Ciel d’un jour #73

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Macron creuse.

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Sans commentaire.

 

Cette tribune contre l’antisémitisme

Le jour même où la majorité macroniste de l’Assemblée nationale votait cette loi sur l’asile et l’immigration que Jean-Marie Le Pen n’espérait même pas en avril 2002, une loi qui autorise l’internement des enfants, le rallongement de la durée de rétention des demandeurs d’asile, le raccourcissement des délais pour déposer un dossier à 15 jours comme celui de recours, ce même jour donc, dimanche 22 avril, quelque trois cent personnes connues signaient une tribune contre l’antisémitisme que nous aurions pu signer, ou presque.

Oui, la France antisémite se réveille et elle prend des nouveaux visages. Oui, l’antisionisme en fait dériver certains vers des rivages détestables. Oui, il doit être difficile de se sentir juif en France. Oui, il y a des juifs qui ont été tués parce qu’ils étaient juifs en France comme jamais depuis 7 ans. Oui, l’antisémitisme est à combattre.

Pourtant, je m’interroge.

1/ J’ai toujours soutenu le droit d’Israël à « exister«  (qu’il est fichtrement curieux d’avoir à écrire cela), mais rarement la politique menée par ses gouvernements de droite ou d’extrême droite.   Suis-je antisémite ?

2/ La propension de certains sionistes à caricaturer leurs critiques en antisémite n’a sans doute d’égale que le crétinisme antisémite d’autres à confondre la politique d’Israël avec Israël ou les juifs en général.

3/ L’antisémitisme « de gauche«  qui assimile les juifs aux puissances de l’argent ne date malheureusement pas d’aujourd’hui mais d’avant-hier. L’affaire Dreyfus, pour ne citer qu’elle, est l’illustration de cette confusion des esprits.

4/ Cette tribune réclame à l’islam de France de renier quelques phrases du Coran, à l’instar de ce que fit Vatican 2 pour les catholiques. WTF!?! J’ai l’impression qu’on prend les musulmans pour des cons.  Combien y-a-t-il de cathos pour prendre leur bible à la lettre ? J’espère qu’ils ne sont pas trop nombreux, sinon, c’est pire que je ne pensais. Pareil pour les musulmans.

WTF…

5/ Il est facile, aisé, simple, réducteur de penser que « la radicalisation islamiste — et l’antisémitisme qu’il véhicule — est considérée exclusivement par une partie des élites françaises comme l’expression d’une révolte sociale« . Notez la formule « une partie des élites »… Qui peut croire que l’antisémitisme qui tue, expulse et rejette est simplement de la responsabilité « d’une partie des élites françaises » ?

WTF…

6/ Cette tribune évoque « une épuration ethnique à bas bruit« . L’Histoire nous a tristement montré que les épurations ethniques font généralement plus de morts. Pouvons nous éviter cette banalisation des termes ?

Cette tribune n’est pas longue, donc je vais la reproduire:

L’antisémitisme n’est pas l’affaire des Juifs, c’est l’affaire de tous. Les Français, dont on a mesuré la maturité démocratique après chaque attentat islamiste, vivent un paradoxe tragique. Leur pays est devenu le théâtre d’un antisémitisme meurtrier. Cette terreur se répand, provoquant à la fois la condamnation populaire et un silence médiatique que la récente marche blanche a contribué à rompre.

Lorsqu’un Premier ministre à la tribune de l’Assemblée nationale déclare, sous les applaudissements de tout le pays, que « la France sans les Juifs, ce n’est plus la France », il ne s’agit pas d’une belle phrase consolatrice mais d’un avertissement solennel : notre histoire européenne, et singulièrement française, pour des raisons géographiques, religieuses, philosophiques, juridiques, est profondément liée à des cultures diverses parmi lesquelles la pensée juive est déterminante.

Dans notre histoire récente, onze Juifs viennent d’être assassinés — et certains torturés — parce que Juifs, par des islamistes radicaux. Pourtant, la dénonciation de l’ « islamophobie » — qui n’est pas le racisme anti-Arabe à combattre — dissimule les chiffres du ministère de l’Intérieur : les Français juifs ont 25 fois plus de risques d’être agressés que leurs concitoyens musulmans. 10 % des citoyens juifs d’Ile-de-France — c’est-à-dire environ 50 000 personnes — ont récemment été contraints de déménager parce qu’ils n’étaient plus en sécurité dans certaines cités et parce que leurs enfants ne pouvaient plus fréquenter l’école de la République. Il s’agit d’une épuration ethnique à bas bruit au pays d’Emile Zola et de Clemenceau.

