interroge ces électeurs macronistes de gauche qui rechignent à critiquer Macron, on est toujours surpris par leur hargne à critiquer la planète politique entière sauf Macron. Réveillez vous donc. Vous allez terminer tels les dindons d’une farce au goût douteux. Une présidence des riches puissance 1000 matinée de modernisme ringard.

Macron conduit avec davantage d’efficacité politique l’exacte politique que Nicolas Sarkozy aurait voulu conduire. Il nous manque les quotas d’immigrés et l’identité nationale, qui effraieraient la gente bourgeoise libérale, mais sinon tout le reste est là, en pire.

Réveillez vous donc.

Ou pleurez en silence.

Présidence des riches ou mépris de classe ?

Lunaire, et indécent.