LREM, le syndrome du parti unique

La République en Marche s’est désigné son chef, un pantin choisi à l’Elysée parmi les plus fidèles, le nouveau converti Christophe Castaner. Il n’est pas président, seul Jupiter peut l’être. Il est « délégué général ». Et quand il termine son show samedi sur une estrade sur-éclairé, le premier ministre le rejoint et nous entendons ce délicieux moment où le premier ministre se fait interpelé par un « ça allait, mon poulet ?  »

LREM est une diversion politique puissante, très puissante. Une machine à broyer puis régurgiter des éléments de langue de bois par milliers, millions, milliards chaque jour qui passe dans les médias. Prenez le temps d’écouter simplement. Puis fermez les yeux. Et réfléchissez en silence sur les premières mesures « urgentes » de ce quinquennat:

  • la suppression de l’ISF sur le capital
  • le plafonnement de l’impôt et des cotisations sociales (à 30%) pour les revenus tirés de la spéculation, les dividendes et l’épargne.
  • l’introduction dans la loi ordinaire de la surveillance sur simple soupçon.
  • la création d’un contrat de travail révocable à merci;
  • la suppression des comités hygiènes et sécurité dans les entreprises,

Ce ne sont que 5 exemples.

Cinq exemples dégoutants de cette République en recul.

Mardi, le premier collaborateur de Jupiter a sans surprise expliqué que Castaner pouvait diriger le parti et rester au gouvernement en charge des relations avec le parlement.

« Est-ce que Christophe Castaner est capable d’être un bon ministre, présent dans la mission que je lui confie au sein du gouvernement, et par ailleurs d’exercer un engagement politique qui est consubstantiel à la vie politique?. (…) Moi, je pense qu’il est tout à fait capable d’exercer ces deux fonctions. »

Le « poulet » a raison. Quelques esprits faibles reprendront aussitôt cette morale toute sarkozyste qui consiste à dire que c’est moins hypocrite ainsi. C’est vrai, ils/elles ont raison, rien ne vaut mieux que lorsque l’outrance s’affiche en public.

 

 

 

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Le Maire la girouette

Il nous reste peu de temps, une éternité, pour comprendre et faire comprendre combien ce quinquennat ressemble à d’autres, mais en pire.

Ce dimanche, Macron a fait son story-telling libanais en accueillant l’ex-premier ministre qu’il se refuse à qualifier d’exiler pour ne pas fâcher son allié saoudien. Mais la curiosité du moment était ailleurs: l’un de ses ministres jouait le tout pour le tout sur les ondes radio-télévisées que nos hommes/femmes politiques affectionnent particulièrement dans le microcosme.

Bruno Le Maire a surjoué son attachement à Macron. La rumeur du moment le veut  prochainement sacrifié à l’occasion d’un remaniement gouvernemental. Et du coup il en rajoute, le gentil fayot.

Hier il adorait Villepin avant le lâcher sans commentaire ni adieu dès que Sarkozy lui proposa un strapontin. On se souvient aussi du même Le Maire, auteur de l’excellente chronique des années Villepin à Matignon, puis d’un décevant récit sur sa période sarkozyste. En 2016, Le Maire se rallie à Fillon contre Juppé après la primaire. Comment pouvait on croire que c’était par conviction ? Puis il lâche Fillon quand tout le monde lâche Fillon. Puis il suit Macron.

Sans rire.

Et maintenant, il appelle à la réélection de Macron en 2022.

Sans rire.

« Non seulement je me suis engagé derrière Emmanuel Macron en 2017 mais je souhaite sa réélection en 2022 et je m’engagerai derrière lui si jamais il prend cette décision de se représenter», a-t-il assuré. «Je me battrai pour la réélection d’Emmanuel Macron en 2022 parce que je crois que c’est important qu’il y ait de la continuité dans l’action publique. (…) Le choix que j’ai fait de me mettre derrière Emmanuel Macron en 2017, de soutenir son projet de transformation en profondeur de notre pays, c’est un projet qui demande du temps et je pense qu’il faudra au président de la République dix ans pour que cette transformation soit solide et que les tous les Français puissent en bénéficier. » (source)

Que dire de Gérard Filoche ?

Vendredi 17 novembre, Gérard Filoche a retweeté un message antisémite, qu’il a ensuite effacé le même jour. Certains au PS, comme d’autres, ont réclamé son exclusion. Filoche s’est excusé, sur son blog puis dans la presse.

Qu’en dire ?

1/ Qu’il y a des antisémites à gauche ? Oui, cela arrive, on en trouve. Comme à droite. Comme dans les rangs macronistes. Mais moins souvent qu’à l’extrême droite.

2/ Que Filoche est antisémite ? La rapidité et l’intensité avec laquelle Filoche s’est excusé me laisse penser que non. J’ai connu des racistes plus ambigus dans leur défense. Mais je n’en sais rien en fait. je ne le connais pas. Le tweet de Filoche est antisémite, c’est factuel.