Pourquoi ce silence ?
Parce que la radicalisation islamiste — et l’antisémitisme qu’il véhicule — est considérée exclusivement par une partie des élites françaises comme l’expression d’une révolte sociale, alors que le même phénomène s’observe dans des sociétés aussi différentes que le Danemark, l’Afghanistan, le Mali ou l’Allemagne…

Parce qu’au vieil antisémitisme de l’extrême droite s’ajoute l’antisémitisme d’une partie de la gauche radicale qui a trouvé dans l’antisionisme l’alibi pour transformer les bourreaux des Juifs en victimes de la société.

Parce que la bassesse électorale calcule que le « vote musulman » est dix fois supérieur au « vote juif ».

Or à la marche blanche pour Mireille Knoll, il y avait des imams conscients que l’antisémitisme musulman est la plus grande menace qui pèse sur l’islam du XXI e siècle et sur le monde de paix et de liberté dans lequel ils ont choisi de vivre. Ils sont, pour la plupart, sous protection policière, ce qui en dit long sur la terreur que font régner les islamistes sur les musulmans de France.

En conséquence, nous demandons que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés d’obsolescence par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémite catholique aboli par Vatican II, afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime.

Nous attendons de l’islam de France qu’il ouvre la voie. Nous demandons que la lutte contre cette faillite démocratique qu’est l’antisémitisme devienne cause nationale avant qu’il ne soit trop tard. Avant que la France ne soit plus la France.

Le Parisien – dimanche 22 avril 2018

Oui, l’antisémitisme n’est pas (seulement) l’affaire des juifs. Et il est sacrément maladroit car contreproductif de procéder ainsi.

Ou pas.

Franchement, je ne sais pas.

 

Chanson du dimanche: Chanter pour eux.

L’excellente réponse de Ruffin à Carine Bécard.

La Team Macron a évidemment largement relayé le portrait à charge qui ne dévoilait rien que l’on ne sache déjà, que la journaliste Carine Bécard a réalisé de François Ruffin. Rien sur le fond, tout sur la  forme et surtout la personne. La journaliste attaque l’homme et non ce qu’il défend. Pas un mot sur les 27 propositions de lois, les innombrables questions et prises de parole à l’Assemblée.

Rien.

Il fallait surtout regarder la réaction apaisée de Ruffin, écouter ses réponses calmes. Il explique qu’il a eu l’occasion de centaine de « petits combats », pour aider des gens précaires. Il reste calme quand il se fait couper la parole par la journaliste d’une question cynique (« Et cela a servi à quoi ? » demande-t-elle en substance).

Il reste calme.

il prend une anecdote pour résumer sa pensée: sa mise en accusation en octobre dernier du labo Sanofi sur les effets du Dekapine, et la meute de journalistes qui l’interroge alors sur sa position personnelle par rapport … à la présence du drapeau européen dans l’hémicycle… Quelle futilité.

La plupart des journalistes ne s’intéressent plus au fond. L’analyse politique est vide à souhait.

Comme d’autres, Ruffin a la patience de penser qu’il peut convaincre même ses adversaires.

C’est louable et fascinant.

 

Hollande contre Macron

Il était pas mal finalement, sur France inter. François Hollande se lâche et se fâche, gentiment. Il a la rancune souple et douce, fragile mais précise. Hollande a peu de regrets, c’est bien dommage. Il vit dans un monde parallèle.

François Hollande est détaché mais attentif. Il explique facilement comment Macron l’a trahit. Je me demande ce qu’en pensent celles et ceux qui après l’avoir soutenu sont devenus maintenant des zélés soldats de la macronista.

Dimanche soir justement, un pugilat entre Plenel et Macron, sous les yeux ébahis de Bourdin, a rappelé combien la démocratie française n’a plus l’habitude de voir des hommes politiques secoués par des questions qui fâchent.

Il était drôle de compter combien de journalistes serviles fustigeaient en live sur Twitter les questions non complaisantes de Plenel ou Bourdin.

Drôle et triste à la fois.