Le Maire la girouette


Il nous reste peu de temps, une éternité, pour comprendre et faire comprendre combien ce quinquennat ressemble à d’autres, mais en pire.

Ce dimanche, Macron a fait son story-telling libanais en accueillant l’ex-premier ministre qu’il se refuse à qualifier d’exiler pour ne pas fâcher son allié saoudien. Mais la curiosité du moment était ailleurs: l’un de ses ministres jouait le tout pour le tout sur les ondes radio-télévisées que nos hommes/femmes politiques affectionnent particulièrement dans le microcosme.

Bruno Le Maire a surjoué son attachement à Macron. La rumeur du moment le veut  prochainement sacrifié à l’occasion d’un remaniement gouvernemental. Et du coup il en rajoute, le gentil fayot.

Hier il adorait Villepin avant le lâcher sans commentaire ni adieu dès que Sarkozy lui proposa un strapontin. On se souvient aussi du même Le Maire, auteur de l’excellente chronique des années Villepin à Matignon, puis d’un décevant récit sur sa période sarkozyste. En 2016, Le Maire se rallie à Fillon contre Juppé après la primaire. Comment pouvait on croire que c’était par conviction ? Puis il lâche Fillon quand tout le monde lâche Fillon. Puis il suit Macron.

Sans rire.

Et maintenant, il appelle à la réélection de Macron en 2022.

Sans rire.

« Non seulement je me suis engagé derrière Emmanuel Macron en 2017 mais je souhaite sa réélection en 2022 et je m’engagerai derrière lui si jamais il prend cette décision de se représenter», a-t-il assuré. «Je me battrai pour la réélection d’Emmanuel Macron en 2022 parce que je crois que c’est important qu’il y ait de la continuité dans l’action publique. (…) Le choix que j’ai fait de me mettre derrière Emmanuel Macron en 2017, de soutenir son projet de transformation en profondeur de notre pays, c’est un projet qui demande du temps et je pense qu’il faudra au président de la République dix ans pour que cette transformation soit solide et que les tous les Français puissent en bénéficier. » (source)

14 réflexions sur « Le Maire la girouette »

    1. Raquel est une chouette dame qui a bien choisit où il fallait faire de l’entrisme. Mais oui, elle mérite une petite chronique 😉

  1. Non ce n’est pas une girouette ça serait plutôt commère qui la définirait le mieux à mon sens. ..je cite une copine « langue de p…. » !

  2. Bruno LM, ..celui qui fait rire, hahah! oui j’adorais (déjà) son pinaillage sémantique néanmoins partisan:
    « je ne dénonce pas! cela ne fait pas partie de mon parti »
    relatif à #balanceducochon, (puisque haram)
    Pluto de valider: « je préfère signaler » ..youpie ?

    Bruno Le Même, de flagorner le prèz et entourage grâce à son rapport sur « la fiasco taxe à 10 md, etc. »
    ou de contrarier (agacer ?!) Edouard P, coupable d’être Premier (ministre)

    Aah Bruno.. si de passer Noël tout-seul est rigolo ?
    Zen, ..la bande du coq-au-vent te gardera du gateaux !

    ps, je vois une ‘tite faute d’ortho Juan, ..pour une fois!
    (moi aussi fayot ?!) « exilé » ne prend pas l’air,
    bonne journée,

  3. À lire en écoutant « sérénade » de Schubert 😀

    « Non seulement je me suis engagé derrière Emmanuel Macron en 2017 mais je souhaite sa réélection en 2022 et je m’engagerai derrière lui si jamais il prend cette décision de se représenter», a-t-il assuré. «Je me battrai pour la réélection d’Emmanuel Macron en 2022 parce que je crois que c’est important qu’il y ait de la continuité dans l’action publique. (…)  »

  4. Bruno Le Maire est l’image vivante que le carrièrisme et les convictions, ça va pas vraiment ensemble !

  5. Dans le genre, y en a un qui n’est pas mal non plus : un certain Manuel Valls, qui se cherche un point de chute, avec des risettes à Macron et des génuflexions devant Sarkozy !

  6. Hihi…Le Maire qui dit en février 2017.. » Emmanel Macron c’est l homme sans projet parce que c’est l homme sans conviction  » …

  7. Lemaire et son collègue Darmanin aux manettes des finances du pays appartiennent à la droite la plus classique et font, en accord avec leurs convictions réactionnaires, une politique de droite et non de centre gauche, contrairement à ce que les suppôts de Macron prétendent. Leur supposé opportunisme n’est qu’une façade pour l’électorat, peu importe le nom du « chef », Macron, Fillon, Valls, etc…l’important est que les défenseurs des « gens de biens » soient aux commandes. Les vraies girouettes de l’époque sont ceux que l’on croyaient de gauche (ou qui le clame haut et fort dans les médias) et qui sont passés dans le camp LREM.

  8. Une analyse intéressante : « En finir avec les luttes défensives » (par le sociologue Bernard Friot dans le journal « Le Monde diplomatique » de novembre 2017). En prologue: « Les conquêtes sociales de ces deux derniers siècles présentent partout la même limitation : si, en principe, les peuples décident de leur destin politique, il n’est pas question de souveraineté populaire sur l’économie. Remédier à cette hémiplégie n’implique-t-il pas pour les progressistes un changement de perspective : non plus seulement s’opposer aux réformes, mais promouvoir un autre modèle ? »
    Friot critique l’opposition de la FI au gouvernement Macron. Pour lui la FI est toujours dans les schémas contestataires et critiques qui ont échoué depuis 40 ans face au capitalisme. Cet article donne les projets et les chemins possibles à une opposition cohérente afin d’éviter les « batailles perdues parce que menées dans les termes imposés par l’adversaire ».

    1. Pendant combien de temps encore va-t-on prendre au sérieux cette race moderne de clowns pompeux et bien pensants que l’on appelle des sociologues, à peu près aussi fiables dans leurs « analyses » que des présentateurs météo ?

      Si, en plus, ils en sont réduits au Monde diplomatique, alors là…

      1. Je préfère, et de loin, les analyses des « bien-pensants » à celles des « mal-pensants » dont vous faites logiquement partie Mr Goux.

Les commentaires sont fermés.