3/ Que l’on peut tweeter ou re-tweeter des messages que l’on regrette ensuite ? Evidemment. C’est même le propre et le problème des réseaux sociaux. Mais cela ne suffit pas. On commet souvent des erreurs en tweetant sous l’émotion, mais pas celle-là. Celle-là était plus qu’une erreur. Il a manqué à Filoche cette intolérance viscérale, quasi-instinctive à la peste brune, fut-elle parfois rouge-brune, qui permet de créer une étanchéité personnelle et inconsciente. Si Filoche n’a pas intuitivement été gêné par ce message qu’il attrapé sur Twitter avant de le relayer, c’est qu’il a un sérieux manque.

4/ Filoche n’a pas seulement re-tweeté. Il re-tweeté et ajouté un commentaire qualifiant Macron de « sale type« . Les critiques ad nominem n’aident pas le combat. Macron conduit une sale politique. Comme à l’égard de Sarkozy, je n’ai pas de respect pour lui tant sa politique m’horrifie. Mais on se fiche de savoir s’il est sympa ou pas. La personnalisation de la politique est la pire des erreurs, un raccourci facile et stupide.

Filoche a tweeté un message antisémite, qu’il a regretté ensuite. Qu’en dire de plus ?

5/ Que ses opposants et ses critiques s’en livrent à cœur joie ? Évidemment, et parfois avec la plus immonde des mauvaises fois (il fallait se rappeler comment certains défendaient « fièrement » les propos de Manuel Valls sur les roms). Mais pourquoi s’en priveraient-ils ? Filoche a joué à l’idiot utile de la macronista. Cette dernière cherche des épouvantails et Filoche remplit parfaitement le job. Pour celles et ceux qui cherchent sans chercher trop longtemps des amalgames, Filoche est un régal.

Chanson du dimanche: « Quand t’es dans le désert »

« Quand t’es dans le désert depuis trop longtemps
Tu t’demandes à qui ça sert toutes les règles un peu truquées
Du jeu qu’on veut te faire jouer
Les yeux bandés. « 

Alleluïa: En Marche vote … #FI

Loin des désaccords, un moment heureux.

Encore l’islam

Il y a quelques jours, l’ami Nicolas faisait un retour peut-être provisoire à l’écriture blogosphérique. Il a réagi à l’un des billets de ces colonnes où j’exprimais rage et surprise devant l’une des dernières bêtises de Manuel Valls où cet ancien premier accusait pèle-mêle Plenel, Tadeï, le Bondy Blog, et les Inrocks de compromission avec Tariq Ramadan alors qu’on l’interrogeait sur sa réaction face aux accusations de viols et d’agressions sexuelles qui étaient sorties contre le prédicateur islamiste.

Nicolas n’a pas compris le propos du billet, qui n’était peut-être pas clair: « Je vais lui répondre que je ne sais pas qui ne veut pas comprendre. Je ne sais pas si lui-même veut comprendre qu’on ne veut pas de compromission avec l’islam politique et que tous ceux qui se compromettent méritent des baffes. C’est pourtant simple, non ? »

J’ai du rater une étape. J’ai raté ce moment où l’on interrogeait Valls sur l’islam politique. L’amalgame ignoble que Valls a fait ce jour-là consistait à accuser de complices de Ramadan des gens et des médias tandis qu’on l’interrogeait sur une affaire de viol.

J’ai du rater la compromission du Bondy Blog avec Ramadan. La directrice dudit blog a démenti toute interview avec le dit prédicateur, mais visiblement Valls ne lit pas vraiment le Bondy Blog.

J’ai même du rater la compromission de Plenel avec l’islam politique. Plenel défend une tolérance avec l’islam tout court, une tolérance que je ne partage pas à cause de mon athéisme primaire. Mais il s’agit de reconnaitre que les musulmans existent, et qu’ils ont le droit de pratiquer leur religion tant qu’ils n’enfreignent pas les lois de la République. Et qu’on peut même discuter avec eux sans subir de fatwa laïcarde. C’est un athée religionophobe qui vous l’écrit.

Bref.

Cette semaine, la polémique s’est amplifiée. Plenel touché à vif a forcément répliqué contre Charlie Hebdo lequel a répliqué. Une journaliste de Mediapart, par ailleurs présidente de leur SDJ, est parti en vrille en expliquant que l’islamisme n’est pas un problème. L’unique raison pour laquelle cette polémique ne mérite – d’après mon humble avis – qu’une immense indifférence est qu’elle ne sert que les cons, les faibles d’esprit et d’abord justement les islamistes. Je n’ai pas envie de pousser des cris d’orfraie chaque fois qu’on parle du voile (même si cette pratique me semble rétrograde et stupide). Je n’ai pas davantage envie de tolérer l’islam comme toute autre religion, plus que toute autre religion puisque celle-là a une furieuse tendance à faire chier et à tuer.

OMG!

Je suis centriste.

Pardon.

 

Mise à jour, mercredi fin de journée: la déclaration accusatoire de Plenel contre Charlie, les traitant « d’ennemis des musulmans » est une ignominie. Mais qu’ils sont devenus bêtes…